lundi 17 janvier 2022
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Rien n’arrête l’AS Monaco Basket

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AS-Monaco Basket
© Photo WSM-Colman

L’AS Monaco Basket brille en Nationale 2 Masculine après sa quatorzième victoire en autant de rencontres, le 13 décembre, face à l’AL Roche-Case Métropole (87-61). Interview d’un président de club heureux, Arnaud Giusti.

Monaco Hebdo?: Quatorze matchs, quatorze victoires, vous vous attendiez à pareille série??
Arnaud Giusti?: On espérait être en tête du championnat de Nationale 2 car l’objectif de cette saison, c’est la montée en Nationale 1. On doit figurer dans les deux premières places pour ensuite participer aux play-offs d’accession à la N1. Mais viser le 14/14, quand même pas. C’est inhabituel. Le fait d’être la dernière équipe de basket invaincue toutes divisions confondues, c’est flatteur mais anecdotique.

M.H.?: Beaucoup d’observateurs voient déjà l’ASM Basket en Nationale 1, vous en dites quoi??
A.G.?: Rien n’est fait. Même si on fait une saison régulière exceptionnelle où l’on terminerait invaincu, ce qui compte, ce sont les matchs de play-offs. Il faut qu’on termine premiers pour avoir l’avantage du terrain pour le match aller et qu’éventuellement, on puisse jouer le match d’appui (la belle) chez nous. L’an dernier, on avait pas eu cette chance et Cognac nous avait battus.

Arnaud Giusti
Arnaud Giusti © Photo WSM-Colman

M.H.?: Justement, Cognac truste le podium en Nationale 1…
A.G.?: Ça donne envie. En même temps, Cognac est tout soutenu par toute une ville, toute une région. Ils avaient le budget pour aller en N1 voir plus haut. Lorsqu’ils sont montés, leur budget a été multiplié par 2,5.

M.H.?: Quel est le budget à Monaco??
A.G.?: Actuellement, il est de 500?000 euros pour une saison. Nous sommes un peu tous seuls. Nous recherchons des aides de sponsors, de partenaires privés et nous avons besoin des subventions qui nous sont allouées. Nous avons un budget à l’équilibre mais si nous montons en N1, il faudra qu’on augmente notre capital. Si M. Rybolovlev veut investir dans l’ASM Basket, on est preneurs. (Rires).

M.H.?: En tout cas, vous avez le soutien du public, qui compte des supporters du club de football de la Principauté.
A.G.?: Il y a deux phénomènes qui se sont enclenchés. Il y a effectivement des supporters déçus du football. En plus, on ne joue pas le même soir donc nous ne sommes pas en concurrence avec les footballeurs de l’AS Monaco. Et puis, il y a beaucoup d’« anciens » qui sont revenus. Ce sont des gens qui venaient dans les tribunes de la salle Médecin lorsque Monaco évoluait en Pro A. Ils reviennent voir les matchs. C’est, de toute manière, très flatteur qu’on commence à parler de nous.

M.H.?: Il y a eu une hausse des inscriptions dans la section basket??
A.G.?: Il y a beaucoup de très jeunes joueurs qui se sont inscrits, suite au championnat d’Europe de basket. On dénombre une centaine d’enfants de 5 à 8 ans dans les sections mini-poussins et poussins.

M.H.?: Au niveau du jeu, on a l’impression que l’AS Monaco Basket est un rouleau-compresseur pour ses adversaires.
A.G.?: On a bâti l’équipe pour. Lorsque Jean-Michel Sénégal a pris les rênes de l’équipe en 2010, il y avait déjà quelques joueurs présents. On a juste changé notre façon de jouer. Avec Nenad Vucic et Jason Jones, nous avons un jeu intérieur plus mobile. Le danger vient de partout. Contre Andrézieux, où l’équipe a fait un match de rêve (108-66), ça venait de tous les côtés. Les joueurs sont en confiance, rien ne peut les arrêter.

M.H.?: Vous pouvez nous présenter les quatre recrues de cette année (Bennett, Peyre, Vucic et Jones).
A.G.?: Travarus Bennett était notre priorité. Jean-Michel Sénégal le connaissait bien. Il est agréable à vivre et très polyvalent. Il tire tout le groupe. A l’entraînement, il ne lâche rien. Nicolas Peyre, on le connaissait bien aussi puisque ça faisait deux ans qu’on l’affrontait à Aubenas. Il est très adroit. Jason Jones, nous l’avons recruté grâce à son père, Zachary Jones, un ex-international français que connaissait bien Jean-Michel. Et pour Nenad Vucic, c’était un coup de poker. Nous avons fait confiance à la personne qui nous l’a recommandé et nous avons eu raison. Cela étant, tous les joueurs sont importants et ont tous le même temps de jeu. Il n’y a pas de stars dans l’équipe. Il n’y a pas un joueur qui fait des caprices. Ce sont des garçons qui ont la tête sur les épaules et ne sont pas à Monaco pour faire la fête?!

M.H.?: Le capitaine Diego Vebobe, qui joue à l’ASM Basket depuis plusieurs années, c’est un peu le pilier, non??
A.G.?: Diego est issu d’une famille de basketteurs. Il a évolué en espoirs à Antibes, joué à Golfe Juan. Il fait le lien avec les anciens joueurs.

M.H.?: Un mot sur l’entraîneur Jean-Michel Sénégal, qui tire l’équipe vers le haut.
A.G.?: Jean-Michel Sénégal a apporté sa sérénité et son professionnalisme. Avec lui, les gens sont en confiance. Il a toujours les bons mots. Et en match, il voit avant tout le monde quand les adversaires vont changer de défense et le dit à ses joueurs.

M.H.?: Il n’y a guère que Saint-Chamond pour suivre la cadence dans votre poule. Que pensez-vous du dauphin??
A.G.?: C’est l’équipe la plus complète. Elle est physiquement et mentalement dure à jouer. Elle est descendue de Nationale 1 et veut y remonter absolument. Il y a toute une ville, toute une communauté qui la soutient.

M.H.?: Vous regardez déjà vos potentiels adversaires de play-offs dans la poule B??
A.G.?: C’est encore trop tôt. On les suit. On sait qu’ils ont tous au moins trois défaites.

M.H.?: Le seul revers, finalement, c’était contre Antibes en Coupe de France??
A.G.?: C’est un match que l’on n’a pas joué. On est passés à travers. Ça a permis de remettre un coup de pression sur les joueurs. Antibes, qui évolue en Pro B, a mis trente points puis a arrêté de jouer. Mais en même temps, la Coupe de France n’était pas un objectif. On vise plutôt le trophée Coupe de France, qui rassemble les équipes hors Pro A, Pro B et Nationale 1.

M.H.?: En mai dernier, vous avez été finaliste de la compétition au palais omnisports de Paris-Bercy mais en face, c’était Cognac…
A.G.?: (Rires). On a eu la malchance de retomber sur Cognac. Nous avons commencé à y croire après notre déplacement en Martinique, à Fort-de-France. Nous avons créé l’exploit en gagnant de deux ou trois points en toute fin de match. Après avoir parcouru 10?000 kilomètres, on a décidé d’aller au bout. On veut retourner à Bercy et gagner. Ce souvenir est gravé dans toutes les mémoires.

M.H.?: Quel est le projet du club à long terme??
A.G.?: Redonner ses lettres de noblesse au basket monégasque et retrouver l’ambiance d’antan. On a été au purgatoire pendant vingt ans après avoir connu l’élite. Ça fait dix ans qu’on évolue en Nationale 2. A chaque échelon franchi, on risque de se heurter à un problème financier. La Nationale 1, on peut y aller avec un peu d’aide. Il faut également respecter la volonté du prince. S’il souhaite ou non avoir une équipe professionnelle de basket en principauté.

M.H.?: Un dernier mot sur l’équipe féminine qui est aussi leader de sa poule.
A.G.?: Effectivement, l’équipe féminine évolue en Nationale 3. Elle n’avait pas bien débuté sa saison mais elle reste sur huit victoires. Le classement est un peu plus surprenant parce que l’objectif est davantage la 5ème ou la 6ème place. Je suis très heureux pour elles.

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