dimanche 23 janvier 2022
AccueilCultureMoods?: le non à la disparition des concerts

Moods?: le non à la disparition des concerts

Publié le

Trust en concert
© Photo SBM.

Le Moods coupera-t-il le son en septembre prochain?? Cette interrogation, qui plane sur le bar-salle de concerts de la SBM, suscite l’inquiétude des musiciens et des clients. La mobilisation contre la disparition des concerts s’organise.

«J’étais programmé en mai et à la rentrée, mais ça a été annulé ». Le rockeur monégasque Eric Battaglia, de son nom de scène Eric le Rouge, ne jouera pas au Moods dans les prochains mois. Même chose pour les autres artistes. Et pour cause, le Moods a fermé le 30 avril et va changer. La rumeur évoque un Jimmy’z d’hiver, mi-boîte de nuit, mi-casino. Fin mars, le directeur général de la SBM, Bernard Lambert, évoquait sa position dans nos colonnes?: « Le Moods rouvrira à la rentrée. En revanche, il y a effectivement une réflexion sur l’orientation de cette salle de concerts. La formule va peut-être changer. Il faut toujours évoluer ». Des propos qui ont eu pour conséquence la création d’un mouvement de protestation?: celui du non à la disparition des concerts du Moods. Deux pétitions, l’une menée par Nancy De Fays et l’autre par Patrice Garcia. A elles deux, elles ont rassemblé 1?500 signatures à l’heure actuelle. Parmi les signataires, des habitués, des clients de passage mais aussi des musiciens. De grandes pointures du jazz à l’instar d’André Ceccarelli, John Mc Laughlin ou encore les frères Didier et Francis Lockwood en sont. « Le Moods est un lieu symbolique. Si les pétitions peuvent faire en sorte que les concerts restent, ça serait bien », indique Patrice Garcia. « Cela a généré un élan extraordinaire. Il n’y a pas d’endroit similaire en Europe. La SBM peut perdre de l’argent avec ce lieu car il génère une reconnaissance pour Monaco », ajoute Nancy de Fays.

Révolte virtuelle

En évoquant le Moods, les éloges se répètent à l’infini. Un endroit « superbe », une programmation « éclectique et fabuleuse », un accueil « exceptionnel », une équipe technique « au top ». Les deux pétitions sont largement relayées dans des groupes du réseau Facebook?: « Pour que le Moods continue à défendre la culture rock à Monaco », « Contre la disparition définitive des concerts du Moods », « Non à la fermeture du Moods »…  Joël Tchobanian est le fondateur du premier groupe de révolte virtuelle. « Des gens de ma génération, les 45-50 ans, rêvent d’avoir un lieu comme ça. On a grandi dans cette culture rock. Le Moods fait partie du prestige de Monaco. Il y a eu un problème de gestion. Celle-ci aurait dû être plus réfléchie. En mettant par exemple un Dj après les concerts », dit-il en rappelant que la rumeur d’une fermeture circulait déjà en 2009 et 2010. Eric Battaglia a créé le deuxième groupe. Pour lui, « dans la catégorie pub concert, le Moods est la plus belle salle de la région. Une scène sur laquelle Louis Bertignac ou Billy Wynn ont joué, c’est prestigieux pour tous les groupes régionaux. C’est la cour des grands. La majorité des soirées affichait complet. Même si la hausse des tarifs (22 euros la première consommation), a été dommageable et est contestable ». Plusieurs groupes du label Monte-Carlo Records se sont produits au Moods. Marc Toesca, qui dirige le label, « ne voit pas l’intérêt que de transformer le lieu en Jimmy’z d’hiver ». « C’est une scène unique entre Gênes et Marseille. Elle est presque indispensable. La programmation était très intéressante. Je revoyais des choses qui ne passaient plus ailleurs », confie-t-il. Sans musique live au Moods, bonjour ou plutôt au revoir l’ambiance.

Publié le

Monaco Hebdo