dimanche 24 octobre 2021
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Forte hausse de la mortalité au mois de mai, hors Covid-19

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La principauté a subi bien plus de décès que d’ordinaire au mois de mai 2021, selon l’Institut monégasque de la statistique. Fait d’autant plus surprenant : ces décès ne sont pas liés à l’épidémie de Covid-19.

C ’est une donnée surprenante, et malheureuse. La mortalité (1) était anormalement élevée au mois de mai 2021 à Monaco, et ce, pour des raisons extérieures à la pandémie de Covid-19. Selon les données publiées par l’Institut monégasque de la statistique (Imsee), 58 décès ont été enregistrés en principauté en mai, tous lieux de résidence confondus, contre 44, en moyenne, entre 2010 et 2019. Selon l’Imsee, la mortalité normale est d’habitude située entre 37 et 50 décès à Monaco. Parmi ces 58 décès, 28 concernaient des résidents de Monaco. Un chiffre significatif, puisque la mortalité se situait d’habitude à 18 décès, en moyenne, à Monaco entre 2010 et 2019, pour une mortalité normale située entre 14 et 22 décès, toujours selon l’Imsee. Ce mois de mai 2021 a donc été particulièrement meurtrier, alors que le mois d’avril avait connu une nette baisse, avec 40 décès enregistrés. Rappelons-le, toutes ces personnes ne sont pas décédées du Covid-19.

58 décès ont été enregistrés en principauté en mai, tous lieux de résidence confondus,  contre 44, en moyenne, entre 2010 et 2019

Renoncement aux soins

Comment, alors, expliquer une telle hausse ? Si l’Imsee, en n’obtenant que des chiffres bruts et hors contextes, n’est pas en mesure de répondre, le conseiller-ministre de la santé et des affaires sociales, Didier Gamerdinger, a peut-être une idée : « S’il n’existe pas d’explications claires permettant de comprendre cette hausse des décès du mois de mai 2021, les professionnels de santé témoignent tout de même d’un changement des comportements de leurs patients vis-à-vis de l’accès aux soins, du fait de l’épidémie de Covid-19. Certains appréhendent d’aller chez le médecin, de peur d’attraper le virus en salle d’attente, d’autres ont peur de déranger leur médecin, et enfin, les délais se font plus longs pour consulter. Or, ces retards de prise en charge ne sont pas sans conséquences pour les publics âgés, plus vulnérables. » L’inquiétude qui régnait au mois de février 2021 s’est donc matérialisée, comme nous l’expliquait alors la directrice du centre hospitalier princesse Grace (CHPG), Benoîte de Sevelinges : « Certaines personnes sont dans une telle anxiété qu’elles ne veulent plus venir à l’hôpital, alors que c’est probablement le lieu le plus sûr de vie collective […]. Le renoncement aux soins va aussi être un effet secondaire des effets économiques de la crise. On sait très bien que quand les gens sont en difficulté économique, ils ne viennent plus se soigner ».

« Les professionnels de santé témoignent tout de même d’un changement des comportements de leurs patients vis-à-vis de l’accès aux soins, du fait de l’épidémie de Covid-19. Certains appréhendent d’aller chez le médecin, de peur d’attraper le virus en salle d’attente, d’autres ont peur de déranger leur médecin, et enfin, les délais se font plus LONGS pour consulter »

Didier Gamerdinger. Conseiller-ministre pour la santé et les affaires sociales

Naissances en baisse

En ce qui concerne les naissances, pas de surprises en revanche : elles sont en baisse, compte tenu l’année de pandémie de Covid-19. En mai 2021, 75 naissances ont été enregistrées à Monaco contre 87, en moyenne, entre 2010 et 2019, alors que la natalité est habituellement située entre 76 et 97 naissances. En ce qui concerne les naissances de résidents, il y en a eu 16 d’enregistrées au mois de mai 2021, contre 22 en moyenne entre 2010 et 2019, pour une natalité située d’habitude entre 18 et 26 naissances. Le nombre de naissances de résidents à Monaco diminue ainsi au même niveau qu’en mars 2021, qui était à 16 également.

1) Les décès et les naissances le sont au sens de la date « réelle » de l’événement : une naissance ou un décès survenu en fin de mois, mais enregistré par la mairie en début de mois, sera considéré dans le mois où l’événement est survenu.

Monaco en Chiffres, édition 2021, est disponible

L’Imsee vient de publier son Monaco en Chiffres, portant sur l’année 2020. Ce recueil a une dimension particulière cette année, puisqu’il est aussi le reflet des conséquences de la crise sanitaire et économique sur la majorité des thématiques présentées. Ainsi, pour cette édition, l’Imsee a souhaité ajouter une section spécialement dédiée au Covid-19, qui traite de la dimension sanitaire de la crise, et approfondit son impact sur l’économie, l’emploi, l’hôtellerie et l’événementiel, en complément des chapitres habituels qui font, eux aussi, apparaître ces conséquences. Au total, ce sont donc sept parties, chacune dédiée à une thématique d’importance pour la principauté, qui sont présentées cette année. Une partie retraçant les dates clés de l’année 2020 en lien avec la pandémie, est également insérée. En parallèle, d’autres nouveautés figurent désormais également dans cette publication : les heures travaillées dans le secteur privé, le travail temporaire, mais aussi les indicateurs d’activité de l’Agence Monégasque de Sécurité Numérique (AMSN) ; ou encore le Haut-Commissariat à la protection des droits, des libertés et à la médiation, par exemple.

Monaco en Chiffres, témoignage statistique de l’année écoulée, est téléchargeable gratuitement sur le site imsee.mc. Il est également disponible à la vente, sous son format habituel, auprès de l’Imsee, au 9 rue du Gabian (renseignements : 98 98 98 88 / ), et complété par une plaquette « Chiffres-clés 2020 », qui est aussi éditée en anglais.

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