mardi 30 novembre 2021
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Jazz à tout va !

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Dix ans déjà ! Du 24 novembre au 3 décembre, la 11ème édition du Monte-Carlo Jazz Festival investit l’opéra Garnier. Entre pointures et nouveaux talents, la programmation se veut, une fois de plus, éclectique.

Une édition sous le signe de l’innovation. Pour sa onzième incursion en Principauté, le Monte-Carlo Jazz Festival réaffirme sa quête constante de nouveauté. « On a essayé de faire des choses de manière différente », confirme Jean-René Palacio. Pour le directeur artistique de la Société des bains de mer (SBM), « la musique jazz a besoin d’un nouveau public ». Il a concocté la programmation du Monte-Carlo Jazz Festival sur cette constatation. Chaque soir, une découverte fera la première partie d’un artiste confirmé, qui réunit un plus large public. Si, à l’instar des musiciens annoncés, Jean-René Palacio se veut pointu et éclectique, il assume aussi son rôle de défricheur de nouveaux talents. En avant-première de ce onzième Monte-Carlo Jazz Festival, une personnalité moins connue derrière le micro que devant les caméras : Lambert Wilson. L’acteur, présent dans le cadre d’une résidence en Principauté, monte sur scène jeudi 24 novembre. Un pré-concert qui, au travers de ses textes, rend hommage à Yves Montand. Ce rapprochement entre Wilson et Montand, qui a donné lieu à un album, est né grâce au pianiste Bruno Fontaine ; les deux hommes avaient déjà collaboré sur On connaît la chanson d’Alain Resnais.

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Lambert Wilson © Photo Vincent Peters

Femmes

Dimanche 27 novembre, c’est une nouvelle voix du jazz qui s’affiche en première partie : Sarah Lancman, adoubée par Quincy Jones au festival de Montreux. Elle distille les compositions de son nouvel album, Inspiring Love, co-écrit avec le pianiste italien Giovanni Mirabassi, qui l’accompagne sur scène. Angélique Kidjo, la « grande voix de l’Afrique d’aujourd’hui », suit avec son spectacle Eve. Une ode aux femmes, au continent africain, « à leur résistance et leur beauté » selon l’artiste, entre soul, percussions et chœurs féminins. Mardi 29 novembre, la grande chanteuse de jazz britannique Malia se produit en duo avec le chamanique pianiste André Manoukian. À l’instar du festival de jazz monégasque, la collaboration entre les deux artistes célèbre ses 10 ans — et trois albums écrits par le découvreur de talent de Nouvelle Star. Le répertoire du binôme piano-voix oscille entre ses propres chansons et des hommages aux grandes voix féminines du jazz, Nina Simone, Billie Holiday ou Etta James. En tête d’affiche, le grand Al Jarreau, plus de 55 ans de carrière prolifique, une vingtaine d’albums, est accompagné du NDR Bigband — dix-huit musiciens ! Ils revisitent le répertoire de Duke Ellington. C’est la première fois que le musicien aux sept Grammy chante sous les ors de l’opéra Garnier.

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Sarah Lancman © Photo DR

Monte-Carlo Jazz Festival
Angélique Kidjo © Photo Jed Root

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Andre Manoukian et Malia © Photo Solene Renault

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Al Jarreau © Photo Marina Chavez

Trompette

Mercredi 30 novembre, soirée trompette ! La jeune trompettiste Airelle Besson, qui fait partie de la nouvelle génération de musiciens français, s’accompagne de son quartet. Avec un premier prix avec mention très bien à l’unanimité au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et une participation à l’album Around Chet Baker, c’est la révélation de cette édition. Elle précède un habitué du festival, « notre coup de cœur partagé » pour Jean-René Palacio : Ibrahim Maalouf. Cette année, le trompettiste qui suscite un engouement international célèbre les femmes, et plus particulièrement la diva égyptienne Oum Kalthoum sur son dernier album. Avec sa trompette à quatre pistons, pour jouer des quarts de tons, il avait déjà distillé au Monte-Carlo Jazz Festival, en 2014, ses mélodies entre Orient et Occident. Jeudi 1er décembre, un seul artiste devrait remplir la salle Garnier : Wayne Shorter, en compagnie de son quartet, qu’il a fondé en 2000. « Il a toute la soirée pour qu’il puisse exprimer sa longue carrière », explique Jean-René Palacio. Le géant du jazz et du saxophone a soufflé ses quatre-vingts bougies cet été, sous les pins de Jazz à Juan. Une légende qui prouve que le jazz n’a pas d’âge : Wayne Shorter a accompagné pendant cinq ans le second quintet de Miles Davis, et a composé des centaines de chansons, écrivant avec le label Blue Note une partie de l’histoire de cette musique.

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Airelle Besson © Photo Hugues Lawson-Body

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Wayne Shorter Quartet © Photo Erica Gannett

Afro-cubain

Vendredi 2 décembre, le jazz se teinte de sonorités venues d’ailleurs et « prend des tournures latino-africaines, entre La Havane, Paris et Dakar ». Titre que Alune Wade, bassiste et chanteur sénégalais dans l’orchestre de Marcus Miller, et Harold López-Nussa, pianiste cubain, donnent sobrement à l’album qui scelle leur rencontre. Une musique latino, emplie de swing, influencée par des succès populaires du continent africain. Puis le duo cède la scène à Richard Bona, l’un des plus grands bassistes de sa génération, passionné par la musique afro-cubaine, accompagné du groupe Mandekan Cubano. Autour de la danse, d’un mélange des sons d’Afrique et de musique cubaine, ils ont porté en album un projet nommé Héritage. La troisième partie de soirée est assurée par Manu Katché. Le batteur éclectique n’a jamais abandonné ses amours jazzistiques, comme le prouve son dernier album, Unstatic, dans lequel il s’entoure du maître ès clavier Jim Watson et du trompettiste Luca Aquino. Samedi 3 décembre, la dernière soirée est dédiée à la chanson. Tout d’abord avec la jeune Madeleine Peyroux, amoureuse de la France et du jazz — elle a déjà joué en Principauté —, qui présente son huitième album, Secular Hymns, aux teintes blues et funk. En tête d’affiche, une grande figure de la chanson francophone, certes un peu décalé dans un festival consacré à la note bleue : Robert Charlebois. L’artiste a choisi la Principauté pour célébrer ces cinquante ans de chanson… en cinquante chansons. Un concert électro-acoustique accompagné de cinq musiciens pour reprendre ses plus grands classiques.

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Alune Wade & Harold Lopez-Nussa © Photo Petra Richterova

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Richard Bona © Photo Rebecca Meek

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Manu Katché © Photo Etienne de Villars

Monte-Carlo Jazz Festival
Madeleine Peyroux © Photo DR

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Robert Charlebois © Photo Sylvain Dumais Léger

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