samedi 19 septembre 2020
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Bachir Néhar : « Je me suis engagé
avec Vadim Vasilyev »

Publié le

Une nouvelle page se tourne à l’AS Monaco. Figure emblématique et intendant de l’ASM depuis 2004, Bachir Néhar a décidé de quitter son club de cœur après 16 ans de bons et loyaux services. Celui qui a tout connu avec l’AS Monaco donne une nouvelle orientation à sa carrière en rejoignant la société d’intermédiaires dans les transferts de joueurs de football, créée par Vadim Vasilyev. Monaco Hebdo l’a rencontré pour évoquer son attachement pour le club de la principauté, ses futurs projets, mais aussi les grands moments de son histoire avec Monaco. Interview.

Vous étiez intendant de l’AS Monaco depuis 2004 : pourquoi avoir choisi de quitter le club ?

J’étais arrivé au bout de ma réflexion. J’avais fait le tour. J’ai eu pas mal de propositions de clubs de Ligue 1, dont une l’année dernière du Paris Saint-Germain (PSG). Je commençais à réfléchir, je voulais changer un petit peu. Je savais que je n’allais pas aller dans un autre club que l’AS Monaco.

Quels sont vos projets, désormais ?

Après avoir démissionné, j’ai reçu une offre de notre ancien vice-président Vadim Vasilyev, qui a créé une boîte d’intermédiaires à Monaco. Il m’a appelé et m’a proposé le projet. Il voudrait que je m’occupe de ses joueurs. Ça m’a plu, et très récemment, je me suis engagé avec Vadim pour la société VV Consulting [une société d’intermédiaires dans les transferts de joueurs de football – N.D.L.R.].

C’est donc une nouvelle orientation dans votre carrière ?

Tout à fait. On va voir comment ça va se passer. Mais personnellement, ça m’a reboosté. J’avais besoin d’un nouveau projet. Je ne vais pas dans un autre club, je suis toujours fidèle à Monaco (rires).

Vous êtes aussi l’intendant de l’équipe de France : allez-vous poursuivre l’aventure avec les Bleus ?

Oui tout à fait. Je vais continuer l’équipe de France en même temps. Je vais m’occuper de ses joueurs [à Vadim Vasilyev – N.D.L.R.], je ne vais pas avoir de lien ou de business à faire avec. J’irai voir les joueurs. S’ils ont besoin de moi, je serai là.

Quel est votre sentiment au moment de quitter l’ASM ?

Ça fait quand même quelque chose. Mais je me dis qu’on ne sait jamais dans la vie. Peut-être qu’un jour, je reviendrai. Pour l’instant, ça se passe bien. Je suis content. J’en avais besoin donc je l’ai fait.

Quel regard portez-vous sur votre parcours au club ?

Pour moi, c’est magique. J’ai passé tous les échelons. Je suis devenu responsable de l’intendance. Grâce à l’AS Monaco, j’ai pu intégrer l’équipe de France, avec qui j’ai été champion du monde. Je suis vraiment fier de ma carrière. Je suis reconnaissant envers Didier Deschamps et envers le prince Albert II. Je n’ai pris aucune décision sans lui en parler personnellement, donc je suis fier d’avoir réussi ma carrière professionnelle.

Quel est le rôle d’un intendant ?

C’est très varié et en plus, ça a évolué depuis toutes ces années. On gère toute la logistique des équipements, on gère le stock, les voyages de l’équipe, les bus… On est un peu la « nounou » des joueurs. Ils sont toujours là à nous demander quoi faire, pour plein de choses. Ils nous demandent où ils peuvent aller manger, faire leurs papiers de voiture… Je me suis occupé de ça pendant des années.

Vous avez donc une relation privilégiée avec les joueurs ?

Oui, c’est clair. Ils sont toujours demandeurs. Ils viennent de l’extérieur, certains sont étrangers, ils sont en attente de pas mal de choses. Donc on les aide.

© Photo Iulian Giurca – Monaco Hebdo.

« Après avoir démissionné, j’ai reçu une offre de Vadim Vasilyev, qui a créé une boîte d’intermédiaires à Monaco. Il voudrait que je m’occupe de ses joueurs. Ça m’a plu et très récemment, je me suis engagé avec Vadim pour la société VV Consulting »

Avez-vous constaté une évolution dans la mentalité des joueurs par rapport à vos débuts en 2004 ?

Sincèrement, non. C’est vrai que maintenant chacun est devenu un peu une entreprise. Beaucoup de personnes travaillent pour eux. La différence, elle est là. Mais après, dans la mentalité, c’est pareil. Il y a des gens très bien, d’autres moins. Pour moi, ça ne change pas. Dès qu’on a le feeling, qu’on est bien avec quelqu’un, ça se passe bien. On dit aujourd’hui que les joueurs sont plus égoïstes, mais non. Moi, je ne le vois pas comme ça. Un jeune comme Kylian Mbappé est extraordinaire, vraiment.

L’entourage des joueurs est aussi souvent pointé du doigt ?

Nous, on s’occupe du joueur. Tout ce qui est dans son entourage, on ne s’en occupe pas. C’est du domaine privé, c’est le joueur qui gère. Nous, on est dans le travail au quotidien. Il n’y a pas de raisons de s’occuper de son entourage.

Quel est le joueur qui vous a le plus marqué ?

Franchement, il y en a eu beaucoup. J’ai eu tous mes amis : Evra, Squillaci, Givet, Modesto, Meriem, Ménez… J’en oublie. Mais celui qui, humainement, est vraiment incroyable, c’est Danijel Subasic. On est resté comme des frères. Bien sûr, il y a aussi eu Raggi, mais avec Subasic, on était tous les jours ensemble. Il s’est lié quelque chose de très fort entre nous. Et se retrouver à la finale de Coupe du Monde ensemble, c’était un signe incroyable. Pour nous, c’était magique.

On entend souvent dire qu’il y a moins de pression à Monaco qu’ailleurs : est-ce vraiment le cas ?

Le cadre est idéal, c’est sûr. Mais on a été champion de France en 2017. Si le joueur veut, il n’y a pas de souci. S’il y a une bonne ambiance, on peut faire des miracles. On peut arriver en demi-finale de Ligue des Champions. Je ne crois pas qu’il y ait moins de pression ici. Des tentations il y en a partout, dans tous les clubs.

Quelles sont les qualités d’un bon intendant ?

Il faut être discret, c’est le plus important. Il ne faut pas rechercher la lumière. On sait que dans les stades, il y a des caméras. On n’est pas un joueur, on n’est pas le coach, donc il faut essayer de rester à sa place si on veut durer. Il faut aussi avoir une oreille attentive, mais pas raconter n’importe quoi derrière. Il faut faire attention à tout ce que l’on voit et tout ce qu’on dit.

Vous êtes aussi intendant de l’équipe de France depuis 2015 : quelles sont les différences avec votre rôle en club ?

Dans le travail, c’est un peu pareil. C’est sûr que l’équipe de France, c’est 100 fois plus regardé que n’importe quel club. L’équipe nationale, c’est de la folie. Tout le monde est mis en avant donc il faut faire plus attention.

Quel est votre plus beau souvenir avec les Bleus ?

C’est le 15 juillet 2018 [victoire de la France en finale de la Coupe du Monde — N.D.L.R.]. C’était magique. Il n’y a plus rien au-dessus. On a touché le Graal. C’est la plus belle chose qui me soit arrivée après la naissance de mes enfants.

Et quel est votre plus beau souvenir avec l’AS Monaco ?

Mon plus beau souvenir, c’est le titre (de champion de France) de 2017. C’était vraiment une famille, on était tous ensemble. Depuis le premier jour où je suis revenu de l’équipe de France [après l’Euro 2016 – N.D.L.R.], j’ai senti qu’il se passait quelque chose. Et toute l’année, ça a été fantastique. On sentait que quelque chose s’était créé entre nous. Staff, joueurs… On était super bien ensemble.

A contrario, quel est le moment le plus difficile que vous ayez vécu ?

Le plus difficile, je n’en ai jamais parlé, c’est le soir où on a joué contre Lyon [le 29 mai 2011 – N.D.L.R.] ici, à Monaco. Je suis rentré chez moi et je savais qu’on était en Ligue 2. On perd contre le Lyon de Claude Puel (0-2), en plus, et j’ai craqué dans la voiture, tout seul. On descendait en Ligue 2. Pour moi, c’était impensable qu’un club comme Monaco puisse descendre en Ligue 2. Là, j’ai vraiment pris un gros coup. C’était très très dur. La saison d’après aussi, ça a été très dur parce que je pensais qu’on n’allait plus revenir en Ligue 1.

Que s’est-il passé à ce moment-là au sein du club ?

Sincèrement je pense qu’on n’a pas eu de chance. Parce qu’en fait, on a 44 points. De nos jours, avec 44 points vous êtes maintenus. Aujourd’hui, ils sont tous à 36, 37, 38 points pour se maintenir. On a le record de l’équipe qui descend avec le plus de points. Ça s’est passé sur un match. Pour moi, c’était un accident de parcours et malheureusement il a coûté cher au club.

Qu’est-ce que cette descente en Ligue 2 a eu comme conséquences ?

Il y a eu beaucoup de changements. Un an et demi après, les Russes sont arrivés. On change complètement. Le club, ce n’est plus le même. Avec les Russes, c’est devenu plus professionnel à tous les niveaux. Ils ont développé tous les services, ils ont mis en place une équipe extraordinaire donc chapeau ! Falcao, James Rodriguez, Moutinho, Abidal, Toulalan… Après être descendu en Ligue 2, c’était magique.

Quelques années plus tard, vous devenez champion de France : quel regard portez-vous sur ce parcours, qui a vu l’émergence de certains joueurs, comme Mbappé, Lemar, Bakayoko, Silva… ?

Avec la direction, Vadim, Luis Campos, il y a eu un travail remarquable. Ils sont allés chercher des joueurs pas connus. Et ils sont tous devenus des stars, ils sont partis dans les meilleurs clubs européens. Le travail a été fait. L’ambiance entre nous était naturelle, parce qu’il faut plusieurs facteurs pour que l’équipe soit au top. L’ambiance en fait partie, pareil avec l’équipe de France pendant la Coupe du Monde. Tous les ingrédients étaient réunis pour qu’on soit champion de France. On l’a été devant le PSG, c’était incroyable. Il n’y avait rien à dire. Tout le monde avait bien travaillé : staff, joueurs, président…

Vous êtes encore en contact avec les joueurs ?

Oui. Tous. Avec Kylian (Mbappé), Thomas (Lemar), Benjamin Mendy, on se voit en équipe de France. On est aussi de temps en temps au téléphone ensemble. Et je pense qu’on le restera longtemps. C’est comme le groupe de la Coupe du Monde. C’est un évènement qui fait qu’on sera toujours en contact. Ça reste à vie.

Ces dernières années ont été plus délicates pour l’AS Monaco : comment les avez-vous vécues ?

On le vit toujours difficilement. Mais on n’est pas, nous, les responsables. On est là. On fait le travail au maximum pour être professionnel et garder le cap. Notre rôle se tient à ça.

Danijel Subasic a regretté le manque de stabilité au sein du club : qu’en pensez-vous ?

A Monaco, moi, j’ai eu 14 coaches, donc je me suis toujours habitué. C’est le football. Il y a un nouveau staff, on va faire en fonction de ce qu’ils ont besoin. J’ai toujours été professionnel. Selon les besoins des staffs consécutifs, on était là, à leur service. Après, c’est le football. Il faut en être conscient, et c’est comme ça.

Tous ces changements ne perturbent pas trop l’effectif ?

Oui, tout à fait. Mais nous, en tant que salarié du club, on n’est pas à la direction, donc on ne peut pas en parler. Nous, on est là pour essayer d’avoir la meilleure ambiance possible, même dans les mauvais moments. Il faut essayer de créer quelque chose de bien au sein de l’équipe. C’est notre but.

Quel est l’entraîneur avec lequel vous avez aimé le plus travailler ?

Vous connaissez la relation que j’ai avec Didier (Deschamps). Mais humainement, c’était Ricardo. C’est un homme exceptionnel. J’ai eu 14 entraîneurs, et c’est le seul qui m’appelait dans son bureau pour me demander comment allaient mes enfants, ma famille, comment j’allais moi… Il ne me parlait jamais de football. Humainement, je n’ai jamais vu ça de ma vie. C’était vraiment quelqu’un de grandiose.

En tant qu’intendant, vous êtes proche des joueurs : qu’est-ce que cela vous fait de les voir quitter le club ?

Humainement, ça me fait toujours un pincement au cœur quand ils s’en vont. On a eu de bonnes relations, comme récemment avec Kamil Glik. C’est sûr que ça fait toujours quelque chose. Mais on reste en contact, je peux aller les voir… C’est la vie. Depuis seize ans, j’en ai vu. Et après on se retrouve, et ça fait toujours plaisir.

Andrea Raggi a regretté la gestion de certains départs : qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas évident pour moi d’en parler. On ne peut pas dire si c’est un bon ou un mauvais choix. C’est la direction qui décide à un moment donné. Kamil Glik a encore un an de contrat, il s’en va. Peut-être qu’il aurait pu rester encore un an. Je ne sais pas. C’est la direction qui voit.

De l’extérieur, on sent une atmosphère un peu pesante à l’AS Monaco : la ressentez-vous à l’intérieur du club ?

Sincèrement, quand on est au travail au quotidien, non. L’année passe tellement vite. On est dans la préparation des matches… On ne le sent pas. Bien sûr quand on perd un match, c’est la soupe à la grimace mais c’est comme ça dans tous les clubs. Nous, il faut qu’on se concentre sur notre travail. On a un travail à faire, il faut vraiment le faire bien. Chacun reste à sa place et c’est mieux. Il ne faut pas s’enflammer.

© Photo Iulian Giurca – Monaco Hebdo.

« On est un peu la « nounou » des joueurs. Ils sont toujours là à nous demander quoi faire, pour plein de choses. Ils nous demandent où ils peuvent aller manger, faire leurs papiers de voiture… »

Votre départ est-il aussi lié à une certaine instabilité du club ?

Non, je voulais voir autre chose. J’étais arrivé au bout. Mais le premier but, c’était de me reposer un peu. Ce n’était pas évident, parce que j’ai enchaîné avec l’équipe de France. Je n’étais jamais à la maison, j’étais pas mal pris sur l’année. Je n’avais pas beaucoup de vacances. Je pense que l’accumulation des deux a fait que c’était un peu dur.

Quelle anecdote retenez-vous de votre passage à l’AS Monaco ?

Je pense que c’était il y a 16 ans. On jouait en Ligue des Champions avec Didier Deschamps, qui est mon ami. On était sur le banc. Je crois qu’on gagnait 6-0 contre une équipe croate. Didier avait fait rentrer tous les remplaçants, et donc, pour rigoler, il s’est tourné vers moi et m’a dit : « Bach va t’échauffer ». Ça m’est resté, on en a rigolé. C’était un petit truc sympa qui m’avait marqué. Parce que c’était un moment sérieux, et en même temps, c’était la fin du match, donc il rigolait un petit peu. C’était bien (sourire).

Si vous ne deviez retenir qu’un match, ce serait lequel ?

Ce serait Arsenal-Monaco. On est dans le vestiaire, on rigolait avant le match. On rigolait avec Nabil (Dirar), qui était capitaine pour la première fois. Tous les joueurs pensaient qu’on allait prendre une raclée. C’était pratiquement l’équipe B. C’est donc ce match à Arsenal, dans le nouveau stade, qui m’a le plus marqué. Il s’est passé quelque chose là-bas. Et on va les battre chez eux (1-3), c’était incroyable. Alors que, quand on regarde l’équipe, sur le papier, on partait vraiment perdant. Et on l’a fait.

Et si un jour, l’AS Monaco vous recontacte ?

On ne sait jamais de quoi est fait demain. L’AS Monaco est mon club de coeur, ça le sera toujours. Je n’irai jamais ailleurs, c’est clair. Pourquoi pas un jour revenir avec grand plaisir. On ne sait jamais. Si tout est réuni, parfois dans la vie on ne sait pas (rires).

Qu’est-ce qui va le plus vous manquer à Monaco ?

Le club, les supporteurs. J’ai eu beaucoup de messages magnifiques de la part des supporteurs. Ça a été super. Les Ultras, les supporteurs dans toute la France… venaient nous voir à l’hôtel, ils m’aimaient bien. Cette relation qu’on avait ensemble, c’est ce qui va me manquer le plus. J’espère que le club ira très loin, et qu’on reviendra au sommet très rapidement.

Si vous aviez un message à faire passer aux supporteurs de l’ASM, ce serait lequel ?

De rester pareil. Même si le stade Louis II n’est pas rempli, on est un des meilleurs publics en France. On le voit à l’extérieur quand on est à Paris, à Marseille… Nous, on le sait. Ils sont toujours derrière nous, c’est extraordinaire de rester toujours pareil. Ils sont toujours là, ils nous soutiennent, pas dans l’excès en plus, donc les joueurs aiment bien ça. Je leur dirais de rester toujours pareil, de soutenir leur équipe, et leur beau pays qui est Monaco.

Bio Express

Né le 2 décembre 1971, Bachir Néhar a longtemps joué au football, avant de devenir intendant. Après avoir été en sport étude à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, Bachir intègre à 14 ans le centre de formation de Sète, alors en Ligue 2. Le jeune footballeur va y faire ses classes des « cadets nationaux jusqu’en troisième division », l’équivalent du National d’aujourd’hui. Après 7 années passées dans l’Hérault, Bachir Néhar rejoint finalement le club de Cap-d’Ail et entre professionnellement à la mairie, en tant qu’éducateur. Au sein du club cap-d’aillois, il côtoiera Claude Puel, Jean-Luc Ettori ou encore Guy Mengual… des anciens de Monaco qui finiront par l’attirer dans le club de la principauté. « On s’est bien apprécié. On a appris à se connaître et, au fur et à mesure, ils m’ont mis au club de l’AS Monaco avec l’équipe 3, où j’ai été capitaine pendant quelques années. Et après, j’ai connu Didier Deschamps ». L’actuel sélectionneur de l’équipe de France lui proposera le poste d’intendant de l’AS Monaco en 2004, puis celui des Bleus en 2015.

vidéo : Bachir Néhar, son interview souvenirs avec l’ASM

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