mardi 28 septembre 2021
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Taxis et VTC français en colère

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Depuis le 1er juillet, taxis et VTC étrangers doivent payer une taxe de 1 800 euros par an pour prendre en charge des clients en principauté. Pour le gouvernement, il s’agit de « protéger » les taxis monégasques.

« Racket », « taxe exorbitante », « mesures protectionnistes »… C’est en ces termes que taxis français et VTC ont qualifié le paiement de la vignette imposé par le gouvernement monégasque (1). Depuis le 1er juillet, pour avoir le droit de charger des clients à Monaco, taxis français et VTC doivent désormais apposer sur leur pare-brise une vignette spéciale. Son coût : 1 800 euros par an et par véhicule. Pour ceux qui souhaitent travailler uniquement pendant le Grand Prix, le montant se chiffre à 720 euros. Au-delà de cette taxe, taxis et VTC devront aussi effectuer « une déclaration préalable de course » auprès de la Sûreté publique. 2 heures au moins avant la prise en charge des clients entre le 1er mai et le 31 octobre. 4 heures avant, entre le 1er novembre et le 30 avril.

Abus
Taxis et VTC, habituellement ennemis jurés (les premiers accusant les seconds de concurrence déloyale), sont donc ici logés à la même enseigne. Mais pour le gouvernement monégasque, c’est bel et bien la sauvegarde de l’activité des taxis monégasques qui est en jeu. « On conçoit bien volontiers qu’il y ait crispation côté français. Mais cette mesure n’aurait pas été prise si l’on n’avait pas ressenti aussi une frustration du côté des taxis de la principauté. C’était pour rétablir une équité. Certains abus ont été constatés », a expliqué Jean Castellini, le conseiller aux finances, en conférence de presse le 2 juillet. Car pour les 89 taxis monégasques (qui cohabitent sur 2km2 !) difficile de gagner son pain — surtout durant la période hivernale — face à l’afflux des taxis français mais surtout des VTC, qui viennent charger des clients sur le territoire monégasque.

« Les VTC nous font du mal »
« Ce ne sont pas véritablement les taxis français qui nous font du mal. Ce sont surtout les VTC. Il n’y a aucune réglementation. Ces véhicules peuvent charger des clients dans un hôtel, ou ailleurs, comme ils le souhaitent. Dès qu’une demande d’autorisation est formulée, elle est accordée. Les VTC pratiquent de surcroît des tarifs à la tête du client. Pendant le Festival de Cannes et le Grand prix, certains n’avaient pas d’assurance ou pas de permis, déplore Jérémy Bottin, président de l’association des taxis de Monaco. Je comprends que les taxis français soient en colère, car c’est une somme conséquente. En revanche, pour les VTC, cette vignette, selon moi, n’est pas assez chère ! » Face à cette situation, le gouvernement a donc souhaité réagir. « Si on ne fait rien, les taxis monégasques ne pourraient plus travailler. Le gouvernement veut les protéger », a expliqué Michel Roger. Rappelant au passage que les taxis monégasques « n’ont pas une liberté de travail complète en France. » Quant à Jean Castellini, il a appelé à relativiser le coût de cette vignette. « Une course pour l’aéroport se chiffre autour de 90 euros. Un aller-retour, c’est 180 euros. Un taxi qui ferait moins d’une course par mois se verrait déjà rembourser le prix de la vignette. On a un montant qui, de prime abord, peut paraître important mais qui correspond à une réalité économique. »

(1) Par l’arrêté ministériel du 16 juin.

Les VTC à Bruxelles

« L’application en l’état de cette taxe monégasque est illégale. » C’est le constat dressé par la fédération française des exploitants de voitures de tourisme avec chauffeur, pour qui cette vignette ne respecte pas les dispositions européennes. Celles-ci « stipulent que tout transporteur peut effectuer sur un territoire étranger des prises en charge de clientèle réservée pendant 90 jours sur l’année. Et tout déplacement supérieur à ces 90 jours entraînera une taxe supplémentaire au prorata. » La fédération a attiré l’attention, entre autres, du conseil économique européen mais aussi du gouvernement monégasque sur ce point.

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