lundi 27 septembre 2021
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JO de Tokyo le bilan des Monégasques

Publié le

Six Monégasques, trois femmes et trois hommes, étaient en lice aux Jeux Olympiques de Tokyo. Entre éliminations prématurées et records personnels, les athlètes de la principauté ont connu des fortunes diverses. Monaco Hebdo revient sur leurs performances.

© Photo Stéphan Maggi

Xiaoxin Yang

Tennis de table

Éliminée en 16ème de finale

Le porte-drapeau de la délégation monégasque était parti à Tokyo sans objectif précis. Si ce n’est « gagner deux ou trois matches », comme elle nous l’avait confié avant le grand départ pour le Japon. Après une victoire initiale expéditive contre la Bulgare Polina Trifonova 4 sets à 1 (11-3, 6-11, 11-5, 11-4, 11-0), la route de la pongiste monégasque s’est brutalement arrêtée aux portes des huitièmes de finale. Il faut dire que Xiaoxin n’a pas été gâtée au tirage au sort. La native de Pékin a en effet tiré le gros lot en seizièmes de finale avec la Chinoise Yingsha Sun, numéro 2 mondiale. Sous les yeux du prince Albert II, Xiaoxin s’est défendue avec ses armes avant de s’incliner lourdement 4 sets à zéro (11-6, 11-5, 11-5, 11-3). « L’écart était évident avec mon adversaire, qui a une qualité de balle supérieure. Si je veux gagner des points face à ce type de joueuse, je dois prendre un maximum de risques et surjouer », a commenté, lucide, la pongiste, malgré tout satisfaite de sa prestation. « J’ai fait quand même un bon match, même si j’aurais aimé lui prendre un set. Il faut continuer à travailler ». Car Xiaoxin Yang ne compte pas s’arrêter là. Au cours de l’entretien qu’elle nous accordé, la Monégasque de 33 ans avait en effet confié vouloir participer aux Jeux Olympiques (JO) de Paris en 2024.

© Photo Stéphan Maggi

Théo Druenne

Natation – 1 500 mètres nage libre

Record personnel battu

« Je vais essayer de faire mes meilleurs temps puisqu’on s’entraîne pour ça. Après, tant que je prends du plaisir à nager, si je fais le même temps, ou un peu moins bien, c’est un peu grave mais on pourra toujours faire mieux la prochaine ». Parti sans complexe et sans pression à Tokyo, le benjamin de la délégation monégasque a prouvé que le talent n’avait pas d’âge. À tout juste 16 ans, Théo Druenne a réalisé une performance XXL, vendredi 30 juillet, en explosant son record personnel de plus de 20 secondes sur le 1 500 mètres nage libre, qui était établi à 16:37.80. Ce chrono datait de mai dernier aux championnats d’Europe à Budapest où le Monégasque avait déjà décroché une belle 24ème place. Il a donc fait encore mieux lors des JO avec un temps de 16:17.20, prouvant ainsi que le poids de l’événement n’avait aucune emprise sur lui. L’insouciance de la jeunesse sans doute. « Je me sentais bien. Au fur et à mesure, j’ai accéléré. Aux 800 mètres et après, ça faisait mal, même très mal. Je ne m’attendais pas à faire ce temps », a confié le jeune nageur à sa sortie du bassin. Sa performance en a surpris plus d’un, côté monégasque, à commencer par son entraîneur Michel Pou, fier de son poulain : « Théo a fait une course régulière. Il y avait de l’attente. Il en a pris plein les yeux depuis qu’il est arrivé à Tokyo. Il a réussi à se remobiliser. Sa performance est de qualité. On visait les 16:30. Il était en permanence en dessous du tableau de marche ». Théo Druenne va désormais pouvoir profiter de vacances bien méritées avant de replonger dans le grand bain de la compétition.

© Photo Stéphan Maggi

Quentin Antognelli

Aviron – Skiff

15ème au général

C’est LA performance monégasque de ces Jeux de Tokyo. Quentin Antognelli est parvenu à accrocher la 15ème place en skiff. Un petit exploit pour celui qui a bénéficié d’une invitation (wild card) pour participer à ces JO. « On est allé à la guerre ! », a-t-il commenté après ce beau parcours. Il faut dire que l’aventure olympique du skiffeur monégasque n’a pas été un long fleuve tranquille. Quatrième de sa série lors du premier tour, Quentin a en effet dû passer par les repêchages pour arracher son billet pour les quarts de finale. « Moins émotif et plus concentré » durant cette course couperet, le Monégasque a facilement remporté sa série avant d’enchaîner avec une jolie quatrième place lors des quarts. Insuffisant toutefois pour se hisser en finale A/B. Quentin a finalement dû se contenter d’une demi-finale C/D, puis d’une finale C : « En me qualifiant pour cette finale C, l’objectif est atteint. Ce n’est à présent que du plus. J’espère réussir à bien envoyer pour terminer bien évidemment de mon mieux ». Ainsi, débarrassé de toute pression avant le départ de sa cinquième et dernière régate olympique, le skiffeur monégasque a écarté le Tchèque Fleissner et le Péruvien Torres Masias pour se hisser sur la troisième marche du podium. Une performance remarquable qui lui a donc permis de finir 15ème au général.

© Photo World Athletics

Charlotte Afriat

Athlétisme – 100 mètres

Éliminée en tour préliminaire

Accrocher une médaille était bien sûr impossible pour Charlotte Afriat tant la concurrence était rude sur une des épreuves reines des Jeux Olympiques, le 100 mètres féminin. D’ailleurs, avant son départ pour le Japon, l’athlète monégasque ne se faisait guère d’illusions se fixant plutôt une ambition personnelle : « Je suis en très bonne forme. […] J’espère que ça continuera là-bas aussi. Mon objectif serait de battre à nouveau mon record ». Cinquième d’une série dominée par l’Iranienne Fasihi Farzaneh, Charlotte n’est pas passée loin d’atteindre son objectif puisque l’athlète a signé un chrono de 12.35, soit seulement huit centièmes de moins que son record personnel établi à 12.27 secondes lors des derniers championnats de Ligue PACA. Qu’à cela ne tienne, la sprinteuse monégasque n’a pas boudé son plaisir une fois la ligne d’arrivée franchie : « Je n’étais pas stressée. J’avais plutôt hâte de courir. Je suis hyper contente de ma course. J’ai travaillé pour ça, ce résultat est une belle finalité. Réaliser cette performance aux Jeux et dans ce stade magnifique, c’est tout simplement incroyable ! ». Cette belle performance n’a malheureusement pas permis à Charlotte Afriat de se qualifier pour le tour suivant, mais l’athlète gardera de merveilleux souvenirs de ces Jeux.

© Photo Stéphan Maggi

Claudia Verdino

Natation – 100 mètres brasse

Disqualifiée en séries

Elle en rêvait depuis toute petite. Mais Claudia Verdino gardera un goût amer de ses premiers Jeux Olympiques. La nageuse de la principauté a en effet connu un véritable ascenseur émotionnel, dimanche 25 juillet 2021. Alignée sur le 100 mètres brasse, la Monégasque pensait avoir signé une belle performance dans le bassin du Tokyo Aquatics Centre en bouclant sa série en 1:14.79. Un chrono sensiblement proche de son record personnel fixé à 1:14.42. Mais c’était sans compter sur un arbitrage vidéo sous-marin, qui est venu tout bouleverser. Après visionnage des images, les juges ont en effet estimé que Claudia avait eu une ondulation irrégulière. Résultat, la Monégasque a été purement et simplement disqualifiée de sa série. Une décision cruelle pour la nageuse qui n’a pas caché son incompréhension à sa sortie de la piscine olympique : « Je suis forcément déçue, je suis assez incrédule, et j’ai beaucoup d’amertume ». Celle qui était venue à Tokyo pour « prendre un maximum de plaisir », repart malgré tout de la capitale nippone avec un bagage d’expérience qui lui sera bien utile pour la suite de sa jeune carrière.

© Photo Stéphan Maggi

Cédric Bessi

Judo -73 kg

Éliminé en 8ème de finale

«L’objectif principal est de donner le meilleur de soi-même et d’aller le plus loin possible dans le tableau. Ça dépendra de ma forme mais aussi du tirage au sort ». Cédric Bessi ne pensait pas si bien dire au moment de s’envoler pour les Jeux. Si le judoka a d’abord profité d’un tirage abordable en seizièmes de finale avec le Burkinabè Lucas Diallo qu’il a dominé sans grande difficulté, le Monégasque s’est en revanche cassé les dents sur le Mongol Tsend-Ochir au tour suivant. Sur le tatami du Nippon Budokan, Cédric a tenu la dragée haute au futur médaillé de bronze, ne cédant que dans les ultimes secondes du combat sur un ippon. « Sur le papier, le Mongol était plus fort que moi », a reconnu le Monégasque fier malgré tout de son parcours au pays du judo. Même satisfaction du côté de son coach, Marcel Pietri : « En passant le premier tour, et en le gagnant, Cédric a rempli son contrat. Il a combattu et s’est bien battu. Au deuxième tour, il y avait une classe au-dessus. Cédric n’a pas fait de la figuration mais il s’est fait surprendre à un moment donné ». On imagine que devant sa télé, Éric-Louis Bessi, a dû apprécier la performance de son fiston. Lui qui a participé deux fois aux JO en judo, à Los Angeles en 1984 et à Séoul en 1988.

Saint-Marin, plus petit État à décrocher une médaille

Monaco en rêvait, Saint-Marin l’a fait. Ce jeudi 29 juillet 2021, ce micro-État de 34 000 habitants est devenu le plus petit pays médaillé de l’histoire des Jeux Olympiques (JO). C’est Alessandra Perilli, troisième de la fosse olympique (tir), qui a offert à ce territoire enclavé dans le centre de l’Italie, sa première médaille olympique. « Pendant la finale, je me suis dit que je ne voulais pas terminer une deuxième fois au pied du podium [Alessandra Perilli avait terminé quatrième lors des Jeux de Londres en 2012 – NDLR], que je devais me dépasser. C’est la première médaille pour moi et mon pays. Nous sommes une petite nation, mais nous sommes fiers », a commenté, émue, la native de Rimini, en Italie. Le 31 août 2021, le duo Alessandra Perilli et Gian Marco Berti a remporté l’argent, toujours en tir, en fosse olympique par équipes mixte. Avec un total de deux médailles pour seulement cinq athlètes engagés dans ces JO, avec également un lutteur, un judoka et une nageuse, Saint-Marin affiche un résultat historique. Ce micro-État succède ainsi aux Bermudes, qui étaient parvenus quelques jours plus tôt à remporter un premier titre olympique, après la victoire de Flora Duffy en triathlon féminin. Outre l’archipel de l’Océan Atlantique et Saint-Marin, d’autres petites nations, comme les Philippines (première médaille d’or en haltérophilie -55 kg) et le Turkménistan (médaille d’argent en haltérophilie -59 kg), ont remporté des médailles historiques à Tokyo. De quoi donner des idées à Monaco pour les Jeux de Paris en 2024…

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Monaco Hebdo