vendredi 3 décembre 2021
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Romane Dicko : « C’est grâce à ma famille que j’ai réussi »

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Multiple championne, récemment médaillée de bronze aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 chez les plus de 78 kg, la judoka française Romane Dicko, 21 ans, fait déjà partie des grands noms du judo. Une réussite qu’elle dédie à sa famille, et un peu à la superstition, aussi. Elle s’est confiée à Monaco Hebdo, à l’occasion des Sportel Awards.

Vous portez, paraît-il, une ceinture magique ?

Oui ! J’ai une ceinture porte-bonheur où est inscrit la mention “TDVES” dessus. C’est mon père qui a créé ce sigle. Il signifie : « Travail, détermination, engagement, volonté et sérieux ». D’après lui, ce sont les cinq choses qu’il faut pour réussir dans la vie. Pas seulement dans le sport, mais aussi dans les études. Je l’ai toujours dans ma poche. Aux Jeux Olympiques (JO) [de Tokyo — NDLR], je n’ai pas pu l’avoir sur moi, malheureusement. Mais elle était quand même dans mon sac, et elle m’a porté bonheur.

Vous l’avez toujours sur vous ?

C’est une ceinture que je prends tout le temps. En compétition, c’est celle que j’ai sur moi. Ça me permet d’avoir ma famille à côté de moi. Et je pense que c’est un peu un porte-bonheur, tout de même (rires) !

Justement, la famille, c’est de là dont vous tirez votre force ?

C’est vrai que, ma famille, c’est très important pour moi. Elle est toujours là. Mon père, par exemple, m’accompagne à toutes les compétitions. Il pose des jours de congé pour me voir en compétition. En fait, je pense que c’est aussi grâce à ma famille que j’ai réussi à « performer », parce que mes proches étaient vraiment un socle solide autour de moi. Je pouvais toujours m’appuyer sur eux, quand ça allait bien, ou quand ça n’allait pas bien. Je pense que c’est vraiment primordial. Ça a fait partie de ma performance, complètement.

« J’ai une ceinture porte-bonheur où est inscrit la mention “TDVES” dessus. C’est mon père qui a créé ce sigle. Il signifie : « Travail, détermination, engagement, volonté et sérieux »»

Votre devise, “TDVES”, vous accompagne également dans vos études ?

Exactement. À côté du judo, je suis aussi étudiante à la Sorbonne université, où j’étudie les mathématiques. C’est compliqué, mais on s’accroche. Et je pense que cela contribue aussi à mon équilibre. Je m’entraîne le matin, ensuite je vais en cours l’après-midi, avant de retourner à l’entraînement. Cela me permet vraiment de penser à autre chose, de ne pas penser qu’au sport. Et, forcément, pour les études, on applique toujours les cinq lettres, “TDVES”.

Vous avez atteint le top niveau et vous devez maintenant vous maintenir : c’est une pression ?

C’est vrai que je suis jeune. J’ai 22 ans, et j’ai déjà fait beaucoup de belles choses, en tout cas, je le pense. Et j’espère faire encore beaucoup de belles choses après. Donc, je n’ai pas forcément la pression, car je me dis que j’ai le temps de faire encore des compétitions, et de gagner encore des médailles. Et puis, je crois en moi, et on croit en moi. Donc je pense que c’est juste de l’entraînement. Et c’est de bon augure, je pense. J’ai goûté à la saveur de la médaille, et je m’entraîne encore plus, pour gagner encore plus, et remporter plus de médailles.

« Teddy (Riner — NDLR), je le considère un peu comme un grand frère car on évolue ensemble au Paris Saint-Germain (PSG) Judo, et on est aussi ensemble en équipe de France »

On vous compare souvent au multiple champion Teddy Riner : que représente-t-il pour vous ?

Teddy, je le considère un peu comme un grand frère, car on évolue ensemble au Paris Saint-Germain (PSG) Judo, et on est aussi ensemble en équipe de France. Lui aussi, il a eu une carrière très précoce, et très très jeune. Donc je comprends que le parallèle puisse être fait. En ce qui me concerne, j’essaye vraiment de m’en servir comme une énergie positive. Je me dis que, si les gens me comparent à Teddy, c’est qu’ils ont confiance en moi. Donc, c’est vraiment super positif. Et j’essaye vraiment de prendre de son expérience. Dès que j’ai des questions ou des problèmes, je n’hésite pas à lui demander, car je sais qu’il a vécu les mêmes choses que moi, dix ans avant. Donc je pense que c’est vraiment important de prendre tout ce qu’il va me donner, pour essayer, en tout cas, d’avoir un palmarès similaire au sien.

Où en est votre préparation sportive, aujourd’hui ?

Aujourd’hui [cette interview a été réalisée le 5 octobre 2021 — NDLR], je suis en pleine reprise, car j’étais en vacances. Normalement, je reprendrai la compétition en février 2022, avec le tournoi de Paris. On s’y remet tranquillement, jusqu’en janvier 2022, pour pouvoir être à quai pour la course à Paris

Vous êtes à Monaco aujourd’hui : vous avez des projets en principauté ?

J’ai beaucoup d’interviews, et je suis très prise. Mais, en tout cas, je prends ça vraiment comme un honneur d’avoir été invitée aux Sportel Awards, car c’est un événement reconnu en France et à l’international. Je compte bien profiter de la soirée, et j’espère qu’il y aura de belles choses à voir.

Vidéo : notre interview de Romane Dicko au Sportel 2021

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Monaco Hebdo