vendredi 7 août 2020
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Céline Cottalorda :
« Le confinement ne doit pas être synonyme d’impuissance, ni d’impunité »

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Alors que le confinement risque de se prolonger, l’inquiétude monte autour des femmes victimes de violences conjugales.

En France, depuis le début du confinement imposé le 17 mars pour endiguer l’épidémie de coronavirus, les violences conjugales ont augmenté de 32 % (1). A Monaco, aucun chiffre ne circule, mais la préoccupation est la même, comme l’indique Céline Cottalorda, déléguée pour le comité pour la promotion et la protection des droits des femmes.

Avec le confinement, craignez-vous une aggravation des violences conjugales ?

La période actuelle risque d’être propice à l’aggravation des violences conjugales. De manière générale, le confinement peut exacerber les tensions et les conflits. Nous vivons une situation inédite, où les repères sont modifiés. C’est pourquoi il faut permettre aux victimes de violences de pouvoir se défendre, et tout faire pour qu’elles se sentent en sécurité chez elles.

Mesurez-vous déjà les effets du confinement sur ces violences ?

A ce stade, il n’y a pas encore d’effet visible. La direction de l’action sanitaire et sociale (Daso) n’a pas eu connaissance, depuis le début du confinement, de situations particulières de violence conjugale de même que l’association d’aide aux victimes d’infractions pénales (Avip). Les services de police n’ont pas noté de hausse du nombre de cas. Cependant il faut rester très attentif à l’évolution de la situation. Je sais que tous les services sont mobilisés et prêts à intervenir immédiatement.

Confinement et violences familiales : ce sujet a-t-il été anticipé par le gouvernement, et si oui, de quelle manière ?

La lutte contre les violences reste une priorité absolue pendant la crise du Covid-19. Dans le cadre de la mise en place du plan de continuité d’activité, les services compétents poursuivent cette mission essentielle. Par exemple, la direction des services judiciaires maintient le traitement en urgence des cas de violences conjugales. De plus les services sociaux, la sûreté publique et l’Avip sont en relation permanente pour venir en aide aux victimes. D’ici quelques jours, je vais également relancer une campagne d’information sur internet et sur les réseaux sociaux autour des dispositifs d’aide et d’urgence qui existent à Monaco. Plus que jamais, il faut diffuser le plus largement possible ces dispositifs : le 17 ou le 93 15 30 15 pour les urgences, et le 0800 919 010, un numéro d’information gratuit, disponible 7 jours sur 7 (voir notre encadré, par ailleurs).

Les femmes ont désormais beaucoup plus de mal pour téléphoner ou vous contacter, puisqu’elles sont désormais sous surveillance constante de leur conjoint violent : dans ce contexte de confinement, comment maintenir le lien avec les femmes qui en ont besoin ?

Il est vrai que plusieurs pays européens ont constaté une baisse importante des appels vers les numéros d’écoute à cause du confinement. A Monaco, nous n’excluons pas de mettre en place des dispositifs complémentaires pour faciliter le dialogue, et les outils numériques sont particulièrement bien adaptés au contexte. L’Avip dispose déjà d’une adresse e-mail qui permet de maintenir un autre lien que par téléphone : .

Comment assurer la continuité de votre mission, dans ce contexte de confinement ?

Du côté de la Daso des permanences sont assurées tous les jours ouvrés, afin de maintenir la réactivité des équipes en cas de besoin. Elle peut recevoir en cas d’urgence et sur rendez-vous, mais également être contactée par mail () pour toute demande de prise en charge de victime de violences conjugales, que ce soit pour apporter un soutien financier, psychologique, ou une solution temporaire d’hébergement. L’Avip reste disponible par téléphone et sur rendez-vous, dans le respect des mesures barrière, pour les situations les plus sensibles. Mais en cas d’urgence, que l’on soit victime ou témoin, il faut appeler le 17. A Monaco, la proximité avec les services de police est un atout supplémentaire, et je sais que la population monégasque n’hésite pas à faire appel à eux.

© Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

« La prochaine étude de l’Imsee sur les violences faites aux femmes permettra sans doute de donner des indications sur l’impact du confinement, même si l’aspect psychologique et humain est plus difficilement quantifiable »

Trouver un hébergement d’urgence est-il plus compliqué dans ce contexte si particulier, avec les structures hôtelières qui ferment les unes après les autres ?

Les services de l’Etat et l’Avip travaillent en coordination. En cas de besoin de mise à l’abri et dans l’impossibilité de recourir à des structures hôtelières, étant donné le contexte, des appartements d’hébergement d’urgence restent disponibles pour être proposés aux victimes.

Pour ces femmes souvent fragilisées, être placées en confinement peut se révéler encore plus anxiogène et les pousser à regagner leur domicile, malgré les risques ?

Vous avez raison, il est plus compliqué, voire impossible, d’échapper à la maltraitance pendant cette période. C’est pour cela que nous devons agir pour prévenir les violences, protéger les victimes et sanctionner les agresseurs. Ce n’est pas parce qu’on est confiné qu’il n’y a pas d’issue. Le confinement ne doit pas être synonyme d’impuissance, ni d’impunité.

Globalement, quel impact aura ce confinement sur les femmes victimes de violences conjugales ?

Il m’est difficile de répondre à cette question. Après une crise il y a toujours une remise en cause des valeurs. La prochaine étude de l’institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee) sur les violences faites aux femmes permettra sans doute de donner des indications sur l’impact du confinement, même si l’aspect psychologique et humain est plus difficilement quantifiable.

1) En France, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a annoncé jeudi 26 mars 2020 la création d’un système d’alerte. Les femmes victimes de violences peuvent aller en pharmacie et obtenir une protection immédiate de la police ou de la gendarmerie.

Violences conjugales Comment réagir pendant le confinement lié au Covid-19

• Pour la sûreté publique 

Le 17 ou 93 15 30 15 sont toujours actifs en cette période pour les situations d’urgence et restent à privilégier pour toutes les situations de violences. Concernant les dépôts de plainte, l’accueil est possible à la direction de la sûreté publique, au 9, rue Suffren Reymond, à Monaco.

• Pour le volet information, accueil, orientation et prises en charge

Plusieurs sources d’informations sont disponibles. D’abord, il est possible de visiter le site Internet du comité pour la promotion et la protection des droits des femmes : www.dfm.mc. Ce site regroupe les informations nécessaires dans les domaines des violences. Autre solution : composer le 0800 91 90 10. Il s’agit d’un numéro vert international qui permet à toute personne victime de violences, qui se trouve sur le territoire monégasque, de disposer gratuitement de renseignements. Enfin, il est aussi possible de contacter l’Association d’Aide aux Victimes d’Infractions Pénales (Avip) au 93 25 00 07, 7 jours sur 7 ou d’aller sur leur site Internet : www.avip-monaco.org/fr/. L’Avip répond aussi aux e-mails :

• Pour le volet social

Il faut contacter la direction de l’action et de l’aide sociale (Daso) au 98 98 41 00 ou par e-mail : . On peut aussi se rendre à la Daso, dont les bureaux se trouvent au 23 avenue Albert II, à Monaco. La Daso assure une permanence tous les jours ouvrés, de 9h30 à 17 heures. Ces permanences sont accessibles à l’ensemble du territoire monégasque et le respect de la confidentialité et de l’anonymat sont assurés.

• Pour la mise à l’abri

Là encore, le bon réflexe consiste à contacter la direction de l’action et de l’aide sociale (Daso), l’Avip (voir les coordonnées ci-dessus), ou bien la Croix Rouge monégasque au 97 97 68 18 ou par e-mail sur .

• Pour les urgences hospitalières 

Pendant la période de confinement liée au Covid-19, « tous les services d’urgence sont maintenus pour les violences conjugales sans procédure spécifique », assure la déléguée pour le comité pour la promotion et la protection des droits des femmes, Céline Cottalorda. Pour cela, il faut se rendre au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), 1, avenue Pasteur, à Monaco. Pour joindre le CHPG, composer le 97 98 99 00. Pour joindre le service des urgences du CHPG, composer le 97 98 97 69.

Pour les enfants exposés et/ou victimes de violences

Il faut faire appel à la Daso ou à la direction de la sûreté publique (voir leurs coordonnées ci-dessus).

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