jeudi 28 janvier 2021
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Antoine Bondaz : « La diplomatie monégasque est indissociable du multilatéralisme »

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Derrière la course au vaccin contre le Covid-19 se jouent aussi des questions d’ordre géopolitique, auxquelles Monaco participe à sa hauteur.

Antoine Bondaz, chercheur à la fondation pour la recherche stratégique et enseignant à Sciences Po, les décrypte pour Monaco Hebdo.

La course au vaccin contre le Covid-19 est lancée dans le monde entier depuis mars 2020 : quels enjeux géopolitiques se jouent en coulisses ?

Il y a bien évidemment un aspect purement sanitaire. Mais, pour de nombreux pays, le but c’est aussi d’adresser un message à leur propre population, mais aussi à la communauté internationale : ils veulent montrer qu’ils sont des gouvernements responsables. Cette thématique de la responsabilité, on la retrouve beaucoup dans les déclarations officielles, que ce soit en Chine, en Europe ou dans d’autres pays. Pour de nombreux pays, il s’agit aussi de mettre en avant leur capacité en termes de recherche, et de montrer que, seuls ou dans le cadre de coalitions plus larges, ils peuvent contribuer à identifier ce vaccin.

Mais ceci ne concerne pas forcément tous les pays ?

Ceci est particulièrement vrai pour des pays qui, aujourd’hui ne sont pas réputés comme étant à la pointe en termes de biotechnologies. Si on prend le cas de la Russie, et surtout de la Chine, il y a évidemment un écosystème de recherche qui est de qualité. Mais ces pays ne sont pas considérés comme étant des leaders en termes de recherche médicale.

Qui sont les véritables leaders ?

Les leaders sont surtout des pays occidentaux, comme les Etats-Unis, l’Europe, le Japon, la Corée du Sud et d’autres pays. De son côté, la Chine cherche à afficher un esprit de responsabilité vis-à-vis de la communauté internationale dans la recherche d’un vaccin. Ce qui explique que la Chine ait rejoint l’initiative mondiale Covax. En effet, il est important pour la Chine de s’inscrire dans une approche multilatérale, après avoir été critiquée ces derniers mois pour avoir eu une approche avant tout « nationaliste » de ce vaccin.

La Chine mise vraiment sur une approche multilatérale pour ce vaccin ?

Cela ne veut pas dire que les recherches en Chine sont multilatérales, ce sont des recherches avant tout chinoises, contrairement à ce qu’il se passe avec Monaco ou la France. En revanche, le débouché sera multilatéral. En mai 2020, lorsque la Commission européenne a lancé une très importante levée de fonds pour des efforts multilatéraux en termes de recherche d’un vaccin, les Etats-Unis n’y ont pas participé. La Chine a participé, mais elle n’a été représentée que par son ambassadeur à Bruxelles. Ce qui était le plus bas niveau de représentation de tous les pays qui participaient à cette conférence. De plus, la Chine n’a fait aucune promesse. Ce qui lui a d’ailleurs été beaucoup reproché par la suite.

En Chine, on entend parler du « technonationalisme » : de quoi s’agit-il ?

Le technonationalisme consiste à utiliser les sciences et les technologies à des fins politiques pour, notamment, renforcer le nationalisme. Ce n’est pas propre à la Chine, d’autres pays le pratiquent aussi. Mais c’est beaucoup plus marqué en Chine qu’ailleurs. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, le 15 novembre 2012, on a assisté à un accroissement de ce technonationalisme.

Cela se traduit par quoi, concrètement ?

Cela se traduit par le fait que les sciences et les technologies ont une place encore plus grande qu’auparavant dans l’actualité. Il y a donc une sensibilisation, et une vulgarisation, autour de ces questions-là, et sur les réussites de la Chine. Ces dernières années, c’était surtout dans le domaine spatial, au sens large. Maintenant, les biotechnologies sont de plus en plus mises en avant, en lien notamment avec le Covid-19.

La Chine met donc de plus en plus en avant ses scientifiques ?

En septembre 2020 des médailles, la plus haute distinction nationale, ont été remises à quatre chercheurs chinois, dont Zhong Nanshan, un pneumologue ultra-médiatique en Chine, mais aussi Chen Wei, un académicien à l’Académie chinoise d’ingénierie et chercheur à l’Académie des sciences médicales militaires. Chen Wei est vraiment une personnalité intéressante.

Pourquoi ?

Chen Wei est une virologue, et elle conduit les recherches de l’un des trois vaccins principaux, celui de CanSino Biologics. Les deux autres recherches ont été lancées par Sinovac Biotech et Sinopharm. Le prototype de vaccin de CanSino repose sur un partenariat entre l’armée populaire de libération et une biotech. Donc on voit bien avec cet exemple que le technonationalisme en Chine est extrêmement poussé.

Quels sont les objectifs de la Chine ?

L’objectif est de montrer aux Chinois et au monde entier que, désormais, la Chine est une grande puissance de l’innovation. Et que les Chinois doivent donc être fiers du régime politique qui est capable de mener ces recherches.

Mais, en partie, tout ça n’est que de l’affichage !

Il y a ce que j’appelle un « moment Spoutnik ». L’idée, ce n’est pas de dire que, du jour au lendemain, la Chine est devenue une super puissance de l’innovation. Les autorités chinoises ont parfaitement conscience de leur retard dans de nombreux domaines. Dans les objectifs nationaux, l’horizon c’est 2050 pour faire de la Chine la première puissance innovante au monde. Le « moment Spoutnik » correspond à un moment où une avancée scientifique a un impact extrêmement fort sur les perceptions internationales des rapports de force. Et notamment sur la hiérarchie entre les puissances mondiales.

L’origine du « moment Spoutnik » remonte aux années 1950 ?

Oui, cela correspond à ce qu’il s’est passé à la fin des années 1950, lorsque le « moment Spoutnik » a entraîné une profonde remise en question des Etats-Unis. A cette époque, à la fin des années 1950, les Etats-Unis étaient, de loin, la première puissance mondiale. Même si l’URSS pouvait représenter une menace militaire, les Russes n’étaient pas du tout à la parité en termes scientifiques et technologiques. Pourtant, le « moment Spoutnik » a alimenté l’idée que l’URSS était désormais quasiment la rivale et l’équivalente, en termes de capacité d’innovation, des Etats-Unis.

Même si le laboratoire américain Pfizer et l’allemand BioNTech sont bien partis pour devancer tout le monde, que se passerait-il si la Chine était la première au monde à faire homologuer son vaccin anti-Covid-19 ?

Si un vaccin chinois était le premier à être homologué, notamment par l’organisation mondiale de la santé (OMS), cela aurait un impact politique considérable. Les journaux du monde entier diraient que ce ne sont pas les Etats-Unis, ni l’Europe ou le Japon, qui ont été les premiers. Alors que, normalement, ce sont les pays qui ont les plus grandes entreprises pharmaceutiques, et les plus grands instituts de recherche qui trustent depuis un peu moins de 100 ans tous les prix Nobel de médecine ou de chimie. L’impact serait donc très fort en termes d’opinion publique internationale. Cela provoquerait une mise en avant de la Chine, mais aussi une profonde remise en question à l’étranger. Surtout dans un moment où la Chine est considérée par les Européens comme un rival systémique, et pas systématique. Une homologation d’un vaccin chinois avant tous les autres pays aurait donc un impact politique énorme.

Dans un tel scénario comment réagiraient les Etats-Unis ?

Face à un scénario dans lequel la Chine serait le premier pays à se voir homologuer un vaccin contre le Covid-19, les Etats-Unis mettraient alors certainement en avant la découverte d’un potentiel traitement face à ce coronavirus.

Quels sont les véritables enjeux de cette course au vaccin, finalement ?

Il y aura vraisemblablement plusieurs vaccins. Donc la course n’est pas tant sur qui trouvera un vaccin, mais sur qui le trouvera en premier. Et ensuite, il faudra voir qui sera capable de faire la bonne communication autour du vaccin. Du côté des Européens, on a expliqué que si un vaccin était trouvé, il profiterait bien évidemment aux populations européennes, mais aussi aux pays en voie de développement. Même s’ils le feront aussi, les Etats-Unis ont moins insisté sur ce point. Depuis plusieurs semaines, la Chine explique qu’en tant que puissance responsable, elle fournira des vaccins à des pays du Moyen-Orient, comme les Emirats Arabes Unis avec qui un accord a déjà été trouvé, mais aussi à des pays africains, notamment le Maroc, avec qui il existe également un accord. Tout ceci à un moment où le sens de la responsabilité des Etats-Unis est remis en cause, notamment du fait de la communication de l’administration Trump. Voilà pourquoi la Chine a rejoint l’initiative multilatérale mondiale Covax, et pourquoi elle multiplie les déclarations, en expliquant que la Chine viendra au soutien des pays en voie de développement.

Avec quel objectif ?

L’objectif de la Chine est de toucher ainsi l’opinion publique des pays en développement, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est… Être la puissance qui est la première à leur venir en aide, c’est important. En mars 2020, tout le monde se souvient des avions chinois à l’aéroport de Milan avec des masques. Une semaine après, les Français et les Allemands avaient donné beaucoup plus d’équipements de protection à l’Italie que la Chine. Mais c’était trop tard. Donc si la Chine est capable de fournir des vaccins à des pays en développement, avant les Européens, avant les Japonais et avant les Américains, c’est de cela dont on se souviendra. C’est ça qui marquera l’opinion publique.

Finalement, cette course au vaccin est-elle essentiellement scientifique ou géopolitique ?

Cette course au vaccin est à la fois scientifique et géopolitique. Il y a bien sûr une dimension scientifique. N’importe quel scientifique, qu’il soit américain, chinois, japonais ou européen, veut évidemment développer un vaccin. Mais pour les autorités politiques, il y a une dimension géopolitique fondamentale. C’est ce qui permet de massivement soutenir l’effort de recherche. Avec parfois des risques, comme on le voit en Chine, où un vaccin encore en phase 3, et qui n’est donc pas homologué, est quand même utilisé.

Oui, mais cela comporte des risques !

C’est là où l’acceptation différente du principe de précaution en Europe et en Chine donne un avantage à la Chine. Car ils peuvent faire des vaccinations massives sans homologation. Ce qui est impossible en Europe. En revanche, comme leur vaccin n’est pas homologué, l’impact pour la Chine est limité, car ils ne peuvent vacciner que des Chinois, et pas des étrangers.

Monaco souhaite investir de l’argent dans une piste qui mène à un vaccin australien : quel est l’intérêt pour un micro-Etat de faire ça ?

Comme pour tout pays, l’intérêt de Monaco c’est de diversifier les investissements dans la recherche. D’ailleurs, il n’existe pas un seul pays qui investit dans un seul programme. Tout le monde fait à peu près pareil : les pays investissent dans plusieurs vaccins ou au sein d’une entreprise qui, elle-même, a plusieurs pistes. Il est de toute façon important d’avoir plusieurs vaccins, car au fil du temps on se rendra compte que certains vaccins marchent mieux que d’autres. De plus, avec plusieurs vaccins sur le marché, cela offrira moins la possibilité de risquer des pressions politiques, puisque les risques seront ainsi diversifiés.

D’autres raisons expliquent ces investissements monégasques ?

Cela démontre que Monaco est un pays responsable. Vu la ligne et la politique étrangère de la principauté, Monaco s’inscrira dans des partenariats avec des Européens, ou d’autres, dans une approche très multilatérale pour les pays en voie de développement. Ainsi, à son échelle, Monaco contribue à la santé globale des populations.

Mais Monaco a lancé aussi en parallèle trois autres pistes pour des précommandes de vaccins ?

Cet épisode du Covid-19 remet en avant la question fondamentale de la souveraineté. Ce concept de souveraineté était un peu tabou pendant des années, notamment en France, où ce sujet apparaissait comme étant un concept nationaliste ou d’extrême droite. Or, on voit qu’aujourd’hui, la souveraineté ce n’est pas ça.

Qu’est-ce que la souveraineté ?

La souveraineté, c’est le fondement de l’Etat. Un Etat est souverain, et dans sa souveraineté, il doit protéger sa population. Car si un Etat n’est pas souverain, il ne peut pas protéger sa population.

Et en quoi la question de souveraineté est redevenue centrale avec la crise du Covid-19 ?

On l’a vu lors des problèmes de pénurie des équipements de protection, de médicaments, ou de principes actifs pour les médicaments, une vraie question se pose sur notre souveraineté sanitaire. Il est donc fondamental aujourd’hui, pour l’ensemble des pays, de remettre en avant cette notion de souveraineté, et d’insister encore plus sur la dimension de souveraineté sanitaire. Puisqu’il en va de la légitimité même de nos régimes politiques. C’est sur ce plan que le régime politique chinois a marqué des points.

Comment ?

En mars 2020, lorsque l’épidémie de Covid-19 s’est installée en Europe, certains ont évoqué un « Tchernobyl chinois » et parlaient même d’un risque d’effondrement pour le régime chinois. En fait, ça n’a pas du tout été un « Tchernobyl chinois », ça a été, au contraire, une opportunité pour le système politique chinois de se renforcer. Alors, bien évidemment, le régime chinois ne s’est pas réjoui de cette pandémie de Covid-19. Mais la gestion de cette crise sanitaire s’est transformée en une opportunité politique. Les éléments de langage chinois ont consisté à dire que la Chine était un pays souverain, qui a sur son territoire national les capacités de protéger la population, et de protéger en partie le reste du monde, d’où la diplomatie des masques. Sur le plan de la souveraineté sanitaire et de la souveraineté industrielle, dans une moindre mesure, on peut considérer que la Chine a marqué des points.

Quels sont les enjeux diplomatiques pour un pays comme Monaco dans cette course au vaccin ?

Pour Monaco, il existe déjà un intérêt dans cette course au vaccin vis-à-vis de sa population. C’est en effet l’occasion de démontrer à la population que les autorités monégasques les protègent. Les micro-Etats, ou les cités-États, n’ont pas beaucoup de choix dans leur approche diplomatique. L’approche multilatérale, c’est véritablement la seule option possible et c’est aussi la stratégie la mieux adaptée. Seul, Monaco ne peut pas développer un vaccin, c’est une évidence. Mais la France seule aurait aussi énormément de mal à créer un vaccin.

Pendant cette crise sanitaire, le multilatéralisme reste donc essentiel pour les autorités monégasques ?

Utiliser la façon de gérer cette course au vaccin pour l’inscrire dans une approche multilatérale, c’est fondamental pour Monaco. La diplomatie monégasque est indissociable du multilatéralisme. Montrer que cette course se fait avec l’Europe, avec l’Australie ou d’autres pays, c’est fondamental. A son échelle, à son niveau, Monaco montrera ainsi que la principauté est capable de contribuer au système de gouvernance global de la santé, et d’assister certains pays en développement. Dans cette crise du Covid-19, Monaco poursuit son identité diplomatique, qui est de s’inscrire dans le multilatéralisme, et d’être une puissance responsable.

De quels avantages bénéficiera le pays dans lequel sera trouvé un vaccin anti-Covid-19 ?

Certains mettront en avant l’avantage économique. Mais je pense que cette dimension économique n’est pas la plus importante. C’est plutôt la dimension politique qui prime. Cette dimension politique se décline en termes de perception, et en termes d’image pour les pays. Être considéré comme une grande puissance scientifique et technologique est quelque chose de très important. Être perçu comme une grande nation innovante et un leader dans les sciences et les technologies, c’est vraiment fondamental.

Quel est l’avantage que cela procure ?

Cela rend plus facile la mise en place de partenariats internationaux, ou la possibilité de lancer des coopérations internationales. Et, in fine, d’utiliser cette image pour promouvoir les entreprises du pays à l’étranger. Donc, à très court terme, c’est un enjeu d’image. Mais à moyen et long terme, cela soulève des enjeux politiques et économiques bien plus larges.

Lorsque la pandémie de Covid-19 prendra fin, quels seront les impacts géopolitiques ?

En mars et avril 2020, certains estimaient que tout allait changer, et qu’il y aurait le monde d’avant le Covid-19, et le monde d’après. Ce n’est pas la pandémie en tant que telle qui a un impact majeur, ce sont plutôt les impacts économiques. Reste à savoir si ces impacts économiques seront durables ou pas. Est-ce que l’effondrement économique des Etats-Unis, du Japon et de l’Europe va durer ou est-ce qu’il y aura un rebond rapide ? Est-ce que le Covid-19 ne sera qu’une parenthèse de quelques années ? Là-dessus, on n’a pas vraiment de visibilité.

Les cartes de la diplomatie mondiale seront-ELLES redistribuées ?

Sur l’équilibre des rapports de force, il n’y a pas de grands changements. Les Etats-Unis restent la première puissance économique mondiale, et, de fait, la première puissance au monde. Cette pandémie de Covid-19 est avant tout un révélateur et un catalyseur de tendances qui existaient déjà.

Cette crise sanitaire a créé de nouvelles tendances ?

Je ne pense pas. Et je ne pense pas non plus que le Covid-19 va entraîner des évolutions notables du système international. Mais il y a des perdants. Les grands perdants de cette crise sanitaire ce sont les pays en développement, où on constate des impacts massifs. On en parle d’ailleurs assez peu, alors que c’est bien documenté, avec pas mal de données fournies par la banque mondiale et l’ONU.

Quelle est la situation dans les pays en voie de développement ?

Des centaines de millions de personnes sont en train de retomber dans l’extrême pauvreté. Du coup, on est en train de s’éloigner des objectifs de développement durable de l’ONU. Dans cette crise du Covid-19, il faudrait donc éviter que les pays les plus développés se concentrent uniquement sur leurs propres populations. Il est très important de distribuer le vaccin aux pays en développement.

Qu’est-ce qui est à craindre ?

Il ne faut pas que cette pandémie, et la crise économique qui en découle, ne mette en péril les efforts internationaux réalisés pour réduire la pauvreté. L’idée, c’est donc de continuer à chercher à atteindre, sans qu’ils ne soient trop décalés dans le temps, les 17 objectifs de développement durable fixés par l’ONU. Et ainsi d’éviter le pire, c’est-à-dire qu’ils soient remis en cause. C’est pour cela que l’Union européenne (UE) s’est prononcé très vite, dès le mois de mars 2020, en disant que cette crise sanitaire aurait des impacts pour les pays en développement, et qu’il faudrait chercher à les limiter au maximum. Il faut donc absolument aider ces pays.

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