mardi 19 octobre 2021
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L’humour et l’absurde
pour échapper à la crise

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Isabelle Gélinas
L'illusion conjugale d'Eric Assous (25 au 28 novembre), Molière 2010 avec Isabelle Gélinas © Photo DR

Après une saison calamiteuse, le théâtre Princesse Grace veut remonter la pente avec une nouvelle programmation où l’humour se taille la part du lion.

« On sort d’un marasme. En 29 ans d’exploitation, je n’ai jamais connu ça. » Philippe Hourdequin est lucide. Le directeur du théâtre Princesse Grace (TPG) sait très bien que cette saison, la crise a ravagé les budgets dédiés aux loisirs des ménages et que les théâtres en ont largement pâti. Y compris à Monaco où le taux de fréquentation (places payantes) a dégringolé à 60 % contre 75 à 85 % les années précédentes. En 2010, c’est bien simple, seuls les spectacles familiaux et comiques ont tiré leur épingle du jeu au TPG. Même le fameux Chat en poche de Feydeau n’a pas réussi à retomber sur ses pattes, avec un taux de remplissage stagnant désespérément à 51 %…

“C’est l’histoire d’un clown halluciné”

Mais Philippe Hourdequin reste optimiste. Pour la saison de ses 30 ans à la tête du TPG, ce “miraculé de la vie”, comme il se décrit lui-même, un sourire en coin, mise sur ses coups de cœur. Premier “béguin” : le Premier amour de Beckett (15 et 16 octobre prochains), mis en scène et interprété par un « excellent » Samy Frey, seul sur scène. « L’absurde de Samuel Beckett avec une pointe d’ironie », résume le directeur du TPG. Avant d’ajouter : « C’est l’histoire d’un vieux clown halluciné qui cherche son amour de jeunesse. Ce spectacle est envoûtant et le texte de Beckett colle parfaitement à la personnalité de Samy Frey. »
Dans un registre différent, l’équipe du TPG a visiblement craqué pour Lorànt Deutsch. Logique : le jeune comédien est indéniablement la star du moment. Son Métronome aurait déjà été vendu à 400 000 exemplaires et l’on peut entendre sa voix sur toutes les ondes, que ce soit pour raconter l’appel du 18 juin ou les épopées des Bleus depuis 1958. « Lorànt Deutsch est un touche-à-tout, un petit génie. Il est très calé en histoire, possède une mémoire et une culture générale uniques sans compter que c’est un excellent footballeur », explique Philippe Hourdequin qui connaît bien l’acteur, tout juste décoré par Delanoë de la médaille de la ville de Paris. A Monaco, du 11 au 14 novembre, Deutsch viendra jouer Boubouroche de Courteline, avant que la pièce ne soit programmée à Paris.
Mais ce n’est pas tout. Cette saison, au TPG, on pourra voir aussi du théâtre contemporain : L’illusion conjugale d’Eric Assous (25 au 28 novembre), Molière 2010 avec Isabelle Gélinas – qui a commencé à Monaco ; le prometteur Mec de la tombe d’à côté (l’adaptation du livre de Katarina Mazetti où un homme et une femme se rencontrent devant les tombes de leurs “ex” respectifs sera jouée le 18 janvier 2011) ; ou encore Thé à la menthe ou t’es citron de et avec Patrick Haudecoeur (17 au 20 mars 2011). Enfin, les amateurs d’humour corrosif ou d’imitation pourront retrouver l’incontournable Anne Roumanoff (11 et 12 mars) ou (re)découvrir Véronic DiCaire, la révélation canadienne des Sérénissimes de l’humour cette année (23 et 24 novembre). Autant de divertissements complétés par les 25 ans des Magic Stars ou encore le comique des Frères Taloche. Pour ses 30 ans de TPG, Patrick Hourdequin a visiblement misé sur la bonne humeur. Et il annonce déjà pour le dernier trimestre 2011 le leitmotiv de la création du TPG, gardée encore secrète : « le rire bien entendu »…

Renseignements au TPG : 93 50 03 45

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