samedi 22 janvier 2022
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Et la parité??

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parité Homme-Femme
© Photo D.R.

Comme ses voisins européens, Monaco doit mieux faire en matière de parité. Mais une évolution vers l’égalité entre hommes et femmes doit-elle passer par l’instauration de quotas?? Le débat est en tout cas lancé.

«Ne me parlez pas des Chiennes de garde ou de Ni putes ni soumises. Le féminisme à l’extrême m’agaçe… » Qu’on interroge des femmes chefs d’entreprise ou des citoyennes lambda, la réaction est récurrente. A Monaco, le féminisme n’a pas la cote. « Par principe, on ne milite pas. On demande avec le sourire », plaisante Nicole Manzone-Saquet, présidente de l’Union des femmes monégasques. Question de tradition. Ici on n’a pas jeté aux ordures ou encore moins brûlé son soutien-gorge dans les années 60 comme à Atlantic City. Et l’émancipation de la femme ne s’est pas hissée comme étendard d’un débat de société comme ce fut le cas de l’autre côté de la frontière. Pourtant, à Monaco comme ailleurs, on est loin d’une égalité totale entre hommes et femmes. Il aura même fallu du temps pour que les femmes accèdent aux mêmes droits que les hommes. Droit de vote en 1962, premier pas dans l’égalité dans la transmission de la nationalité par filiation maternelle en 1992 puis par le mariage en 2011, première femme croupier à la Société des bains de mer à peine en 1997… Mieux, il n’y a pas si longtemps que cela, une femme devait demander l’autorisation de son mari pour obtenir son passeport ou ouvrir un compte en banque. Et ce n’est qu’en 2003 que l’autorité parentale conjointe a été introduite dans le droit monégasque. Jusqu’à cette date, c’était le règne inégalitaire de la « puissance paternelle » s’agissant des enfants du couple. Et lors de la cérémonie de mariage, le maire prononçait encore des dispositions du code civil à faire bondir n’importe quelle femme du XXIème siècle?: « Le mari choisit la résidence du ménage, la femme est obligée d’habiter avec lui?; il est tenu de la recevoir » Charmant non??

41 % de femmes dans le privé
Quant au monde du travail, certaines choses laissent encore perplexe en terme de parité. Si l’on regarde les maigres statistiques dont on dispose, aux postes à responsabilité, le « beau sexe » reste sous-représenté que ce soit dans le domaine de l’entreprise — sur les 4?600 entreprises, à peine 400 seraient dirigées par des femmes — ou de la politique — aujourd’hui quatre femmes sont conseillers nationaux et une seule conseiller de gouvernement. Dans le secteur privé, les femmes représentent certes 41 % de la population salariée. Mais « à poste égal et compétences égales, les femmes sont souvent moins bien payées », indique Monique Ferreté, secrétaire générale de l’Union des syndicats. L’écart de rémunération entre hommes et femmes serait de l’ordre de 20 %. Comme en France. Le 23 février, l’Insee et le ministère du Travail français ont ainsi publié une étude sur l’évolution des emplois et des rémunérations en France métropolitaine. Verdict?: le salaire net moyen en équivalent temps-plein des femmes atteint 80 % de celui des hommes dans le secteur privé. Même différentiel chez les cadres où le salaire des femmes est inférieur de 23 %. Selon l’Insee, un tel écart serait certes dû à certains facteurs comme les choix de spécialité de formation, les secteurs d’activité ou les déroulements de carrière. Mais il serait aussi imputable au fameux « plafond de verre » qui illustre la difficulté d’accès des femmes aux postes hiérarchiquement élevés. Sans compter qu’aujourd’hui, à côté de ce « plafond de verre », on rajoute un « plafond de mère ». Une expression tirée des déclarations de la présidente du MEDEF. Pour Laurence Parisot, « la maternité est le premier frein à la carrière des femmes ». Les « working mums » devant jongler éternellement entre vie familiale et vie professionnelle, entre rendez-vous tardifs et sorties de crèches souvent incompatibles. Ce qui bloquerait les femmes enceintes et mères de jeunes enfants dans leur évolution de carrière (1). « A Monaco aussi, certaines entreprises hésitent à embaucher des femmes qui engendrent des enfants », souligne Nicole Manzone-Saquet.

Quotas?: « un mal nécessaire »
C’est cette société toujours un brin paternaliste, où les hommes restent rois, qui a poussé à la création en 2010 de l’association Femmes leaders Monaco. Objectif?: réduire les inégalités. L’association présidée par Hilde Heye-Haneuse vise ainsi à instaurer une égalité concrète pour défendre la position de la femme dans tous les domaines de la vie publique (l’enseignement, les médias, la politique, l’économie, la profession) et à faire reconnaître à son juste niveau l’activité professionnelle féminine. Ceci en réformant en profondeur les comportements et en se basant sur l’éducation des enfants. Mais attention?: il s’agit de se baser sur la complémentarité entre hommes et femmes et non, contrairement à certains mouvements féministes, sur une quelconque opposition. « C’est capital d’associer les hommes à cette démarche », commente Hilde Heye. Comment passer à la vitesse supérieure?? Hilde Heye milite notamment pour une loi sur la parité?: « C’est un mal nécessaire par lequel il faudra passer temporairement. Je pense que c’est la seule façon de faire évoluer les mentalités. » Une position partagée par Isabelle Simon, directrice générale adjointe de la Société des bains de mer. Pur produit de la méritocratie républicaine française — issue d’une famille modeste, elle a été la seule enfant de la famille à faire des études dans des grandes écoles —, cette dirigeante de 41 ans a longtemps été anti-quotas. Avant de se raviser, gagnée par un principe de réalité?: « Si on ne met pas un peu de tension dans le système, on ne le change pas. Rappelons que depuis le départ d’Anne Lauvergeon d’Areva, il n’y a plus de femmes à la tête des grandes entreprises du CAC 40 ». La loi Copé-Zimmermann en France a contribué à la faire changer d’avis. En 2010, la France a adopté une loi visant à atteindre 40 % de femmes dans les conseils d’administration et de surveillance des grandes entreprises d’ici 2017, avec un palier de 20 % de femmes minimum d’ici 2014. « La loi n’était pas entrée en vigueur que déjà, les grandes entreprises renforçaient la présence des femmes dans leur conseil d’administration, alors d’à peine 10 %. La prochaine bataille sera dans les comités exécutifs  », estime Isabelle Simon.

« L’égalité ne se décrète pas »
Mais à Monaco, on n’en est pas là. Il faudra donc convaincre de l’opportunité de telles législations. Si la discrimination positive est rentrée dans les mœurs aux Etats-Unis depuis son instauration dans les années 60, le principe est loin d’être admis par tout le monde en principauté. D’ailleurs gouvernement et conseil national n’ont pour l’instant jamais souhaité passer par des quotas par essence contraignants. « Je suis farouchement opposé à l’instauration de quotas, c’est insultant pour les femmes », jauge un élu. D’autres comme Sylvie Biancheri, à la tête du Grimaldi Forum, estiment que sur un bassin de population comme Monaco, les compétences sont difficiles à dénicher. Beaucoup pensent en effet, comme la féministe française Elisabeth Badinter, attachée à la méritocratie, qu’une loi sur la parité — telle la loi de 2000 prévoyant que les partis politiques doivent présenter 50 % de candidats femmes — ouvre une boite de Pandore. « L’égalité ne se décrète pas », juge Anne Poyard-Vatrican, présidente de l’UP, favorable à des mesures qui facilitent la vie des femmes. Comme, par exemple, la journée continue, le mercredi, déjà en place à Monaco pour la garde des enfants au primaire.

Des statistiques?!
C’est pourquoi, en attendant, Femmes leaders travaille en partenariat avec les institutions pour impulser une nouvelle dynamique. « Nous souhaitons que le conseil économique et social se penche sur la situation de la femme en principauté. Quelle est la part de chiffre d’affaires des entreprises dirigées par des femmes?? Quelle est la proportion de cadres féminins?? Aujourd’hui, personne ne dispose de chiffres fiables… », souffle Hilde Heye-Haneuse. L’objectif est donc que le CES établisse un vœu pour faire avancer les choses. Un questionnaire serait actuellement en cours d’élaboration. C’est déjà ça. Mais le combat continue. Sur tous les plans. Pour Hilde Heye, « il reste plus compliqué pour une femme d’atteindre le plus haut niveau. Une femme présidente du conseil national, pourquoi cela choquerait?? interroge la présidente de Femmes Leaders. Il y a déjà eu une femme maire de Monaco. »

(1) Ce constat a d’ailleurs poussé Laurence Parisot à vouloir instaurer un congé paternité plus long pour réduire l’inégalité hommes-femmes, quitte à réduire le congé maternité.

L’avortement toujours tabou
A Monaco, où il n’y a même pas de planning familial, on ne parle pas franchement de droit de la femme de disposer de son corps. Personne ne milite pour l’interruption volontaire de grossesse, aujourd’hui toujours pénalement réprimée. « J’estime qu’il y a suffisamment de contraceptifs pour que les personnes se responsabilisent. Ouvrir la porte à l’avortement est impossible », avait déclaré il y a quelques mois dans nos colonnes Nicole Manzone-Saquet, présidente de l’Union des femmes monégasques. En revanche, l’UFM avait participé au combat pour la dépénalisation de l’interruption médicale de grossesse, en recueillant 856 signatures pour une pétition en faveur de l’avortement thérapeutique. Ce qui ne fut pas une mince affaire. Avant l’adoption de la loi légalisant l’IMG en 2008, les femmes ou les médecins qui pratiquaient un avortement thérapeutique ou en cas de viol et d’inceste risquaient 5 ans de prison. Et le retrait de la garde de ses enfants?! Ce qui reste valable pour les femmes ayant avorté. « Ce texte n’empêche pas notre pays de figurer encore parmi les plus rétrogrades de la planète », avait alors fait remarquer Bernard Marquet, lors du vote de la loi sur l’IMG.

La parité est rentable

Selon de nombreuses études, féminiser son personnel et son staff dirigeant rendrait une entreprise plus performante.

Ce n’est plus une question d’éthique mais de rentabilité. Même les fonds d’investissements s’intéressent de plus en plus à la parité dans les entreprises. Et on peut les comprendre. De nombreuses études américaines et désormais françaises établissent un lien entre féminisation et performance d’une entreprise. « Il existe une corrélation entre la rentabilité et le taux de féminisation, indique ainsi Michel Ferrary, professeur de gestion des ressources humaines à Skema et directeur de l’Observatoire de la féminisation des entreprises françaises. Plus les femmes sont nombreuses parmi le personnel, plus le ratio résultat opérationnel/chiffre d’affaires est élevé. »

Consommatrices
Michel Ferrary a ainsi étudié les résultats des 53 plus grosses entreprises du CAC 40, en période de croissance et de crise économique. En passant au crible l’évolution du chiffre d’affaires, la rentabilité de l’entreprise, la valeur ajoutée par salarié et le nombre d’emplois créés. « Sur les quatre premiers critères, ce sont les entreprises féminines — où le taux d’encadrement féminin est supérieur à 35 % — qui sont les plus performantes et les plus rentables. » Pourquoi?? Tout simplement parce que selon le chercheur, en développant la parité, le chef d’entreprise bénéficie de plus de talents. Autre facteur décisif?: « La moitié du marché, ce sont des consommatrices. Les femmes interviennent par exemple dans 70 % des actes d’achat de voitures. Le processus de décision d’une entreprise doit donc prendre en compte les attentes des consommatrices. » Certaines boîtes l’ont d’ailleurs bien compris. Volvo a ainsi demandé à une équipe de femmes de concevoir un prototype. Il en est ressorti une voiture qui peut rouler avec un pneu crevé sur une trentaine de kilomètres… Le temps de trouver un garage. Et ça c’est bien une idée de femme?!
Pour Michel Ferrary, les entreprises peuvent également compter sur le management au féminin. « Les femmes ont plutôt tendance à prendre moins de risques. D’ailleurs durant la crise, ce sont les entreprises féminines qui ont le mieux résisté. Les banques qui ont fait faillite sont celles où l’encadrement féminin était le moins important. La diversité améliore la prise de décision. » Et cela se comprend pour des raisons sociologiques?: « Dans l’inconscient collectif, une femme, ça tombe enceinte, ça doit gérer des enfants malades. C’est vrai mais on ne peut nier que globalement, elles sont plus efficaces. Les femmes culpabilisent tellement et il y a une telle pression sociale que lorsqu’elles sont au travail, elles bossent trois fois plus… »

Entreprises bipolaires
Selon l’étude de Michel Ferrary passant en revue les grandes entreprises françaises du CAC 40, les femmes représentent 36,34 % des effectifs et 31,19 % de l’encadrement. Plus une entreprise est féminisée et plus son encadrement l’est. Il se dégagerait ainsi une bipolarisation sexuelle avec des entreprises féminines dans les secteurs du luxe (LVMH, Hermès, L’Oréal, PPR), des services financiers, de la communication (Publicis, Havas, Lagardère), de la grande distribution et des services d’un côté. Et de l’autre, des entreprises masculines dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie, de la construction, de la chimie, des hautes technologies et des services aux collectivités. L’étude pointe du doigt une entreprise Amazone, Danone, et deux entreprises machistes, Dexia et Legrand.

ministère d'Etat
© Photo Christophe Giraudeau / Monaco Hebdo.

L’administration bonne élève??

Si l’administration monégasque est fortement féminisée, la parité n’est pas forcément atteinte aux échelons clés.

Lors de la présentation des travaux du conseil sur l’attractivité, l’image était frappante?: une brochette d’hommes entourant le ministre d’Etat sous le feu des projecteurs, pas une femme?! « Les femmes étaient dans la salle. Elles n’ont pas forcément besoin d’être dans la lumière », plaisante Elisabeth Ritter-Moati, directeur général investissement & promotion à la chambre de développement économique. Et cette femme de caractère issue du privé qui promeut aujourd’hui les entreprises de la place sait de quoi elle parle. Car pour le coup, c’est finalement dans le semi-public et surtout dans l’administration que les femmes ont la part belle. Selon Valérie Viora, directeur des ressources humaines, « la fonction publique d’Etat (hors palais princier, mairie, direction des services judiciaires) compte actuellement un peu plus de 3?200 personnes, dont 38 % sont des femmes (1?238 femmes). » C’est dans les secteurs du tourisme (76 % de l’effectif), des ressources humaines (70 %), de l’action sanitaire et sociale (69 %), de l’emploi (69 %), de l’éducation (67 %), du budget (66 %) ou de l’administration générale des départements ministériels (66 %) qu’elles sont les plus nombreuses. En revanche, tradition oblige, « les domaines liés à la sécurité comme la police (88 % d’hommes) et la force publique (98 %), aux parkings publics (96 %) ou à l’aménagement urbain (95 %) comptent une forte population masculine compte tenu de la spécificité des métiers exercés (93 %). » Les premières « fliquettes » sont ainsi apparues très récemment.

Ascenseur social

Au niveau des cadres, on n’atteint pas encore la parité. « Le nombre de femmes assurant la direction d’un service se monte aujourd’hui à 19 pour une cinquantaine de services (à l’exception des établissements scolaires) que compte l’administration d’Etat. Au total, on dénombre 75 femmes sur les 209 personnes assurant la direction d’un service ou ayant rang de chef de service (36 %) », poursuit Valérie Viora. Avant d’ajouter?: « Sur les 5 directeurs généraux des départements ministériels, 2 sont des femmes ». Cette évolution est d’ailleurs très récente. Corinne Laforest de Minotty a été la première femme à occuper les fonctions de directeur général d’un département ministériel (Finances et Economie) en février 2005. Tandis que Sophie Thévenoux a été la première femme à intégrer le gouvernement en devenant conseiller pour les Finances et l’Economie en mars 2009.
Signe des temps, s’il est chapeauté par un homme (Stéphane Bruno), MOSAR, l’organe opérationnel du comité pour la modernisation de l’administration, est composé de 4 femmes. Quatre quadras (Celine Cottalorda, Geneviève Berti, Sophie Vatrican et Magali Imperti) chargées de mettre les mains dans le cambouis afin d’élaborer les stratégies pour améliorer les rouages de l’administration. La génération montante de l’administration??

Parité de traitement
Hommes et femmes sont-ils payés pareil?? Sur le papier oui. S’il n’existe aucun texte consacrant l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes dans la Fonction publique, le principe d’égalité des Monégasques devant la loi est inscrit dans la constitution. Tandis que le principe de non-discrimination est marqué noir sur blanc dans la loi n° 975 du 12 juillet 1975 portant statut des fonctionnaires de l’Etat, modifiée. Un statut qui interdit toute discrimination en raison du sexe des fonctionnaires, que ce soit en terme de rémunération, de recrutement ou encore d’avancement.

Marie-Pierre Gramaglia
« Lorsque j'ai accepté le poste de conseiller de gouvernement, j'ai prévenu dès le départ que je ne pourrais assumer certaines obligations liées à des mondanités ». © Photo Charles Franch / Centre de Presse.

« Le féminisme poussé à l’extrême m’agace »

A la tête du département de l’Equipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia incarne la seule composante féminine du gouvernement monégasque. Rencontre avec une femme pour qui « la vie professionnelle ne doit pas se réaliser au détriment de la vie privée ». Interview relue.

Monaco Hebdo?: Vous avez eu un parcours professionnel linéaire. Mais est-ce que cela a été compliqué de gravir les échelons en tant que femme??

Marie-Pierre Gramaglia?: Juriste privatiste de formation, j’ai travaillé 5 ans dans le notariat en France avant d’entrer provisoirement dans la fonction publique. Et j’y suis provisoirement depuis une vingtaine d’années (sourire). Au départ, c’était une position d’attente pour autre chose mais les postes que j’ai occupés dans l’administration (à la direction des affaires juridiques, aux finances, etc.) m’ont toujours plu donc j’y suis restée. C’est ce qui est plaisant dans la fonction publique?: on apprend et on se renouvelle tout le temps. J’ai évolué au gré des opportunités et des contacts. Je n’ai jamais subi des comportements machos. Et dans le privé, c’est d’ailleurs avec une notaire femme que j’ai eu le plus de difficultés…

M.H.?: Aujourd’hui, vous baignez dans un environnement très masculin aux Travaux publics??
M.P.G.?: Tous mes chefs de service (soit sur les 10 services + La Poste) sont aujourd’hui des hommes. Du moins pour le moment. Il devrait y avoir la nomination d’une femme cet été. Je n’ai pas décidé de recruter à tout prix une femme mais parmi tous les candidats que j’ai reçus, c’est une femme qui était la meilleure candidate. Par ailleurs, il est également possible que des recrutements féminins interviennent lors des prochains départs à la retraite. Le département va donc se féminiser.

M.H.?: L’Equipement est une exception dans une administration fortement féminisée??
M.P.G.?: Il est vrai qu’il y a beaucoup d’hommes dans ce département. Avant d’être nommée conseiller de gouvernement, j’étais d’ailleurs la seule femme chef de service à la direction des télécommunications. C’est le département, je pense, où il y a plus d’hommes car c’est un département très technique avec beaucoup d’ingénieurs.

M.H.?: Est-ce difficile de concilier vie professionnelle et vie privée??
M.P.G.?: Oui. J’ai eu une vie personnelle mouvementée avec des coups durs. J’ai perdu mon mari dans un accident de moto il y a deux ans. Ma fille avait alors 5 ans et demi, elle en a aujourd’hui 8. J’essaie donc de favoriser la qualité du temps que je passe avec elle. C’est pourquoi je m’implique à fond dans mon travail mais je refuse énormément de sorties le soir. Lorsque j’ai accepté le poste de conseiller de gouvernement, j’ai prévenu dès le départ que je ne pourrais assumer certaines obligations liées à des mondanités. J’essaie de rentrer avant 20 heures pour pouvoir passer une heure avec ma fille avant de la coucher. Si je rentre tous les soirs avec des dossiers pour pouvoir travailler plus tard dans la soirée, je privilégie le temps que je passe avec elle?: pas de coups de fil, pas d’interférences entre elle et moi. Ce qui ne préjuge pas de la qualité de mon travail. C’est un choix. J’ai perdu mon mari, il était hors de question de sacrifier ma relation avec ma fille.

M.H.?: On vous l’a reproché??
M.P.G.?: On ne me l’a pas reproché directement. Les gens comprennent parfaitement quand on leur explique les choses franchement. Quand on communique, le message passe bien. La vie est un équilibre de plein de choses. La vie professionnelle ne doit pas se réaliser au détriment de la vie privée.

M.H.?: Avez-vous eu l’impression qu’on vous attendait au tournant??
M.P.G.?: C’est une évolution normale d’arriver progressivement à des postes à responsabilité. Le poste de conseiller, en revanche, est bien évidemment à part. Est-ce qu’on m’attendait au tournant?? Oui certainement. Est-ce que c’est difficile?? Ce fut sans doute plus difficile pour les hommes du département que pour moi. Se faire diriger par une femme n’est pas évident dans un monde d’hommes. Mais je pense que, aujourd’hui, j’ai assis ma position. On échange, ça se passe bien. J’ai légitimé ma venue à ce poste. Il y a forcément des gens à qui l’on ne doit pas plaire mais à ce niveau de responsabilité, on ne peut pas plaire à tout le monde, homme ou femme…

M.H.?: Surtout qu’au départ vous aviez le « handicap » de ne pas avoir un profil d’ingénieur comme l’étaient vos prédécesseurs à l’Equipement??
M.P.G.?: Ce n’est pas un handicap mais effectivement les TP ont toujours été dirigés par un ingénieur. C’était justement une volonté du gouvernement et du prince de nommer une personne qui n’avait pas un profil technique pour avoir une analyse différente des dossiers. Je m’appuie sur une bonne équipe. Seule, je ne pourrais pas être à la tête de ce département. Il y a donc sans doute plus d’échanges entre mes collaborateurs très qualifiés et moi qui ai une vision plus globale. Ce qui permet une prise de décision efficiente sur les différents dossiers.

M.H.?: A votre arrivée à la tête du département, vous avez adopté une approche particulière??
M.P.G.?: J’ai tenu à rencontrer tous mes collaborateurs mais je pense qu’un homme aurait fait la même chose. Je suis pour l’échange et le dialogue. Le rapport de confiance et de fidélité dans les deux sens est capital pour moi. Pas parce que je suis une femme. Homme ou femme, je pense que je réagirais pareil.

M.H.?: Vous vous positionnez comme un conseiller de gouvernement pas comme une femme conseiller??
M.P.G.?: Oui. Comme un conseiller de gouvernement purement et simplement.

M.H.?: Le fait d’être la seule femme dans l’équipe gouvernementale, c’est dur ou au contraire agréable??
M.P.G.?: Ce n’est pas désagréable (sourire). Je pense que les autres conseillers ne me voient pas en tant que femme. Je ne revendique pas de casquette. J’ai de bons rapports avec tout le monde, on peut s’accrocher sur certains dossiers mais le fait d’être une femme ne change pas grand-chose.

M.H.?: En général, on dit que le management au féminin est basé sur l’écoute, le pragmatisme, le fait que les femmes ont moins d’égo, etc. Vous partagez cette définition??
M.P.G.?: Je ne sais pas si c’est lié au fait que je suis une femme… Mais effectivement, mon management est basé sur l’écoute, le dialogue. Je suis consciente que la technicité peut me faire défaut donc c’est vraiment sur un échange que l’on peut finaliser certains dossiers. Est-ce lié au fait que je suis une femme ou à ma personnalité propre?? Il y a des femmes qui sont très pète-sec, qui ont un égo surdimensionné, et des hommes qui peuvent être à l’écoute…

M.H.?: Avez-vous eu peur d’avoir été un recrutement « alibi »?? C’est récent qu’il y ait des femmes au gouvernement.
M.P.G.?: Je n’aime pas le terme de recrutement alibi. Il y avait une volonté de mettre une femme au gouvernement, c’est une bonne chose d’ailleurs. Les femmes, c’est plus de la moitié de l’humanité, pourquoi s’en priver?? Cela a peut-être contribué à mon recrutement mais j’ai quand même été choisie parmi toutes les autres femmes. Je ne me suis pas sentie dévalorisée car j’ai été la femme choisie pour intégrer le gouvernement…

M.H.?: Est-ce un acquis désormais d’avoir au moins une femme au gouvernement??
M.P.G.?: Je ne sais pas. Il faut demander au prince ou au chef de gouvernement… Si jamais ils n’ont aucune femme compétente pour être nommée à un poste donné, ils ne nommeront pas une femme à tout prix. Du moins je l’espère.

M.H.?: Vous vous sentez féministe ou avez-vous une vision sexuée des rapports humains??
M.P.G.?: Non. Peut-être parce que je suis père et mère en même temps. Le féminisme poussé à l’extrême m’agace. Prôner l’égalité homme femme oui, par contre mettre les femmes en avant non.

M.H.?: Selon Françoise Giroud, « la femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » Vous partagez cet avis??
M.P.G.?: C’est une phrase que j’aime beaucoup…

Ces femmes qui portent la culotte

A Monaco, certaines femmes ont pris le leadership dans le monde des affaires. Tour d’horizon avec certaines d’entre elles. Tous secteurs confondus.

Anne-Marie Noir
Anne-Marie Noir © Photo DR

Anne-Marie Noir,
présidente des laboratoires ASEPTA

De formation psychologue clinicienne et diplômée de l’IAE de Paris en administration des entreprises, Anne-Marie Noir est arrivée au laboratoire ASEPTA en 1994, en tant qu’administrateur délégué. Elle est devenue présidente en 2002, après le décès de son père, qui avait lui-même créé la société en 1943. « Les employés se sont rendus compte que je n’étais pas là pour faire de la figuration », souligne la dirigeante.
Auparavant, elle avait travaillé en tant que responsable de recrutement, et psychologue clinicienne dans une crèche familiale. Anne-Marie Noir raconte d’ailleurs que ces changements d’emplois étaient « pour privilégier ma priorité qui étaient (ses) 3 enfants ». Difficile de conjuguer vie professionnelle et vie personnelle pour une femme, admet Anne-Marie Noir. Ne serait-ce qu’avec les arrêts obligatoires lors de la grossesse. « D’une part, dès qu’une femme a des enfants, sa carrière est un peu perturbée. D’autre part, nous sommes dans une société où, depuis des années, les hommes ont toujours été reconnus comme les décideurs. » Mais les regards peuvent changer. « Au début de ma vie professionnelle, je suis allée un jour à Rouen pour effectuer un recrutement. Le patron de l’entreprise était macho. Je donne un avis négatif. Il ne suit pas mon choix. Mais apprend auprès des anciens patrons du candidat qu’il est parti avec la caisse. Après, il ne voulait que moi pour ses recrutements… »

Sophie Avon
Sophie Avon © Photo DR

Sophie Avon,
gérante et directrice de la boutique So Marina

A seulement 32 ans, Sophie Avon a reçu le plus beau des cadeaux?: vivre de sa passion, les pierres et la création de bijoux. Cependant, son parcours est atypique. Après avoir obtenu son baccalauréat à Monaco, elle a passé 2 ans à Sophia-Antipolis, au CERAM, puis est partie 2 ans aux Etats-Unis pour finir sa formation. Un bachelor en finance en poche, elle a été embauchée à Washington pour le groupe Accor, pour Sofitel en comptabilité audit. Côté parité, elle a donc l’exemple américain en tête?: « J’ai eu un poste à responsabilités que je n’aurais sans doute pas obtenu en France. Là bas il y avait une parité homme/femme et au niveau de l’âge. » Au bout de 6 ans, l’envie d’obtenir un master se fit de plus en plus forte et Sophie est rentrée en Europe pour en obtenir un en management et marketing du luxe. En parallèle, elle travaillait pour Chanel Joaillerie. Après 2 ans, « le poste rêvé n’arrivait pas alors je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose et puisque ma passion était les pierres, j’ai fait une formation pour devenir gemmologue à l’Institut de Gemmologie américain ». Voilà comment le 16 décembre 2010, la boutique SoMarina a vu le jour?! Sophie Avon n’a eu aucun problème pour conjuguer sa vie professionnelle et personnelle, car elle vit de sa passion, ce qui est « le plus beau des métiers » d’après elle, même si elle a dû faire face à des critiques?: « J’entends beaucoup de gens dire que j’ai fait beaucoup d’études dans la finance pour devenir vendeuse, mais il n’y a pas de sous métier »?!

Safia Al Rashid
Safia Al Rashid © Photo DR

Safia Al Rashid,
propriétaire de la Galerie/Restaurant Sem Art

Collectionneuse et férue de design et d’art contemporain depuis plus de 15 ans, Safia Al Rashid a décidé, il y a 3 ans, de conjuguer passion et art de vivre et de créer sa propre galerie d’art. Sem-Art, qui abrite aussi un restaurant, a vu le jour en juin 2010. Pour la jeune entrepreneuse, combiner carrière et vie personnelle a certes été difficile. « J’ai toujours eu le désir de partager ma passion de l’art avec les autres, et cela a commencé à la maison avec mes enfants… » Selon la jeune femme, un homme rencontre moins de difficultés au travail car il est accepté « de nos jours qu’un homme travaille et voyage, et qu’une femme s’occupe plus de la famille ». Une différence ressentie même dans son domaine, l’art, qui « est un monde de négociation où les hommes ne trouvent pas cela toujours facile ou normal de négocier avec une femme ». Malgré cela, Safia Al Rashid s’estime chanceuse de vivre à Monaco depuis près de 17 ans, et de travailler dans sa galerie, où son équipe se veut un modèle de diversité. Et elle n’hésite pas à s’investir dans tout ce qu’elle entreprend, que ce soit la sensibilisation à l’art au sein de sa galerie, ou dans l’Association des Amis du Musée Océanographique dont elle est la présidente et l’organisatrice de grandes expositions annuelles internationales.

Sylvie Biancheri
Sylvie Biancheri © Photo DR

Sylvie Biancheri
DG du Grimaldi Forum

«Ne sois jamais dépendante d’un homme ». Ce conseil de sa grand-mère, Sylvie Biancheri l’a bien intégré depuis son enfance pour évoluer dans des milieux professionnels masculins sans se poser de question. A 20 ans, la jeune femme qui avait pris un train d’avance dans ses études, démarre sa carrière dans le milieu des banques d’affaires (notamment Crédit Lyonnais). Souvent en déplacement, assumant « des horaires de dingue », elle négocie les crédits export des entreprises pour la zone de l’Amérique latine. Un environnement a priori macho. Mais seulement a priori?: « Je n’ai été confrontée qu’une seule fois à un chef d’entreprise qui refusait de négocier avec une femme. » A 30 ans, elle change de vie. Tout se bouscule. Mariage avec Franck, premier enfant, bientôt, c’est la bascule à Monaco. Après un passage à la direction du tourisme, en 1998, elle démarre l’aventure Grimaldi Forum en intégrant la cellule de préfiguration du site avant d’en prendre la direction en 2004. « Il fallait installer le tourisme d’affaires et monter les équipes, le Grimaldi Forum n’était pas connu… » Pendant quelques années, Sylvie Biancheri enchaîne alors les salons et les heures d’avion pour préparer les expositions. Pour l’aider au quotidien, la dirigeante sait qu’elle peut compter sur une nounou qui ne compte pas ses heures?: « C’est une chance extraordinaire. » Si elle ne se perçoit pas comme féministe, la bientôt quinqua compte sur deux femmes dans les deux secteurs clés du Grimaldi, les directions commerciale et culturelle. Dans une société où plus de 37 % sont des femmes.

Isabelle Simon
Isabelle Simon © Photo Monaco Hebdo.

Isabelle Simon
DG adjointe de la Société des bains de mer

A 41 ans, Isabelle Simon a un CV impressionnant. Celle qui, enfant, rêvait d’être architecte d’intérieur puis journaliste aux Echos, est une cumularde. Mention Très bien au bac, elle intègre Science po Paris puis HEC. Une fois diplômée, la même année, elle réussit le concours d’avocat, un DEA de droit des affaires nord américain et un DESS fiscalité internationale. Le cabinet réputé Cleary Gottlieg Stanley & Hamilton Paris l’embauche, et l’envoie passer un LLM à Harvard. Retour à l’antenne parisienne du cabinet d’avocats. C’est la période des grandes privatisations. AGF, France Telecom… Tous les 6 mois, Isabelle Simon enchaîne les grands dossiers. Recrutée comme banquier à Goldman Sachs, elle gère ensuite l’introduction en bourse de Neuf Cegetel ou encore des trois sociétés d’autoroute. En 2008, elle est chassée par Maurice Levy et rentre dans le cercle restreint de l’équipe dirigeante de Publicis. « J’étais la seule femme et la plus jeune », sourit Isabelle Simon. Comme souvent. Depuis le début de sa carrière, la jeune femme a souvent dû négocier face à une vingtaine d’hommes, dans un monde des affaires très machiste. Son arme?? L’humour. « C’est ce que j’ai trouvé de mieux pour désamorcer des situations difficiles. Par contre je ne laisse jamais passer une remarque sexiste. »
Un jour, Jean-Luc Biamonti — qui était son mentor londonien à Goldman Sachs — l’appelle. Le président du conseil d’administration de la SBM lui propose le poste de DG adjointe à Monaco. Après de nombreuses tergiversations, de part et d’autre, elle accepte. Aujourd’hui, cette partisane de la diversité est à la tête, dans son binôme avec Jean-Louis Masurel, d’une société où 75 % des effectifs sont des hommes.

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Le sport au féminin

Au pays où l’ASM-FC est roi, pas évident pour les filles des différentes disciplines sportives de se faire une place au soleil. Tour d’horizon des clubs.

Par Romain Chardan.

Il aura fallu attendre que l’équipe de France féminine de football atteigne les demi-finales de la coupe du monde en Allemagne l’an passé pour être sous le feu des projecteur… Avec un impact positif?: depuis, les médias n’en finissent plus de s’attarder sur le sport féminin. La performance des Bleues et la médiatisation qui s’en est suivie ont également eu un effet sur la hausse du nombre de licences dans le football féminin. Mais pas seulement. Le sport au féminin a redoré son blason.
A Monaco, c’est en basket que les femmes alignent les bons résultats. Les féminines de l’ASM trustent le haut du tableau en Nationale 3 et visent la montée en N2. Pour autant, on ne peut parler d’un engouement généralisé. Certaines sections ont du mal à se développer. Pourquoi??

Un manque de moyens
Pour certains sports vus comme masculin, le football ou l’aïkido par exemple, il y a tout d’abord un problème de moyens. « Nous n’avons pas beaucoup de créneaux, et les disponibilités des enseignants ne sont pas nombreuses non plus », nous explique Gilda Tabuteau, professeur d’aïkido à l’ASM depuis 1997. Charlotte Gai, capitaine de l’équipe de football féminine confirme?: « Il nous faudrait davantage de moyens matériels pour nous développer, ainsi qu’un terrain attitré pour les matchs et les entraînements ». Malgré de bonnes infrastructures à Monaco, il n’est pas toujours facile de s’entraîner, voire de jouer. « Une fois, nous jouions à domicile, et comme nous n’avions pas de terrain, nous avons du partir jouer à Nice sur le stade du Cavigal », se rappelle la latérale droite de l’ASM. L’enseignante d’aïkido confirme cette idée, « nous avons une salle, mais il faut tout installer au préalable avant chaque entraînement, ce n’est pas facile ». Sabine Fournigault, capitaine de l’équipe féminine du Monaco Basket Association, avance dans le même sens, « notre club n’a que 2 ans, c’est d’autant plus difficile pour nous, l’an dernier nous n’avions pas de terrain pour nous entraîner ».

Un manque de reconnaissance
Si certaines disciplines ont une exposition médiatique qui leur permet d’attirer du monde, il n’en est pas de même pour toutes. « Malgré les exploits de l’équipe de France, les parents ne sont pas trop d’accord pour que leur fille aille faire du foot », nous explique Charlotte. Les sports dits masculins ont donc encore du mal à attirer la gent féminine, « il est difficile pour une femme d’aller vers un sport comme l’aïkido, il y a un contact permanent avec l’adversaire, on chute souvent », développe Gilda Tabuteau. Même si les parents « ne sont pas trop réticents » à mettre leurs filles au basket, le « manque de reconnaissance, sauf en cas de résultats » est ce qui différencie encore le plus le monde du sport masculin de celui du féminin, selon Sabine Fournigault.

Une évolution lente
Malgré tous ces problèmes, la situation tend tout de même à s’améliorer. « On a quand même un groupe de 20 joueuses, ce qui permet d’avoir une équipe complète », précise Charlotte Gai, de l’ASM Football. Même son de cloche du côté du MBA, où Sabine Fournigault nous explique que les « deux équipes ont de quoi faire pour la saison », elle qui entraîne également l’équipe senior réserve, ainsi que le groupe des enfants. Du côté des minots justement, la situation est un plus compliquée, même si quelques petites filles franchissent le pas. « J’ai deux petites filles cette année, mais les adultes ne montrent pas l’exemple », regrette Gilda Tabuteau. Même constat côté football, alors que côté basket, la donne s’équilibre, « avec 5 filles sur les 12 enfants inscrits », se réjouit Sabine.

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Monaco Hebdo