vendredi 23 octobre 2020
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Deux DJ’s retournent
le monday blues

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Mr. Luke est DJ résident à Nice, Nicolas Saad au Blue Gin de Monaco. La collaboration entre ces deux musiciens a donné naissance à Monday Highlife, un premier album électro édité sur le label monégasque Moving Head Records.

Ils se sont croisés pendant près de dix ans alors qu’ils mixaient sur la Côte d’Azur. Leurs influences disco-funk ont réussi à les réunir. Nicolas Saad et Thibaud Luke — alias Mr. Luke — ont livré le 16 août sur les plates-formes de téléchargement leur premier album, Monday Highlife. Le fruit de deux ans d’une collaboration qui a démarré en 2014 avec le single The Funky Technician Is Back. Présent sur plus de 100 compilations, le titre s’est retrouvé propulsé numéro 6 des ventes iTunes, catégorie dance, en… Inde. Un succès aussi inattendu qu’incongru. « On pensait pas que ça irait aussi loin », s’amuse Nicolas Saad. Les deux musiciens-compositeurs décident de plancher sur un second titre. Pas une mince affaire : Can’t Stop the Feeling a mis près d’un an et demi à voir le jour. « C’est très long de trouver le son, on a galéré », consent Thibaud. Puis les tracks s’enchaînent. Somebody Else, Let My Body Do the Talkin’, Bedford Stuyvesand — du nom d’un quartier black de Brooklyn… Cinq-six mois de travail plus tard, Monday Highlife sort et se glisse sur la troisième marche du podium des ventes dance en France — et 39ème du Top 50 toutes catégories confondues. « Ce qui est rigolo dans cet album, c’est qu’il n’y a pas de single, il n’y a que des singles », se targue Mr. Luke. Les retours que le duo dit avoir, c’est que les gens aiment tous les morceaux et ne savent pas lesquels choisir. Et de prendre l’exemple d’une radio à Chicago, qui a fait le pari de diffuser Monday Highlife en entier. « Un appel à la mémoire avec des inspirations disco 70’s », ce que Nicolas et Thibaud écoutaient dans leur enfance. « Ou du funk moderne », tentent-ils de définir. « Aujourd’hui, la musique est très difficile à définir. La house music nous convient, c’est un terme généraliste qui a commencé en 1985, avec un côté disco moderne », enseigne Nicolas. Le tout mâtiné d’influences un peu soul, blues, et de quelques titres plus électro-pop.

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Laboratoire

Pour collaborer, les deux DJ’s ont choisi l’envoi de fichiers. « Nous n’avons pas besoin de tout le temps se voir physiquement. On travaille chacun de notre côté la semaine, et on met en commun le lundi », explique Nicolas. Chaque lundi, ils diffusent sur les réseaux sociaux un extrait d’une chanson. Les vidéos sont vues en moyenne 8 000 fois. « Nos morceaux sont plutôt happy. Les gens nous disent que ça leur fait du bien », sourit Nicolas. « On a retourné le monday blues », s’amuse Thibaud. Monday Highlife est né. L’album, sur le label monégasque Moving Head Records (lire ci-contre), a été célébré jeudi 22 septembre au Monte-Carlo Blue Gin, où Nicolas Saad est DJ résident trois soirs par semaine. C’est un peu le laboratoire du duo. « Quand un morceau est prêt, on le teste ici », résume Nicolas. Et les oreilles de cette clientèle haut de gamme et internationale peuvent déjà entendre en exclusivité trois titres du deuxième album. « Il sera fini en décembre, assure Mr. Luke. Le premier commence à peine à exister alors qu’on envoie la purée sur le deuxième. » Pour Nicolas, « la stratégie commerciale est d’inonder les réseaux sociaux ». Une production et une diffusion expresses pour « suivre le rythme de consommation du public ». Mais les deux comparses veulent garder la même recette : les lundis consacrés au travail.

 

Platines azuréennes

À 41 ans, Thibaud Luke est en résidence au Consulat, à Nice, depuis le 29 septembre. Toujours dans la capitale azuréenne, c’est au Pure qu’il a fait jouer ses platines pendant 9 ans. Auparavant, c’était dans la cité du festival du film : Tantra, Palm Beach… À 47 ans, Nicolas a aussi un CV de DJ bien rempli. Il a notamment mixé au Monte-Carlo Beach avant d’arriver au Blue Gin, également au Before Monte-Carlo et au Sea Lounge, ainsi que dans d’autres établissements monégasques…

 

Monaco a son label électro

En dix ans d’existence, Moving Head Records a produit des dizaines de jeunes artistes de la Côte d’Azur. Fondé par Thibaud Luke, le label monégasque est « très porté sur l’électro, sur toutes ces formes musicales autour de la house et de la deep », explique-t-il. Monday Highlife est le premier album édité. « Avant, ce n’était que des singles, des deux-trois titres, des remix. » Son créateur loue son indépendance et son côté 100 % numérique. « Je préfère garder des sous pour produire des artistes ou miser sur leur promotion que les mettre dans des supports physiques », défend Mr. Luke. Grâce à la notoriété de l’album avec Nicolas Saad, tous ces artistes gagnent en visibilité. « Dès qu’un nouvel artiste paraît sur le label, ils sont en lien avec notre album. Ils profitent de cette promotion », décrypte Thibaud. « C’est très compliqué pour eux », déplore l’artiste. En cause, de moins en moins de label veulent prendre de risques. Ce qui ne semble pas être le cas de Thibaud Luke et de son associé Patrick Poullain, l’homme de l’ombre. « Il s’occupe de toute la partie administrative : les contrats, l’édition, la promotion, la Sacem… Bref, tout ce qui est chiant pour les artistes. Nous, on s’éclate à faire de la musique », lance Mr. Luke.

 

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