vendredi 7 août 2020
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Marie-Noëlle Clément : « L’enjeu consiste à conserver un rythme quotidien »

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Comment vivre avec son enfant cette période de confinement ? Comment éviter ou gérer les angoisses qui peuvent survenir chez les plus jeunes ? Et surtout, comment éviter que cette cohabitation forcée ne vire au fiasco familial ?

La pédopsychiatre Marie-Noëlle Clément  (1) donne quelques pistes pour vivre au mieux avec ses enfants, pendant cette épidémie de Covid-19. Interview.

Que faire si le confinement inquiète un enfant ?

Tout dépend de l’âge de l’enfant, car, en fonction de l’âge, les inquiétudes ne sont pas les mêmes. Pour le tout-petit, c’est l’inquiétude des parents qui va l’inquiéter à son tour. Si les parents sont angoissés par ce confinement, par les conséquences économiques de cette situation, l’enfant le perçoit. Il est donc très important de reconnaître ses propres angoisses et de toujours mettre des mots sur ce que l’on ressent. Dire à son enfant que « tout va bien » alors que la situation nous bouleverse, c’est extrêmement perturbant pour lui, car l’enfant perçoit l’inquiétude chez ses parents et il a, en même temps, un discours inverse.

Que faut-il dire à son enfant ?

Il faut prononcer des mots rassurants. Il ne s’agit pas de déverser avec des mots une angoisse supplémentaire. Il faut expliquer le plus simplement possible qu’il s’agit d’une situation très particulière, qu’on n’a pas le droit de sortir, qu’il y a un virus que l’on peut attraper par un contact avec les autres, et qu’il faut donc faire très attention. On peut aussi dire que le confinement est le moyen que l’on a trouvé pour se protéger et que c’est ce moyen qui va nous permettre de nous sortir de cette situation. Face à une situation angoissante, il est important de mettre en avant ce que l’on peut faire pour en sortir.

Et si on a des inquiétudes d’ordre financier ?

Ce sont des inquiétudes d’adultes, et il ne faut donc pas les faire peser sur les épaules des enfants. Il faut garder ça pour soi, et se contenter d’évoquer avec son enfant la situation, et ce que l’on va devoir faire pour que ça aille mieux.

Quel comportement adopter face aux images des journaux télévisés ?

En ce moment, la télévision est plus branchée sur les journaux télévisés que d’habitude, même dans les foyers où habituellement on la regarde peu ou pas. Souvent, le téléviseur est allumé en présence des enfants, qui sont donc soumis à un flot d’informations. Ces informations sont angoissantes, puisqu’on parle de morts, avec un décompte qui est fait chaque jour, on voit des images de soignants épuisés qui courent partout, qui poussent des brancards… Souvenons-nous que le journal télévisé n’est pas adapté pour des enfants avant l’âge de 10 ans : évitons de les confronter à ce type d’informations. Il vaut mieux des explications choisies par les parents, qui expliquent simplement, selon l’âge de l’enfant.

Que dire aux pré-adolescents ?

Pour les pré-adolescents le contexte est différent. Ils sont souvent très connectés sur les réseaux sociaux. Il peut être utile de resituer les choses historiquement. Pour beaucoup d’entre nous, c’est la première fois que nous sommes confrontés à une telle situation. Mais, dans l’histoire de l’humanité, il y a déjà eu des pandémies. Et à chaque fois, on est parvenu à sortir de ces situations. Et on parviendra d’autant mieux à s’en sortir que nous avons aujourd’hui une science et une médecine extrêmement performantes. Il faut ensuite insister sur tout ce qu’on nous demande de faire, parce que cela nous rend actif par rapport au problème. A notre petit niveau, on peut agir. Plus on restera chez nous, moins on aura de contacts, moins on aura de risques d’être contaminé et de contaminer les gens autour de nous, et plus on en sortira vite. On est tous ensemble dans le même bateau et il y a un véritable effort collectif à mener. Ces notions positives de solidarité doivent être mises en avant. Faire participer les enfants le soir aux applaudissements sur les balcons pour encourager le personnel soignant est aussi un acte de vie collective qui est extrêmement important.

Et face aux “fake news”, souvent anxiogènes, diffusées sur les réseaux sociaux, on fait quoi ?

Face au flot d’informations, il est important de faire du décryptage. Quelles sont les informations qui circulent, qu’est-ce qui est vérifié ou pas, comment repérer une “fake news”, ou une “infox”, d’une vraie information vérifiée et sourcée ? C’est une bonne occasion pour faire avec les pré-adolescents de la pédagogie autour de l’information et des images. Toutes les familles ne sont pas en mesure d’accompagner les enfants sur ce chemin-là, mais il existe beaucoup de sites Internet qui font du décryptage de l’information (2).

Quels sont les principaux risques auxquels fait face un enfant pendant cette période de confinement ?

A l’exception du bébé gardé par sa mère, les enfants, quel que soit leur âge, sont coupés de leur environnement habituel. Or, plus l’enfant avance en âge, plus les relations extra-familiales deviennent importantes pour lui. A la crèche, il y a des figures d’éducatrices ou de puéricultrices qui sont investies par le bébé, mais c’est la cellule familiale qui prime. Donc, se retrouver toute la journée avec ses parents n’est pas vraiment un problème pour le bébé. En revanche, pour les enfants plus grands, qui n’ont plus de contacts avec l’école et les copains, le confinement peut s’avérer difficile. Mais, heureusement, il existe beaucoup de moyens de communication et de visio-communication. Par Skype, par WhatsApp, par FaceTime on peut se parler et se voir, on peut prendre un goûter ensemble, par exemple. Il faut créer des petits moments de ce genre avec les copains, ou avec des membres de la famille qu’on ne peut plus voir temporairement, pour éviter que l’enfant ne perde le contact.

Il y a d’autres risques ?

Il y a aussi l’organisation du temps. Le confinement va durer un certain nombre de semaines, sans que l’on sache exactement combien. Désormais, et contrairement à d’habitude, chaque jour ressemble au précédent. L’enjeu consiste à parvenir à conserver un rythme quotidien. Ce risque existe aussi bien pour les enfants que pour les adultes, avec la tentation de se coucher et de se lever très tard et de ne plus avoir de fil d’organisation structurant notre quotidien. Les parents doivent donc créer un emploi du temps pour les enfants qui soit assez construit. Il est bon d’instaurer des temps de travail, des temps de repos, des temps de loisirs, des temps de communication, des temps passés ensemble, des temps passés chacun en solitaire…

Vous voyez d’autres dangers ?

Il y a aussi des situations dont on parle assez peu, qui sont, pour le moment, sous le tapis. Il s’agit de toutes les situations de maltraitance familiale, soit entre parents, soit entre parents et enfants. On touche là une question qui pourrait nous exploser à la figure à la fin du confinement. Que se sera-t-il passé dans l’intimité de ces familles pendant cette période de confinement ? En ce moment, les familles ne sont plus sous le regard de personne, alors que, d’habitude, il y a beaucoup d’espaces de vie communs. Le matin, l’enfant va à l’école, donc s’il a un bleu sur le visage, la maîtresse le voit. Pendant le confinement, personne ne le voit.

Faut-il garder les mêmes horaires et rythmes que pendant la période scolaire ?

Certaines familles ont fait ce choix-là. Mais ce n’est pas une obligation. Surtout pour les familles avec des parents qui font du télétravail, et qui ne sont donc pas disponibles toute la journée pour encadrer le temps de travail de leurs enfants. Ces parents-là s’organisent différemment, et ce n’est pas un problème. Ce qui est important, c’est de décider clairement comment va s’organiser chaque jour de la semaine. Il faut éviter de se lever le matin sans savoir ce que l’on va faire, et décider au fil de l’eau. Les besoins des enfants en termes de structuration du quotidien sont très importants.

© Photo DR

« Il faut éviter de se lever le matin sans savoir ce que l’on va faire, et décider au fil de l’eau. Les besoins des enfants en termes de structuration du quotidien sont très importants »

De quel ordre sont ces besoins ?

Quand les enfants sont tout petits, ils ont besoin d’un quotidien très ritualisé. Quand ils sont un peu plus grand, ils ont moins besoin de cette ritualisation extrême, mais cela reste tout de même un facteur sécurisant que de savoir comment se déroule la journée et la semaine. Quand ils sont adolescents, même si c’est difficile pour les parents, il faut continuer à structurer leur quotidien, pour éviter qu’ils ne partent à vau-l’eau et qu’ils passent, par exemple, la nuit sur leurs téléphones mobiles ou sur des jeux vidéo. C’est aux parents de fixer des limites claires et de les faire respecter.

C’est aussi une période difficile pour les adultes ?

C’est une période de grande incertitude. Certains se retrouvent confinés dans des appartements petits et mal éclairés. Donc cela peut déboucher sur des états de déprime qui peuvent conduire certains adultes à se laisser aller, à dormir ou à regarder la télévision toute la journée, par exemple. Or, quand on a des enfants, il est vraiment important de maintenir un rythme quotidien qui ancre dans la vie.

A Monaco, avec 38 000 habitants répartis sur 2 km2, la sensation d’enfermement peut être ressentie plus durement par l’enfant : comment rendre cela moins anxiogène ?

Il faut insister sur la structuration du quotidien, qui est vraiment un sujet important. Pensons aussi à sortir pour faire un peu d’exercice physique avec les enfants. Faire un peu de trottinette en bas de son immeuble, c’est un moment qu’il faut conserver pour l’enfant. Bien entendu, il faut leur expliquer les gestes barrière, et pourquoi il faut respecter une certaine distance avec les personnes qu’ils vont croiser. Dans l’organisation quotidienne, on peut aussi prévoir un temps pour faire de l’exercice physique chez soi. Faire de la gym sur un tapis, c’est possible dans n’importe quel appartement. Beaucoup d’enseignants ont d’ailleurs envoyé à leurs élèves par email des petits exercices physiques à faire à la maison. On peut aussi passer du temps à regarder les oiseaux par sa fenêtre ou son balcon. Il faut savoir tirer parti de tout. On a jusque-là vécu dans un monde où on avait accès à tout, tout le temps. Là, tout d’un coup, on réapprend à valoriser des petites choses, finalement.

Que faire si son enfant s’ennuie et s’agace de ne pas pouvoir sortir autant qu’il le voudrait ?

Pour les enfants les plus jeunes, ce confinement est en effet compliqué. Les enfants plus grands ont davantage de ressources. Finalement, on en vient à trouver un intérêt aux écrans qui sont habituellement très décriés. Actuellement, beaucoup de sites Internet proposent des activités qui sont temporairement gratuites pendant cette période de confinement. Activités créatives, jeux, films… L’offre est devenue colossale. Si on ajoute à ça le volume de devoirs à faire chaque jour, qui est énorme, les enfants n’ont pas assez de temps pour tout faire ! Dans la mesure où les familles peuvent avoir accès à ces multiples supports, et que les parents sont en mesure de relayer tout ça à leurs enfants, l’ennui n’est pas tellement la question. C’est plutôt contre la monotonie qu’il faut lutter. Parce qu’il n’y a pas de samedi, pas de dimanche, pas de vacances, tous les jours sont les mêmes. Il n’y a plus de rythmicité du quotidien.

Comment gérer les devoirs que les enfants doivent faire à distance, et les conflits que cela génère parfois avec les parents ?

On ne peut pas reproduire exactement la situation scolaire habituelle à la maison. Les parents ne peuvent pas se substituer aux professeurs. Parce que, pour la plupart d’entre nous, nous ne sommes pas enseignants et nous ne sommes donc pas de bons pédagogues. Donc, forcément, on explique moins bien, et, forcément, les enfants comprennent moins bien. Ça énerve les parents, pendant que les enfants ont l’impression qu’on porte un regard dévalorisant sur eux. Ce qui devient une source de conflits inévitables.

En tout cas, beaucoup de parents et d’enfants se plaignent du volume de travail scolaire à faire à la maison et de la pression que cela instaure ?

Je suis souvent sollicitée par des parents parce que leurs enfants ne travaillent pas assez ou pas bien à l’école, même si, la plupart du temps, il ne s’agit pas d’un problème pédopsychiatrique. Je conseille toujours aux parents de ne pas faire travailler leurs enfants eux-mêmes et, s’ils le peuvent, de déléguer ça à la baby-sitter, aux grands-parents, voire à un professeur particulier, si on en a les moyens. Dans la relation avec son enfant, il faut garder, autant que possible, les moments agréables, les moments de plaisir partagé. Or dans cette période de confinement, les parents sont amenés à jouer tous les rôles, ce qui va à coup sûr créer des tensions. De plus, on voit des enseignants qui font des évaluations en ligne, avec une heure précise de connexion et un temps limité symbolisé par un sablier qui s’écoule, ce qui est très stressant pour les enfants. Nous sommes actuellement dans une situation tellement particulière. Pourquoi faire ce genre de choses ? On pourrait lâcher un peu sur ce travers de l’évaluation permanente des élèves.

Que faire, alors ?

L’idéal serait de faire travailler son enfant sans qu’il y ait trop de pression scolaire. Pourquoi ne pas expérimenter une forme de travail un peu différente pendant ces semaines de confinement ? A partir du CM1, on pourrait les faire travailler sur le principe de la classe inversée.

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« On ne va pas se mentir : dans la période actuelle, les écrans sont une chance plutôt qu’une plaie ! Mais il faut continuer à cadrer les choses »

Qu’est-ce que la classe inversée ?

Par exemple, le professeur d’histoire-géographie a envoyé un sujet sur les châteaux forts. L’enfant va lire les documents envoyés et essayer de les comprendre. Ensuite, c’est lui qui va les expliquer à l’adulte. S’il parvient à le faire, et que le parent comprend ce qui lui est rapporté, c’est que son enfant s’est suffisamment approprié le texte pour l’avoir compris. Ce qui n’empêche pas d’apporter à l’enfant des informations complémentaires. On peut aussi lui demander de faire des sortes de mini-exposés qu’il présente à la famille au moment du repas, par exemple. Cela peut permettre de faire retomber un peu les tensions familiales.

La classe inversée peut s’appliquer à tout ?

La classe inversée n’est pas possible pour toutes les matières, mais faisons-le lorsque ça l’est. D’ailleurs, beaucoup de pays nordiques travaillent ainsi, avec un élève qui présente un sujet à ses camarades de classe. Ce sont des méthodes pédagogiques qui fonctionnent extrêmement bien, avec l’enfant qui se retrouve dans une position assez ludique, dans laquelle c’est à lui d’enseigner à quelqu’un.

La tentation, c’est de laisser les enfants devant des écrans ?

On ne va pas se mentir : dans la période actuelle, les écrans sont une chance plutôt qu’une plaie ! Mais il faut continuer à cadrer les choses. Comme la situation est particulière, on va pouvoir accorder un temps d’écran un peu plus grand que d’habitude, mais de façon concertée. On peut dire, par exemple, qu’on ne va pas jouer aux jeux vidéo ou avec sa tablette le matin, avant d’avoir fait ses devoirs sur la table du salon. On va réserver ce temps d’écran à la fin de la journée, pour se détendre lorsque le travail scolaire a été fait. On peut en profiter pour partager les écrans en famille, avec les parents, ce qui n’est pas toujours possible en temps normal. Comme on est tous à la maison, on peut regarder un documentaire, un film ou un dessin animé ensemble, ou jouer à un jeu vidéo avec son enfant. Il faut essayer d’avoir davantage de temps d’écran partagé.

Le rêve de beaucoup de parents, c’est de voir leurs enfants passer du temps devant des jeux ou des applications ludoéducatives, mais est-ce vraiment possible dans un tel contexte ?

C’est une bonne idée, surtout si on a un peu de temps pour s’y mettre avec eux. La co-immersion fonctionne très bien avec les enfants. Cela consiste à s’immerger avec eux dans un espace numérique, ce qui leur permet d’en ressortir plus fort et de continuer à avoir des pratiques intéressantes à travers les écrans. Plus on va se co-immerger avec son enfant dans des pratiques partagées, et plus, lorsque l’enfant sera tout seul devant son écran, il aura envie de se replonger dans ce jeu ludoéducatif. Ceci s’explique par le fait que l’enfant a alors en tête le souvenir du moment agréable partagé avec ses parents.

Cette période de confinement peut-elle déboucher sur quelque chose de positif pour les enfants ?

Tout ce qui va se jouer est propre à la dynamique et à la structure de chaque famille. On ne peut donc pas tirer de généralités. Il n’y aura pas d’effets positifs à tous les coups, mais il peut y en avoir dans certaines familles. Pendant des semaines, on aura vécu de manière très différente, avec des relations familiales où, pour certains, cela aura été catastrophique, pendant que chez d’autres, il se sera construit un certain nombre de choses. Le père ou la mère, que l’enfant voit peu habituellement parce qu’il rentre tard du travail, auront été davantage présents. Non seulement les parents sont là, mais en plus, ils font la classe et jouent aussi à des jeux de société et ont même fait des activités que l’on ne fait pas d’habitude, comme cuisiner ensemble. Donc tout cela peut construire quelque chose.

Et pour les adolescents ?

Pour les adolescents confinés avec leurs parents, à une période de leur vie où on a plutôt envie d’être avec ses copains ou ses copines, quel sera le retour de bâton ? Une fois que l’on va rouvrir les portes, ils auront probablement triplement envie d’aller vers l’extérieur, de retrouver leurs amis et de remettre une distance avec leurs parents.

Si le confinement dure plus longtemps que prévu, quelle sera l’incidence sur le vécu des enfants et de leurs parents ?

La durée est un facteur important. Parce que, quand on sera confiné depuis un mois et demi, on aura sans doute pris des habitudes, mais il y aura aussi des crispations autour de la scolarité, des horaires ou des adolescents qui ne veulent ni se coucher le soir, ni se lever le matin… Tous ces aspects risquent de grandir en même temps que la durée du confinement !

1) Comment te dire ? Savoir parler aux tout-petits, de Marie-Noëlle Clément (éditions Pocket), 331 pages, 7,95 euros.

2) Plusieurs médias proposent un service de vérification et de décryptage des “fake news”, comme Le Monde avec Les Décodeurs (lemonde.fr/les-decodeurs), Libération avec CheckNews (liberation.fr/checknews), Franceinfo : avec Vrai ou Fake (francetvinfo.fr/vrai-ou-fake/) ou encore l’AFP, avec Factuel (factuel.afp.com).

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