mardi 26 octobre 2021
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Avec Monapass, votre smartphone devient votre titre de transport

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Les autorités monégasques ont choisi le musée océanographique, un lieu hautement symbolique, pour présenter mercredi 5 mai 2021 leur application de mobilité tout-en-un.

Désormais, grâce à Monapass, payer ses voyages en bus ou à vélo électrique, et son stationnement, devient possible en un seul clic.

Le système de paiement mobile [en anglais, “pay by phone” — NDLR] a le vent en poupe depuis plusieurs années. Et la crise sanitaire de la Covid-19 n’a fait qu’amplifier le phénomène. Selon une récente étude (1) de la GSM Association (GSMA), qui représente les intérêts des opérateurs de téléphonie mobile dans le monde entier, la pandémie a en effet entraîné « une accélération spectaculaire des transactions mobiles » en 2020. Le nombre de comptes enregistré sur des plateformes de paiements mobiles a ainsi bondi de 13 % en un an pour atteindre 1,2 milliard de comptes. Les transactions ont suivi la même progression avec près de deux milliards de dollars échangés chaque jour à partir de ce genre de plateforme selon la GSMA. Fort de ce constat, le gouvernement monégasque — toujours en quête d’innovation technologique — a décidé de surfer sur la vague du paiement dématérialisé, en proposant aux résidents, pendulaires et touristes une application mobile qui leur permet de payer leurs déplacements intra-muros directement depuis leur smartphone.

Avec Monapass, l’usager a accès à portée de main — et de clics — à l’ensemble des moyens de transport disponibles en principauté. À savoir les bus, les vélos partagés Monabike et les parcmètres

Encourager une mobilité douce

Baptisée Monapass et labellisée Extended Monaco, cette application de mobilité tout-en-un rejoint Waze, Citymapper et Klaxit au panel des outils censés favoriser les modes de déplacements plus responsables. « Nous restons attachés à cet esprit novateur. Il se retrouve aujourd’hui dans notre approche d’une politique de mobilité qui ambitionne de réduire l’usage de la voiture en ville, d’encourager l’utilisation des transports en commun et les modes de déplacements doux », a ainsi rappelé en liminaire la conseillère-ministre de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme Marie-Pierre Gramaglia. Car la principauté vise toujours une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030, et la neutralité carbone à l’horizon 2050. Le lancement de cette application, élaborée en collaboration avec la compagnie des autobus de Monaco (CAM) et la mairie, représente donc un nouveau pas en avant comme l’explique Frédéric Genta, délégué interministériel chargé de la transition numérique : « Avec Monapass, le gouvernement avance de manière séquencée et stratégique dans sa poursuite de trois objectifs prioritaires. D’abord, la transition écologique et le développement durable afin de contribuer à la réduction de 20 % des flux de véhicules en circulation d’ici 2030. Ensuite, une meilleure qualité de vie en facilitant l’accès à des données partagées et en réduisant la congestion urbaine. Et enfin, la transition numérique de la principauté qui permet aux usagers de disposer d’un outil moderne, agréable et efficace ».

monapass transport Monaco
Que les réfractaires à la technologie se rassurent, les modes de paiement habituels (paiement à l’horodateur, achat de ticket auprès des distributeurs ou chauffeurs de bus…) restent toujours d’actualité. « Monapass n’est qu’un moyen supplémentaire qui vient s’ajouter à ceux existant, il n’y a aucune obligation de l’utiliser », insiste Georges Gambarini. © Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

Une application tout-en-un

Avec Monapass, l’usager a en effet accès à portée de main — et de clics — à l’ensemble des moyens de transport disponibles en principauté. À savoir les bus, les vélos partagés Monabike et les parcmètres. Dans une seule et même application mobile, les résidents, scolaires, pendulaires et touristes peuvent organiser, payer et valider leurs titres de transports et abonnements. Ils y trouvent également une série d’informations en temps réel comme la localisation des bus et leurs horaires, le remplissage des stations Monabike, des suggestions d’itinéraires ou encore le taux d’occupation du stationnement en surface avec les 97 horodateurs installés en principauté. Car en plus des bus et des vélos partagés, l’application offre à ses utilisateurs la possibilité de payer leur stationnement sur la voie publique directement depuis leur smartphone. Les automobilistes peuvent même, à tout moment, prolonger leur durée de stationnement, voire la réduire, afin de bénéficier du tarif le plus juste. Une optimisation également prévue pour le service Monabike : « Pendant la course, l’usager peut demander depuis l’application une extension de 15 minutes lorsqu’il se retrouve devant une station qui est pleine. De manière à pouvoir rejoindre gratuitement une autre station », précise en effet Georges Gambarini, responsable du programme Smart City à la direction des services numériques. Enfin, il est désormais possible grâce à Monapass de convertir ses titres et abonnements en cours en « pass digital ». Fini, donc, le stress de la carte de transport égarée on ne sait où. Mais que les réfractaires à la technologie se rassurent, les modes de paiement habituels (paiement à l’horodateur, achat de ticket auprès des distributeurs ou chauffeurs de bus…) restent toujours d’actualité. « Monapass n’est qu’un moyen supplémentaire qui vient s’ajouter à ceux existant, il n’y a aucune obligation de l’utiliser », insiste Georges Gambarini.

L’application Monapass devrait s’enrichir de nouvelles fonctionnalités dans les prochains mois. En effet,

« d’ici la fin de l’année 2021, le service de véhicules en autopartage Mobee sera intégré. Puis, en 2022, les parkings publics souterrains », a annoncé Frédéric Genta

Monapass : mode d’emploi

Pour pouvoir profiter de Monapass, rien de plus simple. Il suffit de télécharger gratuitement l’application, disponible sur iOS et Androïd, dans les stores applicatifs et de créer un compte. Après avoir enregistré sa carte bancaire comme moyen de paiement, l’usager a accès à l’ensemble des fonctionnalités de l’application. Il peut dès lors régler son stationnement, acheter l’ensemble des titres de transport et abonnements et les consommer à sa convenance. « L’activation du pass va générer un QR Code qu’il faut ensuite flasher sur les valideurs dans le bus ou sur le tube oblique du Monabike pour déverrouiller le vélo », indique Georges Gambarini. Pour le stationnement, « le paiement se fait par la sélection de l’horodateur sur une carte. Il suffit ensuite de choisir la durée du stationnement avec le prix associé », résume le responsable du programme Smart City. L’outil est donc simple et intuitif, à condition toutefois de disposer d’un téléphone compatible et d’avoir de la batterie et du réseau. « Il faut surtout acheter un chargeur », s’amuse le directeur de la CAM Roland de Rechniewski, avant d’indiquer, plus sérieusement, que, tout comme les abribus connectés, les futurs bus monégasques seront équipés de prises USB pour faciliter la recharge des téléphones mobiles. « Sinon il vous reste aussi la possibilité de vous déplacer en marchant », ironise Marie-Pierre Gramaglia. Une simple carte bancaire, ou de l’argent liquide, devrait cependant faire l’affaire puisque les bus de la CAM disposent désormais d’un nouveau système billettique qui permet aux usagers de payer leurs voyages à l’unité avec leur carte bleue sans contact (lire par ailleurs).

monapass transport Monaco
© Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

Reste à savoir combien de personnes téléchargeront l’application et adhéreront au paiement dématérialisé. Même si les autorités ne se fixent, pour le moment, aucun objectif d’utilisateurs

De nouvelles fonctionnalités à venir

L’application Monapass devrait s’enrichir de nouvelles fonctionnalités dans les prochains mois. En effet, « d’ici la fin de l’année 2021, le service de véhicules en autopartage Mobee sera intégré. Puis, en 2022, les parkings publics souterrains », annonce Frédéric Genta. Mais ce n’est pas tout puisque le gouvernement princier envisage également à terme d’y ajouter les billets culturels et sportifs. « Cet outil cible aujourd’hui la mobilité. Mais il est appelé à se densifier prochainement avec de la billettique loisirs pour les salles de spectacle ou les événements », prévient d’ores et déjà le délégué interministériel chargé de la transition numérique. Reste à savoir combien de personnes téléchargeront l’application et adhéreront au paiement dématérialisé. Même si les autorités ne se fixent, pour le moment, aucun objectif d’utilisateurs : « Sur ce type d’application, l’objectif d’utilisateurs se réfléchit très souvent à 12 ou 18 mois. La première application de mobilité que nous avons lancée, Citymapper, compte aujourd’hui une vingtaine de milliers d’utilisations par mois. Et elle n’a pas encore atteint son plafond d’usages deux ans après son lancement. Monapass va donc vivre et progresser au fil des années », explique Georges Gambarini. Avant de conclure : « Nous avons un important moment d’acquisitions lors du lancement. Et nous en aurons un autre à la rentrée scolaire parce que les élèves de la principauté vont être friands de cette application. On peut imaginer viser une dizaine de milliers d’utilisateurs de manière assez rapide ».

La CAM poursuit sa route vers l’électrification

Outre la gratuité des bus, Marie-Pierre Gramaglia a également fait le point sur l’électrification du parc de bus de la CAM. La conseillère-ministre de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme a notamment reconnu que la topographie de Monaco, « avec beaucoup de montées qui tirent sur le système des bus », soulevait quelques interrogations. « L’objectif est de savoir s’il est plus judicieux de s’orienter vers des systèmes où les bus sont rechargés dans un dépôt, la nuit, ou avec des pantographes, en fin de ligne, pour une recharge rapide. Ou alors une solution qui combine les deux techniques », a-t-elle indiqué avant de laisser la parole à Roland de Rechniewski. « Les prochains autobus électriques qui seront commandés desserviront la ligne 3, et probablement ceux de la ligne 5. Ces bus seront capables d’arpenter l’avenue Pasteur tout en ayant une capacité suffisante pour transporter confortablement les usagers, une autonomie suffisante et une possibilité de recharge », a annoncé le directeur de la CAM. Pour ces véhicules, l’option privilégiée est une « recharge lente », c’est-à-dire le soir au dépôt. En revanche, pour les autres lignes, la CAM poursuit ses études. « À Monaco, rien n’est simple, car nous avons toujours un problème de place. Il est certain que si nous avions du mètre carré à profusion, nous n’aurions pas ces difficultés », a admis Roland de Rechniewski qui vise une électrification des deux tiers du parc d’ici 2025.

La CAM dévoile ses nouveaux tarifs

La Compagnie des autobus de Monaco (CAM) a dévoilé ses nouveaux tarifs en vigueur depuis jeudi 6 mai 2021. Le pass 1 voyage coûte désormais 2 euros si vous achetez votre ticket auprès du conducteur. Si vous passez par l’application Monapass, en agence, aux distributeurs ou par le site Internet de la CAM, il ne vous coûtera plus que 1,50 euro. Un pass 10 voyages est également disponible en agence, aux distributeurs, sur le web ainsi que sur l’application Monapass au tarif de 10 euros. Comptez 20 euros pour un pass 15 voyages acheté à bord des bus, 5,50 euros pour un pass 1 journée sans limitation de voyages, 15 euros pour un pass 7 jours et 22 euros pour un pass mensuel. Vous pouvez retrouver l’intégralité des tarifs des bus sur le site de la CAM : https://www.cam.mc/tarifs. Conjointement au lancement de l’application Monapass, la compagnie des autobus s’est par ailleurs dotée d’un nouveau système billettique qui « sera pleinement opérationnel d’ici la fin du mois de juin » selon son directeur Roland de Rechniewski. Grâce à lui, les usagers peuvent désormais payer leurs trajets, à bord du bus, par carte bancaire sans contact. Ce mode de paiement offre même un petit avantage tarifaire puisqu’une remise de 50 centimes est appliquée pour l’achat d’un pass 1 voyage. Comptez donc 1,50 euro au lieu de 2 euros pour un ticket à l’unité acheté directement auprès du conducteur.

La gratuité des bus bientôt expérimentée à Monaco

En marge de la conférence de presse consacrée à la présentation de l’application Monapass, la conseillère-ministre de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme Marie-Pierre Gramaglia a annoncé que la gratuité des bus sera expérimentée en septembre 2021 ou début 2022. « Nous avons eu de longs débats avec le Conseil national à ce sujet. Nous étions arrivés à la conclusion que nous allions faire un test de gratuité. Celui-ci a été retardé du fait de la Covid-19. Ce test est toujours à l’étude. Il devrait se tenir soit à la rentrée, en septembre 2021, si les conditions le permettent, sinon en début d’année prochaine », a expliqué la ministre rappelant au passage que plus de 18 000 personnes (scolaires, personnes de plus de 60 ans…) bénéficiaient déjà de la gratuité des transports en principauté. Véritable cheval de bataille du Conseil national depuis plusieurs années, la gratuité des bus serait, selon les élus, un moyen efficace pour faire baisser la circulation automobile en ville. L’expérimentation prévue dans les prochains mois, dont on ne sait pas encore si elle concernera l’ensemble du réseau ou uniquement quelques lignes, devrait permettre de le vérifier.

1) « State of the Industry Report on Mobile Money – 2021 Summary », GSM Association (GSMA) : https://www.gsma.com/mobilefordevelopment/wp-content/uploads/2021/03/GSMA_State-of-the-Industry-Report-on-Mobile-Money-2021_Summary.pdf

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