lundi 27 septembre 2021
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Jumping de Monaco « La transmission entre générations est en cours »

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La septième étape du Global Champions Tour s’est conclue par la victoire de l’Irlandais Darragh Kenny, dans la soirée du 3 juillet 2021. Diane Fissore, organisatrice du jumping de Monaco et présidente de la fédération équestre de Monaco (FEM) depuis 1995, revient sur cette compétition qui s’est déroulée sur fond de Covid-19.

Le Covid-19 a eu quel impact sur l’organisation de votre jumping ?

Nous avons réussi à faire cette manifestation parce que nous sommes une équipe composée de personnes extrêmement professionnelles et impliquées. Ils ont travaillé jour et nuit pour que ce jumping ait lieu. Ce que nous avons fait en deux mois, normalement on le fait en huit mois.

Quelles ont été les plus grandes difficultés ?

L’incertitude a été difficile à gérer. Pendant un moment, c’était un pas en avant, et deux en arrière. C’était très compliqué. D’ailleurs, le jumping de Cannes qui devait se dérouler avant nous, le premier week-end du mois de juin 2021, n’a finalement pas eu lieu. Cela aurait très bien pu nous arriver.

Vous avez déjà connu une situation sanitaire comparable ?

J’ai connu une situation quelque peu similaire : c’était la crise de la fièvre aphteuse, en 2001. Mais c’était différent, car l’organisation de notre jumping était alors bouclée. Et puis la fièvre aphteuse est arrivée, ce qui a provoqué quelques hésitations.

« L’incertitude a été difficile à gérer. Pendant un moment, c’était un pas en avant, et deux en arrière. C’était très compliqué. D’ailleurs, le jumping de Cannes qui devait se dérouler avant nous, le premier week-end du mois de juin 2021, n’a finalement pas eu lieu »

Diane Fissore, organisatrice du jumping de Monaco et présidente de la fédération équestre de Monaco (FEM)

Combien de personnes travaillent sur l’organisation de ce jumping de Monaco ?

Nous avons les équipes de Monaco et celles de notre partenaire du Global Champions Tour. À plein temps, cela représente donc beaucoup de monde. Les équipes du Global Champions Tour voyagent et sont présentes sur toutes les étapes. Autour de moi, j’ai une équipe d’environ cinq personnes en principauté.

Quel bilan faites-vous de l’édition 2021 de ce jumping ?

Je pense que nous avons eu l’une des plus belles éditions depuis la première édition de ce jumping, en 1995 [à ce sujet, lire notre article Jumping de Monaco « C’est un sport de notre temps », publié dans Monaco Hebdo n° 1021]. Notamment parce que la météo a été fantastique. Et cela, malgré l’absence de tribunes pour accueillir du public. Mais nous avons dû faire attention aux coûts, car à cause de la crise sanitaire, les budgets ont été réduits. Nous n’avons pas eu le choix.

Certains partenaires n’étaient pas là cette année, à cause du Covid-19 ?

Certains partenaires ne sont pas venus cette année à notre jumping à cause de la pandémie de Covid-19. Cela ne signifie pas qu’ils ne reviendront pas. Par exemple, Massimo Dutti n’a pas pu être là. Et même les grandes marques qui ont fait le déplacement à Monaco ont réduit la voilure. C’est compliqué pour eux.

Pourquoi ?

Parce que ces grandes marques sont partenaires d’un événement, et ils ne savent pas s’ils pourront inviter leurs clients, leurs distributeurs… Avec les contraintes de déplacements liées à la crise sanitaire, les voyages sont compliqués. Or, habituellement, nous accueillons beaucoup d’étrangers pendant notre jumping. Par ailleurs, d’autres partenaires ont été contraints de licencier des salariés. Du coup, il est difficile pour eux d’être en même temps partenaires d’un événement à Monaco, alors qu’ils se séparent de milliers d’employés. Tout cela se tient. C’est une chaîne.

« Les gens ont du mal. Beaucoup sont encore un peu perturbés par la relance. C’est un peu comme si on était resté immobile pendant un long moment, et que soudain, il faut à nouveau bouger. Certains sont encore ankylosés. » Diane Fissore. Organisatrice du jumping de Monaco et présidente de la fédération équestre de Monaco (FEM). © Photo Marco Villanti

« Lorsque j’ai remis les prix, j’ai fait remarquer à Charlotte Casiraghi qu’il y a quelques années, nous avons remis un prix à Ludo Philippaerts. Et maintenant, c’est son fils Olivier qui est récompensé. Ça m’a fait drôle »

Diane Fissore, organisatrice du jumping de Monaco et présidente de la fédération équestre de Monaco (FEM)

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué pendant cette édition 2021 ?

Ce qui m’a le plus marqué pour cette édition 2021, c’est d’observer la transmission entre générations qui est en cours. Lorsque j’ai remis les prix, j’ai fait remarquer à Charlotte Casiraghi qu’il y a quelques années, nous avons remis un prix à Ludo Philippaerts. Et maintenant, c’est son fils Olivier qui est récompensé. Ça m’a fait drôle. Ce gamin que j’ai connu et qui avait six ans, maintenant c’est à lui que je remets le prix… Cela nous rappelle que c’est dans les jeunes que nous allons puiser la force de notre sport pour le futur.

La victoire de l’Irlandais Darragh Kenny était attendue ?

Darragh Kenny représente une grande famille de l’équitation. C’est un Irlandais qui représente, là encore, le futur de notre sport.

On a aussi remarqué la présence du médaillé d’or par équipe des Jeux Olympiques (JO) de Rio, le Français Philippe Rozier ?

Philippe Rozier est notre entraîneur national. Il s’occupe des jeunes espoirs monégasques. Il apporte son savoir à travers les nombreux stages qu’il a organisés cette année. Il nous a permis de beaucoup avancer. À chacune de ses venues, il peut suivre l’évolution de chacun, aussi bien du cavalier que de sa monture.

Philippe Rozier n’est donc pas constamment à Monaco ?

L’entraîneur national n’a pas pour mission de suivre quotidiennement ses cavaliers. Il est là ponctuellement pour superviser l’évolution de chacun. Il est aussi présent sur certains concours. Par exemple, Philippe Rozier sera chef d’équipe pendant les prochains championnats d’Europe.

© Photo Filippo Gabutti

« Philippe Rozier est notre entraîneur national. Il s’occupe des jeunes espoirs monégasques. Il apporte son savoir à travers les nombreux stages qu’il a organisés cette année. Il nous a permis de beaucoup avancer »

Diane Fissore, organisatrice du jumping de Monaco et présidente de la fédération équestre de Monaco (FEM)

D’autres moments de cette édition 2021 vous ont marqué ?

Le soutien de la famille princière est une joie. Ils sont toujours aussi passionnés. Et, là aussi, la transmission des générations est en cours : Charlotte Casiraghi est venue avec son fils. Donc la tradition perdure. Peut-être que, dans quelques années, c’est son fils qui sera sur la piste.

Comment envisagez-vous l’édition 2022 de votre jumping ?

J’espère que l’édition 2022 se déroulera de façon plus calme et plus sereine. Nous avons tous compris qu’il faudra vivre avec ce virus et nous adapter. Surtout que cet hiver, il a aussi fallu faire face à une épidémie de rhinopneumonie, qui a provoqué un arrêt total des activités hippiques pendant deux mois. Heureusement, cela s’est arrangé avant notre jumping.

Malgré la pandémie de Covid-19, la reprise est enfin là ?

Après ces longs mois, il y a beaucoup de léthargie. C’est très bizarre. On a un peu perdu l’habitude des relations sociales. Les gens ont du mal. Beaucoup sont encore un peu perturbés par la relance. C’est un peu comme si on était resté immobile pendant un long moment, et que soudain, il faut à nouveau bouger. Certains sont encore ankylosés.

Vous êtes optimiste ?

Le monde va se remettre à tourner. Peut-être un peu plus lentement qu’avant. L’avenir nous le dira. De toute façon, quoi qu’il arrive dans la vie, il faut apprendre à s’adapter pour survivre.

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Monaco Hebdo