mardi 22 septembre 2020
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Comment la vision sur les grandes épidémies a évolué

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Au fil de l’histoire, l’homme n’a plus considéré les grandes épidémies de la même façon. Face à la mythologie et aux croyances des débuts, l’évolution de ce regard aura notamment été accélérée par le siècle des Lumières. Explications.

Pendant longtemps, que ce soit dans la Bible ou pendant le Moyen-Age, les différentes épidémies ont été vues comme des châtiments divins, voulus par des forces supérieures. L’impuissance relative des hommes face à ces pandémies est mise en exergue par les bilans, parfois catastrophiques, liés à ces épidémies. Ainsi, il y a seulement un peu plus d’un siècle, la grippe espagnole a provoqué entre 50 et 100 millions de morts, soit davantage que la Première Guerre mondiale. Comme le souligne l’historien du palais princier Thomas Fouilleron dans l’interview qu’il nous a accordée, au fil du temps, la raison a fini par l’emporter. Déjà, dans sa grande majorité, la société actuelle ne cherche plus de bouc émissaire pour expliquer les épidémies. « C’est l’une des grandes différences entre les épidémies du moyen-âge et du monde moderne : aujourd’hui, dans leur grande majorité, les gens ne cherchent pas à désigner un bouc émissaire. En revanche, à l’époque, le bouc émissaire, c’est le Turbiasque, l’habitant de La Turbie », raconte Thomas Fouilleron. Dans son livre La Peur en Occident : une cité assiégée (XIVème-XVIIème siècle), l’historien Jean Delumeau estime que la recherche de boucs émissaires pendant les épidémies s’explique alors parce que « nommer des coupables, c’est ramener l’inexplicable à un processus compréhensible ».

La peste, « un grand personnage de l’histoire »

Ensuite, les conditions sanitaires ont été améliorées, avec notamment le ramassage des ordures, des constructions d’égouts, et la distribution d’eau propre à domicile, notamment. A l’origine de ces décisions prises par les gouvernements, les épidémies de choléra du XIXème siècle. Celle qui a commencé en Inde en 1826 a provoqué en France la mort de plus de 100 000 personnes en 1832. Les quartiers pauvres des grandes villes étaient les plus touchés. Dans ces lieux déshérités, la transmission du choléra passait par l’eau et les aliments souillés. De plus, les confinements sont organisés plus efficacement, la médecine progresse, les vaccins font leur apparition, avant d’être rendus obligatoires à Monaco en novembre 1817 par Honoré V (1778-1841). A partir du XXème siècle, la vaccination s’impose comme le principal outil de lutte contre une majorité de maladies infectieuses. Ce qui n’empêche pas les virus, que ce soit la variole, le Covid-19 ou d’autres encore, d’être un redoutable ennemi invisible, capable de frapper n’importe qui, n’importe quand et n’importe où. La principauté le sait bien, puisque la princesse souveraine Louise-Hippolyte (1697-1731) n’a pas survécu à une épidémie de peste. Elle décède le 29 décembre 1731, après seulement 11 mois de règne. Au vu de son impact, l’historien Bartolomé Bennassar (1929-1918) voyait la peste comme « un grand personnage de l’histoire d’hier ». La grippe espagnole a été fatale à l’archevêque de Monaco, Monseigneur Gustave Vié (1849-1918). Le prince Albert Ier (1848-1922), aura plus de chance : touché lui aussi par cette grippe dévastatrice, il finira par s’en remettre. Les confinements et la distanciation sociale ont aussi été appliqués à l’époque, mais la médecine et les hôpitaux n’étaient pas toujours en mesure de sauver un grand nombre de patients. Et puis, la grippe espagnole était peu ou pas freinée dans les quartiers pauvres, souvent surpeuplés. Aujourd’hui, face au Covid-19, on oppose une approche totalement rationnelle et scientifique, issue du siècle des Lumières, bien loin de l’idée de châtiment divin des débuts. Même si ces points de vue, très minoritaires, n’ont pas complètement disparu.

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