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AS Monaco : à fond sur le championnat

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La finale entre Monaco et le PSG le 1er mai 2010
La finale entre Monaco et le PSG le 1er mai 2010 © Anais Berruti / Bulls-Monaco.

Après sa défaite en finale de la Coupe de France (0-1 après prolongations), il reste trois matches à l’AS Monaco pour finir le plus haut possible au classement. Ce qui permettra de doper un peu les finances du club. Et de préparer l’avenir.

Il’avait expliqué à Monaco Hebdo sans faire de langue de bois. « En cas de défaite, pour le prestige, ça serait embêtant. Mais en cas de victoire, ça serait la preuve que le club repart de l’avant. Après des années de disette, ça serait bien. » Aujourd’hui, le vice-président de l’AS Monaco, Michel Aubéry est déçu. Forcément. Surtout que cette finale perdue samedi 1er mai au stade de France face à un PSG pas vraiment supérieur à Monaco laisse pas mal de regrets. Car si c’est l’attaquant parisien Guillaume Hoarau qui a marqué le but de la victoire, il a fallu attendre les prolongations et la 105ème minute. Et dans l’intervalle, Hoarau n’a pas franchement réalisé un grand match, avec pas mal de maladresse dans son jeu. En face, on attendait bien sûr beaucoup du brésilien Nenê, véritable homme orchestre de l’ASM. Mais, si on peut estimer qu’avec le gardien Stéphane Ruffier, il a été l’un des meilleurs monégasques, il n’est jamais parvenu à être vraiment dangereux pour la défense parisienne. Résultat, devant 77 000 spectateurs, le PSG a remporté sa 8ème Coupe de France. Alors que le compteur monégasque reste bloqué à 5 (voir Monaco Hebdo n° 697).

“Hâte de retrouver l’élite”
Mais c’est la réaction du Prince Albert, interrogé par France 2, à la fin du match qui a retenu l’attention de beaucoup de monde en Principauté : « On a eu des occasions, mais on a pas su les concrétiser. Paris aussi a eu beaucoup d’occasions. Ça a été un match plutôt équilibré. Ils ont mis leur but quand il fallait. Bravo Paris, je les félicite. Mais je crois qu’on peut se permettre d’avoir beaucoup d’espoirs pour l’avenir. On a hâte de retrouver l’élite, de jouer à nouveau les premiers rôles en France et en Europe. J’espère que ce sera pour l’an prochain. » Un message entendu par le directeur général Marc Keller ou par l’entraîneur Guy Lacombe, qui, après 2009 avec Rennes, a perdu sa deuxième finale de Coupe de France en deux ans. Reste à connaître les moyens financiers de l’ASM pour la saison prochaine.
Car sportivement, l’équipe a besoin d’être renforcé. « Un joueur par ligne », espère Lacombe (voir interview). Déjà quelques noms circulent. Notamment celui de l’attaquant argentin formé à Boca Juniors, Mauro Boselli. Un joueur de 25 ans qui joue à l’Estudiantes de La Plata depuis 2008. Ou l’attaquant ou milieu offensif Issiar Dia (22 ans), un international sénégalais qui joue à Nancy. Mais avant d’acheter, il faudra vendre. Ce qui permettra de dégraisser l’effectif, mais aussi de remplir les caisses. Car si l’ASM souhaite finalement conserver Sébastien Puygrenier prêté par le Zénith Saint-Pétersbourg et Moussa Maazou prêté par le CSKA Moscou, il faudra beaucoup d’argent : les deux clubs russes réclameraient 4,5 millions d’euros par joueur.

“Il faut que les joueurs se remobilisent rapidement”
En attendant, Keller poursuit sa politique qui consiste à faire signer des prolongations de contrats à de jeunes espoirs. Mollo, Nkoulou, Ruffier et Mongongu ont déjà resigné. Et des discussions seraient en cours avec Nenê, dont le contrat se termine en juin 2011. Mais aussi avec Modesto. Avec Mangani un accord serait sur le point d’être trouvé.
Autre bonne nouvelle : les départs de quelques gros salaires. Leko, Simic et Müller sont en fin de contrat et ils partiront au mois de juin. Ce qui permettrait à l’ASM de faire environ 3 millions d’euros d’économie, selon l’Equipe.
Mais pour profiter d’une enveloppe plus épaisse pour les transferts, Monaco peut aussi miser sur le classement occupé par le club à la fin de cette saison. Car chaque année, les clubs de Ligue 1 touchent des droits télé. D’ailleurs, près de 614 millions d’euros ont été reversés aux clubs de foot de Ligue 1 (L1) cette année. Ce qui a permis à Monaco de toucher environ 25 millions d’euros : l’ASM a encaissé 12,1 millions de part fixe, versée à tous les clubs de (L1), 4,3 millions pour son classement sur la saison 2008-2009, 1,8 million pour son classement en L1 sur les 5 dernières saisons (5ème) et 6,4 millions pour son classement en terme de notoriété (7ème). « Une place en plus ou en moins au classement, ça se chiffre en millions d’euros », rappelle Michel Aubéry. Bref, l’objectif est clair : même si le calendrier de fin de saison est compliqué, pas question de lâcher.

Supporters : le clash évité

Alors qu’entre supporters la tension était extrême avant ce Monaco-Paris-SG, certains experts craignaient le pire. Notamment un affrontement entre les deux tribunes du Parc des Princes, Auteuil et Boulogne. A l’origine de cette guerre entre supporters parisiens, le tabassage à mort d’un fan de Boulogne, Yann Lorence, le 28 février, en marge du match PSG-OM. « Boulogne veut une vengeance », expliquait d’ailleurs la semaine dernière le porte-parole des Supras Auteuil, Christophe Uldry, dans les colonnes du Parisien.
Finalement, à part quelques mouvements à la sortie du RER avant le début de la rencontre et dans la tribune réservée aux habitués de la tribune de Boulogne, pas grand-chose à signaler. Bilan de la soirée : une dizaine d’interpellations. Il faut dire que le dispositif de sécurité était musclé : environ 2 000 membres des forces de l’ordre et 300 stadiers du PSG étaient sur place. Face aux 14 000 fans parisiens, les 8 000 supporters monégasques sont restés calmes, installés dans le virage nord-est du stade de France. Et même si les Monégasques étaient placés à côté des habitués de la tribune Auteuil, tout s’est bien passé. Ce que confirme le président des Bulls, Romain Fantino : « On a fait un grand détour pour atteindre le stade de France. Mais on a croisé des supporters parisiens. Et ça a parfois été assez chaud. D’ailleurs, les CRS ont dû intervenir plusieurs fois. Sinon, dans le stade et après le match, aucun problème. Et pour l’ambiance, j’ai été agréablement surpris. Même si, bien sûr, on est très déçu d’avoir perdu. »

Guy-Lacombe
Guy-Lacombe, entraîneur de l'AS Monaco © Photo ASM-FC.

Guy Lacombe :

“On a beaucoup appris”

L’entraîneur de l’AS Monaco estime que le parcours en Coupe de France sera utile pour plus tard. Propos recueillis par Raphaël Brun.

Monaco Hebdo : La défaite en Coupe de France est digérée ?
Guy Lacombe : Pas encore. Mais on va essayer de s’en servir. Donc on va faire le point. En tout cas, on a pas joué sur notre valeur. D’ailleurs, certains joueurs ont complètement raté leur finale. Mais je ne citerai pas de noms. Car les joueurs concernés le savent. Pour arriver en finale, on a beaucoup appris. Même si il reste encore des progrès à faire. De toute façon, en finale, le second, c’est un peu le couillon.

M.H. : Vos objectifs pour les 3 derniers matches ?
G.L. : Prendre des points. Il faudrait finir dans la première partie du tableau. Mais est-ce que la déception de cette finale ne va pas tout gâcher ? Je n’en sais rien. Surtout qu’on a 3 matches à l’extérieur à jouer. Dont un à Gerland, contre Lyon.

M.H. : Comment remobiliser vos joueurs ?
G.L. : J’ai confiance dans mon groupe. C’est dans la difficulté qu’on voit les hommes. Mais pour les remobiliser, il faut jouer sur des leviers, comme la fierté ou l’orgueil par exemple. Et insister sur le positif dans ce qui a été fait.

M.H. : Vos besoins pour le recrutement ?
G.L. : Il faut d’abord voir les finances et les joueurs qui partiront. Mais recruter un joueur par ligne, ça serait bien. C’est surtout en attaque où il faudra s’améliorer.

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