lundi 6 décembre 2021
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Rentrée sociale : « on prend un coup sur la tête ! »

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Avant de démarrer les discussions avec le gouvernement, l’Union des syndicats de Monaco liste ses priorités. L’organisation veut faire bouger les lignes en matière de contrat de travail, de salaire mais aussi de représentativité.

 

C’est décidé. Malgré tous les sujets en instance de réglementation, Stéphane Valeri, conseiller de gouvernement pour les affaires sociales a décidé de convier les organisations syndicales le 29 septembre prochain autour du thème du financement de la dépendance. « Il s’agit d’un sujet de société important à traiter. Cependant, cela ne représente pas la priorité absolue », explique Christophe Glasser, secrétaire général adjoint de l’Union des Syndicats de Monaco.

Dans un courrier adressé au cabinet du conseiller de gouvernement le 6 août, l’USM écrit sa colère : « Ces préoccupations majeures ne sauraient prendre le pas sur deux autres questions particulièrement urgentes et prioritaires dont l’étude a été suspendue de manière arbitraire et unilatérale par le gouvernement, à savoir celle du salaire et du contrat de travail, au prétexte que les textes sur la représentativité des organisations syndicales ne sont pas encore pris. »

 

Représentativité

L’USM aimerait donc voir réglée au plus vite l’épineuse question de la représentativité des organisations syndicales. Une question laissée en suspens depuis l’apparition fin 2012 d’une nouvelle fédération : la Fédération des syndicats de salariés de Monaco (F2SM). « L’arrivée de cette nouvelle organisation a chamboulé l’univers syndical. Nous ne sommes pas contre la représentativité mais il faut qu’il y ait des règles » souligne Christophe Glasser.

 

Plans sociaux ?

Surtout qu’outre cette interrogation, beaucoup de choses restent encore à prévoir dans les textes monégasques concernant contrat de travail et salaire. A l’heure où les plans sociaux s’accumulent en Principauté, ces deux thématiques prennent toute leur importance. « La rentrée sociale ne se fait pas sereinement. Chaque année, on prend un coup. Pour l’instant, les gens sont prêts à assumer car ils sont conditionnés mais les salariés ne devraient pas tarder à réagir » prophétise Christophe Glasser. Si rien n’est encore officiel, dans quelques entreprises du secteur de l’industrie, on commence à stresser sérieusement. Parmi les salariés les plus soucieux, ceux de Mecaplast. L’équipementier automobile laisse planer le doute. « La direction dit qu’il n’y aura rien mais pourtant on assiste à une réorganisation du travail » indique Christophe Glasser.

Même constat chez Monachem, société du groupe israélien Teva, directement impactée par la fermeture progressive du laboratoire Théramex. Les délégués du personnel devraient être reçus par le directeur très prochainement.

 

Hôtellerie

Autre sujet de questionnement : l’hôtel de Paris qui fermera une partie de ses locaux le 6 octobre pour quatre années de travaux. Si les salariés en CDI ont pu être momentanément reclassés sur d’autres sites de la SBM, CDD et extras ne seront pas renouvelés. De plus, il a été soumis aux salariés en CDI un changement majeur dans leur rémunération qui ne se ferait plus à la masse mais sur une base fixe. « C’est tout simplement la remise en cause de la convention collective. Même si certains salariés y trouvent leur compte, on ne leur fait pas un cadeau », tempère Christophe Glasser.

 

Caisses sociales

Enfin, autre point de mécontentement : les revalorisations annoncées du point de retraite ainsi que des allocations familiales. Les caisses sociales ont proposé une hausse de 0,56 %, qui correspond à l’Insee français. « C’est le taux le plus bas qui est pris en compte et qui met en difficulté nombre de retraités qui résident en France », détaille Christophe Glasser. Pour les allocations familiales, l’USM note là aussi une différence importante. « Par exemple, les frais de rentrée ont en moyenne augmenté de 2,2 % cette année. Cet indice est donc foireux car il ne correspond pas au niveau de vie à Monaco », précise le secrétaire général adjoint. Inutile de dire que l’USM fera des propositions bien au-dessus de ce taux.

 

F2SM : « Ouverte au dialogue social »

 

Si l’USM affiche un nombre de 2 500 adhérents, le mystère plane sur le chiffre de la Fédération des syndicats de salariés de Monaco (F2SM). Philippe Lemonnier, son secrétaire général, se bornant pour l’heure à indiquer que « la fédération s’est grandement développée et que tout grandi bien ». Pour cette rentrée sociale, la toute jeune organisation se veut optimiste et confiante. « Ce processus de dialogue social mis en place par Stéphane Valeri est très intéressant car on nous demande notre avis ». La F2SM espère elle aussi des avancées en matière de salaire et de contrat de travail. Pour son représentant, « les défis qui s’annoncent sont totalement cruciaux pour le développement de Monaco. C’est toujours une peine immense de voir des plans sociaux notamment. Ce qui se passe dans l’industrie est grave pour l’avenir de Monaco » soutient-il.

 

Combat d’arrière-garde

Le son de cloche concernant la représentativité se veut lui complètement diffèrent du discours de l’USM. « C’est un combat d’arrière-garde de l’USM pour continuer d’exister », tranche Philippe Lemonnier.

Du pragmatisme, pas de dogmatisme : c’est le message qu’il souhaite faire passer. Pour la F2SM, le débat devrait se concentrer sur « des lois vieillissantes qui convenaient aux années 1960 mais qui ne sont plus adaptées de nos jours. Le législateur devra se saisir de ces questions car il en va de la compétitivité de Monaco ». Pour cette année, la F2SM poursuit son ambition de développement tout en restant ouverte aux méthodes du gouvernement qu’elle qualifie de bonnes. « C’est en se mettant tous autour d’une table qu’on permettra le bien-être de Monaco ».

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Monaco Hebdo