lundi 18 octobre 2021
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Darren Star : « Le but d’Emily in Paris, c’est de se moquer des clichés »

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À l’occasion de la 60ème édition du festival de télévision de Monte-Carlo, Monaco Hebdo a rencontré Darren Star, Nymphe d’Honneur, producteur et créateur des séries Beverly Hills 90210, Melrose Place, Sex and the City et Emily in Paris.

Vous avez reçu la Nymphe d’Honneur des mains du prince Albert II : qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est un grand honneur. Le fait que les gens reconnaissent mon travail depuis des années, ça m’impressionne et je suis vraiment ravi.

Quel regard portez-vous sur l’arrivée du streaming et des plateformes de visionnage ?

Aujourd’hui, grâce aux plateformes comme Netflix, la série peut voyager partout dans le monde. Et au lieu de prendre deux ans pour les voir à la télévision sur les chaînes habituelles, maintenant on peut les voir partout en simultané. Et pour moi, cela change beaucoup de choses.

Parmi tous les personnages que vous avez créés dans votre carrière, lequel préférez-vous ?

Je ne peux pas choisir. J’aime tous les personnages au moment où je les écris. Même les méchants, on peut s’identifier à eux d’une manière ou d’une autre.

Pouvez-vous en dire plus sur le reboot de Sex and the City ?

Je ne suis pas très impliqué dans la nouvelle version. Je suis content que ces personnages et leurs histoires continuent jusqu’à aujourd’hui. Ce sont les actrices qui ont eu envie de le faire. Et il est vraiment intéressant de voir leur évolution en tant que personnage et de les revoir plusieurs années plus tard parce qu’elles ont changé. Il y a d’autres histoires à raconter.

Qu’est-ce qui caractérise une série Darren Star ?

Déjà, c’est quelque chose que j’ai écrit (rires). Il faut que ce soit des expériences, et pas forcément basées sur des gens que je connais. C’est aussi des expériences que j’ai vécues. Je peux m’identifier d’une manière ou d’une autre avec ces personnes. Et dans toutes mes séries, le fil rouge c’est cette question de famille. À chaque fois, dans chaque série, les personnages créent une famille. Ils se connaissent, vivent ensemble… C’est ce qui en fait une série Darren Star.

L’expérience d’Emily in Paris vous a-t-elle donné envie de tourner dans d’autres villes ?

Oui, mais il faut qu’il y ait une raison. Ce serait intéressant au niveau professionnel et personnel. Par exemple, je serais ravi de faire une série en Italie.

Une saison 3 d’Emily in Paris est-elle déjà en préparation ?

La saison 3 n’est pas encore commandée. Mais nous y pensons et nous sommes déjà en train de l’écrire. Je croise les doigts.

« La saison 3 n’est pas encore commandée. Mais nous y pensons et nous sommes déjà en train de l’écrire. Je croise les doigts »

Avez-vous rencontré des difficultés à faire accepter vos séries ?

Avec Beverly Hills, pour parler franchement de ce que vivaient les adolescents, à l’époque je me battais tout le temps pour pouvoir raconter ces histoires. Beaucoup de choses étaient censurées. Dans Melrose Place, un baiser homosexuel a été coupé à l’époque. Lancer Sex and The City a été un véritable challenge mais c’était fait avec HBO donc on avait plus de liberté à raconter notre histoire. Les choses ont beaucoup évolué depuis.

Votre série Emily in Paris, jugée trop clichée, a essuyé quelques critiques : avez-vous été touché et en avez-vous tenu compte pour la prochaine saison ?

J’ai le sentiment que les critiques ont manqué un peu de sens de l’humour par rapport à la première saison. C’était le but, de se moquer des clichés, que ce soit des clichés français ou américains. Mais en même temps, malgré les critiques, Emily in Paris a été la série la plus populaire de Netflix en 2020, dont le public a parlé. Et c’est le public qui m’intéresse.

Pourquoi avez-vous créé ce personnage d’Emily ?

Je voulais raconter une histoire qui se passe à Paris. Emily est intéressante, parce qu’il fallait un personnage qui rencontre des challenges, des difficultés. Quand Emily arrive à Paris, elle n’est pas encore complètement adulte. Ce n’est que la première saison, elle va évoluer. La série ne s’arrête pas à la première saison. De plus, on sous-estime le fait que beaucoup d’Américains n’ont pas de passeport et n’ont jamais quitté les Etats-Unis. Pour les gens qui connaissent Paris, c’est évident, mais pour les Américains qui n’ont jamais quitté leur ville natale, c’est un challenge. Et il y a beaucoup de place pour l’humour dans ses histoires.

Netflix vous a commandé une nouvelle série intitulée Uncoupled : que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Uncoupled, c’est l’histoire d’un couple qui se sépare après avoir vécu ensemble. Ils sont gays mais ce n’est pas forcément le but de la série. C’est vraiment plutôt sur les relations humaines. Même s’il s’agit de l’une des premières séries à mettre en scène la rupture d’un couple homosexuel, tout le monde a le droit à une rupture et tout le monde peut donc s’identifier. Ce n’est pas un Sex and the City avec des hommes.

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Monaco Hebdo