vendredi 7 août 2020
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Buhurt Prime : ça va cogner fort à Fontvieille !

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Pour la deuxième année consécutive, la Buhurt League fait escale en principauté.

L’occasion de découvrir des combats médiévaux spectaculaires, où tous les coups (ou presque) sont permis. Monaco Hebdo vous fait découvrir cette discipline, en quête de reconnaissance.

Samedi 15 février 2020, le chapiteau de Fontvieille va prendre des airs d’arène romaine. À la différence près que les gladiateurs seront remplacés par des chevaliers des temps modernes. Les combats promettent en tout cas d’être tout aussi spectaculaires. Car, vu de l’extérieur, le béhourd, littéralement « combat médiéval » en ancien français, ressemble à une grosse bagarre costumée, où tous les coups semblent permis, façon Braveheart (1995) de Mel Gibson. Pourtant, des règles très précises encadrent cette discipline, remise au goût du jour en Russie il y a une vingtaine d’années. « C’est un sport qui nous vient du Moyen-Âge. On s’est inspiré des règles édictées au XVème siècle par René d’Anjou », explique Édouard Eme, président de Historical Medieval Battle International Association (HMBIA).

© Photo DR

Un sport de combat médiéval

Le principe du béhourd est simple. Dans une lice circulaire [espace clos délimité par des barrières – N.D.L.R.], deux équipes de cinq combattants s’affrontent en armure et armes médiévales à la main. La première équipe qui arrive à mettre à terre tous ses ennemis a gagné [à partir du moment où un combattant a trois points d’appui sur le sol, il est éliminé – N.D.L.R.]. L’affrontement, encadré par des arbitres, peut durer près de dix minutes. Pour déséquilibrer et faire tomber ses adversaires, un combattant peut utiliser diverses armes. Du fauchon, sorte de sabre à simple tranchant considéré comme la machette médiévale, à la hache en passant par la vouge et la masse… Des armes qui, au Moyen-Âge, « servaient au travail agricole, mais aussi à la guerre », souligne Édouard Eme. Avant de préciser : « La spécificité dans le béhourd actuel, c’est que ces armes ne sont ni aiguisées, ni pointues. Elles permettent de sonner l’adversaire. Et ce sont des répliques exactes du Moyen-Âge ». Les armes utilisées pour le béhourd sont, en effet, émoussées pour ne pas être trop tranchantes. Et elles font l’objet de contrôles rigoureux avant le début de la compétition : « Un combattant doit sécuriser ses armes avant toute participation à une compétition […] Cela consiste à arrondir la pointe et les angles de percussion de toute lame ou arme « à manche » utilisée en compétition », précise le règlement HMBIA de béhourd en équipe. Et si les coups portés par des combattants charpentés et teigneux sont violents, ils doivent être portés à des endroits bien précis pour éviter les blessures. Les clés de bras et de jambes sont ainsi interdites, tout comme les étranglements, les coups derrière les genoux, aux pieds, aux parties et à la nuque… Seuls les coups de taille sont autorisés [le combattant n’a pas le droit de pointer l’arme – N.D.L.R.]. Tout manquement au règlement peut entraîner des sanctions, « allant de la réprimande à la disqualification ». Pour se protéger, les chevaliers portent des boucliers, un casque et une armure, qui protègent intégralement leur corps. Elles pèsent souvent près de 30 kg et sont coûteuses : de 3 000 euros pour le premier prix, à 15 000 euros pour les armures constituées de titane, beaucoup moins lourdes. Outre la protection qu’elles apportent, le choix des armures doit aussi correspondre parfaitement à une époque médiévale précise. Les participants doivent en effet observer une cohérence historique individuelle de 50 ans. Ils sont en revanche libres dans le choix de la civilisation (européenne, occidentale, asiatique…) comme l’explique Édouard Eme : « Par exemple, les Mexicains peuvent choisir une armure européenne car il n’y en avait pas au Moyen-Âge au Mexique. Il n’y a pas d’obligation territoriale ». Cette sélection est loin d’être anodine dans un sport où la mobilité et la puissance sont de mise.

© Photo DR

Du spectacle en perspective

Ce samedi, la crème de la crème du béhourd se donne rendez-vous en principauté. Les dix meilleures équipes du monde s’affronteront sous le chapiteau de Fontvieille dans le cadre du Buhurt Prime, la plus prestigieuse des compétitions de clubs de béhourd, qui équivaut à la Ligue des Champions au football. Des chevaliers venus de France, Russie, Grande-Bretagne, Ukraine, Pologne, République tchèque, et même du Mexique, en découdront toute la journée pour décrocher le titre suprême. Parmi les favoris de la compétition, l’équipe russe de Bear Paw [pattes d’ours en français — N.D.L.R.] « quasiment invaincue sur toute la saison, note Édouard Eme, les Russes sont les meilleurs combattants du monde. Ce sont surtout les pionniers de la renaissance de ce sport ». Les outsiders pourraient bien être les Britanniques de White Company [entreprise blanche en français — N.D.L.R.] que les organisateurs décrivent comme des « bulldozers ». La lutte promet donc d’être féroce. En revanche, l’équipe monégasque des Grimaldi Milites [soldats des Grimaldi – N.D.L.R.] ne sera pas de la partie. Pas encore. Nés il y a à peine deux ans et demi grâce à une bande d’amis qui ont découvert ce sport lors du mariage de Pierre Casiraghi, capitaine de l’équipe, les Grimaldi Milites n’ont pas été sélectionnés pour le tournoi. Vous pourrez toutefois les encourager à l’occasion d’un match d’exhibition contre les Génois, Feltrio. En juin 2020, d’autres exhibitions auront lieu, mais sur la place du casino cette fois. Et si l’équipe monégasque est encore jeune, elle nourrit de grandes ambitions, comme l’explique Philippe Rebaudengo, secrétaire général de l’équipe : « Aujourd’hui, notre niveau est honorable. On a recruté des résidents monégasques de nationalité russe. On vise clairement la première place du championnat de France. Et ainsi arriver à intégrer le top 10 mondial ». Il sera alors temps d’en découdre avec le gratin de la discipline dans la lice de Fontvieille.

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