lundi 27 septembre 2021
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« Le service public doit être un tremplin »

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Patrick de Carolis
Patrick de Carolis © Photo Monaco Hebdo.

Patrick de Carolis, invité par la fondation Prince Pierre, animait le 30 janvier dernier une conférence sur la culture et la télévision. L’ancien président de France Télévisions a accepté de répondre aux questions de Monaco Hebdo.

Propos recueillis par Romain Chardan.

Monaco Hebdo?: Comment qualifieriez-vous le rapport entretenu par la culture et la télévision??

Patrick de Carolis?: J’ai un avis très précis sur la question. A mon sens, le service public et donc les chaines publiques doivent jouer un rôle proéminent au niveau de la culture. Je pense que la télé va devenir un outil culturel comme on n’en a pas encore eu. Les gens ne peuvent pas forcément se permettre de sortir à cause du coût de la culture aujourd’hui. La télévision peut être le tremplin pour la distribuer. Je pense avant tout que c’est la volonté éditoriale qui décide des programmes diffusés, mais aussi de la politique mise en place. Il est nécessaire aujourd’hui de se diriger vers des programmes intelligents et intelligibles.

M.H.?: Eric Naulleau, évincé de France 2, déclarait il y a quelques jours que la culture n’avait pas sa place à la télévision, qu’en pensez-vous??

P.C.?: Je n’aime pas commenter les déclarations des uns ou des autres. J’ai un simple constat à faire. Le rôle du service public est en hausse. Ce serait stratégiquement une erreur de ne pas proposer des programmes audacieux, ambitieux, culturels. Ce serait jouer contre son camp que de ne pas le faire. Parce que quand on le fait bien, ça marche (sourire). Il ne faut pas non plus copier ce qui se fait ailleurs, c’est inutile. Les gens préfèrent toujours l’original à la copie.

M.H.?: Vous revenez à France Télévisions. Quel sera votre rôle??

P.C.?: Je vais déjà revenir à Des Racines et Des Ailes. C’est un programme qui me tient énormément à cœur, c’est un peu mon bébé. Je vais continuer ce que j’avais commencé avec l’équipe que j’avais mise en place à l’époque. C’est un grand plaisir que de revenir pour les accompagner dans l’aventure.

M.H.?: Vous préparez aussi une émission. Quel est le concept??

P.C.?: La seule chose que je peux vous dire, c’est que ce sera un nouveau rendez-vous culturel et artistique. L’émission sera programmée pour le début de soirée. Je n’ai pas encore de date exacte, mais cela devrait être pour la fin mars début avril. Ce qui est sûr, c’est que l’émission débutera au printemps.

M.H.?: Après plusieurs émissions (Zone Interdite, Reporters, Des Racines et des ailes), n’est-ce pas compliqué de se renouveler??

P.C.?: C’est un vrai challenge que de repenser un rendez-vous. Surtout après toutes ces émissions. Il me fallait trouver quelque chose qui intéresse les Français sans faire du déjà-vu. J’ai donc essayé de trouver quelque chose de nouveau, que je n’ai pas déjà fait, en adéquation avec mon idée de ce que le service public doit apporter à la télévision.

M.H.?: Vous préparez également des documentaires. Sur quoi portent-ils??

P.C.?: Je ne vais pas tout dévoiler, mais l’un d’eux porte sur le peintre Robert Combas. Je prévois un 52 minutes sur lui dans le cadre d’une rétrospective de son œuvre qui se déroulera à Lyon à partir du mois de mars. Pour cela, j’ai repris l’un de mes premiers métiers en recréant une société de production.

M.H.?: Vous aviez été élu à la tête de France Télévisions. Que pensez-vous du mode actuel de nomination du président par l’Elysée??

P.C.?: Pour moi, l’ancien mode d’élection était très bien. Nous étions plusieurs candidats, et le CSA en choisissait un. Au cours de ces entretiens nous présentions notre projet. Ce qui était intéressant, c’est que quand un président du service public était nommé, tout le monde savait ce qui allait arriver. Aujourd’hui, ce n’est plus pareil…

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