lundi 18 octobre 2021
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Kevin Volland : « Tout est réuni pour que je m’épanouisse à Monaco »

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Muet depuis le début de la saison en Ligue 1, Kevin Volland traverse sa première période de disette avec l’AS Monaco. Mais le buteur allemand reste confiant quant à sa capacité à retrouver l’efficacité qui était la sienne la saison dernière (18 buts, 8 passes décisives). Monaco Hebdo l’a rencontré avant les débuts du club de la principauté en Europa League, et surtout, avant le derby contre Nice dimanche 19 septembre, en championnat. Interview.

Comment vous sentez-vous depuis votre arrivée à Monaco et quel bilan faites-vous de votre première saison ?

Cette première année a été très intéressante collectivement et personnellement. Cela n’a pas été facile au début. Il a fallu s’adapter à un nouveau championnat qui est différent de la Bundesliga [championnat allemand — NDLR]. Mais après deux mois d’adaptation, je me suis senti de mieux en mieux. J’ai marqué beaucoup de buts et enchaîné les bonnes prestations. Nous avons gagné la plupart de nos matches, donc cette première saison a été très positive.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre Monaco ?

Quand j’ai reçu la proposition de Monaco, j’en ai parlé avec ma femme. Nous avions cette opportunité, et il fallait savoir si, d’un point de vue familial, nous étions prêts à franchir ce pas et partir à l’étranger. Nous nous sommes dit que c’était le bon moment sur le plan familial, mais aussi sur le plan professionnel, puisqu’après avoir passé dix ans à jouer en Allemagne, je m’estimais prêt à tenter l’aventure à l’étranger. Et j’ai choisi l’ASM, parce que c’est un club reconnu en Europe et dans le monde entier. Le club avait « performé » par le passé, il a une histoire. Et quand j’ai parlé avec Niko [Kovac, l’entraîneur de l’ASM – NDLR], nous avions évoqué les deux dernières saisons qui n’avaient pas été parfaites sur le plan sportif. Le club avait cette réelle volonté de repartir de l’avant, et d’écrire un nouveau chapitre. Cela m’a convaincu de rejoindre l’ASM.

Vous êtes-vous bien adapté à la vie à Monaco ?

J’ai un peu d’expérience, donc je savais comment ça se passait dans un transfert. Il y a du changement. D’habitude, mes amis et mon entourage sont présents pour m’aider. Là, il y avait ma femme, et surtout le club qui m’a beaucoup aidé dans mon acclimatation ici. Ils ont fait tout le nécessaire pour me permettre de bien m’adapter. J’avais aussi parlé avec Benjamin Henrichs [ancien joueur de l’ASM aujourd’hui à Leipzig — NDLR] qui m’a également donné des conseils et expliqué un peu la situation du club de Monaco. Tous ces échanges ont facilité mon adaptation.

« Cela n’a pas été facile au début, il a fallu s’adapter à un nouveau championnat qui est différent de la Bundesliga. Mais après deux mois d’adaptation, je me suis senti de mieux en mieux. J’ai marqué beaucoup de buts et enchaîné les bonnes prestations. Cette première saison a été très positive »

Kevin Volland

Quelle image aviez-vous du championnat de France avant votre arrivée ?

En Allemagne, on pense toujours que la Bundesliga est un des meilleurs championnats. Mais je savais que le championnat de France faisait partie du Top 5. C’est d’ailleurs un des points qui m’a convaincu de venir ici. En jouant, je me rends compte que la Ligue 1 (L1) est peut-être plus physique que la Bundesliga. On va plus facilement, aussi, d’une cage à l’autre. Malgré cela, on rencontre quand même une majorité de clubs qui jouent plutôt défensifs avec des blocs bas alors qu’en Allemagne, même des équipes qui luttent pour le maintien peuvent jouer un football plus offensif. C’est une des principales différences que j’ai pu remarquer avec des blocs plus bas, et ce n’est pas facile quand on est une équipe comme l’AS Monaco de contourner ces blocs. Mais sinon, il est difficile de comparer les deux championnats.

En tant qu’attaquant, il est plus difficile de s’exprimer en France ?

En France, il n’est pas facile de trouver les bons espaces. Parfois, on veut frapper de l’extérieur de la surface, mais on n’a pas vraiment cette possibilité parce que les équipes ont des blocs très bas. Dès qu’on se retourne, on se retrouve avec des défenseurs sur notre dos, ce qui ne nous permet pas forcément de tirer. En ce sens, il est plus difficile de se procurer des occasions, ou même des duels face au gardien.

Vous avez évolué à différents postes la saison dernière, que ce soit dans un 4-3-3 ou un 4-4-2 : dans quel système vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Il est vrai que la saison dernière j’ai joué quelques fois en soutien de Wissam Ben Yedder quand on jouait à deux attaquants. Et quand on jouait avec trois attaquants, j’étais en soutien de Wissam, que ce soit avec Sofiane ou Golo [Aleksandr Golovin – NDLR], et ça s’est plutôt bien passé. C’est dans ce système que nous avons le plus évolué et que nous avons eu de bons résultats. Je suis à mon aise dans les différents systèmes, y compris dans celui-ci.

Quelle est votre relation avec Wissam Ben Yedder et comment expliquez-vous votre complémentarité sur le terrain ?

Nous sommes deux attaquants très attirés par le but. Nous voulons marquer et gagner. Mais ce qui nous caractérise et nous unit Wissam et moi, c’est l’altruisme. Pour nous, la passe décisive est tout aussi importante que le but. Nous nous trouvons facilement sur le terrain. C’est un top joueur avec beaucoup de qualités donc c’est un plaisir d’évoluer avec lui.

© Photo Iulian Giurca / Monaco Hebdo.

« La Ligue 1 est peut-être plus physique que la Bundesliga. On va plus facilement aussi d’une cage à l’autre. Malgré cela, une majorité de clubs jouent plutôt défensifs avec des blocs bas, alors qu’en Allemagne, même des équipes qui luttent pour le maintien peuvent jouer un football plus offensif »

Kevin Volland

Vous êtes moins prolifiques depuis le début de saison : comment expliquez-vous ce retard à l’allumage ?

La saison dernière, nous avons réalisé une très grande saison. Les adversaires ne nous attendaient peut-être pas à ce niveau et ne connaissaient pas encore notre style de jeu. Maintenant, pour avoir le même niveau de performance, il faut donner encore plus que la saison dernière. Et c’est là-dessus qu’il faut continuer à travailler. C’est un défi à relever pour l’équipe. Il faut trouver de nouvelles solutions, de nouveaux circuits sur le terrain. Mais nous sommes sur la bonne voie. On l’a vu contre Donetsk, nous avons été la meilleure équipe. Nous nous sommes créés énormément d’occasions. Il nous a seulement manqué la réussite mais si nous continuons à nous créer ces occasions, ce qui est le plus important, ça va forcément tourner en notre faveur.

Comment vivez-vous cette période de disette ?

Si on ne marque pas et que nous avons des occasions, c’est avant tout frustrant pour l’équipe. En fait, ce qui m’embête le plus, c’est quand j’ai ces occasions et que je n’arrive pas à les convertir, c’est pour l’équipe que c’est le plus dur. Moi, je l’accepte. La saison dernière et cette saison, j’ai eu une préparation un peu tronquée. Je suis revenu de vacances après l’Euro, et je n’ai eu qu’une semaine et demie de préparation. Ça avait marché la saison dernière au bout d’un certain temps. Il faut acquérir ce rythme, et je suis sûr que le brin de réussite qu’il m’a manqué sur les premiers matches va revenir et ça va forcément tourner à nouveau.

Dans quel état de forme êtes-vous, actuellement ?

Je pense que ça va aller de mieux en mieux dans les prochaines semaines. J’ai eu cette petite blessure contre le Shakhtar Donetsk mais nous aurons beaucoup de matches dans les prochaines semaines qui vont me permettre d’atteindre un bon niveau de préparation. Nous serons en bonne forme. Nous l’avons montré à Donetsk, nous sommes en train de revenir à notre meilleur niveau.

L’élimination en Ligue des Champions est-elle digérée ?

Dans le foot, tout va très vite. Vous pouvez réaliser une mauvaise performance et marquer un but, et le match d’après l’inverse. Moi, je suis habitué à cela, et j’ai tendance à regarder vers l’avant. Après Donetsk, ça a pris un peu plus de temps pour digérer l’élimination, mais je regarde toujours vers l’avant.

Quels enseignements tirez-vous de cette campagne de qualification ?

Pour le groupe, ça a été très positif dans la mesure où nous avons forcément pris de l’expérience. Nous avons joué huit matches en quatre semaines. Beaucoup de joueurs n’avaient pas l’habitude d’avoir ce rythme et forcément, c’est quelque chose qui est très positif pour l’équipe. Nos jeunes joueurs vont certainement progresser avec cette expérience et pendant la saison, cela va forcément nous servir.

Le groupe est-il prêt à affronter cette cadence de matches toute la saison ?

Le coach nous en parle beaucoup. Il nous dit que cette expérience va forcément nous servir pour la suite de la saison. On sait que nous nous sommes sacrifiés, nous avons beaucoup travaillé la saison dernière pour arriver à jouer ces matches-là. Nous avons beaucoup travaillé et je suis certain que nous sommes prêts pour affronter cette nouvelle saison comme il le faut.

Quels sont les objectifs pour cette saison ?

Sur le plan collectif, nous voulons nous qualifier à nouveau pour une compétition européenne la saison prochaine, que ce soit la Ligue des Champions ou l’Europa League. C’est notre objectif. Et sur le plan individuel, j’espère faire la même chose que la saison dernière, marquer des buts… C’est une nouvelle compétition qui commence, donc je vais essayer d’être aussi performant que la saison dernière.

© Photo Iulian Giurca / Monaco Hebdo.

« La saison dernière, nous avons réalisé une très grande saison. Les adversaires ne nous attendaient peut-être pas à ce niveau, et ne connaissaient pas encore notre style de jeu. Maintenant, pour avoir le même niveau de performance, il faut donner encore plus »

Kevin Volland

Et en Europa League ?

L’Europa League est une belle compétition. Nous avons un groupe relevé, avec le PSV Eindhoven, la Real Sociedad, et Sturm Graz. Il y a eu de la déception, de la frustration après l’élimination contre le Shakhtar Donetsk. Surtout que, dans le contenu, nous avons réalisé une belle performance. Nous avons eu les occasions pour l’emporter. Moi-même, j’en ai eu quelques-unes. Il a fallu quelques jours pour s’en remettre, mais nous sommes maintenant tournés vers l’Europa League. C’est une compétition que j’ai disputée à deux reprises. Il faudra sortir de ce groupe et ensuite, il y aura des équipes encore plus fortes. Mais c’est une belle compétition à jouer, surtout pour notre jeune équipe.

Quels seront vos principaux concurrents cette saison en Ligue 1 ?

La concurrence est encore plus relevée cette saison. Il y a souvent des surprises. L’année dernière, il y a eu Lens et Monaco. Mais les équipes comme Marseille, Lyon, Paris, Lille et Nice, qui a changé d’entraîneur, et qui a livré de belles prestations jusqu’à présent, sont toutes des équipes qui vont relever la concurrence et qui seront présentes, comme bien souvent, pour se qualifier en coupe d’Europe.

Justement, vous affrontez Nice dimanche 19 septembre : à quel genre de rencontre vous attendez-vous et comment abordez-vous ce derby ?

On s’attend à un match très difficile, parce que Nice a bien commencé sa saison. Ils sont sur une bonne dynamique. Ils ont beaucoup de qualités individuelles, ils ont récupéré Dante qui revient de blessure, et que je connais de la Bundesliga. Il a beaucoup d’expérience et il pousse ses coéquipiers. Il faudra vraiment que nous donnions le maximum, que l’on essaie de jouer notre jeu tout simplement. Et on essaiera de remporter une nouvelle victoire, après les trois de la saison dernière.

Deux compatriotes, Alexander Nübel et Ismail Jakobs, vous ont rejoint à Monaco pendant l’intersaison : comment se passe leur adaptation ?

En tant qu’ancien désormais, j’essaie d’aider les nouveaux. Cela a été le cas pour Ismail et Alex. Quand j’étais en vacances après l’Euro, je leur ai envoyé un message pour leur souhaiter la bienvenue, et pour leur dire que j’étais à leur disposition s’ils en avaient besoin. Nous faisons des choses ensemble de temps en temps, j’essaie de leur permettre de bien s’adapter. Il est arrivé qu’on aille manger ou boire un café ensemble… Je suis un peu dans ce rôle-là, à essayer de les aider à s’acclimater.

Avez-vous eu envie de quitter l’ASM durant l’intersaison ?

Non. Ma première saison ici s’est très bien passée sur le plan sportif et familial. Nous avons déménagé avec ma famille, nous sommes très heureux ici. Ma fille va à l’école internationale, donc tout est réuni pour que je m’épanouisse ici.

© Photo Iulian Giurca / Monaco Hebdo.

« Tout footballeur rêve de disputer une Coupe du Monde dans sa carrière. Il faudra, au minimum, garder le même niveau de performance que la saison dernière pour avoir une chance d’y participer »

Kevin Volland

Vous avez à nouveau goûté aux joies de la sélection nationale pendant l’Euro : comment avez-vous vécu ses retrouvailles avec la Mannschaft ?

J’ai eu cette opportunité qui m’a été offerte de disputer l’Euro. J’ai eu un peu plus de temps de jeu que ce à quoi je m’attendais, puisque j’ai disputé deux rencontres. Ça a été globalement une belle expérience pendant cinq semaines avec la Mannschaft, il y avait une bonne atmosphère dans le groupe. C’était mon premier grand tournoi international donc j’étais très heureux de ce point de vue-là. Cela étant, il est vrai que cet Euro n’a pas été notre meilleur tournoi en tant que nation. Lors du dernier match face à l’Angleterre [en huitièmes de finale — NDLR], il nous a manqué un peu de chance.

La Coupe du Monde au Qatar en 2022 fait-elle partie de vos objectifs ?

Oui, tout footballeur rêve de disputer une Coupe du Monde dans sa carrière. Il faudra au minimum garder le même niveau de performance que la saison dernière pour avoir une chance d’y participer. Il y a eu aussi un changement de staff dans la Mannschaft, et de nouveaux joueurs sont arrivés puisque les Espoirs ont remporté l’Euro. Il y a beaucoup de changements, le foot va très vite. Il est difficile de se prononcer. L’année dernière, je ne m’attendais pas à faire partie de l’Euro, donc on verra ce qui se passera.

Quelle est votre relation avec Niko Kovac ?

J’ai de très bonnes relations avec Niko. C’est un entraîneur que je connaissais, parce que j’ai souvent évolué contre lui en Bundesliga. Il est très exigeant et il veut tirer le meilleur de son équipe. Et ce que j’aime chez lui, c’est qu’il dit ce qu’il pense, que les choses soient positives ou négatives. En tant que joueur, je pense que cela permet de progresser et de savoir où il faut travailler pour progresser. On s’entraîne dur avec lui, et on fait le maximum pour atteindre nos objectifs.

« Ce que j’aime chez Niko, c’est qu’il dit ce qu’il pense. Que les choses soient positives ou négatives. Et en tant que joueur, je pense que cela permet de progresser »

Kevin Volland

Vous disposez d’un centre de performance flambant neuf : que va-t-il vous apporter ?

L’année dernière, on s’entraînait, on faisait des soins, on mangeait et on repartait. Désormais, grâce à ce nouveau centre de performance, on dispose d’une vraie maison. On vient plus tôt, on se prépare, on a de meilleurs outils pour bien se préparer avant l’entraînement et pour s’entraîner. À Leverkusen et Hoffenheim, nous avions de bonnes installations. Mais maintenant, tout est réuni pour qu’on se prépare mieux, pour qu’on reste plus longtemps, et qu’on puisse vraiment se préparer pour atteindre le maximum.

Vous retrouvez vos supporteurs cette saison, avez-vous un message à leur faire passer ?

Nos supporteurs sont de retour et c’est une très bonne nouvelle. C’est beaucoup mieux pour un joueur d’évoluer avec ses supporteurs derrière lui. On sait qu’ils sont là pour nous aider. Il y a encore plus de détermination. Quand les situations sont plus compliquées, ils sont présents pour nous pousser et cela nous donne encore plus de motivation. C’est très positif pour cette saison.

Ligue 1 : Monaco replonge contre l’OM

Non, l’ASM n’est pas guérie. Victorieux de Troyes juste avant la trêve internationale, le club de la principauté est retombé dans ses travers contre l’Olympique de Marseille (OM), samedi 11 septembre 2021, au stade Louis II. Les hommes de Niko Kovac ont logiquement été battus (0-2) par des Marseillais séduisants. Le score aurait même pu être plus sévère pour les Monégasques, sauvés à deux reprises par leurs montants en première mi-temps. Auteur d’un doublé pour sa première titularisation cette saison, le jeune Bamba Dieng, 21 ans, aura été l’homme d’un match. De leur côté, les joueurs de la principauté auront montré un visage bien pâle samedi. Totalement inoffensifs (7 tirs, 0 cadré) et friables en défense, ils ne seront jamais parvenus à inquiéter des Olympiens, sûrs de leur fait. Wissam Ben Yedder et Kevin Volland n’ont donc toujours pas trouvé le chemin des filets après cinq journées de Ligue 1 (L1), pas plus d’ailleurs que Myron Boadu, l’attaquant néerlandais acheté environ 17 millions d’euros pendant l’intersaison. Cette troisième défaite en cinq matches place l’ASM dans une position délicate en championnat. Monaco occupe une décevante seizième place, à six points de son adversaire du soir, troisième. Le prochain match contre le rival niçois — quatrième de L1 — revêt donc déjà une importance capitale pour les partenaires de Ben Yedder, qui devront à tout prix éviter une nouvelle défaite pour ne pas compromettre un peu plus leurs objectifs. Ce derby se déroulera sans public à l’Allianz Riviera, le club azuréen ayant écopé de trois matches à huis clos, après les échauffourées contre l’OM.

Vidéo : Notre interview de Kevin Volland

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Monaco Hebdo