samedi 22 janvier 2022
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« Il faut reconstruire sur des bases solides »

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Marco Simone
Son renouvellement en cas de maintien?? « Techniquement, j'ai encore un an de contrat. Moi, c'est ce que je veux. J'aime ce club, j'aime Monaco, je veux convaincre l'équipe dirigeante. Mais tout ça, ça passe par du travail et des résultats.?» © Photo Yannick Faraut ASM-FC.

Récemment confirmé dans ses fonctions, l’entraîneur de l’AS Monaco, Marco Simone, revient sur les derniers matchs de son équipe, ainsi que sur la vie du club.

Propos recueillis par Romain Chardan.

Monaco Hebdo?: Vous en êtes à 5 matchs sans défaite. Quel est votre sentiment sur la série en cours??
Marco Simone?: C’est un sentiment positif. On a réussi quelques victoires importantes, à domicile comme à l’extérieur, et on reste sur deux matchs sans prendre de but. Cela montre aussi que, même après nos défaites contre Bastia (0-1) et Arles-Avignon (2-1), l’équipe a continué sur sa lancée. Dans notre contexte, la continuité des résultats est importante, et prendre un point à l’extérieur reste une bonne chose.

M.H.?: Quel est votre ressenti sur le match de vendredi (0-0 à Tours)??
M.S.?: On a mal débuté, même si on l’avait bien préparé. On y est allé pour gagner, mais Tours nous a mis en difficulté dès le début du match. On a été dominé au milieu, et l’apport de leurs latéraux nous a fait mal. L’expulsion de Petter (Hansson) au bout de trente minutes nous a obligés à nous réorganiser. On a tout de même su rester solide, et on aurait peut-être même pu l’emporter si on n’avait pas manqué de lucidité dans le dernier geste sur les quelques contres qu’on a eus. Le fait que l’on soit resté en bloc nous a permis de tenir, ainsi que de réussir à les mettre en danger. Mais je suis surtout fier de l’état d’esprit des joueurs. Ils ont tous répondu présent dans le défi physique et l’engagement.

M.H.?: Il vous reste 10 matchs pour vous sauver. Quel est l’objectif en terme de points??
M.S.?: Pour moi, le rythme à suivre est de gagner à la maison de faire le nul à l’extérieur. Après je sais que l’on est capable de gagner aussi quand on n’est pas à la maison… On est d’ailleurs meilleurs à l’extérieur qu’à domicile. On se doit de prendre des points quand on se déplace, comme quand on ira au Mans (30/03), qui est un concurrent direct pour le maintien.

M.H.?: Un mois et demi après leur arrivée, que pensez-vous de vos nouveaux joueurs??
M.S.?: Je suis globalement satisfait. Déjà, au niveau de l’intégration, parce que ce n’était pas facile. Incorporer 9 joueurs à un groupe, ce n’est pas évident. Pour qu’une équipe se forme sur le terrain, il faut d’abord qu’il y ait un groupe uni dans le vestiaire. Mais cela c’est fait assez rapidement. Le grand mérite revient aux anciens, qui ont fait le nécessaire pour intégrer les nouveaux. De mon côté, j’ai gardé les mêmes principes pour faire mes choix. Je ne suis pas rentré dans l’idée que les nouveaux devaient jouer ou que les anciens gardaient la priorité. Celui qui joue est celui qui le mérite, et ça, les joueurs le savent. Bien que certains soient encore un peu à court physiquement, comme Barazite, tout va dans le bon sens, et on sent déjà l’apport qu’ils ont eu sur l’équipe, notamment avec Touré qui nous donne plus de poids en attaque. Dans l’ensemble, je suis vraiment satisfait.

M.H.?: Dans quel état d’esprit se trouve le groupe actuellement??
M.S.?: Les garçons sont bien. Ils ont fourni de gros efforts pour revenir dans la course au maintien, et grappiller quelques places. D’autres équipes sont là et dans le même cas que nous, mais ils font le maximum pour que le club puisse se maintenir. Ils ont eu des moments difficiles sur le plan psychologique, mais ils se sont accrochés, et maintenant, ça commence à payer. On le voit sur des matchs comme contre Sedan (2-2) ou Tours (0-0), où l’équipe est vraiment restée soudée. Cette force mentale qui est là est un élément essentiel pour le maintien.

M.H.?: Quelle place accordez-vous aux jeunes du centre de formation dans le groupe pro??
M.S.?: Très importante. Depuis que je suis arrivé, les jeunes ont eu beaucoup de temps de jeu. En première partie de saison, ils arrivaient à donner de la dynamique à l’équipe. En six mois, ils ont beaucoup grandi, et certains sont devenus importants pour l’équipe, que ce soit sur le terrain et dans le vestiaire. D’autres, qui ont eu plus de mal, ont tout de même montré que le club pourra compter sur eux dans le futur. Pour moi, les jeunes représentent l’avenir de l’AS Monaco. Je maintiens qu’ils doivent être un peu plus encadrés, parce qu’au début de la saison, les responsabilités étaient sur eux. Je ne pense pas qu’il fallait entamer une saison en Ligue 2, qui allait être très difficile, en donnant ces responsabilités aux jeunes. Cependant, on n’avait pas le choix. Maintenant, ils ont pris un peu de recul, et l’amalgame avec les anciens et les nouvelles recrues donne quelque chose d’intéressant. Mais je suis très satisfait d’eux, les jeunes sont là et bien là.

M.H.?: Quel regard portez-vous sur les 6 derniers mois??
M.S.?: Quand je suis arrivé, il fallait que je reconstruise quelque chose sur un terrain en ruines. La chose la plus compliquée était de trouver le moyen de construire quelque chose de positif, tout en sachant qu’il y avait une obligation de résultat. Tous les joueurs ont accepté mon discours, ce qui pour moi, est la base. Si le discours n’est pas accepté, on ne peut rien mettre en place. Ensuite, ce qui a été le plus frustrant sur les derniers mois, c’était de voir que le travail fourni à l’entraînement ne payait pas. Le temps est le meilleur ingrédient pour réaliser un projet, mais ici, le temps jouait contre nous. Même avec l’argent, on ne peut pas avoir ce que le temps procure. En arrivant en septembre, on a commencé à avoir des résultats au bout de 3 mois, alors qu’en général, il faut au moins 6 mois à une équipe pour vraiment en avoir. Dans un sens, on a été assez rapide, mais il en faut plus. Les résultats actuels parlent pour nous, et le plus gros mérite revient aux joueurs.

M.H.?: Le changement de directeur sportif change-t-il quelque chose pour vous??
M.S.?: Fondamentalement, non. Par contre, dans le futur, il sera important d’avoir une meilleure relation que celle qu’il y avait avant, comme lors du marché hivernal, où la communication n’était pas la meilleure. La logique sportive doit être basée sur la relation entre l’entraîneur, le directeur sportif et le staff technique. Tout faire de manière indépendante est illogique. On va maintenant pouvoir poursuivre une logique sportive bénéfique au club.

M.H.?: On vous imagine soulagé après votre confirmation à votre poste??
M.S.?: Forcément, se savoir soutenu aide au niveau psychologique. Après, en football, rien n’est jamais définitif. Mais la stabilité dans un club est une chose importante. Pour le groupe aussi, savoir que l’entraîneur et le staff sont maintenus favorise l’aspect psychologique. Il est important que les choses soient claires pour tout le monde. Le nouveau directeur sportif est très présent, il voit le travail effectué, il est proche du staff, ce qui lui permet d’émettre des jugements.

M.H.?: Si Monaco se maintient, peut-on penser que vous serez toujours l’entraîneur la saison prochaine??
M.S.?: Techniquement, j’ai encore un an de contrat (rires). Moi, c’est ce que je veux, j’aime ce club, j’aime Monaco, je veux convaincre l’équipe dirigeante. Mais tout ça, ça passe par du travail et des résultats. Pour cela, il faut du temps et de la patience, une chose qui se fait rare dans le football.

M.H.?: Comment envisagez-vous l’avenir de l’ASM??
M.S.?: Il va falloir y aller étape par étape. Déjà se maintenir, après on pourra se lancer dans la préparation de la saison prochaine. La montée sera forcément l’objectif, mais on ne sera pas les seuls. Pour réaliser les projets du président, il faut d’abord construire des bases solides, retrouver les valeurs qui étaient celles du club quand je suis arrivé ici il y a 10 ans. A l’époque, on avait la sensation d’arriver dans un club solide, où il y avait de vrais valeurs. Il faut retrouver des personnes de club, qui ont la mentalité club, avec des compétences. Sans une réelle logique de club, même avec tout l’argent du monde, les projets du président ne pourront pas se réaliser. L’argent ne peut pas acheter l’esprit et la culture du club.

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