dimanche 19 septembre 2021
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Les détails d’une passerelle
à 6 millions d’euros

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C’est un projet ambitieux, porté par l’association environnementale monégasque Ecopolis. L’idée consiste à créer une passerelle pour relier le Yacht Club de Monaco à la nouvelle extension du Portier, à pied. Monaco Hebdo vous en livre les détails.

L’idée est lancée, reste maintenant à la concrétiser. Un projet de passerelle de 275 mètres de long, élevée à 7 mètres au-dessus du niveau de la mer, est en cours. Objectif : pouvoir relier à pied le port Hercule et le Portier. L’ébauche est portée conjointement par l’association environnementale et monégasque Ecopolis, et le cabinet Cobedesign. Cette nouvelle passerelle permettrait donc de marcher au-dessus de la mer, sans avoir la moindre emprise sur le milieu marin, assurent-ils. Pourquoi cette idée ? « Le tunnel sous le Fairmont représente depuis toujours un vrai cauchemar pour tous les monégasques, les sportifs, les personnes à mobilité réduite et les touristes, répond l’association Ecopolis. Voie de passage obligée, elle est étroite, bruyante, sombre, et nauséabonde. Elle est pourtant située entre deux lieux emblématiques de modernité et d’attractivité, le nouveau Yacht Club de Monaco et le Grimaldi Forum. »

Souci de l’environnement

L’association rappelle également que, à l’image de sites comme le musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) de Marseille, les passerelles sont des infrastructures modernes qui allient architecture et mise en valeur du bord de mer : « Comme à Menton ou à Nice, nous souhaitons que Monaco puisse enfin avoir un cheminement piétonnier digne de ce nom, des pieds du musée océanographique jusqu’au Monte-Carlo Bay, une voie résolument moderne et ouverte sur la grande bleue. » Les membres d’Ecopolis assurent que la réalisation technique de la future passerelle n’empiètera pas sur la voierie nécessaire pour les épreuves automobiles en principauté, et promettent qu’elle n’aura aucune emprise sur le milieu marin non plus. « Se servir de l’existant pour un monde meilleur, cela pourrait bien être le credo de ce projet. L’existant, ce sont les piliers du Fairmont. Le monde meilleur, c’est s’ouvrir sur la mer. Nul besoin d’explorations ou de longs voyages, nous avons à nos pieds la plus belle des richesses de notre merveilleuse région. La mer Méditerranée et ce projet répondent à son invitation. »

Six millions d’euros estimés

À la suite d’une étude préliminaire, tant d’un point de vue architectural que structurel, les coûts de réalisation de cette passerelle ont été évalués à six millions d’euros, et les délais de réalisation fixés à un maximum de dix mois. « Bien consciente de la situation budgétaire de l’Etat, Ecopolis pense que cet investissement pourrait être, en partie, pris en charge par le secteur privé et le financement participatif. » Chaque portion de passerelle pourrait être financée par des adhérents privés, des défenseurs environnementaux, ou tout simplement par des entreprises qui souhaitent contribuer à ce mieux vivre en principauté. Leur nom ou leur logo serait ensuite affiché sur les dalles en bois du sol. « Cette passerelle sera empruntée chaque jour par des milliers de personnes, et la publicité faite aux donateurs sera largement et élégamment valorisée. » Depuis que des travaux sur les piles des Spélugues ont démarré, l’association espère maintenant que le gouvernement se penche à nouveau concrètement sur ce projet pour pouvoir enfin lancer le chantier.

Ecopolis : qui est derrière cette association ?

«C’est au départ, en 1993, une rencontre entre une Brésilienne de passage en principauté et une Monégasque qui partageaient une même passion : la promotion des matériaux écologiques. L’association Ecopolis était née. Elle a toujours été présidée par des femmes monégasques engagées, qui résistent aux pressions de projets lucratifs. Notre association est majoritairement féminine, car ces dernières années, de nombreuses jeunes femmes ont rejoint Ecopolis. Elles apportent leur jeunesse d’esprit, et démontrent leur engagement pour un « mieux vivre » dans leur pays. Ses membres sont actuellement composés d’ingénieurs, de docteurs, d’étudiants, des jeunes retraités occupant divers postes au sein du gouvernement ou dans la sphère privée. La palette est variée et concourt à un même dessein, celui du développement durable de la cité. Ecopolis est la seule association environnementale à Monaco qui ne souhaite recevoir aucune subvention de la part de l’Etat. Elle se veut libre, n’hésite jamais à apporter sa contribution au gouvernement, ou à lui rappeler ses engagements en termes de développement durable. Ecopolis sait aussi s’opposer à certains projets quand cela va à l’encontre des messages du prince Albert II. La dernière opposition en date a été couronnée de succès, puisque le projet d’extension du musée océanographique pour faire un « zoo bis » dans l’espace public des jardins Saint Martin a été réduit au seul bassin des tortues ».

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Monaco Hebdo