vendredi 7 août 2020
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Culture Sélection de mai 2020

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Monaco Hebdo sélectionne pour vous le meilleur de la culture du moment. Retrouvez nos coup de cœur Blu ray, livres, bandes-dessinées et albums.

Swallow de Carlo Mirabella-Davis

Pica. Lorsque Hunter tombe enceinte, tout va pour le mieux avec Richie, son mari. Mais la jeune femme développe la maladie de Pica, qui la pousse à avaler toutes sortes d’objets. Richie décide alors de surveiller sa femme de près, effrayé à l’idée qu’il puisse arriver quelque chose à son futur enfant. Récompensée par le Prix de la meilleure actrice au festival de Tribeca en mai 2019, Haley Bennett incarne à la perfection une épouse confinée et surveillée dans sa propre maison par un homme embauché par son mari. C’est son passé que Carlo Mirabella-Davis scrute et présente comme une explication à cette situation. On quitte alors le cadre étrange et cotonneux de la maison du couple pour entrer dans une résolution psychologique qui pourra gêner certains. Il n’en reste pas moins que Swallow est un premier film aussi étrange que captivant.

Swallow de Carlo Mirabella-Davis, avec Haley Bennett, Austin Stowell, Denis O’Hare (USA-FRA, 2020, 1h34), 19,99 euros (DVD seulement, pas de sortie blu-ray). Sortie le 2 juin 2020.

Jesus de Hiroshi Okuyuma

Enfantine. Suite à un décès dans sa famille, Yura qui vivait à Tokyo, part avec ses parents vivre chez sa grand-mère, qui habite à la campagne. Il est ensuite placé dans une école catholique. Un jour, Jésus apparaît devant Yura. Dès lors, tous ses souhaits se réalisent. Le sujet pouvait laisser craindre le pire, et pourtant, le premier long-métrage de ce jeune directeur de la photographie de 23 ans, Hiroshi Okuyama, est une réussite. Okuyama a aussi assuré l’écriture du scénario, l’image et le montage de son film, preuve d’une implication totale dans son projet. Si au Japon les chrétiens sont minoritaires, ils sont bien intégrés. Hiroshi Okuyama ne critique pas la religion, et ne glisse pas non plus dans le prosélytisme. Il offre une vision enfantine, basée sur l’imaginaire et la croyance. Face au deuil, Yura découvre qu’il peut parvenir à assumer les revers infligés par une réalité parfois bien cruelle.

Jesus de Hiroshi Okuyuma, avec Yura Sato, Riki Okuma, Chad Mullane (JAP, 2019, 1h16), 14,99 euros (DVD), 19,99 euros (blu-ray).

Invisible Man de Leigh Whannell

Mythe. Cecilia Kass n’en peut plus. En couple avec un scientifique riche, talentueux et violent, elle décide de s’enfuir et de se réfugier chez sa sœur. Quelques temps après, elle apprend que son ex s’est suicidé, en lui laissant une bonne partie de sa fortune. Pourtant, Cecilia se sent épiée et, peu à peu, finit par ne plus croire à la mort du scientifique. Malin, le réalisateur australien Leigh Whannell, à qui l’on doit le très bon Upgrade (2018), distille les interventions invisibles du scientifique avec un sens de la retenue qui maintient le suspens à son comble pendant une bonne partie de ce film de plus de deux heures. Remarquée dans la série The Handmaid’s Tale Elisabeth Moss est parfaite en femme constamment pourchassée. Cela faisait une éternité que le mythe de l’homme invisible, imaginé en 1897 par Herbert George Wells (1866-1946), n’avait pas été aussi bien dépoussiéré.

Invisible Man de Leigh Whannell, avec Elisabeth Moss, Oliver Jackson-Cohen, Harriet Dyer (USA, 2020, 2h05), 14,99 euros (DVD), 16,99 euros (blu-ray).

Golden Glove de Fatih Adin

Minable. A Hambourg, dans les années 1970, Fritz Honka aime traîner dans des bars du quartier du Gant d’or (Golden Glove). Comme d’autres hommes, il cherche constamment des femmes. Sauf que derrière son apparence de dragueur minable et alcoolique se cache un meurtrier d’une grande férocité. Chaque relation sexuelle avortée se termine inéluctablement par le meurtre, puis le dépeçage des prostituées que Fritz Honka parvient à ramener chez lui. Basé sur une histoire vraie, le film de Fatih Akin s’inspire d’un tueur en série qui a multiplié les crimes dans le quartier de Sankt Pauli, à Hambourg, au début des années 1970. Au-delà de ce jeu de massacre, le réalisateur allemand dessine aussi, en creux, le portrait d’une Allemage post-nazie, dans laquelle une partie de la société reste miséreuse et sans espoir.

Golden Glove de Fatih Akin, avec Jonas Dassler, Margarete Tiesel, Hark Bohm (ALL, 2019, 1h50), prix N.C. (DVD), prix N.C. (blu-ray). Sortie le 26 juin 2020.

Le Livre des départs de Velibor Colic

Parcours. Né en 1964 en Bosnie-Herzégovine, Velibor Colic a fui la guerre en ex-Yougoslavie et vit en France depuis 1992. Mais que s’est-il passé ensuite ? C’est à cette question que répond cet écrivain dans Le Livre des départs. Car les 20 années qui ont suivi n’ont pas été faciles. Velibor Colic a dû repartir presque de zéro, et se réinventer une vie dans un pays dont il ne parlait pas la langue. Il aura aussi fallu passer par les foyers pour réfugiés, et tout simplement trouver de quoi manger. Il finit par trouver un travail dans une médiathèque à Strasbourg et, peu à peu, se met à écrire ses premiers textes en français. Il vise le Goncourt et, pour cela, son parcours l’amène à se frayer un chemin dans un monde littéraire français qui n’est pas ce qu’il imaginait. Finalement, en 2014, il décroche un prix de l’Académie française. Un premier pas vers le Goncourt ?

Le Livre des départs de Velibor Colic (Gallimard), 184 pages, 14 euros (format numérique), 19 euros.

A peine libéré de George Pelecanos

Chauffeur. Né à Washington, l’écrivain et scénariste américain George Pelecanos est notamment connu pour son travail avec David Simon pour les séries télévisées The Deuce, Sur Ecoute et Treme. Il est aussi connu pour son écriture toujours très documentée, avec un sens du détail très poussé. Dans A peine libéré, on suit Michael Hudson, un jeune homme bien sous tous rapports, qui est envoyé en prison pour vol et possession d’arme. Finalement, il est libéré, car le seul témoin se rétracte, suite à des menacées proférées par Phil Ornazian, un détective privé. En retour, il doit faire le chauffeur dans les rues de Washington pour Ornazian et un ex-flic qui braquent des voyous, grâce à des renseignements donnés par des prostituées. George Pelecanos ajoute à cette intrigue une fine description de Washington, une ville qui sert de décor à sa vingtaine de romans.

A peine libéré, de George Pelecanos (Calmann-Lévy), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Mireille Vignol, 264 pages, 15 euros (format numérique), 19,90 euros.

Tuer le fils de Benoît Séverac

Père-fils. Qui a tué Patrick Fabas ? Maquillé en pendaison, ce meurtre laisse la brigade criminelle dans l’expectative. Matthieu Fabas, le fils de Patrick, est sorti de prison 24 heures auparavant. Il y est resté 15 ans pour meurtre. Un meurtre commis pour montrer à son père, qui le rabaissait constamment, qu’il était un homme, un vrai. Cela fait-il de lui un suspect idéal pour le meurtre de son père ? Chargé de l’enquête, l’inspecteur Cérisol doit dénouer les liens qui unissent Patrick et Matthieu Fabas, et comprendre le fonctionnement de cette relation père-fils dans les moindres détails. Si la dimension dramatique est présente, Benoît Séverac distille aussi une dose d’humour bienvenue dans ce polar malin et subtil.

Tuer le fils de Benoît Severac (La Manufacture de livres), 288 pages, 13 euros (format numérique), 18,90 euros.

Quasar contre Pulsar de Mathieu Lefèvre, Alexis Beauclair et Etienne Chaize

Expérience. Attention, BD inclassable. Mathieu Lefèvre, Alexis Beauclair et Etienne Chaize nous proposent des aventures galactiques absolument étonnantes, dans lesquelles on passe à peu près par tous les genres, de la comédie aux exagérations les plus folles, en passant par le récit de guerre. D’un côté Pulsar le belliqueux passe son temps à éradiquer des mondes entiers, pendant que Quasar se noie dans ses histoires d’amour. C’est pourtant Quasar qui est le seul recours possible face à l’hégémonie de Pulsar. Le choc visuel est total dans cette BD, à mi-chemin entre une parodie de vieilles séries de science-fiction, et une expérience où l’imagination de ces trois auteurs ne connaît absolument aucune limite.

Quasar contre Pulsar de Mathieu Lefèvre, Alexis Beauclair et Etienne Chaize (éditions 2024), 96 pages, 23 euros.

Serii de Takehito Moriizumi

Lecture. Déjà, en lui-même, l’objet est beau. Cette BD attire l’œil grâce à une élégante couverture plastifiée, du plus bel effet. Mais quand on se plonge dans ce roman graphique, on est très vite pris par l’histoire de Kakeru, un jeune homme, et Serii, un androïde, confinés dans un manoir rempli de livres, suite à une catastrophe dont on ignore l’origine. Pour passer le temps, Serii fait la lecture à Kakeru. Il faut dire que le choix est large, de Journal of a Solitude de May Sarton, en passant par Pouvoirs de Ursula   K., ou encore par L’Erotisme de Georges Bataille. Publié au Japon en 2018, Serii est un livre qui, bien évidemment, prend une résonance particulière, alors que l’on sort juste d’une période de confinement et que le changement climatique pèse de plus en plus sur nos vies.

Serii de Takehito Moriizumi (atelier Akatombo), traduit du japonais par Dominique et Frank Sylvain, 184 pages, 13 euros.

Room with a View

Rone

Surconsommation. Le cinquième album de Rone est enfin là. L’accroche a parfaitement été réalisée par le morceau Nouveau Monde. Le clip qui accompagne ce titre a été réalisé par Erwan Castex, épaulé par le vidéaste, graphiste et photographe Jérôme Clément-Wilz, et il évoque des problématiques très actuelles. Pollution, surconsommation et carnaval d’Haïti sont entremêlés dans une folle sarabande qui illustre joliment ce titre. Sur fond de journal télévisé, on entend les voix de l’astrophysicien Aurélien Barrau et de l’auteur de science-fiction Alain Damasio qui évoquent une hypothétique « fin du monde », sur fond de changement climatique. Plus calme, presque éthéré, le titre Human est d’une sidérante beauté, à l’image de ce Nouveau Monde, auquel il est fortement conseillé d’accéder le plus rapidement possible.

Room with a View, Rone (InFiné/Idol), 27,99 euros (vinyle), 12,99 euros (CD).

Pitchblack

I am the Shadow

Dark. Les Portugais Pedro Code, Vitor J. Moreira et Herr G sont de retour. En 12 titres, ils démontrent qu’ils n’ont rien perdu de leur efficacité. Leur dark wave est construite autour de la voix de Pedro Code, toujours aussi grave, notamment sur le titre Pitchblack. Plus aérien, Always et ses riffs de guitare, invitent au voyage, rythmé par la basse de Herr G. Un peu plus loin, Shivers a tous les atouts d’un single : rythmé, accrocheur et quasi-hypnotique, ce titre a tout pour emporter l’adhésion, et ce, dès la première écoute. Avec l’appui de Kadri Samuel de Bedless Bones, Ouroboros tend plus nettement vers une électro dark survitaminée, et, avec ses basses surpuissantes, lorgne très largement vers le dance floor. Enfin, avec Awake & Asleep, sur lequel le trio est épaulé par le Turinois Diego Merletto de The Frozen Autumn, l’adhésion est immédiate.

Pitchblack, I am the Shadow (Cold Transmission), 22 euros (vinyle), 13 euros (CD), 10 euros (format numérique).

All that Glue

Sleaford Mods

Nottingham. Depuis 2007 et la sortie d’un premier album éponyme, Sleaford Mods, le Britannique Jason Williamson a très largement prouvé qu’il était un électron totalement libre. D’abord épaulé par Simon Parfrement, qui a quitté le groupe en 2012 pour être remplacé par Andrew Fearn, Williamson et son accent du Lincolnshire, les Midlands de l’Est de l’Angleterre, font merveille. Ce duo de Nottingham vient de sortir All that Glue, un disque qui résume 13 ans de carrière en 22 titres, et quelques raretés. Ce désormais duo, connu pour l’énergie des logorrhées de Jason Williamson, portées par les boucles post-punk d’Andrew Fearn, décrypte la société anglaise sous toutes ses coutures. L’Angleterre d’en bas, celle de la rue, cette Angleterre que Sleaford Mods connaît, sans doute, mieux que quiconque.

All that Glue, Sleaford Mods (Rough Trade Records/Wagram), 27 euros (vinyle), 15,30 euros (CD).

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