mercredi 20 octobre 2021
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Coronavirus : l’hydroxychloroquine
est utilisée au CHPG

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Au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), le personnel soignant utilise désormais l’hydroxychloroquine pour traiter des patients infectés par le coronavirus.

Le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Didier Gamerdinger, l’a annoncé lors d’une conférence téléphonique groupée avec la presse monégasque, mardi 24 mars : la chloroquine, ou plus précisément l’hydroxychloroquine, est bel et bien utilisée au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), « mais avec des dosages extrêmement précis, sous surveillance médicale, pour des patients qui ont des symptômes assez forts », a toutefois précisé le ministre de la santé.

Décision collégiale et multidisciplinaire

Face aux risques très graves d’une automédication, le gouvernement a par ailleurs décidé de geler la vente de chloroquine en pharmacie et de la réserver uniquement aux patients atteints de maladie chronique, ayant les ordonnances habituelles pour la recevoir : « Nous sommes extrêmement attentifs sur ce point car nous craignons une ruée sur ce médicament et des risques d’utilisation indue, sans contrôle médical », a indiqué Didier Gamerdinger. Au cours d’un autre point presse, vendredi 27 mars, les professeurs Christophe Perrin et Yann-Erick Claessens, respectivement chefs du service de pneumologie et des urgences au CHPG, sont revenus sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine à l’hôpital. La molécule n’est introduite dans le traitement qu’« après une décision collégiale et multidisciplinaire », ont expliqué les médecins. Hors de question donc de généraliser l’hydroxychloroquine dans le traitement du coronavirus. Le chef du service de pneumologie, Christophe Perrin, s’est d’ailleurs montré très prudent sur ce médicament. « L’efficacité n’est pas démontrée scientifiquement. Les travaux du professeur Didier Raoult donnent une orientation thérapeutique mais ne démontrent en rien l’efficacité de ce produit », a déclaré le pneumologue avant d’annoncer la participation du CHPG à un « protocole », sans toutefois préciser la nature de cet essai.

Pr Yann-Erick Claessens, chef de service du Smur.© Photo CHPG

L’hydroxychloroquine n’est introduite dans le traitement qu’« après une décision collégiale et multidisciplinaire », expliquent les médecins du CHPG

Balance bénéfice/risque

Au CHPG, la décision de prescrire ou non l’hydroxychloroquine à un patient atteint de Covid-19 dépend de ce que l’on appelle la balance bénéfice/risque, c’est-à-dire de l’évaluation des effets bénéfiques thérapeutiques en comparaison aux risques liés au traitement. En d’autres termes, le bénéfice du médicament est-il supérieur à ses effets indésirables ou inconvénients possibles ? Selon le professeur Perrin, cette balance pencherait davantage du côté du risque pour les patients présentant peu de symptômes : « Il y a plus de risques d’effets indésirables que de bénéfices » pour ces malades. Le chef du service de pneumologie estime en revanche que l’hydroxychloroquine peut être bénéfique pour les patients « plus précaires », en situation de « fragilité respiratoire ». La décision finale restera toujours « multidisciplinaire et collégiale », insiste le professeur Perrin, qui a par ailleurs indiqué que la molécule était associée à l’azithromycine (antibiotique). Cette utilisation de l’hydroxychloroquine au CHPG va donc dans le sens des recommandations du gouvernement français qui a décidé de réserver ce traitement aux patients atteints de formes sévères du Covid-19.

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