mardi 25 janvier 2022
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Le crochet, plus qu’une occupation de mémé

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La Monégasque Dominique Vanony s’est passionnée pour la confection de cactus et de sacs en laine. Du fait main, made in Monte-Carlo, pour détourner une activité considérée à tort comme ringarde. Par Aymeric Brégoin

Au Japon, on appelle ça des amigurumis. Littéralement, des peluches tricotées. Mais les peluches, ce n’est pas trop le truc de Dominique Vanony. Cette Monégasque préfère les cactées. Son balcon en est rempli. Un jour d’errance sur internet, en 2010, elle tombe sur « une créatrice qui fait des cactus au crochet ». Initiée à l’aiguille toute petite, Dominique Vanony s’y était remise alors qu’elle était enceinte de ses jumeaux, il y a presque dix ans, puis « beaucoup au jardin d’enfants », surveillant sa fille et son fils entre deux mailles. Après l’achat de son premier patron de cactus en laine, ses aiguilles s’y essayent. C’est le déclic. « Ça représente Monaco, avec le Jardin Exotique », explique Dominique Vanony. Aujourd’hui, elle vend ses propres modèles estampillés “proudly made in Monte-Carlo” sur Etsy, un site de vente spécialisé dans l’artisanat fait main. Le nom de sa boutique en ligne ? So Wool So Cool, une douce consonance anglophone pour celle qui fait sa carrière comme prof d’italien dans les établissements monégasques, maintenant lancée dans la confection de cactus en laine pour égayer son intérieur. « Tout seul, c’est mignon, mais c’est plus joli dès qu’il y en a plusieurs ensemble. Le côté collection est intéressant. » Dans son jardin d’artiste, une vingtaine d’espèces différentes, et « chaque pièce est unique ».

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« Anatomiques »

Dans la vie, il n’y a pas que des cactus. Elle ajoute à ses rayons des écharpes en maillon, des coussins et plaids… Ses acheteurs plébiscitent ses knot bags, des sacs japonais réversibles avec deux anses, une longue qui se glisse dans la plus courte pour se porter au poignet, d’habitude faits en tissu. « Je ne suis pas bonne couturière », s’amuse Dominique Vanony. Pour ces sacs, elle a préféré le crochet, avec de la laine qu’elle feutre pour que la matière soit dense et solide. « Cela s’adresse plus aux jeunes qui portent des tenues un peu excentriques et humoristiques », détaille cette créatrice. Parmi ses knot bags, des têtes de panda ou d’ours. Ses aiguilles versent aussi dans des « objets anatomiques ». Une souris disséquée qui répand ses organes de laine ou un cœur avec ses valves et ventricules. « Je sais, c’est particulier… », reconnaît Dominique Vanony, qui joue avec humour de ce côté « gore kawaï » — du mignon sanglant. « Ce n’est pas fait pour dégoûter, ce n’est pas réaliste. C’est un clin d’œil espiègle », se défend celle qui se voue à détourner le crochet, considéré à tort comme une « occupation de mémé ». « Aux États-Unis, c’est la folie chez les jeunes mères, clame cette Monégasque. Le crochet est revisité par des esprits jeunes et curieux. On peut tout faire : des vases, des lions, des habits. Avec beaucoup de créativité, ça devient un moyen d’exprimer des tas d’idées ! »

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« Cadeau »

Devenue ambassadrice du do it yourself, cette Monégasque exporte ses amigurumis de Cactacées et ces knot bags. Dimanche 18 décembre, ils s’affichaient place des Moulins, à Monaco, à l’occasion d’un marché de Noël organisé par Le Teashop, ou également à celui de Saint-Jean-Cap-Ferrat, le Regalà Mercat, qui s’est déroulé du 16 au 24 décembre. Fin novembre à Nice, pendant trois jours, elle a participé à un évènement dédié aux créateurs azuréens organisé par Etsy. En 2015, ses cactus ont même traversé l’Atlantique pour représenter la Principauté lors d’une exposition à New York. Prochain objectif pour démocratiser le tricot : faire partager sa passion via son site internet, notamment en proposant des patrons traduits en français. Et étayer sa gamme de modèles : chapeaux en laine feutrée, vestes, lapins, serpents, légumes comme des radis auxquels elle s’est déjà essayée, ou des cat caves, sortes de maisons pour chat, autant d’idées qui effleurent ses aiguilles. Dominique Vanony reconnaît que son activité n’est pas rentable, malgré ses quelques ventes. Cette Monégasque considère chaque pièce qu’elle réalise, que ce soit une commande ou non, comme « un cadeau à elle-même ». Là réside finalement l’intérêt : « C’est passionnant de voir la chose se façonner sous mes mains ! »

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