lundi 26 octobre 2020
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Concerts live à Monaco :
un marché peu rentable

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Les Bébés Brunes en concert
BB Brunes en concert © Photo DR

Mairie, SBM, Grimaldi forum ou Monaco live productions… Ils sont une poignée d’organisateurs de concerts à Monaco, en salle ou en plein air. Un marché peu rentable qui peine à rivaliser face à la concurrence française. Mais porteur en terme d’image.

La mécanique est bien huilée. En matière d’organisation de concerts à Monaco, une règle est d’or : ne pas marcher sur les plates-bandes de l’autre. Chacun son budget, chacun son public, et chacun son profil d’artistes. D’abord ceux de prestige estampillés SBM qui se produisent au Sporting. Une programmation réservée à une clientèle de privilégiés et dont la vocation est claire et plutôt restrictive : « faire plaisir aux clients du casino », selon le directeur artistique de la SBM, Jean-René Palacio. Avec la salle du Canton, la Mairie, elle, joue la carte du populaire. Avec un budget bien plus étriqué et une programmation exclusivement franco-française. Autre pôle d’organisation, le Grimaldi Forum accueille quant à lui une poignée de concerts grand public. De Calogero à Earth wind and fire. Et enfin, une société privée, Monaco live productions (MLP) profite depuis sa création en 2007 d’un créneau encore non exploité à Monaco. A savoir « une niche entre ce que propose la Mairie de Monaco et la SBM qui est globalement beaucoup plus cher », explique son directeur, Salim Zeghdar. « On essaie de faire comme à Nice, des grands concerts de dimension internationale pour un plus petit nombre de personnes. On ne va pas voler la vedette à la SBM. » Bref, pas de concurrence, ni de chasse gardée. Mais une cohabitation cordiale. « On ne se bat pas pour les mêmes artistes. Sur la partie variétés, on travaille plutôt ensemble. A chaque fois qu’on a une date potentielle, on informe les autres organisateurs et eux font pareil », précise Claire-Lise Schroeter, conseiller communal déléguée à la salle du Canton. Un univers bien loin des querelles de programmateurs en France. Une véritable mare aux requins où l’arrivée de gros groupes industriels, type Live Nation, donne des sueurs froides aux petits tourneurs ou festivaliers qui craignent une concentration du secteur et une surenchère des prix.

Des concerts de masse au compte-gouttes

Fait nouveau depuis 3 ans, le concert de masse s’est aussi invité à Monaco, via la société MLP. Des manifestations qui, faute d’infrastructures adéquates et de public suffisant, se font encore au compte-gouttes. Premier coup d’essai tenté en juillet 2007 avec Muse au Stade Louis II. Près de 20 000 personnes réunies entre les tribunes et la fosse. Un show grandiloquent. Et surtout un véritable casse-tête à orchestrer selon son organisateur, qui avoue avoir cumulé pêle-mêle « problèmes acoustiques, problèmes de pelouse, et d’acheminement du matériel ». Bref, « une expérience à ne pas renouveler forcément. » Alors que Jamiroquai, David Guetta et Tokio Hotel sur la darse sud en juillet 2008 avaient rassemblé sur 3 soirs pas moins de 23 000 spectateurs. Privant un peu plus, par la même occasion, les commerçants de leurs terrasses.
Car hormis le Grimaldi forum et la salle du Canton, accueillir des concerts de masse à Monaco oblige à réquisitionner des lieux par forcément appropriés. Les cadres en deviennent d’ailleurs de plus en plus insolites. Comme celui de ZZ top au palais princier le 5 juillet prochain. « On avait même pensé à faire un concert underground dans les parkings de la nouvelle digue, explique Salim Zeghdar. En 2011, on organisera sans doute un concert sur la darse nord, avec une idée artistique plus originale. » Pendant que Jean-René Palacio suggérait comme lieu potentiel de concert à exploiter le chapiteau de Fontvieille.
Reste que tout le monde se pose la question : avec son image glamour et select, Monaco a-t-il vocation à devenir un pôle d’accueil de musique de masse pour la Côte d’azur ? « Je ne pense pas », répond Jean-Charles Curau, le directeur des affaires culturelles.
Car au-delà des problèmes logistiques, reste la problématique liée à la gestion d’un lieu de concert « grandeur nature » en terme de rentabilité et de volume du public. « Si l’on veut créer une salle, il faut la rentabiliser en organisant régulièrement des concerts. Ce qui implique de gérer des flux humains, des problèmes d’infrastructure, de transports, de sécurité, d’évacuation du public, rajoute Jean-Charles Curau. Mais ça ne veut pas dire que, ponctuellement, on ne puisse pas accueillir un groupe particulièrement en vue. L’organisation du concert de ZZ Top au palais princier, ça a du sens car c’est une programmation de qualité. Mais il ne faut pas essayer de faire ce que les autres font mieux que nous. Monaco a une image à conserver. Il ne faut pas tomber dans une démocratisation démagogique. » Pas d’espace, ni volume de public suffisant… L’organisation de concerts de masse restera donc à Monaco de « l’exceptionnel ».

“Pas une affaire rentable”

D’autant que la rentabilité n’est pas forcément au rendez-vous. Difficile de mesurer les retombées économiques de ces manifestations. Silence radio des programmateurs sur les chiffres d’affaires réalisés ou autres cachets d’artistes réclamés. Seule la mairie lève le voile sur le budget municipal : 300 000 euros par an pour les concerts propres à la salle du Canton. « On se limite à des artistes français pour des raisons budgétaires. Car au-delà du cachet de l’artiste, il faut gérer toutes les dépenses annexes (transport, nourriture et hébergement) », explique Claire-Lise Schroeter tout en précisant que la mairie n’a « ni but de rentabilité, ni motivation commerciale. » La mairie a toutefois réussi quelques coups de poker. « On a parfois anticipé la notoriété de certains groupes. Par exemple le groupe BB Brunes a commencé à véritablement exploser après être passé par Monaco. Donc le contrat en amont n’a pas été négocié très cher. » Certains organisateurs avouent pourtant ne pas y trouver leur compte. « Il faut savoir que des groupes comme ZZ Top, qu’ils viennent à Monaco pour 6 500 personnes ou pour un Zénith, prennent le même tarif. Ce n’est donc pas une affaire rentable. ».

Petits arrangements entre amis

C’est pourquoi, dans le milieu, il ne vaut mieux pas faire cavalier seul. Et ça tombe bien : dans le microcosme monégasque, des amitiés bienveillantes se nouent facilement. Des petits arrangements « entre amis », à l’image du ticket-gagnant Zeghdar-Palacio. Le programmateur de la SBM, au carnet d’adresses bien rempli, est aussi le bras droit artistique « bénévole » de MLP. Des négociations en binôme qui permettent d’obtenir des ristournes de la part des tourneurs. Pour la SBM et pour MLP. Il faut dire que sur la Côte, Jean-René Palacio est devenu un acteur incontournable. Après avoir lancé le Festival de jazz de Monaco, il chapeaute désormais celui de Juan. Un quasi-monopole artistique indispensable, selon les professionnels, pour imposer la voix de Monaco. « Qu’il soit sur les deux tableaux, cela donne une synergie », estime Jean-Charles Curau. Une analyse confirmée par le principal intéressé. « Grâce à la dynamique que l’on a créée avec Jazz à Juan et avec le Sporting Summer Festival, on a une position très forte sur le marché. ça aide à la négociation. Et ça permet de programmer à nouveau Marcus Miller avec l’orchestre philharmonique de Monaco à Juan. La création présentée salle Garnier devant 500 personnes sera ainsi reproduite à Juan devant 3 000 personnes ! » Ainsi, Jean-René Palacio, véritable boussole artistique de Monaco et homme tentaculaire sur plusieurs fronts musicaux, ne cesse d’étendre son réseau. Et gère ainsi les 900 places de la salle des Etoiles pendant presque 2 mois d’activités pour le Sporting Summer Festival, le Monte-Carlo jazz festival en novembre. Sans oublier 40 semaines de live par an au Moods.

Préserver une image dynamique

Pourtant, si les retombées économiques ne sont pas significatives, pour des raisons d’image, Monaco n’entend pas abandonner le créneau “grand public”. Car les concerts en plein air et de variétés sont aussi une vitrine pour se façonner une image d’ouverture au monde. En dehors des cadres culturels institutionnels ou plus stricts des ballets et autre orchestre. « Amener des grands concerts à Monaco, c’est une mission qui nous a été donnée par le prince. C’est bien de faire des open air. Et de donner à travers le travail de MLP une image de la Principauté jeune, dynamique et entreprenante », souligne Jean-René Palacio. Sans oublier le coup de maître réalisé par la SBM en invitant Prince à la salle Garnier en août 2009. Un véritable coup de projecteur mondial et médiatique habilement orchestré… à 200 euros la place !

La concurrence française est rude
Les programmateurs monégasques ont forcément l’œil braqué sur ce que propose le voisin français. Et notamment niçois, qui ne cesse de multiplier les grosses affiches. « On essaie de ne pas organiser des évènements au même moment. Ce qui passe à Nice, on n’ira pas le chercher », explique logiquement Salim Zeghdar. « On fait très attention à la programmation de Nikaïa, car on arrive à avoir plus ou moins le même public. Mais bien souvent, les gens préfèrent aller à Nikaïa qu’à Monaco. Car c’est un tout autre état d’esprit, » concède Claire-Lise Schroeter. D’autant que la concurrence française risque de se durcir avec l’arrivée au Nikaïa depuis juin 2009 du groupe Live Nation, premier organisateur de concert au monde. Une multinationale cotée en bourse, au carnet d’adresses plutôt alléchant : Madonna, U2, Depeche Mode, Police, Beyonce, Lady Gaga, Shakira, Justin Timberlake, ou encore les Rolling Stones… Créée en 2005, Live Nation possède 33 filiales dans le monde, a vendu 140 millions de billets, avec plus de 20 000 spectacles dans 57 pays. Et le chiffre d’affaires n’en est pas moins vertigineux : 3,7 milliards de dollars. C’est en 2007, en rachetant 51 % des parts de Jackie Lombard Productions, une autre entreprise spécialisée dans l’organisation deconcerts, que Live Nation s’est implanté en France. Mais le duo Live Nation-Jackie Lombard vient de se séparer. Du coup, Live Nation Holding a été créé. Pendant 8 ans, le groupe assurera ainsi la co-gestion de Nikaïa aux côtés de Véga France. De quoi obliger les festivaliers ainsi que Monaco à avoir les reins solides…
Les flops passés… et à venir ?
Il avait une vocation de tremplin. Et accueillait des artistes peu communs à Monaco. Le Monaco live festival, bébé artistique de la mairie de Monaco, ne sera plus. Cette année, la municipalité a décidé de tirer le rideau sur ce festival après 7 ans d’existence. En cause : « La baisse de fréquentation. Pourtant les places étaient seulement aux alentours de 10 euros », explique-t-on à la mairie. La manifestation n’a visiblement pas trouvé son public. La faute sans doute à une programmation trop audacieuse. Vincent Delerm, Charlélie Couture, Emilie Loizeau, Benoît Dorémus, pour ne citer qu’eux, s’y sont produits. Le budget alloué à cette manifestation a donc été réattribué à l’organisation des concerts à la salle du Canton et aux feux d’artifice sur le port hercule, dont la mairie à la charge. Autre rendez-vous traditionnel passé à la trappe : la St Sylvestre façon “sans alcool” pour ados. Déprogrammé de la salle du Canton car jugé un brin ringard. « Les générations évoluent et avec l’arrivée du Ni Box, on pense qu’il allait y avoir moins d’engouement », concède Claire Lise Schroeter. La mairie espère en tout cas toucher un public plus âgé avec la venue prochainement de Jacques Higelin le 13 novembre et de Raphaël le 15 octobre. « A la salle du Canton, faire du jeune ça marche très bien comme Renan Luce et Cœur de pirate. Mais on veut toucher aussi un autre public », rappelle le conseiller communal Claire-Lise Schroeter. Autre tendance qui donne des sueurs froides aux organisateurs : les places vendues à la dernière minute. Une pratique devenue monnaie-courante. Comme pour le concert du vieux briscard Bernard Lavilliers à la salle du Canton pour qui pratiquement toutes les places ont été écoulées le jour même. Même observation du côté de Monaco live productions. « Pour le concert de Jamiroquai, on a réussi à remplir seulement 10 jours en amont. Alors que David Guetta, j’avais même songé à l’annuler. Et on a finalement réuni quasiment 8 000 personnes le soir même. ». Prochaine échéance pour MLP, le 5 juillet Place du palais. Une jauge de 6 500 places jusqu’à 10 000 potentielles (en cas de gros succès) a été prévue. Mais pas besoin pour l’heure de gonfler les rangs car seuls 60 % des tickets ont été vendus à moins d’un mois du spectacle. Les papys texans du rock et l’iguane Iggy seront-ils boudés ? A suivre…

Gérard Drouot, directeur artistique de festival de Jazz
« Toute la profession reconnaît la qualité artistique de ma programmation, sauf le maire de Nice. » Gérard Drouot, directeur artistique de festival de Jazz à Nice. © Photo Gérard Drouot Productions.

“Deux festivals en même temps, c’est anormal”

Il est l’un des plus importants producteurs de concerts internationaux en France. Ceux de U2, Bruce Springteen ou encore AC/DC. Gérard Drouot, est aussi le directeur artistique du Festival de jazz de Cimiez depuis 3 ans, et l’un des principaux fournisseurs d’artistes qui se produisent à Monaco. Interview relue et amendée.

Monaco Hebdo : Combien d’artistes et de chiffre d’affaires la société Gérard Drouot production représente-t-elle aujourd’hui ?
Gérard Drouot : Des centaines d’artistes principalement internationaux comme ACDC, U2, Diana Krall, Snoop Dogg, Dee Dee Bridgewater ou encore Deep Purple. Mais aussi des jeunes artistes moins connus. Concernant les salles de concerts, nous les produisons dans des lieux très divers. Du plus petit club de jazz jusqu’au Stade de France. En 2009, on a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 40 millions d’euros. Celui du festival de Nice s’élève à environ 2,5 millions d’euros.

M.H. : Justement, depuis 2008, vous avez repris la direction artistique du festival de jazz à Nice. Pourquoi ce choix ?
G.D. : D’abord, car je suis un fan de jazz. Ensuite, divers collaborateurs dans ma société m’ont indiqué qu’il y avait un appel d’offres et m’ont convaincu d’y répondre. C’était une opportunité à saisir. Au final, j’ai été retenu par la municipalité de Jacques Peyrat. A l’époque, le maire m’avait demandé de recentrer la programmation sur le jazz. Ce que j’ai fait. J’ai tout de suite tenu à intégrer au minimum 60 à 65 % de jazz dans la programmation. Les 2/3 des groupes, musiciens ou chanteurs qui viennent à Nice cette année sont des artistes sur lesquels on peut coller une étiquette 100 % jazz. J’en suis vraiment fier. Il y a eu Diana Krall, Sonny Rollins, Melody Gardot, dans les précédentes éditions. Cette année, on fait venir Ornette Coleman, Pat Metheny, Herbie Hancock ou encore Stanley Clarke. Il y aura aussi les plus grands bluesmen. Et on espère attirer entre 30 000 et 40 000 personnes.

M.H. : Le maire de Nice, Christian Estrosi, a récemment indiqué qu’il n’était pas forcément satisfait de cette délégation et de la programmation ? Comment réagissez-vous ?
G.D. : Etant donné qu’à la base, je ne suis pas le choix de Christian Estrosi, il se répand partout en disant que je ne suis pas le bon choix. Alors que toute la profession a adoubé la qualité artistique de ma programmation, le maire de Nice, lui, ne la reconnaît pas. Le batteur niçois André Ceccarelli a d’ailleurs accepté de parrainer ce festival justement parce que j’avais enfin fait une édition digne de ce nom. C’est regrettable.

M.H. : Les deux festivals de jazz, celui de Nice et de Juan-les-Pins se déroulent quasiment aux mêmes dates ? N’est-ce pas problématique ?
G.D. : Il est très regrettable de voir que deux des festivals majeurs de jazz de ce pays sont à 33 km l’un de l’autre. Et de surcroît cette année, au même moment. C’est anormal. Et forcément les deux festivals en souffriront. De mon côté, je n’ai rien changé au calendrier traditionnel. Le festival a toujours été programmé grosso modo pendant la 3ème semaine de juillet. Je ne sais pas pourquoi la municipalité de Juan-les-pins a fait ce choix. Bien que Jean-René Palacio les ait alerté sur cette problématique. Habituellement, les deux festivals se recoupaient uniquement sur deux ou trois jours, pas sur huit.

M.H. : Il y a donc une concurrence encore plus dure cette année ?
G.D. : On ne peut pas vraiment parler de concurrence. Justement parce que je suis le producteur et le tourneur de la plupart des artistes programmés durant les deux festivals. C’est moi qui décide où les programmer et à quel moment.

M.H. : Quelles sont vos relations avec Monaco ?
G.D. : Je connais très bien Jean-René Palacio. Depuis environ 10 ans. Au moment où il a repris la direction artistique de la SBM. Et bien avant, au Summum de Grenoble. Je suis un de ses fournisseurs d’artistes. Quand il y a Lenny Kravitz, ZZ Top ou Léonard Cohen qui jouent au Sporting, derrière Jean-René Palacio, il y a ma société.

M.H. : Cela fait 30 ans que vous faites ce métier. Qu’est ce qui a fondamentalement changé depuis vos débuts ?
G.D. : Depuis 10 ou 15 ans, il y a une augmentation assez impressionnante des personnes qui se déplacent en concert. Quand vous voyez des artistes comme AC/DC qui remplissent le Stade de France ou encore des groupes comme Muse qui attirent jusqu’à 150 000 personnes, il n’y avait pas d’artistes qui attirait autant de monde auparavant. Il y a deux ans par exemple, je me suis occupé de la tournée de Deep Purple. On a vendu tout de même 150 000 billets à travers la France sur une trentaine de dates avec 5 000 personnes en moyenne par concert.

M.H. : L’un de vos concurrents sur le marché est le groupe Live Nation. Comment vous positionnez-vous vis-à-vis d’eux ?
G.D. : Je me suis occupé des tournées de U2 en France pendant 25 ans. Aujourd’hui, je le fais en collaboration avec Live Nation parce qu’ils ont signé un contrat avec le groupe. Comme ils avaient l’habitude de travailler avec mon équipe et moi depuis 25 ans, et que je connais personnellement le manager, le chanteur Bono et les membres du groupe, ils ont eu la courtoisie de me garder en partenariat. Au niveau de la réparation financière c’est 50/50. En dehors de cette collaboration, Live Nation est évidemment un de nos concurrents parmi d’autres.

M.H. : D’ailleurs Live nation depuis juin 2009 assure la co-gestion du Palais Nikaïa avec Véga France. Est-ce une menace pour vous ?
G.D. : Ils ont 30 % de la société d’exploitation du Nikaïa donc une part minoritaire parce qu’ils ont promis de ramener des tas d’artistes à la salle. Mais en 2009-2010, Gérard Drouot production a ramené bien plus d’artistes au Nikaïa que Live Nation. Nous restons donc confiants.

M.H. : De plus en plus de gros concerts se déroulent à Nice. La Côte d’azur est-elle un bassin intéressant pour ce type d’événements ?
G.D. : Il y a deux lieux phares dans la région. Le stade Vélodrome de Marseille et le parc des sports Charles Ehrman à Nice à côté du Palais Nikaïa dont la capacité est de plus de 50 000 places. Quand AC/DC, U2 ou Madonna veulent tourner en plein air en France, ils ne vont pas à Lille, Strasbourg, Toulouse ou Bordeaux. Mais ce sont des villes comme Nice et Marseille qui s’imposent car il n’y a pas d’autres endroits en province qui puissent accueillir, en plein air, des manifestations de cette envergure.

M.H. : Il semblerait que vous étiez également pressenti pour organiser le retour sur scène de Michael Jackson en France ?
G.D. : Les responsables de la société de production AEG m’avaient en effet contacté. S’il n’était pas décédé, le projet était de faire 3 ou 4 semaines de concerts à Bercy à Paris en août et septembre après sa série de concerts à Londres. C’était uniquement au stade de projet. Mais j’avais commencé à regarder les disponibilités de la salle, et à poser des options.

M.H. : Avez-vous des regrets professionnels ?
G.D. : Jean Ferrat. J’aurais aimé organiser son retour sur scène car je l’ai vu sur scène quand j’étais enfant. Pour moi, ce grand de la chanson française s’est retiré trop tôt. Il y a aussi Michel Polnareff. J’ai travaillé avec lui pendant une dizaine d’années pour organiser son retour. Et sur un différend, une incompréhension, il a finalement préféré le faire avec un confrère. J’ai pourtant contribué à asseoir l’idée, dans les médias et dans sa tête, qu’il allait revenir un jour sur scène. Au départ, quand j’en parlais, beaucoup n’y croyaient pas. J’ai été la première personne à être convaincue que ce n’était pas un rêve et qu’il allait faire son come-back.

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