mardi 19 octobre 2021
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Attentat de Nice
Monaco solidaire

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Trois personnes ont été tuées à Nice le 29 octobre 2020 dans un attentat au couteau. A Monaco, les réactions de soutien ont été unanimes.

Le jeudi 29 octobre 2020 est une date que la ville de Nice n’oubliera pas. Entre 8h29 et 8h57, la basilique Notre-Dame de Nice a été le théâtre d’une attaque au couteau qui a coûté la vie à trois personnes. Une femme de 60 ans a subi « un égorgement très profond de l’ordre d’une décapitation », selon Jean-François Ricard, le procureur national antiterroriste. Âgé de 55 ans, le sacristain a été poignardé à mort à la gorge. Une troisième personne de 44 ans est parvenue à s’enfuir dans un restaurant, mais elle est finalement décédée des suites de ses blessures. L’assaillant a été neutralisé une dizaine de minutes plus tard dans la basilique. Quatre policiers municipaux de la ville de Nice ont ouvert le feu sur lui à quatorze reprises. Très grièvement blessé, touché à la jambe, au torse et à l’épaule, l’homme a été transporté au CHU de Nice. Il transportait avec lui un Coran, deux téléphones, et l’arme du crime, un couteau de 30 centimètres, « avec une lame de 17 centimètres » a indiqué à la presse en soirée Jean-François Ricard. Dans un sac, deux autres couteaux, qui n’ont pas été utilisés, ont aussi été retrouvés. L’homme a crié plusieurs fois « Allahou akbar ! », dans la basilique, puis à nouveau à l’extérieur, alors qu’il se trouvait dans un état critique, et qu’il recevait les premiers soins. Inconnu des services de renseignement ou des services de police français, cet homme aurait voyagé jusqu’en Europe en passant par l’Italie et l’île de Lampedusa, fin septembre 2020. Les enquêteurs ont retrouvé sur lui un document de la Croix-Rouge italienne qui indique son identité : Brahim A., un Tunisien né en 1999. Il aurait débarqué à Bari le 9 octobre 2020 et serait arrivé en France depuis quelques jours. A ce stade, difficile d’expliquer les raisons de ce passage à l’acte. Certains experts estiment que la date du 29 octobre pourrait fournir un début d’explication. En effet, le 29 octobre correspond à la date du Mawlid, une fête musulmane qui célèbre la naissance du prophète Mahomet, dont les caricatures publiées en France ont mis en colère une partie du monde musulman.

« Choqué et bouleversé »

Le président de la République française, Emmanuel Macron, s’est rendu sur les lieux de cet attentat à la mi-journée. Il était accompagné des ministres de l’intérieur, Gérald Darmanin et de la justice, Eric Dupond-Moretti. Dans la matinée, Eric Ciotti et le maire de Nice, Christian Estrosi, étaient également sur place. Ils ont très rapidement évoqué une attaque de nature terroriste. De son côté, le parquet antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Emmanuel Macron a indiqué que, dans le cadre de l’opération sentinelle, les effectifs allaient être augmentés, pour passer de 3 000 à 7 000 soldats, afin de sécuriser davantage les écoles et les lieux de culte. Le Premier ministre français, Jean Castex, a indiqué pour sa part que le plan Vigipirate passait au niveau « urgence attentat » dans toute la France. Déjà frappée le 14 juillet 2016 par un attentat qui a fait 86 morts, Nice a donc une nouvelle fois été victime d’un acte terroriste. Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, le prince Albert II a souhaité apporter son soutien aux « familles en deuil » et aux « catholiques accablés » : « Une fois de plus, la radicalisation meurtrière a frappé, cette fois-ci en la basilique Notre-Dame, à Nice. » Dans un autre courrier envoyé cette fois au maire Les Républicains (LR) de Nice, Christian Estrosi, le prince Albert II s’est dit « choqué et bouleversé par l’effroyable drame qui vient de frapper votre cité ». Avant d’ajouter : « Je veux vous dire qu’avec ma famille et la population de Monaco, nos pensées vont vers les familles des victimes et la communauté catholique meurtrie. Vous savez notre profonde solidarité, notre attachement aux Niçois et à la défense des valeurs qui font front contre la haine. »

« Prières pour les victimes »

Enfin, dans un dernier courrier à destination l’évêque de Nice, Monseigneur André Marceau, Albert II évoque sa « très profonde tristesse » : « Alors que le terrorisme vient de frapper si cruellement des fidèles de votre diocèse en la basilique Notre-Dame qui nous est si chère, je vous assure de notre union de prière, de celle de ma famille et des catholiques de la principauté. Dans la compassion, nous sommes vraiment près de vous. » Sur son compte Facebook, l’archevêque de Monaco, Monseigneur Dominique-Marie David s’est également adressé à l’évêque de Nice, pour l’assurer « de sa proximité et de ses prières pour les victimes, leurs familles et au-delà de l’Eglise de Nice, pour tous les niçois », avant d’inviter « les fidèles du diocèse de Monaco à prier pour la diocèse de Nice et pour la France, en ces circonstances dramatiques ». Enfin, toujours au rayon des réactions monégasques, le président du Conseil national, Stéphane Valeri, s’est exprimé à son tour par le biais d’un communiqué pour s’associer « en son nom personnel et en celui de l’ensemble des conseillers nationaux, à la douleur des familles des victimes de l’attentat dramatique survenu ce jour à Nice, dans la basilique Notre-Dame ». Stéphane Valeri a adressé aux présidents de l’assemblée nationale et du Sénat, ainsi qu’au maire de Nice et au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, ses « messages les plus sincères de peine partagée et de solidarité. L’émotion est une nouvelle fois très vive en principauté devant ce nouvel acte odieux, qui s’ajoute à une série d’événements dramatiques d’une rare gravité. Le Conseil national partage la consternation et la douleur de nos voisins et amis niçoises et niçois et, au-delà, de toute la communauté française ». S’adressant à Christian Estrosi, le maire de Monaco, Georges Marsan, s’est dit « profondément choqué et attristé par l’ignoble attentat qui a frappé votre ville », tout en témoignant, au nom des membres du conseil communal et de la population de Monaco, de son « soutien » et de sa « solidarité » en ce « moment si douloureux ». « Nos pensées vont vers les victimes et leurs familles », a conclu le maire de Monaco.

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