lundi 6 décembre 2021
AccueilCultureLe cinéma, tout un art

Le cinéma, tout un art

Publié le

Marcello Mastroianni
Mastroianni dans Divorce à l'italienne de Pietro Germi, le 6 novembre au Théâtre des Variétés. Collection AAPM © Ad Vitam.

Vincent Vatrican, co-fondateur et directeur des archives audiovisuelles de Monaco, a présenté la nouvelle édition de « Tout l’art du cinéma ». Au programme?: Bergman, Pialat ou encore Pasolini.

Loin des blockbusters et des multiplexes, c’est un tout autre genre cinématographique que Vincent Vatrican met sous les projecteurs depuis maintenant 9 ans?: les films labellisés « Art et essai ». De véritables pépites du 7ème art muet ou contemporain, de cinéastes connus ou plus confidentiels, qui ont échappé au succès commercial, ou sont passées — souvent injustement — inaperçues. A la tête des archives audiovisuelles depuis 1997, le « Monsieur cinéma » de Monaco a une nouvelle fois mis sur pied une programmation pointue. Et ce, malgré un sérieux tour de vis budgétaire?: –30 % par rapport à l’année dernière. Soit 76?000 euros. Il aura fallu 9 mois de travail à cet ancien critique des Cahiers du cinéma pour finaliser ses choix et rapatrier les bobines qui constitueront la saison 2012/2013. Baptisée cette année sous un nouveau label « Tout l’art du cinéma », la programmation compte non seulement 13 films articulés autour de la thématique « Secrets de famille » (programmés les mardis) mais aussi plusieurs manifestations hors Théâtre des Variétés (voir encadré).

Gérard Depardieu
Depardieu dans Le Garçu de Maurice Pialat, le 23 octobre au Théâtre des Variétés. Collection AAPM © DD Productions.

Comédie italienne
Le 23 octobre, c’est un écorché vif du 7ème art qui sera à l’honneur?: Maurice Pialat et son film Le Garçu. « C’est un film important dans l’œuvre de Pialat. Pas seulement parce qu’il s’agit de son dernier film, mais surtout parce qu’il a une dimension autobiographique évidente. Le petit garçon Antoine, qui joue aux côtés de Gérard Depardieu, est en effet son propre fils », indique Vincent Vatrican. Le 6 novembre, c’est un film qui « a relancé la grande comédie italienne dans les années 60 » qui sera projeté?: Divorce à l’italienne (1961) de Pietro Germi. Un pamphlet contre les moeurs propres aux régions du sud de l’Italie, sur l’amour et le mariage, dans lequel Marcello Mastroianni, alias Fernando Cefalu, incarne un noble sicilien marié à Rosalia, tombant amoureux… de sa jeune cousine.

Film fantastique
Changement radical d’atmosphère le 4 décembre avec la projection de Morse (2008) de Tomas Alfredson. Un film suédois fantastique interdit aux moins de 12 ans. L’histoire?? Deux adolescents, un peu autistes, qui vivent en marge de leur cercle familial dans deux appartements voisins, vont correspondre à travers le mur qui les sépare… en langage morse. « Lorsque ce film est sorti en salle, il est passé inaperçu jusqu’à sa sortie en DVD deux ans plus tard. Le film a alors créé le buzz au point de devenir un film culte auprès des jeunes générations et des jeunes cinéphiles qui le considèrent comme un des films fantastiques majeurs de ces 10 dernières années », explique Vincent Vatrican.

Le sulfureux Pasolini
Place ensuite à un grand classique du 7ème art, le 22 janvier?: La splendeur des Amberson (1941) d’Orson Welles, deuxième film du cinéaste américain après son chef-d’oeuvre Citizen Kane. Plus sulfureux, le film Théorème (1968) du cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, le 5 février, qui relate l’histoire d’un beau jeune homme s’introduisant dans une famille bourgeoise milanaise. Celui-ci va dès son arrivée semer le trouble en développant une relation charnelle et passionnelle avec chacun des membres du foyer. « Il s’agit certes d’un film dérangeant, mais sa puissance poétique en fait sa force numéro 1 », assure Vatrican.
Même s’il considère qu’il a réalisé « des films inégaux », le directeur des archives audiovisuelles a également tenu à programmer « l’une des plus grandes réussites » du cinéaste français Robert Guédiguian Les neiges du Kilimandjaro (2011). Un film tourné dans la ville de cœur du réalisateur, Marseille, avec Jean Pierre Daroussin et Ariane Ascaride dans lequel une famille va se retrouver démunie suite à un licenciement et à un cambriolage. Sauf que, l’auteur de ce cambriolage n’est autre qu’un ami proche…

Bergman, le retour
Autre film coup de cœur de Vincent Vatrican à découvrir le 7 mai?: L’âme soeur (1985) du Suisse Fredi Melchior Murer. « C’est un cinéaste qui tourne peu, mais il s’agit sans doute de son chef-d’œuvre. J’ai découvert ce film lorsque je faisais mes études, dans une salle de cinéma d’art et d’essai à Nice qui projetait des films généralement peu vus et mal aimés. Celui-ci en fait partie. Cela a été pour moi un choc. »
Une histoire extrêmement émouvante dans laquelle un adolescent né sourd et muet et vivant dans une ferme isolée avec sa famille, développe une relation très tendre avec sa soeur qui lui apprend à lire, à écrire et à compter. « Cinéaste de chevet » de Vincent Vatrican, Ingmar Bergman revient cette année encore avec le film Fanny et Alexandre (1982). Un film dans lequel « le cinéaste a sans doute tout mis de sa personnalité, de son histoire, de la manière dont il conçoit l’éducation, la famille et la religion », estime Vincent Vatrican. A découvrir le 28 mai.

Projections Théâtre des Variétés?: 6 euros.
Carte d’abonnement pour 8 séances?: 40 euros.

Publié le

Monaco Hebdo