mardi 30 novembre 2021
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Qualité de vie à Monaco.
La population et les pendulaires s’expriment

Publié le

Comment les Monégasques, les résidents et les pendulaires jugent-ils la qualité de vie à Monaco ? Pour le savoir, Monaco Hebdo est allé à leur rencontre.

Dossier réalisé par Raphaël Brun, Nicolas Gehin et Edwin Malboeuf

Cédric Lanteri – Taxi et président de l’association des taxis de Monaco

Propos recueillis par Raphaël Brun

C’est quoi la qualité de vie pour un chauffeur de taxi à Monaco ?

En tant que chauffeur de taxi, la qualité de vie c’est pouvoir exercer sereinement son travail, sans subir trop de conséquences extérieures à notre profession. Notamment la circulation dans Monaco et aux alentours. En cela, les autorités monégasques et françaises ont été dépassées par l’accélération et l’évolution de la démographie dans notre petit bassin d’activité. Nous sommes victimes d’un trop plein de véhicules sur des routes qui ne sont pas adaptées. On entend dire que la bretelle de Beausoleil va rouvrir, mais si les travaux ne commencent que fin 2021 (lire Monaco Hebdo n° 1120), elle ne sera pas opérationnelle avant fin 2022, au mieux. Je sais qu’à l’échelle d’un Etat, deux ou trois ans, c’est peu. Mais pour nous, sur les routes, au quotidien, c’est énorme.

Sur la route, la situation s’est dégradée ?

En 2000, pour rentrer dans Monaco, ça devenait difficile autour de 7h30 — 8h du matin. En 2010, c’est devenu compliqué à partir de 7h du matin. Depuis 2017-2018, ça commence à bloquer à partir de 6h30 du matin. C’est déjà saturé. Certains matins, à 5 minutes près, c’est fini, vous ne passez plus et vous devez reconsidérer tous vos prochains rendez-vous professionnels ou autre. Pour des courses dans Monaco, à certaines heures, il est plus simple pour les clients qui le peuvent de se déplacer à pied car ils iront plus vite qu’en taxi à cause des bouchons. Le 18 juillet 2018, un collègue a pris un client pour l’emmener à l’aéroport. Il est parti du Métropole à 18  heures, et il est arrivé à l’aéroport de Nice un peu après 20  heures. Pendant la première heure, il a parcouru 800  mètres. Evidemment, le client a raté son avion…

Les taxis électriques saisonniers apportent un plus ?

Les 20 taxis saisonniers supplémentaires, qui roulent du 1er mai au 31 octobre, et qui viennent s’ajouter aux 95 autres taxis de la principauté, apportent une aide intéressante. Sur 30 dossiers, 20 ont été retenus. Ce nombre a été calculé par rapport au nombre de courses que nous perdions entre mai et octobre. Dix ou 12 travaillent la nuit, 8 ou 10 pendant la journée et le résultat est satisfaisant. Même si, avec ces nouveaux entrants, le chiffre d’affaires a pu légèrement baisser, comme je rentre le soir plus « zen » chez moi, je suis satisfait. Je pense que les bénéfices de cette flotte additionnelle de taxis sont à mesurer sur le long terme, car les clients retrouvent confiance dans notre service.

L’attractivité de Monaco pèse sur la qualité de vie ?

Monaco est connu dans le monde entier et reste un pays attractif, mais on paie maintenant la rançon de cette gloire. Monaco se remplit à 7  heures du matin et se vide à 19  heures. En journée, dans les bouchons, il y a franchement de quoi péter les plombs. Nerveusement, c’est très difficile et, au fil du temps, c’est usant. Je pense qu’on a physiquement atteint les limites de ce qu’on peut faire sur un territoire de seulement 2 km2. Aujourd’hui, le monde est global. Les gens voyagent beaucoup. Et s’ils viennent s’installer à Monaco, mais s’ils n’y trouvent pas ce qu’ils sont venus y chercher, notamment en termes de qualité de vie, ils ne restent pas. C’est aussi ça que j’entends parfois, dans mon taxi.

La qualité de vie a un impact sur l’image de Monaco ?

Peu à peu, Monaco est en train de se faire mal noter par les gens qui y vivent. Les enfants du pays sont contraints de quitter Monaco, car les loyers explosent et on se retrouve presque uniquement avec des Monégasques qui sont présents à l’année et des ultra-riches qui viennent au gré des grosses manifestations. Petit à petit, la classe moyenne disparaît et le tissu social du pays n’est plus équilibré. Nous devons retrouver une ville où la population vit ensemble toute l’année, et pas seulement pendant quelques événements pour recréer du lien entre les habitants. Pour les familles, même en plein été, Monaco manque d’espaces de jeux pour les enfants.

Fabrice – Directeur financier pour Monaco Digital, usager des Monabikes

Propos recueillis par Edwin Malboeuf

Que pensez-vous de la qualité de vie à Monaco, en tant que salarié à Monaco ?

La qualité de vie à Monaco est assez exceptionnelle. En tant que travailleur à Monaco, j’ai le trajet à faire tous les jours. Mais, au-delà de ça, on a de nombreuses possibilités entre midi et deux, pendant les pauses pour aller à la plage, nager, faire du sport… Maintenant, on peut se déplacer grâce au vélo [il montre la station de Monabike — N.D.L.R.]. Je fais tous mes déplacements professionnels à vélo. C’est un vrai plus.

Que pensez-vous de ce service, mis en place récemment ?

Que du bien. Il faut le développer, car on a maintenant des bornes qui sont vides régulièrement. Il ne faut donc pas hésiter à ajouter des bornes. Il faut vraiment multiplier l’offre pour que ce service soit utilisé par le plus grand nombre.

Des questions ont été soulevées vis-à-vis de la sécurité quant à l’utilisation de ces vélos : qu’en pensez-vous ?

Oui, j’ai vu passer un article d’un journal de Monaco, avec des utilisations… hasardeuses sur les trottoirs, avec des non-respects de la circulation. Je pense que la police va faire le nécessaire. Au-delà de ça, effectivement, on peut avoir des utilisations hors-normes, mais, pour ma part, je ne les ai pas constatées.

Il y a peu de pistes cyclables : c’est un problème ?

Monaco, c’est 2 kilomètres carré. Je ne vois pas comment on va pouvoir ajouter des pistes cyclables. A Monaco, la circulation à vélo est tout de même assez facile, par rapport à de grandes agglomérations. On n’a pas de grandes voies rapides. On n’a que des petites voies de circulation. En vélo, on arrive donc très facilement à s’insérer dans le trafic.

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Eric Sauri – Président de l’association Les naufragés du TER Nice-Cannes-Vintimille

Propos recueillis par Raphaël Brun

Comment améliorer la qualité de la desserte de Monaco par les TER de la SNCF ?

Je suis le dossier du TER en Paca depuis 2007. Pour avancer, il faut être pragmatique et massivement investir dans le matériel pour avoir des rames Jumbo TER de 1 800 places sur toutes les rotations des pendulaires. On ne veut pas davantage de trains, on veut des trains plus longs. Donc de 6h30 du matin à 9h30, puis de 16h30 à 19h30 en soirée. Il y a eu une amélioration en matinée, mais le soir, c’est pire, car les trains sont trop courts. On voit que les 11 rames de TER qui devaient être achetées pour la Côte d’Azur auraient été bien utiles… On est dans une situation où il devient difficile d’ajouter de nouveaux pendulaires, et donc de nouveaux salariés pour Monaco, car les trains sont pleins, sur la route il y a d’énormes bouchons aux horaires de bureau…

L’ouverture à la concurrence va changer la donne ?

Depuis le 3 décembre 2019, les TER et les Intercités peuvent être gérés par d’autres acteurs que la SNCF. C’est un grand saut dans l’inconnu pour tout le monde. Que ce soit les politiques, ou pour les entreprises ferroviaires. On nous avait promis un centre de maintenance avant 2021, maintenant on nous dit qu’on l’aura lors de l’ouverture à la concurrence (1). Il était prévu de construire ce centre de maintenance régional à Nice Saint Roch, car il y a la place nécessaire. Ce centre sera potentiellement ouvert à toutes les entreprises ferroviaires, ou en tout cas à celle qui gagnera l’appel d’offres que lancera la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). Mais le problème, c’est que les emprises sont la propriété de la SNCF. Donc ce souci de foncier peut potentiellement permettre à la SNCF de bloquer l’arrivée d’éventuels concurrents.

Où installer ce centre de maintenance, alors ?

On pourrait construire ce centre de maintenance en Italie, à Vintimille. Il serait situé en bout de ligne, et il serait surtout proche, alors qu’aujourd’hui le plus près est à 220 kilomètres de Nice. Pour monter ce dossier, il faudra signer des accords transfrontaliers entre la région Ligurie et la région Paca, et des accords entre les gestionnaires ferroviaires. Cela pourrait aussi permettre d’obtenir des subventions européennes. Monaco pourrait aussi être partie prenante de ce dossier. Sans ajouter un seul train, on a la possibilité de doubler le trafic en allongeant les rames qui circulent déjà. Mais il faut du matériel, et il faut que ce matériel soit entretenu au plus près de la ligne de province la plus utilisée de France.

La couleur politique des décideurs pèse sur ce dossier ?

Du côté des politiques, idéologiquement, il n’y a pas de différences dans le traitement de ce dossier des TER en Paca. Tout le monde veut qu’on puisse disposer de transports en commun sur rails qui soient fiables. Alors que sur la Côte d’Azur il y a énormément de manifestations, pourquoi n’y a-t-il que très peu de trains réguliers après 22  heures ? Sur ce mandat-là, entre 2016 et 2021, il y aura eu 0 train acheté pour la Côte d’Azur. Les seules rames achetées sont les 5 Régiolis, mais c’était pour Marseille, elles ne circuleront pas sur la Côte d’Azur. Pourquoi les 11 rames Jumbo TER nouvelles qui étaient prévues pour le Var et les Alpes-Maritimes ont disparu ? De toute façon, impossible d’acheter des rames comme ça : pour pouvoir en acheter, il faut rentrer dans le cahier d’appel d’offres de la SNCF. Or, ce cahier est verrouillé. Il faut donc attendre, et voir ce qu’il se passera avec l’ouverture à la concurrence. De plus, les délais d’achats et de livraison sont très longs. Par exemple, les rames Jumbo TER qui sont arrivées en 2016 ont été achetées en 2010.

Que peut faire Monaco ?

Peut-être que Monaco, grâce à son statut, pourrait être une locomotive, en achetant directement des rames Régio 2N, en expliquant qu’ils en ont besoin pour développer leur territoire de façon plus écologique. En tout cas, aujourd’hui, on voit bien que les décisions prises par la région l’ont été au détriment du bassin d’emplois de la Côte d’Azur et de la principauté. Avant de quitter la présidence de la SNCF en octobre 2019, Guillaume Pépy nous a tué (2). Malheureusement, la région n’a rien vu venir, et ils ont capitulé.

De quelle manière ?

Il y avait 72 millions d’euros de prévus pour le centre de maintenance et 130 millions pour l’achat de nouvelles rames. Ces 202 millions étaient votés, et ils se sont évaporés. La région a capitulé car elle n’a plus d’argent, donc l’occasion était trop belle d’économiser un peu plus de 200 millions. Nice et Marseille sont deux métropoles qui se sont toujours opposées. A l’époque, le maire de Marseille, Gaston Defferre (1910-1986) est devenu ministre de l’intérieur en mai 1981. Et c’est lui qui a conduit la régionalisation. C’est pour ça que depuis 1981, Nice a été placé sous la tutelle de Marseille.

Nicolas Matile-Narmino – Président de l’Union des commerçants (Ucam)

Propos recueillis par Raphaël Brun

Comment jugez-vous la qualité de vie à Monaco ?

Globalement, ce qui pénalise l’activité économique, c’est la circulation. Une ville est un ensemble qui doit être cohérent. Sur le secteur du luxe, la principauté est attractive. Mais pour recevoir les clients, il faut que l’accessibilité soit bonne. Pour les clients du secteur du luxe, il faut qu’ils puissent s’arrêter quand ils le souhaitent et là où ils le souhaitent, mais aussi se garer facilement. Mais la qualité de vie, c’est aussi le choix des commerces dans une ville. Aujourd’hui, on se rend bien compte qu’on tire tout vers le grand luxe, l’hyper luxe. Mais qu’est-ce qu’il va rester pour les Monégasques ? Qu’est-ce qu’il va rester pour les locaux ? Aujourd’hui, sur un territoire de 2 km2, sans une volonté politique de notre gouvernement, rien n’est possible. Or, on mange tous les jours du pain, et on a donc besoin de boulangers. A moins qu’Amazon nous livre le pain avec des drones pour éviter les bouchons, il serait dommage de ne pas avoir accès à des boulangers en principauté, mais aussi à des coiffeurs, bref aux petits artisans.

Comment en est-on arrivé là ?

Ça fait 40 ans que Monaco enregistre une croissance de 2 % par an. Cette croissance est liée à la croissance des pendulaires. Ils sont nécessaires à la principauté. Or, je suis très inquiet, car on me dit que, dans quelque temps, il y aura 1 600 places de parking au Jardin Exotique et 900 places au Testimonio. Or, en 2004, une étude avait été faite par les services du gouvernement et il avait été envisagé de créer deux parkings de 10 000 places, un au Monte-Carlo country club et un autre au tennis club de Monte-Carlo, c’est-à-dire à la sortie du Jardin Exotique. Ça n’a jamais été fait. Quinze ans après, avec une croissance de 2 % par an, on dit que 2 500 places c’est suffisant.

Mais le gouvernement étudie la possibilité de lancer des navettes maritimes Nice-Monaco-Menton pour acheminer les salariés et les touristes ?

Ces bateaux ne résoudront qu’une partie du problème. Comment empêcher le résident monégasque qui a beaucoup d’argent d’avoir plusieurs voitures s’il en a envie ? Comment l’empêcher de prendre son Aston Martin pour faire le tour du casino de Monte-Carlo ? Il est là à Monaco parce que ça brille. Il met son bateau au port, il gare sa voiture devant le casino… C’est le modèle que Monaco a construit.

Il est trop tard pour adopter un modèle plus écolo ?

C’est jamais trop tard. Il faut dissuader les gens de circuler. A un moment donné, il faut faire payer les gens qui veulent circuler dans le cœur de la ville. Il faut laisser les taxis, les livreurs travailler parce que c’est leur métier. Mais tous les autres doivent payer. Et les gens qui sont à Monaco, ont les moyens de payer. Quant aux pendulaires, ils pourront utiliser les parkings de dissuasion, en leur offrant la possibilité d’utiliser, par exemple, un téléphérique pour descendre jusqu’à Fontvieille. Je suis en faveur d’une mobilité verte. Mais je ne veux pas empêcher le milliardaire qui a acheté la dernière Lamborghini Huracan ou sa Bugatti Chiron de la sortir. Parce que c’est aussi ce qui fait vivre Monaco et qui fait ensuite vivre un peu tout le monde. On a aussi besoin de ces gens-là.

Mais les salariés ont de plus en plus de mal à venir chaque jour travailler à Monaco ?

Il faut que les salariés qui travaillent en principauté puissent habiter à côté de chez nous. Il faudrait que, du côté français, la Métropole Nice Côte d’Azur (NCA) discute avec Monaco pour créer des logements pour les actifs. La principauté a besoin d’avoir ses actifs à proximité. Parce que ce sont eux qui vont nous faire vivre, nous, les commerçants. En habitant à un quart d’heure de leur lieu de travail, leur qualité de vie sera bien meilleure. Avec un plan sur 15 ou 20 ans, on peut changer ça. Il faudrait pouvoir loger 20 000 salariés aux portes de Monaco. Une fois en principauté, on peut utiliser les bus ou les vélos électriques. Il faut favoriser ces modes de déplacement.

Agnès – Mère de famille

Propos recueillis par Edwin Malboeuf

Que pensez-vous de la qualité de vie à Monaco ?

Nous, on est très content d’être ici. On est parti quatre ans sur Paris. On est revenu récemment, en septembre 2019. On l’a fait en partie pour que notre fille puisse grandir dans un environnement sécurisé, et on est très content.

En tant que mère de famille, que pensez-vous des parcs pour enfants ?

Au niveau des parcs, je trouve qu’on a pas mal de choix. Je trouve qu’ils sont en général très bien sécurisés. J’amène tous les jours ma fille, parce qu’elle ne va pas encore à l’école. Et c’est vrai que c’est le seul moyen que j’ai, actuellement, pour qu’elle puisse être en contact avec d’autres enfants.

Qu’est-ce que c’est que d’être une mère de famille à Monaco ?

C’est du travail (rires) !

Qu’est-ce qui pourrait être amélioré pour les enfants et les mères de famille à Monaco ?

Par exemple, dans les parcs, je trouve génial qu’il y ait des balançoires. Mais je les trouve parfois un peu dangereuses, car ce n’est pas encadré. Donc ma fille étant toute petite, elle a tendance à se diriger vers le danger. Et, du coup, elle est toujours à deux doigts de se prendre la balançoire. Mais après, ce sont des détails. Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? Honnêtement, il y a tellement de choses super, ici, pour les enfants… Pour l’instant, je ne vois pas. Sa tranche d’âge ne me permet peut-être pas d’avoir assez de recul pour dire ce qui pourrait être amélioré. Pour l’instant, elle a 2 ans, donc pour les enfants de 2 ans, je trouve qu’il y a de quoi faire. C’est toujours bien localisé, il y a de la verdure… Moi, franchement je suis très satisfaite. Et je ne vois pas quoi dire. Pour moi, il n’y a pas de défaut apparent, pour le moment.

Isabelle – Commerçante

Propos recueillis par Edwin Malboeuf

Que pensez-vous du sondage diffusé par le Conseil national sur la qualité de vie à Monaco ?

D’abord, c’était une belle initiative, parce que faire une consultation citoyenne c’est enthousiasmant. Après, très vite, j’ai trouvé que la formulation n’était pas toujours adaptée. Quand on survole les questions, il y en a plein qui sont redondantes, il y en a plein où la réponse est induite.

C’est-à-dire ?

Par exemple, quand vous dites est-ce qu’il y a suffisamment de places de parking à Monaco ? Clairement non. Est-ce qu’il y a trop de travaux à Monaco ? Clairement oui. Donc non, ce n’est pas comme ça qu’on formule un questionnaire. Ensuite, l’intitulé même, c’est-à-dire la qualité de vie, si j’ai plus de places de parking, si on sanctionne ceux qui font du bruit, si j’ai une circulation plus fluide… Est-ce que j’ai une meilleure qualité de vie à Monaco ? Non. La qualité de vie à Monaco, ce n’est pas que ça.

Qu’est-ce que la qualité de vie pour vous, alors ?

Je pense que ça ne se résume pas à un questionnaire comme ça. Je pense que c’est un vrai échange. On parle d’attractivité, mais l’attractivité, ce ne sont pas simplement des immeubles bien faits, plus beaux… L’attractivité, c’est une ville qui vit. Et une ville qui vit, ce sont des espaces partagés, ce sont des gens qui peuvent échanger, ce sont des endroits où on se retrouve. Ce ne sont pas des contraintes, des contraintes et des « de toute façon, on ne peut pas faire autrement parce que… ». Non. OK, il y a de lourdes contraintes aujourd’hui au niveau international, on le sait tous. On sait qu’ici on a des contraintes lourdes, aussi, au niveau du pays, puisqu’on est un petit territoire, et que c’est difficile d’avoir une valeur ajoutée. Mais on n’est pas obligé d’appliquer ce qui se passe ailleurs, ici. On peut, peut-être, réfléchir autrement.

Qu’est-ce qui pourrait être amélioré au niveau du commerce ?

À plein d’échelles, d’abord en tant que commerçant, si vous voulez avoir une activité « normale » avec des prix normaux, c’est juste impossible. C’est-à-dire que moi, ici, plein de gens viennent et me disent : « Où peut-on trouver des commerces comme vous ? ». Moi, je peux être là parce que je ne paie pas de loyer, car c’était à ma famille. Mais si j’avais un loyer à payer, je ne pourrais pas faire un commerce « normal ». Regardez ce qu’il se passe dans Monaco. Qu’est-ce qu’on y trouve ? Des banques, des agences immobilières… Est-ce que c’est ça qui fait que les gens ont envie de circuler dans une ville ? Est-ce que c’est ça qui fait que les gens qui vont venir ici, notamment les étrangers, parce que moi j’ai pas mal d’étrangers qui viennent ? C’est ça qui fait que les gens vont avoir envie de visiter, et d’amener d’autres personnes ? Si Monaco, c’est juste venir pour acheter un appartement, et puis aller vivre ailleurs, ce n’est pas comme ça qu’on va pouvoir développer une ville.

Les livraisons pour les commerces se passent comment ?

Quand on est un commerce, on a besoin d’avoir un espace de livraison. J’ai encore fait une photo. Il y avait un livreur qui essayait de livrer, il était devant la place de livraison qui était occupée. Un agent le verbalisait. L’agent a raison, parce que ça gêne la circulation. Mais il fait quoi le livreur ? Il va faire quarante fois le tour pour ne pas trouver de place ? Il y a un vrai problème. Il y a un vrai problème de gestion de l’espace.

Yanis – Livreur occasionnel

Propos recueillis par Edwin Malboeuf

Que pensez-vous de la qualité de vie à Monaco ?

D’une manière générale, je pense qu’on a une bonne qualité de vie. On se sent en sécurité. Il n’y a pas trop de problèmes que l’on peut rencontrer sur des grosses villes. Même si on est dans une ville avec pas mal de population, surtout des gens qui viennent travailler, on n’a pas énormément de problèmes, mis à part la circulation, comme partout.

Vous faites de temps en temps des livraisons : comment ça se passe à Monaco ?

Ça se passe bien. Pour tout ce qui est livraison, tout ce qui est entreprise, on va dire qu’on est aidé par la population qui sait qu’on est là pour livrer. Donc tout le monde est assez compréhensif, que ce soient les forces de l’ordre ou les gens en général.

En termes de stationnement, c’est compliqué ?

Il y a des difficultés, comme pour tout le monde. Mais sur les livraisons, on est amené à ne pas rester non plus énormément de temps sur le même stationnement. Donc ça va, on n’est pas trop mal par rapport à ça.

Mustapha – Consultant environnement et paysage et sportif

Propos recueillis par Nicolas Gehin

Que pensez-vous de la qualité de vie à Monaco ?

Elle est excellente, elle est la meilleure. C’est pour ça qu’on est là. On aime la principauté.

En tant que sportif, vous appréciez de faire du sport à Monaco ?

Je cours régulièrement, presque tous les jours. Pour la pratique sportive, on essaie de faire des trajets dans le sens normal, et sens opposé pour faire le tour de Monaco. Ça fait entre 14-15 kilomètres. La seule gêne en ce moment, c’est qu’il y a quelques travaux. Parfois, on est dévié. Mais c’est normal, c’est pour notre bien, de toute façon.

Que pensez-vous de la qualité de l’air à Monaco ?

Elle est meilleure qu’ailleurs.

Vous avez déjà couru ailleurs ?

Oui, à Paris. C’était insupportable.

1) Depuis le 3 décembre 2019, les régions peuvent pendant 4 ans continuer de travailler directement avec la SNCF ou lancer des appels d’offres. Mais la durée des contrats ne pourra pas dépasser 10 ans. Puis, à partir de décembre 2023, la mise en concurrence sera obligatoire à l’expiration des contrats. Du coup, les régions qui le souhaitent devraient pouvoir traiter uniquement avec la SNCF, sans appel d’offres, au maximum jusqu’à fin 2033.

2) Guillaume Pepy a occupé la présidence de la SNCF de février 2008 à octobre 2019.

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Monaco Hebdo