lundi 20 septembre 2021
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Quand la SBM
connaît la crise

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Roulette
© Photo D.R.

Résultat net du groupe en négatif, conjoncture internationale difficile, aléa jeux défavorable, investissement dans les jeux en ligne décevant… La Société des bains de mer peine à retrouver le sourire. Pour retrouver un second souffle, la société a décidé de mettre en place un plan d’économies. De lancer au plus vite « l’opération Sporting d’hiver ». Et de modifier son organigramme.

SBM?: l’heure des choix

Même si les chiffres de l’été sont rassurants, avec un chiffre d’affaires des jeux et de l’hôtellerie en hausse de 9 %, la situation économique du groupe Société des bains de mer inquiète les actionnaires.

Par Milena Radoman.

Pas de dividendes. Cette année encore, pour les actionnaires de la Société des bains de mer, la décision est tombée comme un couperet. En cette période de vaches maigres — le résultat net consolidé du groupe SBM a enregistré une perte de 17,3 millions d’euros pour l’exercice 2010-2011 —, ils ont dû se contenter de l’intérêt statutaire. Soit 0,01 euro par action?! A l’assemblée générale qui se déroulait le 9 septembre dernier, bienséance oblige, personne n’a bronché. Mais dans les rangs de la salle des palmiers du Sporting d’été, certains petits porteurs rongeaient leur frein. « Les administrateurs, eux, ne se sont pas oubliés », soufflait ainsi un actionnaire désabusé à sa voisine. Il faut dire que le conseil d’administration s’est attribué 247?000 euros, les actionnaires se voyant affecter, eux, au total, à peine… 182?000 euros. Une décision plus que discutable alors que d’ici le mois d’octobre, la SBM devrait annoncer un plan de rigueur et d’économies, accompagné d’une politique de relance « agressive » des jeux (voir p. 31).

Les jeux à redresser

Car en dehors d’un été flamboyant (+9 % de chiffre d’affaires) qui, on l’espère, annonce un meilleur exercice, les casinos de la SBM sont en perte de vitesse. Crise oblige et dommage collatéral de la loi anti-tabac, la clientèle italienne traditionnelle et les fumeurs de havane ne sont plus au rendez-vous. Depuis 4 ans, le chiffre d’affaires des jeux est passé de 259 millions à 172 millions d’euros. A lui seul, l’exercice 2010-2011 a ainsi vu une baisse du chiffre d’affaires des jeux de table chuter de 23 %. Et seuls certains jeux (roulette anglaise, chemin de fer et punto banco) n’ont pas vu leurs recettes sombrer. C’est bien simple?: « On n’avait pas connu une telle situation depuis la crise des agents de joueurs en 1995 qui nous avait fait perdre temporairement notre clientèle », soupire Jean-Luc Biamonti, le président du conseil d’administration. « On ne va pas droit dans le mur, on l’a dépassé », souffle un autre administrateur. Même s’il faut faire bonne figure. Après avoir admis devant l’assemblée des actionnaires que la situation était « catastrophique » et que l’Europe n’allait pas se remettre demain de la crise qu’elle traverse, le président du CA a affirmé devant la presse garder confiance dans l’avenir?: « La société n’a pas un sou de dette et la trésorerie est positive. Nous maintenons notre politique d’investissements. »

Investissements tous azimuts

Et des investissements, la SBM en fait tous azimuts ces dernières années. Au-delà de l’entretien logique et inévitable de son patrimoine hôtelier et de son outil industriel, le conseil d’administration pense même à détruire et rebâtir le Sporting d’Hiver (voir p. 32). Un chantier pharaonique au cœur du camembert qui, avec les opérations tiroirs, s’étalerait sur 7 à 8 ans, et qui devrait se chiffrer à plusieurs centaines de millions d’euros. Pour une valorisation du patrimoine immobilier espérée d’un milliard d’euros?! Objectif?: ériger une galerie commerciale de très grand luxe, des bureaux ainsi qu’une résidence hôtelière. Le CA a bien un autre projet en tête?: reprendre la gestion du Méridien. Actuellement, avec la bénédiction du gouvernement et après avoir conclu une clause de confidentialité avec le gestionnaire actuel Starman, il regarde attentivement le dossier. Et prendra une décision d’ici la fin de l’année. Ce qui inquiète certains actionnaires. A l’instar d’Edmond Lecourt, un homme d’affaires monégasque qui connaît bien la maison — son père en était administrateur. L’entrepreneur a beau avoir vendu 80 % de ses actions SBM, cela ne l’a pas empêché d’interpeller Jean-Luc Biamonti lors de l’assemblée générale?: « Nous ne pouvons pas continuer à dépenser à droite et à gauche. Aujourd’hui, nous serions à 50 millions de pertes si la société n’avait pas bénéficié des plus-values de la vente des actions Wynn. »

Jean-Luc-Biamonti
« On n'avait pas connu une telle situation depuis la crise des agents de joueurs en 1995 qui nous avait fait perdre temporairement notre clientèle », soupire Jean-Luc Biamonti, le président du conseil d'administration. © Photo Monaco Hebdo.

Craintes autour des jeux en ligne

Mais ce qui inquiète encore davantage le petit porteur, c’est bien l’aventure dans laquelle s’est lancée la Société des bains de mer avec les jeux en ligne. Depuis 2009, où elle s’est associée à la Financière Lov de Stéphane Courbit, pour devenir actionnaire à 50 % de Mangas Gaming, le nouveau pari de la SBM a porté un coup à sa trésorerie. Aux 70 millions d’euros d’apport initial, il faut au moins ajouter 70 autres millions en avance de compte courant, ainsi que 30 millions d’euros prêtés à Betclic Everest Group (le nouveau nom de Mangas Gaming) dans le cadre de l’acquisition d’Everest Gaming. A la clôture, la trésorerie du groupe SBM est de 36 millions d’euros. Contre 184 millions il y a deux ans… A Monaco, l’aventure dans les paris et jeux en ligne suscite des réserves. En France, le succès n’est en effet, pour l’heure, pas au rendez vous. « L’an passé, une proposition a été faite au conseil d’administration de racheter sa participation dans les jeux en ligne. Il a refusé. L’occasion a été manquée et je ne pense pas qu’elle se reproduise prochainement », regrette le président du conseil national UDM, Jean-François Robillon. « Y a-t-il une véritable stratégie financière?? s’interroge de son côté l’élu Rassemblement & Enjeux, Christophe Steiner. J’aimerais savoir où on va. » Jean-Luc Biamonti, lui, est confiant, espérant une modification de la législation française sur les paris en ligne pour rentabiliser enfin l’investissement?: « L’activité connaît un développement satisfaisant, mais sa rentabilité est obérée par les conditions d’ouverture de notre principal marché, la France dont le niveau de taxation est très élevé. La législation française nous oblige de plus à ne pas redistribuer plus de 85 % des gains aux joueurs et interdit les casinos en ligne, ce qui favorise les sites illégaux. Mais un rapport parlementaire ainsi que l’autorité de régulation, l’Arjel, recommandent de changer la donne. » Ce qui laisse espérer à la SBM que « BetClic Everest Group soit un des acteurs majeurs du secteur en Europe dans les prochaines années. » Reste à savoir quand une telle modification de la loi interviendra. Sans doute pas, pour des raisons politiques évidentes, avant la présidentielle 2?012. En attendant, l’associé de la SBM, Stéphane Courbit, lui, a déjà tenté de se désengager. Avant que la transaction n’achoppe en juin dernier, il était en négociation avec la milliardaire Liliane Bettencourt pour prendre 20 % de son groupe et investir dans les paris en ligne pour la rondelette somme de 143 millions d’euros…

Biamonti-Courbit, c’est fini
Si la Société des bains de mer poursuit son investissement dans les jeux en ligne, Jean-Luc Biamonti, lui, a décidé de cesser sa collaboration avec Stéphane Courbit. Le président du conseil d’administration de la SBM devait en effet lancer avec Courbit, également actionnaire de MyMajorCompany, MyFavoriteInvestment, qui proposait aux internautes d’investir dans une sélection de PME. Un partenariat décrié par certains qui y voyaient une source de conflits d’intérêts. « Je n’ai pas donné suite. C’était plus compliqué que prévu au niveau des autorités européennes. Cette activité a été arrêtée et nous avons procédé aux licenciements », a indiqué Biamonti lors d’une conférence de presse.

jeux européens
Cette année, les employés de jeux européens ont fait grève à Pâques et lors du Grand prix. © Photo Monaco Hebdo.

Un plan d’économies en octobre

Crise oblige, la SBM a décidé de serrer les vis et de limiter ses charges. Avec quelles conséquences sur l’emploi??

Par Milena Radoman.

Fini les agapes. La SBM a annoncé qu’elle allait réduire la voilure. « Il y a des choses que l’on peut se permettre en période fastes que l’on ne peut plus aujourd’hui », souligne le président du conseil d’administration Jean-Luc Biamonti. Un CA qui a demandé à Bernard Lambert, le directeur général de la SBM, de lui présenter un plan visant à relancer l’activité jeux et à « réduire la structure de coût de la société. Des mesures d’économie supplémentaires doivent impérativement être prises dans tous les secteurs pour retrouver une capacité bénéficiaire. » L’annonce n’a surpris qu’à moitié les syndicats de jeux de la SBM. Dans les faits, Bernard Lambert a déjà donné instruction à l’ensemble des directeurs de ne pas procéder à des embauches d’ici la fin de l’année. Au 31 mars 2011, le groupe comptabilisait ainsi 3?636 employés, agents de maîtrises et cadres (contre 3?503 l’année d’avant). Une hausse essentiellement liée à l’ouverture, en 2010, du Buddha Bar et du Cabaret qui implique des charges de personnel s’élevant à 173 millions d’euros (contre 162 millions en mars 2010). Une masse critique pour le conseil d’administration?? A voir. En tout cas, « la rentabilité est bien en deça d’autres sociétés », estime un administrateur. De quoi alimenter les rumeurs?: chez les croupiers, on parle ainsi de plus en plus d’une fermeture des tables de jeux du Café de Paris, transférées au Grand Casino avant le Grand Prix 2012. Avec à la clé, des coupes dans les postes d’encadrement. Voire des métiers liés aux jeux. « Il ne s’agit pas de prendre des mesures drastiques et de faire un grand soir », promet Jean-Luc Biamonti. On voit d’ailleurs mal comment la SBM renverserait l’un des fondamentaux de la société, poumon social de Monaco, sans entrainer de mouvements de grève. Pas sûr non plus que les employés de jeux acceptent, sans grincer des dents, une ouverture du casino 24h/24 — aujourd’hui en réflexion — pour accueillir décemment une clientèle asiatique.

Directions bicéphales

Pour bon nombre d’employés de jeux SBM, il faudrait en priorité arrêter la politique de l’encadrement à profusion qui implique des gros salaires. « On ne tranche pas. Du coup, pour des raisons politiques, on multiplie les directions bicéphales », se gausse un croupier, prenant comme exemple la direction des jeux Schroeter-Solamito. L’avenir proche pourrait bien lui donner raison. Pour booster la société, la direction générale va très rapidement être renforcée et voir arriver un nouveau directeur adjoint?: Isabelle Simon, venue tout droit de Publicis. Il se murmure même qu’un autre adjoint pourrait être nommé, mais cette fois-ci en interne. Bref, pas de quoi stopper l’hémorragie… Du côté des syndicats de jeux européens, on pense que cette situation ingérable vient de la lutte de pouvoirs qui sévit au sein du conseil d’administration de la SBM?: « Deux camps s’opposent autour de Jean-Luc Biamonti et Aleco Keusseoglou », résume un syndicaliste.

Frais de justice

Dans la chasse au gaspillage, il faudra sans doute creuser du côté des frais de conseil et de justice. Les employés de jeux américains et européens ont beau avoir enterré la hache de guerre — le syndicat des Européens œuvrant même en ce moment pour un nouveau projet de statut unique —, la situation sociale, souffrant d’un millefeuille de statuts d’employés, ne risque pas de se calmer à court terme. Après des négociations avortées, l’action des employés du Sun casino pour discrimination de salaires a repris. Tout comme celle des jeux européens exigeant de garder le monopole de la roulette anglaise… On comprend mieux pourquoi, dans les comptes 2010-2011, l’enveloppe réservée aux litiges est de 1,7 million d’euros…

Sporting d'Hiver
« La SBM abandonne le Sporting d'Hiver. A la place, ils veulent faire un bloc immonde pour de l'argent. » © Photo Monaco Hebdo.

Sporting d’Hiver?: la fin est « proche »

Le président du conseil d’administration de la SBM, Jean-Luc Biamonti, a indiqué qu’une décision devrait être prise quant à la démolition du Sporting d’Hiver avant la fin 2011.

Par Adrien Paredes.

Le Sporting d’Hiver pourra-t-il échapper à sa démolition?? Rien n’est moins sûr après les déclarations du président du conseil d’administration de la SBM, Jean-Luc Biamonti, le 9 septembre dernier. « C’est trop tôt pour en parler mais nous sommes proches d’une décision dans ce dossier. On a beaucoup avancé sur les opérations tiroir qui permettront de reloger certains occupants du lieu, comme le personnel administratif de la SBM, de manière définitive et d’autres de manière provisoire. En interne, nous faisons comme si la destruction allait avoir lieu », a-t-il expliqué. Jean-Luc Biamonti a ajouté que des discussions allaient être entamées avec le gouvernement et qu’une décision devrait tomber « avant la fin 2011 ». Ces propos n’ont pas ravi les ardents défenseurs du bâtiment datant de 1932, qui considèrent ce dernier comme faisant partie du patrimoine de Monaco. « Je suis à la fois ulcérée et surprise devant de tels propos. Il y a plus d’un an, un choix a été arrêté sur les trois projets d’architectes présentés sans que le conseil national n’en ait eu connaissance », indique Michèle Dittlot, élue du conseil national opposée à la démolition du Sporting d’Hiver. « La direction de la SBM va un peu vite dans ses propos. A-t-elle trouvé une solution transitoire pour la salle de cinéma?? », poursuit-elle.

Une salle des Arts « à l’identique »

Jean-Luc Biamonti ne s’est pas exprimé davantage sur l’avenir du Sporting d’Hiver mais a apporté une précision. « La destruction du Sporting d’Hiver puis sa reconstruction sera un investissement très lourd. Il faudra ouvrir une ligne bancaire dans des sommes raisonnables », a-t-il indiqué, jurant de « reproduire à l’identique la salle des Arts ». Mais cette garantie ne convainc pas. Notamment Molly Brown, également défenseur du Sporting d’Hiver. « La SBM abandonne le Sporting d’Hiver. A la place, ils veulent faire un bloc immonde pour de l’argent. C’est une partie de l’histoire de Monte-Carlo qui va disparaître. Un monument de l’Art déco. Ce n’est pas une pâle copie qui va le remplacer », s’exclame Molly Brown. La journaliste du Riviera Reporter avait proposé en décembre 2010 d’implanter un musée dédié aux Ballets de Monte-Carlo voire d’en faire un genre de Harrods à la monégasque. Le conseiller de gouvernement pour l’Urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia lui avait répondu en mai dernier?: « Si l’affectation du bâtiment actuel en musée dédié aux Ballets de Monte-Carlo ne m’apparaît guère envisageable en regard de la fréquentation potentielle, l’hypothèse de localisation en ce site […] d’un petit espace dédié au rappel de l’histoire des Ballets de Monte-Carlo pourra être soumis au maître d’ouvrage ». L’espoir faiblit pour les amoureux du Sporting mais n’est pas enterré. « Le Sporting d’Hiver est le bâtiment emblématique d’une certaine époque de la Principauté », estime Michèle Dittlot. « Je suis consciente des problèmes économiques actuels et je ne vais pas m’ériger advitam aeternam comme une opposante au projet si celui-ci pouvait permettre de créer un essor économique. Mais rien n’a été présenté. La méthode de la SBM est quelque peu cavalière. Je ne pensais pas qu’elle entrevoyait aussi rapidement, en cette période d’austérité générale, un chantier de démolition puis un chantier de reconstruction », dit-elle. La SBM, elle, semble décidée à faire tomber le Sporting d’Hiver.

Monte-Carlo Beach
© Photo SBM

Le Monte-Carlo Beach taxé par la France

La taxe de 2 % sur les nuitées dans l’hôtellerie de luxe, récemment votée par le Parlement français, s’appliquera à l’établissement de la SBM situé à Roquebrune-Cap-Martin.

Par Adrien Paredes.

Le plan de rigueur français a tranché. C’est bien l’hôtellerie de luxe et non les parcs à thème qui fera l’objet d’une taxe pour rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. La taxe, qui s’élève à 2 %, visait au départ les nuitées dans les établissements de quatre étoiles et plus. Sont finalement concernés les hôtels offrant des chambres à 200 euros ou plus pour une nuit, sans petit déjeuner. Le Monte-Carlo Beach, résidence hôtelière et propriété de la Société des Bains de Mer, entre dans les critères de taxation?: un cinq étoiles situé à Roquebrune-Cap-Martin où une nuit en basse saison coûte au minimum 230 euros. Dans les faits, chaque nuitée passée au Beach hors petit déjeuner sera taxée à 7,5 % contre 5,5 % actuellement. « L’hôtel n’est pas ouvert toute l’année. Par conséquent, il y aura un petit impact sur le Beach », a déclaré le président du conseil d’administration de la SBM, Jean-Luc Biamonti. Celui ne s’est pas plus étendu sur les répercussions de la taxe française. En élevant la taxe à 7,5 %, la France imite ses voisins tels que l’Allemagne qui taxe l’hôtellerie de luxe à 7 %. Le Royaume-Uni et le Danemark avec des taxes respectivement fixées à 20 % et 25 % demeurent loin devant.

Une taxe aussi à Monaco??

Monaco pourrait-il suivre la France sur cette mesure?? « Il faut poser la question au gouvernement », a rétorqué Jean-Luc Biamonti. « C’est encore trop récent en France pour évoquer le sujet », estime de son côté Alberte Escande, présidente de l’Association des industries hôtelières de Monaco. Selon toute vraisemblance, une taxe sur l’hôtellerie de luxe en principauté a peu de chances d’aboutir. Trois raisons peuvent accréditer cette hypothèse. Premièrement, la majorité des établissements hôteliers de la principauté offre des chambres à des tarifs supérieurs à 200 euros la nuit hors petit déjeuner. La taxe de 2 % s’appliquerait ainsi quasiment à tous. Deuxièmement, le secteur de l’hôtellerie, associée à la restauration, demeure celui qui brasse le plus gros chiffre d’affaires au niveau du commerce de détail. On voit mal le gouvernement pénaliser un des secteurs qui portent économiquement Monaco en ces temps d’austérité. D’autant que le ministre d’Etat Michel Roger se montre davantage partisan de réductions dans les dépenses publiques que de la création d’impôts ou de taxes. Enfin, la situation budgétaire de la Principauté ne peut être comparée à celle, extrêmement déficitaire, de la France. Monaco a moins besoin de ces rentrées fiscales que la France.
Cela étant, la Principauté avait suivi la position de la France sur l’abaissement de la taxe dans la restauration en 2009 quand celle-ci était passée de 19,6 % à 5,5 %. Le gouvernement pourrait très bien décider de s’aligner sur la nouvelle taxe qui vise l’hôtellerie de luxe. A la seule différence que l’abaissement de la TVA dans la restauration avait été, dans une certaine mesure, profitable aux établissements l’ayant appliqué. La taxe de 2 % sur l’hôtellerie de luxe votée par le Parlement français ne le sera pas. Cette dernière entrera en vigueur le 1er novembre en France. Le jour même où le Monte-Carlo Beach fermera ses portes jusqu’au printemps 2012.

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Monaco Hebdo