mardi 30 novembre 2021
AccueilDossierExtension en mer : « Le plus énorme raté du Conseil national de ces...

Extension en mer : « Le plus énorme raté du Conseil national de ces dernières décennies »

Publié le

Le président de la commission pour les finances et l’économie nationale du Conseil national, Balthazar Seydoux,

revient sur le dossier de l’extension en mer, bouclé en 2015. Cet élu Priorité Monaco (Primo !) estime que ce dossier a été « mal géré par le début de la mandature précédente ».

Auriez-vous voté la loi de désaffectation de l’anse du Portier ?

Les lois de désaffectation de parcelles publiques au profit d’un projet privé sont des moments cruciaux, lors desquels le Conseil national peut et doit jouer tout son rôle, celui de préserver l’intérêt général et celui des compatriotes. S’agissant de cette opération d’urbanisation en mer, qui représente une belle opportunité pour le développement de la principauté, le dossier a été mal géré par le début de la mandature précédente.

Pourquoi ?

Parce qu’aucune contrepartie n’a été négociée par la présidence de l’époque en faveur des Monégasques, de sorte qu’il n’y aura aucun logement domanial, aucun bureau et aucun commerce de l’État sur cette extension du territoire national. Pourtant, cette désaffectation nécessitait, conformément à l’article 33 de la Constitution, un vote favorable de l’Assemblée. Nous l’aurions votée, mais avec des contreparties substantielles pour les nationaux. Ce dossier restera longtemps comme le plus énorme raté du Conseil national de ces dernières décennies. Jamais nous n’aurions laissé passer la création de tout un nouveau quartier sur la mer, sans le moindre logement pour les Monégasques.

Selon les élus d’Horizon Monaco (HM), des logements domaniaux ne pouvaient pas être demandés en contrepartie, compte tenu du montage juridique et de la domanialité du terrain, notamment à cause de l’abandon gracieux fait par le prince : qu’en pensez-vous ?

Je fais partie, comme le président du Conseil national Stéphane Valeri et tous les élus de la majorité, de ceux qui pensent que le droit doit être au service de la politique, lorsqu’il en va de l’intérêt des Monégasques et du pays. Personne ne peut nier qu’il y a bien eu le vote d’une loi de désaffectation avec des contreparties, mais d’ordre financier seulement.

Qu’aurait-il fallu faire, alors ?

Il fallait donc négocier des contreparties différentes, en demandant des surfaces bâties en faveur de l’État monégasque. C’est ce que la présidence de l’époque n’a pas fait. Sur ce dossier, le Conseil national n’a donc été qu’une chambre d’enregistrement des décisions du gouvernement. Quand on veut, on peut, c’est éminemment valable en politique. Et cela s’applique parfaitement à ce dossier. La gestion politique de l’Assemblée, sur cette extension en mer aura été un échec total. Lorsque la loi de désaffectation a été votée en 2016, il était trop tard. Tout était entériné et les élus majoritaires de l’époque n’avaient plus d’autre alternative.

Dossier : extension en mer. Article précédent

Dossier : extension en mer. Article suivant

Publié le

Monaco Hebdo