dimanche 24 octobre 2021
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Monseigneur David : « Un Noël plus sobre, mais plus profond »

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Il n’y aura pas de messes de minuit pour ce Noël 2020 à Monaco, et le nombre de fidèles présents à l’église pourrait être plus faible qu’à l’accoutumée.

Pourtant, Monseigneur Dominique-Marie David, l’archevêque de Monaco, ne désespère pas. Il voit en cette période l’occasion de célébrer un Noël plus authentique. Interview.

Pour cette année singulière, allons-nous tout de même célébrer Noël à Monaco ?

Oui, la célébration aura bien lieu. Heureusement que nous avons des rendez-vous comme le 25 décembre au calendrier, qui ne peuvent pas être reportés, contrairement à d’autres célébrations.

À quoi ressembleront les messes, pour ce Noël 2020 ?

Compte tenu des contraintes sanitaires, il y aura plus de messes que d’habitude pour éviter les trop grands rassemblements, même si nous maintenons une jauge de fréquentation correspondant à la moitié environ de la capacité d’une église. En revanche, il n’y aura pas de messes de minuit, c’est la seule tradition que nous devons remettre en question cette année. Nous avons pris cette décision en lien avec le gouvernement, car nous préférons anticiper les célébrations, pour éviter les rassemblements et faire en sorte que tout le monde soit rentré chez soi à minuit.

Ce ne sera donc pas un Noël habituel ?

Non, mais doit-on vraiment faire Noël comme d’habitude ? La question se pose en réalité chaque année pour les prêtres, les évêques, les pasteurs et tous ceux qui ont des responsabilités dans l’église. Nous devons encourager les fidèles à vivre chaque année une nouvelle manière d’accueillir Noël. Même si les contraintes du moment sont pesantes, il y a un aspect positif à vivre Noël d’une autre manière que d’habitude. Nous pouvons en effet nous replonger dans les racines du premier Noël qui s’est fait dans une période d’incertitude, de pauvreté, et peut-être de crainte du lendemain. C’est même ce premier Noël, marquant la naissance de Jésus dans une étable, qui donne du sens à toutes les célébrations, qui ont ensuite été enrichies, au cours des siècles, par de nombreuses coutumes et traditions.

Vous attendez-vous à rencontrer moins de fidèles cette année sur les bancs des églises ?

Il y aura des fidèles, mais il est difficile de savoir s’il y en aura autant que les années précédentes ou pas. Ces derniers temps, j’ai beaucoup parlé de consentir à l’incertitude, et c’est ce à quoi nous sommes confrontés aujourd’hui. Nous nous préparons à ce que nous ne pouvons pas savoir. Il y aura fatalement moins de rassemblements familiaux, donc la jauge de fidèles devrait être différente, car il n’y aura probablement pas dix à vingt membres d’une même famille réunis à l’église cette année. Mais nous devons nous attendre aussi à recevoir beaucoup d’amis et de voisins de Monaco qui aiment nous rejoindre d’habitude pour Noël. Nous nous rendons disponibles, et nous verrons comment nous organiser, en fonction des lieux.

Des outils numériques seront mis en place pour ceux qui ne pourraient pas, ou ne souhaiteraient pas, se déplacer cette année ?

Traditionnellement, la messe de minuit est retransmise à la télévision depuis Rome, avec le pape. C’était déjà le cas avant le Covid-19, pour que les personnes contraintes de rester chez elles puissent la suivre. Mais, de notre côté, nous ne retransmettrons pas les messes en direct sur les réseaux sociaux, comme nous l’avions fait précédemment lors du confinement. Nous invitons, au contraire, tous ceux qui hésiteraient encore, à se déplacer et à rejoindre comme ils le peuvent une communauté chrétienne afin de célébrer Noël, en respectant les mesures sanitaires.

Quel sera le principal message que vous transmettrez cette année ?

Malgré l’annulation des messes de minuit, l’essentiel sera maintenu et respecté, nous fêterons Noël du fond de notre cœur et de notre foi, avec le maximum de nos fidèles. Cette année, nous annoncerons le message de Noël, en souhaitant que cette fête soit un signe d’espérance et de lumière qui viendra réconforter le cœur de ceux qui sont troublés, éprouvés et perdus.

Cette pandémie n’est-elle pas l’occasion de se consacrer autrement à Noël, de manière moins matérielle, peut-être ?

Je l’espère du fond du cœur : ce peut être un Noël plus sobre, mais plus profond. Nous serons moins nombreux à nous rassembler, mais nous pourrons plus réfléchir au regard que nous posons sur nos proches et sur le monde, et à notre manière d’échanger. Ce sera l’occasion de célébrer un Noël renouvelé, avec une profondeur et du sens. Cela n’empêche pas la belle tradition de s’offrir des présents comme marque d’affection, ni de s’échanger des cartes de vœux. Mais, quel que soit le moyen utilisé, il faut lui donner du sens, pour en retrouver quelque chose d’authentique. Noël doit donner de l’espérance, du réconfort et de la lumière à ceux qui en ont tant besoin.

Ce sera votre premier Noël comme archevêque à Monaco : comment envisagez-vous la suite, après dix mois de fonction en principauté (lire l’interview de Monseigneur David publiée dans Monaco Hebdo n° 1167) ?

Je suis encore dans la période des « premières fois » : donc ce sera mon premier Noël dans des circonstances inédites car, à peine ordonné, j’étais déjà confiné. Tout s’est enchaîné très vite. Pour la suite, je veux porter la joie de l’Évangile, en me consacrant tout particulièrement à la transmission de la foi envers les jeunes générations et les enfants, vu leur nombre important à Monaco, et vu l’investissement qui est mis en œuvre pour leur éducation. Ce sera une de mes priorités cette année, sans négliger d’autres points de ma mission. Le diocèse est en effet une famille qui répond aux besoins du plus grand nombre, même à ceux qui sont les moins familiers aux enseignements de l’église.

Vous sentez-vous écouté malgré la crise sanitaire mondiale, liée à la pandémie de Covid-19 ?

Je n’ai pas des retours systématiques sur ce que je dis et ce que je fais, mais si je disais des bêtises, je pense qu’on me l’aurait rapidement fait savoir. Je pense que nos messages rejoignent une attente. Mais le but n’est pas d’avoir un pourcentage d’audimat qui me rassurera dans mon ministère. Il y a des messages à faire passer, plus que des convictions personnelles, afin qu’ils rejoignent le cœur des hommes, des femmes et des enfants qui me sont confiés. Ce n’est pas une bonne parole, mais une source d’espérance, une lumière qui ouvre à un sens nouveau, et nous en avons bien besoin en l’époque actuelle. Je ferai tout pour être entendu, j’espère être écouté, et je m’efforcerai d’être compris. Tout cela pour que l’on prenne conscience de ce qu’est l’Église, au-delà de ce qu’on a cru en comprendre et des clichés qu’on a pu transmettre, même involontairement. L’objectif est de donner du sens à la vie d’aujourd’hui.

Les messes de Noël

Le 24 décembre 2020

  • 16h30 Sainte-Dévote, avec orgue
  • 17h00 Sacré-Cœur, avec orgue
  • 18h00 Sainte-Dévote, chantée
  • 18h00 Saint-Nicolas, chantée
  • 18h00 Carmes, avec orgue
  • 18h30 Saint-Charles, avec orgue
  • 19h30 Saint-Nicolas, avec orgue
  • 19h30 Carmes, avec orgue
  • 20h00 Sainte-Dévote, chantée
  • 20h00 Saint-Charles, en anglais
  • 20h30 Sacré-Cœur, avec orgue
  • 22h00 Saint-Charles, messe
  • 22h00 Cathédrale, veillée
  • 22h00 Saint-Martin, veillée
  • 22h00 Sainte-Dévote, veillée
  • 22h00 Saint-Nicolas, veillée

Le 25 décembre 2020

  • 08h15 Sacré-Cœur, avec orgue
  • 08h30 Miséricorde, Saint-Charles, Sainte-Dévote
  • 09h00 Carmes, avec orgue
  • 09h15 Sacré-Cœur, avec orgue
  • 10h00 Carmes, avec orgue
  • 10h30 Cathédrale, Saint-Charles, Sainte-Dévote, Saint-Martin, Sacré-Cœur, Saint-Nicolas
  • 11h00 Carmes, avec orgue
  • 11h30 Saint-Nicolas, en italien
  • 11h45 Sainte-Dévote, en italien
  • 12h00 Saint-Charles, en anglais Carmes, avec orgue
  • 15h30 Sainte-Dévote, en polonais
  • 18h00 Miséricorde, en latin Sainte-Dévote, Saint-Nicolas, Carmes  
  • 18h30 Saint-Charles, Saint Martin
  • 19h00 Sainte-Dévote, Carmes

Noël à Monaco : notre interview de Monseigneur David

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Monaco Hebdo