lundi 6 décembre 2021
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Tintin poursuit son aventure monégasque

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Tintin en monégasque
© Photo Monaco Hebdo.

Le deuxième volet des péripéties du reporter dans la langue de la principauté, U Secretu d’A Licorna, sortira le 26 octobre prochain.

Tintín et ses acolytes reviennent pour la deuxième fois en principauté, à partir du 26 octobre. Cette fois-ci, ils prendront le large puisque c’est Le Secret de la Licorne qui a été traduit par les deux professeurs de langue monégasque, Eliane Mollo et Dominique Salvo-Cellario. U Secretu d’A Licorna a été validé par la société Moulinsart SA, en charge des droits d’exploitation commerciale de la bande dessinée de Hergé. Le même jour, Steven Spielberg sortira sa version cinématographique de l’album. De nouveaux personnages viennent entourer Tintín. L’ancêtre de Haddock, le chevalier de Hadoque, personnage central de l’album, a été rebaptisé Stocafigua. Quant à Rackham le Rouge, il s’appellera Rakamu u Rossu. « L’adaptation a été plus compliquée que pour le premier album. Il fallait un vocabulaire spécifique à la marine, au grand large. Or, à Monaco, nous pratiquons davantage le cabotage. Certains termes n’existaient pas comme la vigie ou la caravelle », expliquent-elles. Ainsi les traditionnels bâbord et tribord ont été traduits par man de foera (du côté de la mer) et man de terra (du côté de la terre) mais le sciabecu (le trois mâts) sera bien présent. « Il y a beaucoup moins de subtilités de la langue monégasque que dans le précédent livre. Il n’y a pas de jeux de mots, moins d’échanges. Nous sommes plus dans le récit, dans le narratif. Nous avons cherché à retranscrire le même rythme », poursuivent les deux enseignantes. Au point de retourner certains passages plusieurs fois?: « Si en monégasque, on met certains compléments au milieu de la phrase, on ne la comprend plus ».

Plus de 1?500 exemplaires déjà réservés

Les injures sont aussi plus nombreuses dans l’ouvrage et ont nécessité, pour certaines, une recherche approfondie. « Il fallait très bien connaître le dessous des expressions françaises. Nous sommes restés dans l’image qui se dégageait de l’injure employée dans la bande dessinée. Nous avons rédigé un lexique spécifique aux insanités proférées », précisent Dominique Salvo-Cellario et Eliane Mollo. Par exemple, le terme « négrier » a été traduit par « dans’a l’umbra » pour définir celui qui laisse travailler les autres et tire les ficelles. Le célèbre « Moule à gaufres?! » du capitaine Haddock se prononce « pista murru de gravelau » dans la bouche du capitaine Stocafí. L’expression désignait par le passé un visage marqué par la variole. Quelques injures restent dans l’esprit monégasque comme la « süca » (la courge), le « stronçu » (l’étron) ou encore le « pana-cü » (le lèche-bottes).
Comme I Ori d’A Castafiore, U Secretu d’A Licorna sera édité à 3?000 exemplaires (1). Le jour de sa sortie, l’album pourra être dédicacé par les traductrices à Monte-Carlo Story au parking des Pêcheurs. « Plus de la moitié des exemplaires » ont déjà été réservés selon le directeur du projet, Richard Projetti. Une projection du film documentaire Moi, Tintin sera réalisée. Les aventures de Tintín en monégasque ne s’arrêteront pas là. Le Trésor de Rackham le Rouge, suite du Secret de la Licorne, sera le troisième album traduit dans la langue de la principauté. Il est déjà prévu pour l’année prochaine.

(1) Les demandes de réservation doivent être envoyées à . Prix de la souscription?: 12,50 euros.

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