lundi 17 mai 2021
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Affichage publicitaire : « Ridicule de couper la branche sur laquelle on est assis »

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La concurrence est rude sur le marché de l’affichage publicitaire. Interrogé par Monaco Hebdo, Nicolas Matile Narmino, président de l’Union des commerçants et artisans de Monaco (Ucam), pense que la principauté devrait réserver les panneaux publicitaires essentiellement aux commerces monégasques, afin de les préserver.

L’affichage publicitaire à Monaco doit-il faire la promotion des commerces monégasques en priorité ? Ce n’est pas ce que suggère Nicolas Matile Narmino, président de l’Union des commerçants et artisans de Monaco (Ucam), mais presque. Interrogé par Monaco Hebdo, le président de l’Ucam pense qu’il serait bon, en effet, de favoriser les enseignes de la principauté avant tout. Face aux difficultés que peuvent rencontrer les commerçants locaux, compte tenu de la crise sanitaire, Nicolas Matile Narmino émet l’idée que Monaco devrait refuser, dans certains cas, d’afficher en principauté des publicités faisant la promotion de commerces et de zones commerciales françaises et italiennes. « Il ne s’agit pas de protectionnisme, mais de bon sens. Il serait ridicule de couper la branche sur laquelle nous sommes assis, explique-t-il. La concurrence est une bonne chose. Mais, en ce qui concerne les réseaux nationaux, qui dépendent de la mairie et de la Société des bains de mer (SBM), il faut veiller à ne pas envoyer nos clients à SanRemo, en Italie, ou dans certains centres commerciaux limitrophes, par exemple. »

« Il ne s’agit pas de protectionnisme, mais de bon sens » Nicolas Matile Narmino. Président de l’Ucam

Pas de contrainte légale

Concrètement, à l’heure actuelle [Monaco Hebdo bouclait ce numéro le mardi 20 avril 2021 — NDLR], aucun texte de loi, ni aucune réglementation, n’obligent les annonceurs à faire en priorité la promotion du commerce local à Monaco. La libre concurrence reste le principe de base, et surpasse, en droit, les initiatives de priorité nationale en ce qui concerne l’affichage publicitaire. Mais il n’y aurait pas besoin de légiférer pour autant selon le président de l’Ucam, qui vante une nouvelle fois « le bon sens », même s’il n’est pas non plus exclu de sensibiliser le gouvernement à la question. C’est d’ailleurs, toujours selon lui, déjà le cas : « À chaque fois que nous nous sommes insurgés concernant certaines publicités, nous avons été écoutés. Et certaines publicités n’ont pas été renouvelées, assure Nicolas Matile Narmino. Le message est passé, et nous devons essayer de cadrer, sans légiférer pour autant. Lorsqu’il s’agit de promouvoir le carnaval de Nice, un événement de niveau national ou une rencontre de football, il n’y a évidemment pas de problème. Mais pas quand il s’agit d’utiliser l’argent public pour envoyer nos clients vers la concurrence. » Se pose en effet un problème d’équivalence avec les pays voisins, selon le président de l’Ucam : « Nous sommes un petit territoire. Un commerçant monégasque ne peut pas inonder la France de publicités, alors qu’un Français va vite avoir la capacité d’inonder Monaco. A contrario, on ne peut pas comparer un territoire de 2 km2, qui compte 25 panneaux. Nous devons rester vigilants, car nous sommes particulièrement attractifs, étant donné que notre clientèle est haut de gamme. » Et la concurrence est rude estime Nicolas Matile Narmino : « Celui qui paie peut faire de la pub, je comprends bien. Mais nous avons du mal à garder nos clients pendulaires. L’argent qu’ils gagnent, ils vont le dépenser ailleurs. » En 2016 déjà, dans Monaco Hebdo n° 982, le président de l’Ucam s’inquiétait de la faible affluence de clientèle à Monaco, le week-end, au profit des grandes villes limitrophes : « Le week-end, ne nous voilons pas la face : il n’y a personne à Monaco ! L’offre commerciale n’est pas suffisamment attractive pour attirer des clients de Nice, de Cannes ou de SanRemo. Or, en France les commerces réalisent 25 à 30 % de leur chiffre d’affaires le samedi. Ce n’est pas du tout le cas à Monaco. Notamment parce que les 50 000 pendulaires ne sont pas là », soulignait-il alors dans nos colonnes. Avant d’ajouter : « On ne peut pas demander à un pendulaire de revenir consommer le week-end en principauté, car il s’épuise déjà des heures tous les jours dans les transports pour venir travailler. D’ailleurs, si nous avions été un peu plus clairvoyants, nous aurions fait en sorte que ces pendulaires soient logés plus près de la principauté. Or, aujourd’hui 75 % d’entre eux vivent en dehors des communes limitrophes ! Ce sont donc des personnes qui auraient consommé en principauté si elles avaient été domiciliées aux alentours. »

« Celui qui paie peut faire de la pub, je comprends bien. Mais nous avons du mal à garder nos clients pendulaires. L’argent qu’ils gagnent, ils vont le dépenser ailleurs » Nicolas Matile Narmino. Président de l’Ucam

Le numérique à la rescousse ?

Depuis un an, cependant, le problème semble mis entre parenthèse du fait de la crise sanitaire. Le marché publicitaire s’est en effet crispé, et les campagnes d’affichage réduisent leur voilure, à Monaco comme ailleurs. Pour Nicolas Matile Narmino, la publicité doit donc aussi se faire par l’intermédiaire du numérique. Les quelque 1 200 commerçants et restaurateurs de Monaco auraient tout intérêt selon le président de l’Ucam à se tourner vers les outils numériques pour garder contact avec les clients actuels et communiquer avec les clients potentiels : « Le numérique est un sujet incontournable depuis la crise. C’est la clé du développement et de la diversification, assure-t-il. Si les Niçois ne peuvent plus venir à Monaco, je peux les faire venir à moi indirectement, grâce à ma présence sur Internet. Tout le monde peut le faire. Il n’y a pas de profil type de commerces, et on peut obtenir 10 à 30 % de passage en plus grâce au numérique. »

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