vendredi 26 février 2021
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72 emplois menacés à l’hôtel Fairmont

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La direction de l’hôtel Fairmont a confirmé sa volonté de procéder à un plan de départs volontaires qui pourrait toucher 72 salariés, pour contrer les effets de la crise sanitaire.

Une décision incompréhensible pour les syndicats, qui mettent en avant les bons résultats de l’entreprise en 2020.

C’est désormais confirmé, un plan social d’envergure est envisagé à l’hôtel Fairmont. La direction de l’établissement a en effet informé dans le détail ses délégués du personnel, vendredi 15 janvier 2021, de sa volonté de procéder à un plan de départs volontaires de 72 salariés sur les 413 CDI (411 selon les syndicats) que compte l’entreprise. Cette décision fait directement écho avec le plan social entamé à la Société des Bains de Mer (SBM), conséquence plus ou moins directe des effets de la crise sanitaire.

8,4 millions de résultat d’exploitation

Contrairement à la SBM, il ne s’agit, pour le moment, que d’un plan de départs volontaires à la retraite sur des postes ciblés, cadres et non cadres, ouvert sans limite d’âge. Mais la nouvelle passe mal du côté des syndicats. En cause, les résultats de l’entreprise, dans le vert, selon eux. La direction de l’hôtel Fairmont a confirmé à Monaco Hebdo avoir réalisé 8,4 millions d’euros de résultat d’exploitation en 2020. Même s’il ne s’agit pas là de bénéfices nets, et qu’il reste toute une série de charges à honorer pour cette entreprise, à partir de ces résultats, ces résultats laissent perplexes les délégués du personnel. « Le Fairmont, ce n’est pas qu’un hôtel. L’entreprise gagne aussi de l’argent même sans clients, avec les loyers de ses appartements, la location du Sun Casino à la SBM jusqu’à 2022, l’occupation de chambres à l’année, ses boutiques et ses vitrines, précise Rino Alzetta, délégué du personnel et membre du tribunal du travail. Le gouvernement a même accordé 4 millions d’euros à l’hôtel depuis mars 2020, dans le cadre du CTTR pour préserver les emplois. C’est immoral d’envisager un plan social suite à cela. » L’hôtel a cependant subi une baisse de 38 % de son taux d’occupation depuis le début de la crise, en février 2020. Le secteur restauration aurait mieux tenu le cap selon les représentants syndicaux, sans chiffres précis à communiquer pour le moment, cependant.

Des secteurs plus touchés que d’autres

Ce sont pourtant les salariés de la partie restauration qui pourraient être les plus touchés par le plan de départs volontaires, aux deux tiers environ du nombre d’emplois menacés, malgré les bons résultats avancés par les délégués du personnel. Même chose pour la partie marketing et événementiel, y compris le service traiteur “private dining”, qui avait assuré une partie du mariage princier en 2011. « Si nous perdons 72 salariés, ils ne seront probablement remplacés que par des contrats précaires », s’inquiète ainsi Jean-Pierre Messy, secrétaire général du syndicat des cuisiniers. « Le risque, à terme, c’est de se retrouver en sous-effectifs. » À noter que cet hôtel compte aujourd’hui 617 chambres et quatre restaurants. « Certes, on pourra toujours me proposer à nouveau mon emploi quand l’économie repartira, comme le prévoit la loi. Mais je passerai d’un CDI à un CDD, avec des pertes de salaires équivalentes. Vous imaginez les conséquences humaines, pour moi et pour ma famille ? », prévient à son tour Franck Farrugia, maître d’hôtel au “room service” et délégué du personnel. Difficile aujourd’hui de mesurer combien de salariés seront prêts à partir de leur propre chef : « Tout dépendra des indemnités proposées, explique Jean-Pierre Messy. Aujourd’hui, elles nous ont été proposées au minimum légal. Ce sera donc un point à négocier avec la direction. » Une première réunion, programmée dans l’après-midi du 20 janvier 2021 devait réunir la direction et les salariés pour entamer les discussions et négociations. Les représentants du personnel se rendront également le 22 janvier 2021 au Conseil national, pour rencontrer les élus. Mais il demeure une crainte, notamment aux yeux de l’Union des syndicats de Monaco (USM). Un effet domino au sein de la principauté : « Maintenant que la SBM a ouvert la brèche et que l’hôtel Fairmont a suivi, j’ai peur que d’autres établissements se lancent à leur tour dans un plan social », s’inquiète Olivier Cardot, secrétaire général de l’USM. À suivre.

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