dimanche 28 novembre 2021
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Ferrari arrivera-t-elle à conserver Charles Leclerc jusqu’en 2024 ?

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Les trois derniers Grand Prix de Monaco se sont soldés par un abandon de Charles Leclerc. Cette année, il avait pourtant décroché la pole position, contre toute attente, avant que sa monoplace ne le lâche juste avant le départ de la course.

Après tant de déboires, le Monégasque serait-il mieux loti dans une autre écurie que Ferrari ? Un possible départ à la retraite de Lewis Hamilton chez Mercedes, à l’issue de la saison, pose question.

Un jour de rêve, un autre de cauchemar. Il partait le cœur ensoleillé, comme toute la principauté. Dans les rues, des banderoles « Daghe Charles ! » [« Allez Charles ! » en monégasque — NDLR] flottaient depuis les terrasses, autant de déclarations d’amour destinées à celui qui était, enfin, imaginé comme prophète en son pays. En décrochant la huitième pole position de sa carrière, sa première au Grand Prix de Monaco, Charles Leclerc semblait avoir déjà écrit une page d’Histoire. Puis le rêve s’est estompé. On entendit à trois reprises un fébrile « Oh no ! » retentir depuis son micro, à l’entame du tour de chauffe, alors que sa SF21 tournait drôlement au ralenti. Dans le public, ses supporters n’y comprenaient rien encore, mais leurs mines étaient défaites, comme s’ils devinaient déjà le tour de malchance qui se profilait à l’horizon. De retour au garage, on voyait les mécaniciens s’activer autour de la monoplace, essayant tant bien que mal d’identifier le problème. Mais les secondes passaient, et le début de la course approchait, armée d’une sacrée dose de stress. Finalement, l’écurie rouge a annoncé la couleur : Charles Leclerc ne prendrait pas le départ, la faute à une panne sur la partie arrière-gauche de sa monoplace. Rageant, quand on sait qu’elle avait encore fait des siennes pendant les premiers essais, trois jours plus tôt.

© Photo Scuderia Ferrari Press Office

Si le talent de Charles Leclerc fait office de diamant brut, la perte de vitesse de Ferrari depuis 2019 est peut-être en train de brider le pilote monégasque, qui compile tout de même huit pole positions, douze podiums et deux victoires au compteur de sa jeune carrière

Modestie ou lassitude ?

Cette fois, c’est plutôt l’accident survenu à 18 secondes de la fin des séances de qualifications, à la sortie du virage de la piscine, qui pourrait être la raison de la panne en question. Le pilote l’a lui même avoué au micro de nos confrères de Canal+ le dimanche 23 mai 2021, après avoir regagné le garage Ferrari, juste avant le départ de la course : « On ne sait pas encore si c’est une pièce qui a cassé, les mécanos vont analyser ça. Je suis sûr quand même qu’il y a un lien avec l’erreur que j’ai faite hier, regrettait-il. Si on m’avait dit qu’il n’y avait ne serait-ce que 20 % de chances de finir la course, j’aurais pris le risque. » Avant d’ajouter : « Les mécanos ont tout fait pour croire en cette victoire. C’est un problème à l’arrière gauche de la voiture. Ce n’est pas là où on a tapé, et ce n’était pas un problème de boîte de vitesses, donc c’est difficile à accepter. » De son côté, son coéquipier Carlos Sainz Jr. a tout de même sauvé l’honneur du cheval cabré en décrochant la deuxième place du podium de ce 78ème Grand Prix de Monaco. Une belle prouesse, suite logique de sa performance lors des qualifications, où il s’était hissé en quatrième position. Mais les capacités de la SF21 n’y sont pas pour grand-chose, si l’on en croit Leclerc qui, déjà avant l’entame de la course prévenait ses supporters que rien ne serait simple : « Nous avons la même voiture qu’à Barcelone, et vous savez en quelle position nous avons fini à Barcelone [4ème position pour Leclerc, et 7ème pour Sainz Jr. — NLDR]. Je pense qu’à la prochaine course, nous allons nous retrouver là où nous étions avant », confiait-il à la presse la veille du départ du Grand Prix de Monaco. Quelques jours avant les essais libres, Charles Leclerc faisait part également des limites de sa monoplace à Monaco Hebdo : « Bien sûr, c’est parfois difficile, surtout quand on fait tout parfaitement, que ce soit la stratégie ou les réglages, mais que la voiture n’est pas suffisamment performante pour aller chercher les premières places. Car tout le monde donne absolument tout, pour finalement faire une 4ème ou une 5ème place […] Mais si on prend la photo globale de la Scuderia Ferrari, ce n’est clairement pas là où on veut se battre. » Pure modestie, ou marque de lassitude ? Si le talent de Charles Leclerc fait office de diamant brut, la perte de vitesse de Ferrari depuis 2019 est peut-être en train de brider le pilote monégasque, qui affiche tout de même huit pole positions, douze podiums et deux victoires au compteur de sa jeune carrière. Leclerc n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler, toujours dans son interview accordée à Monaco Hebdo, que son écurie était attendue au tournant la saison prochaine, en 2022. Cette saison introduira une nouvelle génération de monoplaces par la Fédération internationale de l’automobile (FIA), pour offrir plus d’opportunités de dépassements : « Il faut vraiment qu’on réussisse à progresser, au niveau du moteur, du châssis et de l’aérodynamisme pour 2022, parce que désormais, c’est trop tard pour 2021 […]. Donc c’est l’occasion pour Ferrari de faire quelque chose de bien. Surtout que cette voiture restera pendant quatre ou cinq ans. Du coup, il sera important de réussir les bases de cette nouvelle voiture. » Que se passera-t-il, en effet, si Ferrari, qui mise beaucoup sur Charles Leclerc, rate son tournant avec ces nouvelles monoplaces ? Que se passera-t-il si Lewis Hamilton, 36 ans, décide de prendre sa retraite à l’issue de la saison 2021, lui qui n’a prolongé son contrat que d’un an chez Mercedes ?

© Photo Scuderia Ferrari Press Office

En 2019, Ferrari avait étonné tout le monde en annonçant que son pilote, de seulement 21 ans à l’époque, allait être conservé pour cinq ans, chose extrêmement rare en F1. Même la légende Michael Schumacher n’avait pas bénéficié d’un tel traitement de faveur chez Ferrari

Un autre avenir chez Mercedes

Entre Ferrari et Leclerc, c’est une vraie histoire d’amour, et surtout de confiance. À l’image de la déclaration de Mattia Binotto, patron de la Scuderia Ferrari qui, le 6 juin 2020, annonçait que « chez Ferrari, nous voulons qu’il devienne le meilleur pilote jamais vu en F1 ». Dans les faits, l’écurie a également mis ce qu’il fallait sur la table pour garantir à « l’éclair » un avenir à la hauteur de son talent. En 2019, Ferrari avait ainsi étonné tout le monde en annonçant que son pilote, de seulement 21 ans à l’époque, allait être conservé pour cinq ans, chose extrêmement rare en Formule 1 (F1). Même la légende Michael Schumacher n’avait pas bénéficié d’un tel traitement de faveur chez Ferrari avant lui. Pour cette saison 2021, Charles Leclerc toucherait donc l’équivalent de 12 millions d’euros selon le quotidien britannique The Sun, soit le troisième salaire le plus important du championnat, à égalité avec l’Australien Daniel Ricciardo, dont la carrière est déjà longue. Ainsi, lorsque la presse l’interroge quant à son avenir chez Ferrari, Charles Leclerc ne tarit généralement pas d’éloges à propos de l’écurie. En début de saison, il assurait même qu’il souhaitait déjà renouveler son contrat chez Ferrari : « Je veux rester ici encore plus longtemps. Je crois en Ferrari et aux gens qui y travaillent », assurait-il aux confrères de Nextgen-Auto, la version transalpine du média Motorsport. Mais un contrat se casse en F1 et, comme les promesses, il ne tient que ceux qui veulent s’y tenir. On se souviendra, par exemple, du cas du double champion du monde, Fernando Alonso, qui avait cassé son contrat avec McLaren en 2007, alors en froid avec l’écurie, notamment du fait de l’arrivée du prometteur Lewis Hamilton, pour revenir chez Renault le temps d’une saison, avant de rejoindre Ferrari. Et c’est justement d’Hamilton dont il est question, encore aujourd’hui. Si le pilote le plus titré de l’histoire de la F1 désormais, choisissait de mettre fin à sa carrière à l’issue de cette saison 2021, seul un pilote de la trempe de Charles Leclerc ou de Max Verstappen (Red Bull) pourrait prétendre reprendre son siège. Dans l’hypothèse où le Néerlandais, heureux gagnant du 78ème Grand Prix de Monaco, actuellement en tête du championnat du monde [Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 25 mai 2021 — NDLR] décidait de prolonger chez Red Bull, tous les regards se tourneraient alors vers le Monégasque, qui alimentait déjà les rumeurs d’association chez Mercedes, en 2019.

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Monaco Hebdo