Céline Cottalorda, déléguée pour le comité pour la promotion et la protection des droits des femme dresse un premier bilan.

Quel bilan dressez-vous de cette première année ?

C’est un bilan riche en échanges, en réflexions avec l’ensemble des acteurs du comité, et en actions concrètes. Des mesures ont été prises dès la première année de création du comité.

Vous avez notamment lancé un plan de formation à l’accueil des victimes de violences : pouvez-vous en dire plus ?

Cette formation s’adresse aux personnes en contact avec des victimes de violences. Deux sessions sont prévues. Une première, généraliste, pour le primo accueil des victimes. L’idée est de donner un socle commun de connaissances à tous les personnels en contact avec ces victimes : police, services sociaux, personnel hospitalier… Ce plan de formation tourne autour de plusieurs points : savoir repérer la violence, savoir l’écouter, la prendre en compte pour orienter les personnes victimes de violences et mieux les prendre en charge. La deuxième session, plus spécialisée, sera, elle, faite auprès des personnes dont la mission quotidienne est la prise en charge des victimes.

Ce plan de formation n’existait pas auparavant ?

Un premier plan avait été mis en place suite au vote de la loi de 2011 sur la répression des violences particulières. Dans cette loi, il y a une obligation de faire de la formation initiale et continue pour tous les personnels en contact avec des victimes de violences. L’idée aujourd’hui avec ce plan est d’aller plus loin, de mettre en place des pratiques homogènes avec tous les intervenants de la chaîne.

Des manques ont-ils été constatés sur l’accueil des victimes ?

Ce n’est pas un constat de manques, c’est plus une volonté de poursuivre ce qui a déjà commencé à être mis en place il y a quelques années et de l’intensifier.

Vous avez aussi lancé avec la direction des affaires juridiques un travail législatif de modernisation : de quoi s’agit-il ?

Les services juridiques du gouvernement ont recensé les textes où il y avait des dispositions obsolètes ou archaïques dans la manière dont ils étaient rédigés. Par exemple, des notions très patriarcales perdurent dans nos textes, comme l’expression « bon père de famille »… Ces expressions donnent aux textes une connotation patriarcale, archaïque, qui n’est plus trop utilisée aujourd’hui. Dans les textes monégasques, une loi fixe par exemple un délai de viduité, c’est-à-dire une période de 310 jours pendant laquelle une femme qui a été mariée mais qui a ensuite divorcé ou est devenue veuve, ne peut plus se remarier. Cette loi a été mise en place au cas où la femme était enceinte pour ne pas qu’il y ait de doute sur la paternité.

Il y a d’autres exemples ?

Oui. Dans nos textes, les métiers de notaire et d’huissier ne peuvent être exercés que par des hommes. Il fallait donc recenser ces textes obsolètes, et ensuite on va les modifier voire même les supprimer pour certains, car ils ne sont plus applicables et appliqués.

D’autres actions et mesures vont-elles être mises en place en 2020 ?

L’année prochaine, nous allons continuer ce qui a déjà été entrepris par exemple autour des Journées internationales 8 mars et 25 novembre. C’est de la sensibilisation à l’égalité ou à la lutte contre les violences. On va poursuivre les études lancées par l’institut monégasque des statistiques et études (IMSEE), à savoir l’étude sur les éventuels écarts de salaires [les résultats de cette étude sont attendus pour le dernier trimestre de 2020 – N.D.L.R.] et l’étude sur les violences, qui va sortir au début de l’année 2020. En janvier, nous aurons un recensement des cas de violences commises contre les femmes à Monaco. Il y aura par la suite une mise à jour annuelle de ces études, ce qui nous permettra de voir l’évolution. Et nous allons continuer à déployer des actions de prévention et pédagogiques à l’égalité. Le défi majeur aujourd’hui est d’arriver à changer les mentalités. Et pour changer les mentalités, il faut faire de la pédagogie, de la sensibilisation et surtout il faut arriver à convaincre les hommes que c’est une cause qui ne concerne pas que les femmes.

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