lundi 18 octobre 2021
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Davide Parmegiani : « Les montres “vintage” sont l’un des meilleurs actifs depuis 30 ans »

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En principauté, Monaco Legend Group fait son chemin, et marque particulièrement son territoire sur le marché des montres de collection. Selon Davide Parmegiani, son directeur du département « montres », les dernières ventes à Monaco confirment la valeur de ce type de placement, toujours en hausse.

Quel est le bilan de vos dernières ventes ?

Notre dernière vente d’avril 2021 a été exceptionnelle. Étant donné la crise du Covid-19, nous avons eu la chance de l’organiser à l’hôtel Hermitage, contrairement aux autres années, où nous le faisions dans notre propre espace, qui ne pouvait pas accueillir autant de monde. Cette opportunité nous a permis d’améliorer encore plus l’image de Monaco Legend Group auprès des acheteurs privés et des collectionneurs.

Pourquoi une vente en avril, et pas pendant l’été 2021, au contraire des autres maisons ?

Nous réalisons nos ventes en avril et en octobre, pour ne pas nous encombrer avec les ventes déjà organisées à Monaco. En avril, nous ne voulons pas accumuler trop de marchandise en même temps sur le marché avec les autres maisons de la principauté.

Quels résultats avez-vous obtenus ?

Nous avons augmenté nos résultats de 30 % par rapport à 2020 sur le total des montres vendues. C’est à l’image des tendances du marché de la montre de collection, qui ne cesse de se développer. Je m’occupe en effet des montres de collection depuis 35 ans, et je vois à quel point ce marché est porteur d’avenir. Car c’est un monde de passionnés, et le nombre de passionnés est en constante augmentation à travers le monde.

« Nous avons augmenté nos résultats de 30 % par rapport à 2020 sur le total des montres vendues. C’est à l’image des tendances du marché de la montre de collection, qui ne cesse de se développer »

Comment expliquer cet engouement pour la montre d’exception et de collection ?

C’est un des “status symbole” les plus importants au monde. C’est un objet particulièrement masculin, un rare bijou qu’un homme peut collectionner. Et c’est aussi un actif solide en matière d’investissement. La renommée de certaines marques permet de grimper en valeur, y compris les montres modernes. Mais, en ce qui concerne les montres “vintage”, il s’agit vraiment d’un des meilleurs actifs depuis 30 ans. J’ai de l’expérience comme estimateur en art contemporain, en art moderne, en antiquités, et pour les voitures de collection. Mais j’ai rarement vu quelque chose d’aussi solide qu’une montre de collection comme placement.

Pourquoi ?

C’est un marché très jeune. Dans les années 1980, les montres de collection se réduisaient encore à la collection de pendules et de montres de poche. C’était en quelque sorte des montres usées qu’on revendait pour s’acheter une neuve. Mais, depuis, ce type de concept a beaucoup évolué, au point de devenir un marché mondial. C’est un marché énorme. On retrouve des acheteurs au Vietnam, en Afrique du Sud, au Japon, en Australie, et j’en passe. Le potentiel est encore extraordinaire, à tous points de vue. En réalité, le plus difficile, c’est de trouver des choses belles et rares, destinées à être vendues.

Quel rendement peut-on espérer ?

Pour une montre de collection, le minimum du rendement annuel, hors passion, c’est 7 à 8 %, sans aucun doute. En effet, pour certaines montres particulières, on grimpe à 15 et 20 % par an. Certains modèles de la fin des années 1970 ont même pris entre 40 et 60 % depuis deux ans, car la demande a explosé.

Vous avez un exemple ?

J’ai l’exemple des Rolex Daytona, des modèles iconiques. Quand j’ai commencé en 1985, on pouvait les vendre aux alentours de 1 500 – 2 000 dollars. Aujourd’hui, pour ce type de montres, on peut dépasser les 200 000 euros.

Les prix ne peuvent donc qu’augmenter ?

La montre est un investissement solide, car la demande sera toujours supérieure à l’offre. Les collectionneurs ont déjà acquis énormément de pièces, il y en aura donc de moins en moins sur le marché. Les prix ne pourront qu’augmenter, c’est assez simple à comprendre en réalité. Je parle bien sûr de montres de qualité, celles que nous essayons de vendre.

Les collectionneurs revendent-ils facilement leurs pièces ?

Ce n’est pas si facile, en effet. Les collectionneurs que j’approche sont des personnes avec qui j’ai eu la chance de collaborer par le passé. Ce sont des personnes qui ont commencé dans les années 1980, et qui ont réalisé des bénéfices étonnants. Ils connaissent donc leur potentiel. Je suis dans le marché depuis tant d’années et j’ai contribué à monter de belles collections. Mais c’est moins facile de convaincre les personnes qui ont acquis leur collection depuis cinq ans seulement. C’est difficile de les inciter à vendre, et à mettre leur pièce sur le marché, car ils l’ont achetée par passion.

L’affect les empêche donc de vendre ?

Absolument. La montre est une affaire de passion. Parfois certaines personnes accumulent entre 600 à 800 montres dans une même collection.

« Plus de 50 % de notre chiffre se fait sur Internet, surtout depuis la crise du Covid-19. Nous avons énormément développé notre service numérique »

Combien de montres faut-il pour constituer une collection ?

Selon moi, une belle collection se construit autour de 30 à 50 montres.

Quel est le profil des collectionneurs à Monaco ?

C’est un peu difficile de dresser un portrait, car nous ne sommes spécialisés dans ce domaine que depuis deux ans à Monaco. Nous avons fait notre cinquième vente en avril 2021. Mais je peux quand même dire qu’il s’agit d’une clientèle qui aime jouir d’une belle vie. Les acheteurs qui se rendent aux ventes viennent se faire un cadeau. Ils achètent moins pour investir, mais plutôt pour s’offrir un objet qui allie beauté et rareté. C’est une clientèle assez “select”, comme disent certains.

Quel catalogue proposez-vous ?

Je sélectionne de beaux objets de qualité, pas des choses dont on veut se débarrasser. Nous ne vendons pas la montre usée à 2 000 euros, ce n’est pas ce que notre clientèle recherche. Nous avons plutôt le goût des choses belles, rares, et importantes.

Que pèse le numérique à travers vos ventes ?

Plus de 50 % de notre chiffre se fait sur Internet, surtout depuis la crise du Covid-19. Nous avons énormément développé notre service numérique. Nous faisons des ventes en “live”, sur les réseaux sociaux, et sur notre site Internet. Et cela multiplie notre potentiel de vente, puisque nous pouvons réunir près de 500 personnes sur une seule vente, là où nous étions limités à une salle par le passé.

Monaco est pourtant une place stratégique ?

Monaco est une place incroyablement stratégique, et pas seulement vis-à-vis du niveau de vie de la population. C’est un grand centre stratégique, car la population est internationale, et au centre de la communauté européenne, avec d’énormes relations diplomatiques et ethniques, parmi les plus importantes au monde. Tout le monde prend plaisir à se déplacer à Monaco. Les acheteurs, quand ils se déplacent, ne viennent pas que pour la vente aux enchères. Ils ne font pas du “business travel”. Ils restent pour profiter du cadre idyllique.

Les acheteurs, sur Internet, sont-ils plus jeunes  ? 

Pour la montre “vintage”, non. C’est un marché qui nécessite d’avoir un peu d’expérience et de culture de la montre, la moyenne se situe donc entre 35 et 55 ans. Pour la montre moderne, en revanche, on observe plus de trentenaires.

Quels sont vos prévisions et grands projets pour les prochaines années ?

Comme toutes les compagnies, nous voulons nous développer au mieux, mais sans pression. Nous ne voulons surtout pas perdre en qualité de service. Il faut en effet consacrer beaucoup de temps pour satisfaire les requêtes de nos clients. Monaco Legend USA a récemment ouvert, car nous avons pour projet de réaliser des ventes aux enchères en Amérique du Nord. C’est un marché énorme que nous voulons développer. Nous rêvons aussi du marché asiatique, mais nous n’avons pas encore la possibilité d’y développer un bureau, pour le moment. Nous ne voulons pas nous précipiter.

Et à Monaco ?

Nous aimerions passer de deux ventes à quatre par an à Monaco. Un jour, peut-être, nous atteindrons le même niveau que les grandes maisons qui sont présentes aujourd’hui en principauté.

Pour lire la suite de notre dossier sur le marché des ventes aux enchères à Monaco, cliquez ici.

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Monaco Hebdo