mardi 30 novembre 2021
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L’USM et le gouvernement dos à dos

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L’Union des Syndicats Monégasques (USM) a défilé une nouvelle fois dans la rue, le 6  juin, après le mouvement interprofessionnel de février dernier. Les revendications des syndicalistes sont les mêmes. La réponse du gouvernement aussi.

Jeudi 6 juin 2019, l’Union des Syndicats de Monaco (USM) a organisé un nouveau mouvement interprofessionnel. Plus de 800 salariés et retraités monégasques ont défilé dans les rues de la principauté selon le gouvernement, plus de 1 500 selon l’USM. Pour rappel, le dernier mouvement interprofessionnel avait eu lieu en février 2019, et il avait déjà réuni des centaines de manifestants, au moins 700. Les revendications s’inscrivent dans la même lignée que le mouvement de février. Les syndicalistes ont plusieurs demandes. Parmi ces dernières, il y a le maintien des retraités à la Caisse de Compensation des Services Sociaux (CCSS) ou au Service des Prestations Médicales de l’État (SPME), l’augmentation du SMIC à 2 250 euros bruts minimum, la fin du licenciement sans motif, la fin du renouvellement sans limite des contrats à durée déterminée, ou encore la limitation du travail de nuit et le respect du repos hebdomadaire le dimanche.

Salaire minimum

Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l’USM, dénonce l’aveuglement du gouvernement : « Il y avait une demande claire et franche de la plupart des salariés pour un mouvement interprofessionnel. Nous recevons un grand nombre de salariés en détresse, malgré le discours du gouvernement ». L’union syndicale avait prévenu : sans réponse du gouvernement, le mouvement se poursuivrait. Et, en effet, en février 2019, lors du précédent mouvement interprofessionnel, Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des affaires sociales et de la santé, opposait aux revendications de l’USM la réponse suivante : « C’est ce droit monégasque qui accompagne la prospérité économique de Monaco. Je suis donc attentif à ne pas bouleverser ces équilibres subtils dans les relations de travail. Je ne veux pas remettre en cause ce qui été institué au fil des années ». Une réponse irrecevable pour l’USM qui explique que les salariés monégasques, par exemple, ne peuvent pas se loger à Monaco, et à peine dans les communes limitrophes, étant donné le coût de la vie. Ils demandent donc l’augmentation du salaire minimum.

« Le gouvernement a déjà répondu »

Au sujet du maintien des salariés à la CCSS ou au SPME, Didier Gamerdinger a répondu aux questions de Monaco Hebdo. Le conseiller de gouvernement-ministre pour les affaires sociales et la santé s’est montré un poil agacé de la récurrence de ces mouvements interprofessionnels : « Une réponse a déjà été apportée, à plusieurs reprises, à cette revendication récurrente de l’USM et de l’URM. Le gouvernement princier a à plusieurs reprises déjà répondu sur cette question, dès 2013 ». L’argumentation du gouvernement repose notamment sur les conventions internationales de sécurité sociale. Les règlements européens prévoient en effet l’affiliation du pensionné sur son territoire de résidence. Une réponse que l’on imagine insatisfaisante pour l’USM.


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Monaco Hebdo