mercredi 21 avril 2021
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Jeux vidéo : Monaco bientôt en Coupe du monde

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Boris Fedoroff a lancé Monaco Electronic Sports, la première entreprise de la principauté consacrée au e-sport. Une fédération monégasque devrait être prochainement créée.

32 millions de spectateurs dans le monde. Jamais finale d’une compétition internationale de jeux vidéo n’aura été autant regardée que celle du 4 octobre 2013. Au Staples Center de Los Angeles, qui accueille en temps normal les matchs de basket-ball des Lakers et des Clippers, s’affrontaient les deux meilleures équipes de la saison 3 de League of Legends. De quoi s’agit-il ? Ni plus ni moins que du jeu vidéo le plus populaire du monde avec 35 millions de joueurs connectés chaque mois derrière leurs ordinateurs. Le principe : une arène en ligne où combattent des personnages fantaisistes dirigés par les joueurs. Le succès est tel que le gouvernement américain a érigé League of Legends au rang de sport, le 12 juillet 2013. Une mesure qui a fait entrer ces tournois de « sport électronique » ou « e-sport » dans une autre dimension.

Vivre d’une passion
Boris Fedoroff, résident monégasque de 22 ans, s’est positionné sur ce créneau en fondant Monaco Electronic Sports en 2013. Il s’agit de la première entreprise du genre basée en principauté. Son but : organiser des tournois de sport électronique sur Internet via une plate-forme en ligne, www.ForPlayers.com. « L’idée m’est venue il y a quelques années, lorsque j’ai réalisé que des joueurs consacraient tout leur temps libre au perfectionnement de leur niveau de jeux. A l’époque, le jeu World Of Warcraft faisait le buzz avec ses 10 millions de joueurs mensuels. Des jeux comme Candy Crush Saga sur smartphones sont tout aussi populaires. Le phénomène est mondial : plus de trois milliards d’heures par semaine sont consacrées à jouer aux jeux vidéo. Certains joueurs jouent plus de 30 heures par semaine. Pour beaucoup, c’est une perte de temps, jouer aux jeux vidéo n’est pas une activité considérée comme productive », expose celui qui vient d’obtenir un bachelor en finance et business international à l’université de Richmond.
Boris Fedoroff confie avoir « beaucoup joué aux jeux de stratégie pour ensuite découvrir des jeux demandant plus de réflexes et d’agilité (Counter-Strike, Call of Duty). » Mais aujourd’hui, l’ex-pensionnaire du lycée Albert Ier n’a plus le temps de jouer ou très occasionnellement. Il veut « offrir aux joueurs passionnés la possibilité de pouvoir vivre de leur passion. Toutes ces heures passées à améliorer leurs techniques de jeux peuvent désormais être rentabilisées en remportant des matchs dotés de prix. »

Un tournoi majeur à Monaco
La plate-forme ForPlayers, dont le développement a duré plus d’un an, demeure en phase de test. Une « version bêta » comme on dit dans le jargon informatique. Elle sera « ouverte au public avant la fin de l’année. » « ForPlayers permet aux joueurs de défier directement d’autres joueurs ou équipes avec la possibilité de parier un montant sur le résultat de la rencontre », explique l’entrepreneur qui a participé au concours de création d’entreprise de la jeune chambre économique 2013. Aussi Monaco Electronic Sports planche-t-elle sur l’organisation d’un événement en principauté. « Nous prévoyons d’accueillir les acteurs importants de l’industrie des jeux en ligne (développeurs de jeux, de consoles et autres fournisseurs de matériels) ainsi que les meilleurs joueurs du monde qui s’affronteront pour le titre de champion. C’est une compétition de grande envergure qui recevra les équipes sortantes des phases de qualifications à Monaco […] Nous sommes en discussion avec plusieurs grands noms de l’industrie du jeu vidéo qui ont montré un intérêt tout particulier à cet événement prestigieux », précise le jeune homme.
La société est en relation avec la start-up Oxent, propriétaire depuis 2012 et organisateur de l’ESWC, la coupe du monde de sport électronique. « La Principauté est un endroit idéal pour l’événement que nous prévoyons, par son rayonnement et son prestige international. Nous avons ainsi un avantage important sur le circuit professionnel », ajoute-t-il. Les e-sportifs pourraient notamment s’affronter sur les jeux suivants : League of Legends (stratégie) et StarCraft II (stratégie) sur PC, Call of Duty : Ghosts (guerre) sur Xbox et FIFA 14 (football) sur Playstation. Quant au lieu de la compétition, il n’est « pour l’instant pas défini ». « Nous explorons toujours les possibilités qu’offre la principauté », indique Boris Fedoroff.

Championnats du monde
Monaco peut-il devenir une terre de gamers ? « C’est une question intéressante pour laquelle nous aurons une réponse très bientôt. En effet, la Fédération internationale de sports électroniques, qui compte la France parmi ses membres, nous a récemment missionnés dans le but de créer la Fédération monégasque de sports électroniques », indique Boris Fedoroff. La principauté devrait même pouvoir à terme participer aux championnats du monde d’e-sport. « Avec l’aide de la Direction de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, la fédération sera, une fois créée, reconnue par le comité international olympique et Monaco aura la possibilité d’être représentée lors des championnats du monde. Nous espérons découvrir des talents cachés. Comme tout athlète de haut niveau, il y a un réel intérêt à résider en Principauté donc il n’est pas impensable de voir des joueurs professionnels s’installer à Monaco ces prochaines années », développe-t-il.
Ces joueurs disposent souvent, selon l’entrepreneur, d’une équipe derrière eux. Un coach, un fan club « qui peut atteindre plus d’un million de membres » et des sponsors. « Tous ces éléments sont familiers au domaine sportif. C’est pourquoi les joueurs de haut niveau sont désormais considérés comme des athlètes. Ils peuvent ainsi bénéficier de visas sportifs qui leurs permettent de voyager et de participer aux compétitions internationales », souligne Boris Fedoroff. Des tournois qui peuvent rapporter gros. Le 4 octobre 2013, les Sud-Coréens de l’équipe SK Telecom T1 ont empoché un million de dollars en remportant les troisièmes Mondiaux de League of Legends.

Un marché en pleine expansion
Pour le dirigeant et fondateur de MES, « les sports électroniques représentent une niche du marché des jeux vidéo qui est très jeune et ne cesse de croître. » Une étude menée en octobre 2013 par le cabinet Gartner estime que le marché du jeu vidéo engrangera 101 milliards de dollars de revenus en 2014 (73 milliards d’euros), 110 en 2015 (79 milliards d’euros) alors qu’il était évalué à 78 milliards de dollars en 2012 (56 milliards d’euros). « Cette croissance est entièrement due au développement technologique », affirme Boris Fedoroff, qui décrit un monde du gaming « extrêmement réactif » aux nouvelles technologies. « Les jeux vidéo représentent la forme d’engagement la plus avancée dans l’industrie du divertissement car son public n’est pas seulement spectateur mais tout aussi bien acteur grâce à la nature interactive des jeux. Le monde du gaming est devenu une composante importante de l’industrie du divertissement. Hollywood l’a bien compris et des sociétés de production ont investi récemment dans des compétitions de sports électroniques », analyse-t-il.
Boris Fedoroff estime que la Principauté doit se montrer « attentive aux nouveaux domaines d’activités à forte valeur ajoutée et compatibles avec l’exiguïté de son territoire ». Il note qu’elle l’est déjà à travers des initiatives comme le Monaco-Sofia Business Hub créé par Yannick Quentel. Dans les années à venir, le jeune entrepreneur souhaite offrir un service « qui touchera un public plus large ». Pour l’heure, l’équipe de Monaco Electronic Sports va s’agrandir et les champs de développements s’étendre. Il est aussi envisagé de faire entrer « très prochainement » des capitaux extérieurs.

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