mardi 28 septembre 2021
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Maison de France?: bouleversement dans l’actionnariat

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Maison de France
© Photo Monaco Hebdo.

Au printemps, Jean-Pierre Raffaelli ne sera plus dépositaire majoritaire de la Maison de France. Le président a annoncé qu’une répartition plus équilibrée des actions sera mise en place entre les membres du conseil d’administration. Objectif?: éteindre les polémiques sur le manque de transparence dans la gestion du bâtiment.

Revirement de situation. En quelques mois, le discours de Jean-Pierre Raffaelli a bien changé. « Il y a eu une prise de conscience de devoir changer les choses. Pour éviter toute critique, il y aura une répartition des actions plus équilibrée entre les membres ». Le président de la Maison de France qui défendait mordicus, en octobre 2010, que « le fonctionnement de la Maison de France depuis 1928 n’a jamais fait l’objet de la moindre critique », a pourtant décidé de revoir totalement la répartition de l’actionnariat. Jusqu’à présent, ce bâtiment situé au 42 rue Grimaldi, siège de nombreuses associations françaises, était en en effet géré ainsi?: 55 actions au total, dont 43 détenues par Jean-Pierre Raffaelli. Chaque membre du conseil d’administration détenant pour sa part une action. « J’étais dépositaire majoritaire. Mais nous avons décidé de mettre en place une nouvelle répartition. De l’ordre de 5 actions par personne. C’est une décision pour l’heure en interne et qui devrait s’officialiser au printemps », affirme-t-il. Un changement qui, pour le président, n’est pas synonyme d’un « mea culpa ». Sa démarche, il l’a justifie davantage comme une volonté de calmer les esprits. « On a voulu rassurer nos interlocuteurs », explique-t-il. Car depuis des années, le président de la Maison de France subissait des attaques frontales de Danielle Merlino, présidente de l’Union des Français de l’étranger à Monaco, d’Odile Remik-Adim, ambassadeur de France et de Christophe-André Frassa, sénateur représentant les Français de l’étranger, qui, ensemble avait dénoncé le manque de transparence dans la gestion de la Maison de France. Jusqu’à vouloir porter l’affaire devant les tribunaux…

« Protéger les actions »

Ce bouleversement interne, Jean-Pierre Raffaelli le justifie aussi comme une volonté de protéger les actions d’une réelle ou supposée mainmise d’Odile Remik-Adim. « Je soupçonnais que madame l’ambassadeur de France voulait avoir des intérêts sur la valeur patrimoniale du bien. (Valeur qui avoisine les 50 millions d’euros ndrl.) En se renseignant auprès d’avocats et de notaires, on s’est rendu compte que la seule chose qui pourrait garantir la protection des actions serait de les répartir de manière plus équilibrée. En revanche, changer le statut de la maison de France n’apporterait aucune garantie complémentaire », rajoute le président. Car à l’inverse, pour le trio qui mène l’offensive, la Maison de France ne devait plus conserver son statut de société anonyme monégasque (SAM). « Il faut faire évoluer cette entité immobilière et sortir de ce statut de SAM qui est tout sauf une garantie de transparence pour la communauté française », affirmait en octobre dernier Christophe-André Frassa. A noter que le président de la Maison de France affirme également n’avoir subi « aucune pression » du gouvernement. « Il n’est intervenu d’aucune façon. Il ne se sent pas concerné ». Contactés par Monaco Hebdo, Danielle Merlino n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire et Christophe-André Frassa n’a pas été en mesure de répondre avant le bouclage du journal.

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