mardi 30 novembre 2021
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Monaco à l’heure de l’économie 2.0

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Economie numérique
© Photo D.R.

Après deux tentatives avortées sur le sujet, le conseil national a voté, la semaine dernière, la loi sur l’économie numérique. Donnant un cadre juridique notamment au e-commerce, elle constitue une base pour une économie amenée à se développer fortement en principauté et à générer de la TVA dans les années à venir. La loi va aussi permettre à terme la dématérialisation de tout document à Monaco.

Un avenir inscrit dans le Net

Enfin. L’adverbe revient dans plusieurs bouches au moment d’évoquer le sujet. Mercredi 13 juillet, le conseil national a voté à l’unanimité la loi sur l’économie numérique. Celle qui régira à l’avenir un commerce virtuel jusqu’alors primitif en principauté. Le but de cette loi (n° 883) est de créer les conditions de la confiance dans l’économie numérique afin d’en favoriser l’essor. Pourquoi enfin?? Parce que le processus aura mis neuf ans pour aboutir. Le premier dépôt d’un projet de loi sur l’économie numérique remontait au mois de juin 2002. Il se divisait à l’époque en deux volets, l’un relatif au commerce et à la preuve électronique et l’autre aux délits spécifiques aux systèmes d’information. Ceux-ci étaient retirés en 2006, dépassés par des réglementations européennes et françaises mises en place après leur dépôt. Remplacés par des textes similaires, dont les amendements avaient été rejetés par le gouvernement, finalement retirés eux aussi. Mais les temps ont changé, Monaco est en quête d’attractivité et tous les moyens sont bons à prendre pour se montrer et générer de la TVA. Le gouvernement ne dit plus non à l’économie numérique. Durant la session du 13 juillet, le ministre d’Etat Michel Roger a d’ailleurs illustré ce changement. « La principauté ne pouvait demeurer plus longtemps dénuée d’une législation propre à favoriser l’essor de l’économie numérique », a-t-il déclaré.
Alexandre Bordero, rapporteur du projet de loi, soulignait?: « Cette loi est fondamentale. L’économie numérique est devenue un des secteurs majeurs du développement économique des sociétés contemporaines conduisant les pouvoirs publics à intégrer ce phénomène nouveau dans l’environnement juridique ». Et l’élu de préciser que « cela permettra à la principauté de Monaco de conforter la croissance de ce secteur qui pourrait être dans un proche avenir, l’un des moteurs du dynamisme économique ». Du côté des élus du conseil national, peu de réactions ont fusé lors de la session mais quelque soit le bord, on s’est félicité du vote de la loi. Jean-Charles Gardetto, conseiller UDM et rapporteur des projets de loi précédents sur la question, voyait là « l’occasion d’emboîter le pas pour aller vers une administration plus électronique ». Christophe Steiner, conseiller R&E, se disait « heureux que ce premier volet de loi soit enfin arrivé pour rattraper le retard ». Même son de cloche à l’extérieur de l’hémicycle. « Je suis personnellement pour le développement du numérique. Il est certain que Monaco ne pouvait rester à l’écart de cette tendance internationale?: cette loi était nécessaire pour permettre un développement de ce secteur. Quel que soit le pays, ou le secteur d’activité d’ailleurs, une entreprise sérieuse ne peut envisager de projets de développement sans cadre juridique clair », indique notamment Michel Dotta, président de la Chambre de développement économique de Monaco.

« Tout reste à faire »

Voter la loi était un premier acte mais cela ne suffit pas. « La loi arrive dans le bon timing. Monaco se situe en milieu de peloton. Il va falloir travailler dès la rentrée pour que les ordonnances souveraines commencent à tomber dès 2012. Actuellement, il n’y a pas de signature numérique ou de certification électronique en principauté et aucune entité pour gérer ce genre de choses. Tout reste à faire », observe Jean-Philippe Claret, président de la Chambre monégasque des nouvelles technologies. Il appartient désormais à la principauté de prendre notamment le train du e-commerce, qui roule à un rythme infernal. Et au vu des chiffres d’affaires engendrés par les transactions numériques, il a tout intérêt à s’y mettre rapidement. La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD) a, en effet, dressé un bilan des plus flatteurs pour le commerce virtuel en France. Plus de 85?000 sites de vente en ligne ont été consultés. « Au 1er trimestre 2011, le chiffre d’affaires de l’ensemble des sites de ventes en ligne a progressé de 20 % par rapport au même trimestre de 2010 pour atteindre 8,8 milliards d’euros », relève la FEVAD. Tous les secteurs en profitent, le tourisme et les loisirs en tête, et le nombre d’acheteurs a progressé de 11 % par rapport à la même période en 2010. D’autres chiffres donnés par la FEVAD ont définitivement convaincu Monaco de donner un cadre à l’économie numérique. Entre 2006 et 2010, le chiffre d’affaires du e-commerce en France est passé de 11,6 à 31 milliards d’euros, gardant une progression constante chaque année. Le secteur générait aussi 60?000 emplois et se présente comme une solution aux problèmes de superficie rencontrés par la principauté pour se développer car il ne nécessite physiquement que peu ou pas d’espace.

Jean-Philippe Claret président de la Chambre monégasque des nouvelles technologies
« Si on n'est pas sur le Net en 2020, on ne vend plus rien. 2020, c'est demain », Jean-Philippe Claret président de la Chambre monégasque des nouvelles technologies. © Photo Monaco Hebdo.

Une pierre pour deux projets de Monaco 2029

Le pays ne devrait disposer que de quelques années pour se doter d’un e-commerce de qualité. Dans une récente étude prospective, la fédération du e-commerce et de vente à distance française prévoit pour 2020 l’avènement du commerce connecté. C’est-à-dire un commerce virtuel qui aurait pris tous les aspects d’une enseigne physiquement réelle (recherche facilitée, gain de temps, commande 24 heures sur 24, avis clients, contact avec un vendeur, possibilité de voir les détails d’un produit, scénarisation de l’offre). Une projection qui n’est pas sans en rappeler une autre. Le groupe de réflexion Monaco 2?029 avait ainsi défini deux projets d’avenir dans son livre blanc en 2009 pour que la principauté figure parmi les leaders du e-commerce et génère de la TVA numérique. Deux projets qui pourraient voir le jour grâce à la loi. Baptisé Casimir, le premier résidait en une centrale d’achat sécurisée internationale de Monaco par Internet. Avec l’objectif de « permettre aux internautes de passer commande à un site étranger en transitant par un site monégasque, afin que la facturation se fasse à Monaco, la TVA restant alors monégasque même si le produit est expédié depuis un pays de la communauté européenne vers un pays de la communauté européenne sans passer par Monaco ». Des remises négociées sur les achats groupés et des cadeaux avec tirages au sort constituaient des pistes pour rendre le système attractif. Le dispositif devait ainsi endiguer « l’insupportable hémorragie grandissante de TVA sur e-commerce », rapportant 10 à 20 millions d’euros aux caisses de l’Etat dès la première année. Le second projet évoquait une centrale internationale de vente internet sécurisée de Monaco. Il visait à la « création d’un dispositif de e-commerce National, au service de tous les commerçants Monégasques pour présenter et vendre leurs produits sur Internet ». Une centrale sous forme de SAM garantie par l’Etat, où « chaque commerce s’occuperait de son propre stock, de sa propre logistique d’expédition ». Avant d’en arriver là, plusieurs pré-requis seront nécessaires. Mais le constat est là pour Jean-Philippe Claret?: « Si on n’est pas sur le Net en 2020, on ne vend plus rien. 2020, c’est demain ». Monaco ne veut pas, et surtout, ne peut pas rater ce demain.

Economie numérique
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Economie numérique?: et maintenant??

Avec la loi, trois secteurs vont se retrouver sous la lumière?: le e-commerce, la sécurisation des données et la dématérialisation des papiers.

Prenons un produit emblématique de Monaco?: le barbagiuan. En entrant la spécialité sur un moteur de recherche, on trouve toutes sortes de recettes pour en faire chez soi. Certes, les commerces tels qu’A Roca possèdent leurs sites avec téléphone et adresse mais aucune possibilité d’en commander par Internet. Un des défis de l’économie numérique pour Monaco se trouve là?: donner la possibilité de commander et de payer en ligne du « made in Monaco ». C’est ce qu’on appelle le e-commerce, actuellement peu développé en principauté. Quelques enseignes comme Ubaldi ont néanmoins décidé de se lancer. « Nous avons désormais tous les atouts pour développer le e-commerce en principauté. La loi arrive à temps, dans la mesure où certains pays avaient voté une loi sur le secteur et leur économie numérique a eu du mal à démarrer. C’est le cas en France, avec la facture électronique. Le pays avait la loi depuis 10 ans mais ça ne prend son envol qu’aujourd’hui », observe Pierre Ferry, président de la FedISA Monaco, une association qui soutient et promeut la confiance numérique en principauté. La loi pourrait permettre de créer une dynamique auprès des commerçants de la principauté. « A l’horizon 2020, le principe du commerce de détail aura changé. On achètera sur Internet des objets qu’on aura vu en magasin. L’e-commerce en est à ses balbutiements. Maintenant que le vide juridique est comblé, cela va se développer. Pourquoi ne pas faire un portail made in Monaco avec différentes initiatives?? », analyse Jean-Philippe Claret, président de la Chambre monégasque des nouvelles technologies. Un point de vue partagé par Jean-Philippe Noat, directeur de la société Uriel Conseil?: « Des regroupements de services pourront être opérés. Pour les petits commerces de proximité, en revanche ce sera plus difficile, leurs ventes sur le Net pourraient rester marginales sauf à se regrouper dans une plate-forme monégasque commune ». D’autant que la demande est présente en principauté.

Première galerie marchande virtuelle en 1997

Selon Martin Peronnet, directeur général de Monaco Telecom, « les clients demandent aujourd’hui de pouvoir gérer directement leurs offres sur le site de Monaco Telecom?: les options, les offres, le changement de mobiles. Nous ne sommes qu’au démarrage de notre histoire dans ce domaine. Nous répondrons graduellement à nos clients sur ces possibilités qui apportent un certain confort et qui sont complémentaires à l’action des conseillers dans nos boutiques et au téléphone ». Si Monaco n’a adopté qu’aujourd’hui sa loi sur l’économie numérique, la première trace de e-commerce en principauté remonte au siècle dernier. « Avec le groupe Tekworld, en 1997, nous avions lancé Monaco Shopping, la première galerie marchande virtuelle de Monaco. Mais c’était trop tôt, ça n’a pas été suivi. Nous avons été aussi les premiers à réaliser une transaction totalement sécurisée (SET, N.D.L.R.) avec un consortium bancaire », rappelle Hilde Haneuse, qui dirige la société Bluewave. « L’e-commerce doit pouvoir se développer davantage. Il devrait séduire car Monaco bénéficie d’une image de luxe attractive. Acheter du made in Monaco revêt toujours un cachet particulier. Mais en même temps, l’Etat doit faciliter les démarches pour les entreprises. Il doit avancer dans la e-administration, dans la récolte de données en ligne. C’est un investissement à réaliser », ajoute Hilde Haneuse. Si le site Internet devient indispensable pour toute entreprise, les professionnels en sont persuadés?: « l’e-commerce ne tuera pas le commerce de proximité ».

Monaco, coffre-fort du numérique??

Faire de Monaco un coffre-fort numérique renommé dans le monde fait aussi partie des projets visés par la loi. Pour cela, la Principauté devra se doter d’un CERT (Computer Emergency Response Team), à savoir une brigade d’intervention rapide pour contrer des tentatives de piratage ou d’extorsion. L’idée d’un CERT monégasque rassemble les différents acteurs mais les divise aussi. « C’est un point important à discuter. Il faut s’appuyer sur les standards internationaux et voir comment Monaco peut se positionner par rapport à eux. Il serait inutile de recréer des choses qui existent déjà à l’étranger », soutient Martin Peronnet. Pour Jean-Philippe Noat, « ce CERT permettrait d’offrir des structures d’hébergement dignes de ce nom à de grandes entreprises ». « Cela augmenterait l’attractivité de Monaco et ça ferait rentrer de la TVA numérique. Mais il faut que le gouvernement joue le jeu. Il ne faut pas oublier ce qu’il s’est passé récemment avec Sony et le piratage de plusieurs de ses sites avec, pour conséquence, plusieurs semaines de blocage desdits sites. Sony a décidé dans l’urgence de créer un CERT, avec un budget annuel de plus d’un million d’euros. La création d’un CERT monégasque de qualité peut faire décider les investisseurs à préférer la place virtuelle monégasque cela peut amener de nouveaux gros contrats amenant plusieurs millions d’euros par mois », développe-t-il. Même son de cloche pour Pierre Ferry?: « On espère que l’image de Monaco coffre-fort monétaire et financier puisse se convertir au « coffre-fort numérique ». Il y a du business à faire et de nombreux acteurs devraient en profiter. » La Direction des communications électroniques pourrait avoir un rôle de régulateur à jouer. « Il faudra qu’il y ait un CERT en principauté mais sa portée reste à définir. Il faudra en discuter avec le privé », concède Christophe Pierre, directeur des communications électroniques en principauté.

Dématérialisation, la loi écolo

Un dernier aspect évoqué par la loi sur l’économie numérique concerne la dématérialisation des documents. Derrière ce terme se cache la reconnaissance des documents électroniques comme preuve. « Ce qui est important dans cette loi, c’est que le document électronique est reconnu comme une preuve, à l’instar d’un original en version papier », relève Pierre Ferry, président de la FedISA Monaco. « Il faut que Monaco se dote d’une « autorité de certification », ne serait-ce que pour les papiers d’identité des Monégasques, qui sont actuellement signés « électroniquement » par une autorité étrangère », poursuit-il. Ce point réjouit aussi Jean-Philippe Claret, président de la Chambre monégasque des nouvelles technologies. « Si les décrets vont au bout, la principauté de Monaco devient un Etat sans papiers. On va gagner de la place, notamment pour des banques qui ont parfois des salles entières de documents papiers. Il y aura une implication écologique forte. Mais il faut voir comment la loi va traiter le passé, si le passé en version numérisée devienne légal », dit-il. Reste que la loi sur l’économie numérique est, elle, bien écrite noir sur blanc.

Le référencement, clé du succès numérique

Être sur la Toile c’est bien, y être vu c’est mieux. Le référencement de sites est le fonds de commerce de Global Site Position, société basée à Monaco.

Qui est déjà allé au-delà de la troisième page de résultats sur Google?? « 9 internautes sur 10 ne lisent pas les réponses après trois pages » à en croire Christopher Bennier, directeur de Global Site Position, une société spécialisée dans le référencement de sites web sur Internet et basée à Monaco depuis onze ans. Cette activité reste l’une des clés du développement d’une entreprise sur Internet. L’adage est simple?: sans visibilité, pas de visiteurs. « Aujourd’hui, il est indispensable pour une société d’être trouvée sur Internet, surtout par les moteurs de recherche principaux, comme Google, Yahoo et Bing (MSN). Plus de 85 % des internautes utilisent des moteurs de recherche pour trouver un site Internet. Google compte plus d’1 milliard de recherches par jour. Une bonne visibilité sur Internet est un avantage compétitif et un moyen facile d’accès à un marché global pour une présentation ou des ventes a l’international », explique Christopher Bennier. Et de préciser que les internautes sont devenus « plus sophistiqués ». Les couples de mots-clés sont devenus la norme pour les recherches web. « Leur analyse pour savoir comment les internautes cherchent dans chaque secteur d’industrie sont un élément très important pour la stratégie de communication sur Internet. Etre référencé en top positon avec des bons mots-clés pertinents et profitables dans son secteur d’industrie est la clé du succès ». Au top, le titre et la description du site référencé doivent l’être aussi. Quid des noms de domaine « .mc »?? « Le « .mc » ne donne pas forcément un avantage à l’international. C’est malheureusement encore peu connu et pas forcément lié à une valeur ajoutée. La perception des internautes du « .mc » doit être mieux établie. La majorité de nos clients locaux préfèrent être bien référencés avec le « .com ». Mais ils utilisent le « .mc » en stand by ou pour le rediriger vers le « .com »», dit encore Christophe Bennier.

Environ 2?000 sites « mc »

Le point avec Christophe Pierre, directeur des communications électroniques en principauté.

Monaco Hebdo?: Combien de noms de domaines « mc » ont été déposés à ce jour??
Christophe Pierre?: Il y a environ 2?000 noms de domaines déposés auprès de la DCE. Pour la demande de création, un formulaire est disponible sur le site du NIC et du gouvernement. Il faut joindre à la demande soit un extrait du Registre du Commerce de l’Industrie soit une justification de profession ou d’association. Sur un plan technique, nous devons référencer les DNS (service qui lie une adresse IP à un nom de domaine) dans notre base de données.

M.H.?: Peut-on avoir tous les noms de domaines??
C.P.?: Nous attribuons actuellement des noms de domaines pour des sociétés, des marques de fabrique et des associations. Il faut au moins trois caractères et le système n’admet pas les accents. Nous avons aussi une liste de termes réservés, autrement dit des noms de domaines interdits pour éviter que cela porte atteinte aux bonnes mœurs ou à l’image de la Principauté. On peut disposer sans limite de temps d’un « mc ».

M.H.?: Allez-vous libérer tous les noms de domaines comme en France??
C.P.?: Libérer tout en une fois, c’est délicat. Avant le 1er juillet, la France, par l’intermédiaire de l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic), avait libéré tous les noms de domaines hormis une liste réservée assez longue. Je pense que nous parviendrons petit à petit à cette situation là avec une première étape qui verra le jour dans les prochains mois, où nous allons « ouvrir » les critères d’attribution, introduire la notion de renouvellement des noms de domaine et en faciliter l’enregistrement.

Bateau cableur EIG
© Photo Monaco Telecom.

Le EIG, l’atout de Monaco

La Principauté est reliée depuis peu à l‘Europe India Gateway (EIG), une autoroute de l’information virtuelle. Un avantage pour le pays dans le développement de son économie numérique.

Une autoroute sous-marine de plus de 15?000 km et un seul point de passage dans le sud-est de l’Europe?: Monaco. Raccordé depuis 2009 à l’Europe India Gateway (EIG), la Principauté accueille un système d’information, en réalité un câble sous-marin en fibre optique, capable de transporter 3,84 terabytes par seconde. L’EIG, qui relie Londres à Bombay en passant notamment par le Portugal ou encore les Emirats Arabes Unis, a été mis en place par un consortium d’opérateurs. Si Monaco fait aujourd’hui partie de cette autoroute de l’information, le pays le doit à Cable & Wireless, actionnaire majoritaire de Monaco Telecom et membre du consortium. La Principauté s’est ainsi dotée d’un premier moyen d’attirer des sociétés d’hébergement informatique ou des entreprises désireuses de stocker leurs données dans un endroit fiable et rapide. « Le monde est de plus en plus connecté et les acteurs échangent toujours plus d’informations. Pour un Etat, la qualité de ses connexions avec le reste du monde est devenue un facteur de compétitivité. L’arrivée de l’Europe India Gateway (EIG) nous place enfin sur une des grandes autoroutes de l’information », souligne Martin Peronnet, directeur général de Monaco Telecom. « En parallèle de l’arrivée d’EIG, Monaco Telecom a entièrement refondu son infrastructure de connexion. Nos capacités de transport d’informations ont été multipliées par huit sur une architecture sécurisée dont la mise en œuvre s’est échelonnée de mai à août », détaille-t-il. Le système, ultra-sécurisé, est reconfiguré en cas de coupure, ce qui fait qu’il ne s’arrête jamais. L’ancrage de Monaco dans l’EIG est d’autant plus fort que de Londres, point de départ du réseau, part une autre autoroute de l’information, l’une des plus fréquentées vers les Etats-Unis.

Monaco n’est plus isolé

Monaco prend aussi une petite revanche, sur le plan du trafic Internet. « Auparavant, la Principauté était relativement isolée des grandes autoroutes de l’information. Ses capacités d’échange d’information étaient limitées, dépendant de routes redondées vers Paris et Milan. Aujourd’hui, l’arrivée d’EIG et nos nouvelles infrastructures amèneront plus de sécurité, plus de capacité et des accès plus directs aux différentes régions du monde », explique Martin Peronnet. Pour le directeur général de Monaco Telecom, « les besoins de capacités de transport d’information des entreprises ont et auront une croissance exponentielle dans les années à venir ». En ce qui concerne les infrastructures d’hébergement, Monaco Telecom possède dans ses cartons « un certain nombre » de projets. « Nous avons récemment investi plus de 400?000 euros dans une nouvelle salle d’hébergement. Elle sera totalement occupée dès la fin de l’année 2011. Cela montre d’une part notre capacité à investir et d’autre part que la demande est là. Nous continuerons à nous développer dans ce domaine. D’autres décisions seront prises avant la fin 2011 », confie Martin Peronnet, qui se veut très optimiste pour l’avenir?: « Il n’y a plus de limites physiques au développement de l’économie numérique en principauté ».

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