lundi 26 octobre 2020
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Denis Maccario : « On est debout »

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Victime du Covid-19, la septième édition du Trott’n’Roll n’aura pas lieu. Du coup, la lutte contre le cancer chez les enfants se poursuit, mais sous une autre forme. Les explications du président-fondateur de la fondation Flavien, Denis Maccario.

Comme beaucoup d’autres manifestations en principauté, vous avez été contraint d’annuler la septième édition du Trott’n’Roll ?

En effet, nous avons malheureusement dû annuler cette édition 2020, même si le Trott’n’Roll est notre événement principal. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, tous nos événements qui se déroulent en public ont dû être mis entre parenthèses.

Cela a un impact sur la récolte de dons ?

Quand les gens se déplacent sur un événement, ils s’investissent physiquement, mais ils ont aussi tendance à participer financièrement. Du coup, sans événements à cause du Covid-19, les gens participent beaucoup moins. Et ça, ça se ressent dans le monde associatif, et pas que dans nos thématiques à nous. D’ailleurs, en France et à Monaco, c’est la catastrophe. Sans prestation événementielle, les fonds n’arrivent plus. Les 25 000 à 40 000 euros que l’on a l’habitude de faire dans l’année, et notamment pendant le Trott’n’Roll, on ne les fera pas. Mais on les fera peut-être différemment, si on a de bonnes surprises.

@Fondation Flavien

Le Trott’n’Roll rapporte combien, en moyenne ?

Chaque année, le Trott’n’Roll nous permet de récolter entre 25 000 et 50 000 euros.

Du coup, qu’allez-vous mettre en place pour compenser ce manque à gagner ?

Au fil du temps, nous avons lancé des cagnottes numériques. Nous avons aussi sensibilisé, et on continue de le faire pendant tout ce mois de septembre 2020, sur nos actions, que ce soit par des articles dans la presse, soit via Internet. J’ai participé à l’inauguration de la maison du sang à Nice le 17 septembre 2020. Ce qui m’a permis d’apporter mon témoignage de parent et de responsable d’association caritative. J’ai rappelé que l’on peut toujours donner son sang, que l’on peut toujours s’inscrire sur le registre de don de moelle osseuse sur le site dondemoelleosseuse.fr. Et que chacun peut encore agir, de façon individuelle.

Médiatiquement, le Covid-19 prend beaucoup de place : prend-il trop de place aujourd’hui ?

Le Covid-19 prend toute la place parce qu’on en a peur. On ne sait pas comment enrayer cette maladie. Cet état anxiogène est amplifié par l’absence de traitement et de vaccin. En revanche, le trop-plein de Covid-19 a fini par lasser une partie de la population. Cela s’est traduit lors du match Paris Saint-Germain (PSG) — Olympique de Marseille (OM), le 13 septembre 2020, où on a entendu certains supporters crier : « Nous, on craint dégun » [« Nous, on craint personne » — N.D.L.R.]. Or, ça n’arrive pas qu’aux autres. Surtout que, pour le moment, l’unique moyen de protection, ce sont les gestes barrières.

Les conséquences de cette baisse de vigilance ?

Depuis septembre 2020, les urgences sont engorgées et les urgences pédiatriques commencent à l’être. Certains cas concernent de très jeunes enfants. Des bébés atteints de Covid-19 ont été détectés : un bébé de 7 mois, avec des taches au poumon, et un autre bébé de 2 mois qui s’est retrouvé en détresse respiratoire. On fait quoi maintenant ? Avoir dit que certaines tranches d’âges étaient moins touchées a poussé certains à se moquer de cette pandémie de Covid-19. Et à dire : « Nous, on craint dégun »

Crédit Photo : Iluan Giurca / Monaco Hebdo

« Des bébés atteints de Covid-19 ont été détectés : un bébé de 7 mois, avec des taches au poumon, et un autre bébé de 2 mois qui s’est retrouvé en détresse respiratoire. On fait quoi maintenant ? »

Les conséquences que peut avoir le Covid-19 sur la santé ne suffisent plus à pousser la population à mieux se protéger ?

Avec quelques mois de recul, on voit que certains malades sont fracassés, ils ont beaucoup de mal à s’en remettre. Et le bébé de 2 mois, comment il va s’en remettre ? Surtout qu’on va rentrer dans une période de bronchiolite, de nez qui coule, de grippe…

Le Covid-19 a aussi un impact sur les malades du cancer, qui sont évidemment plus fragiles ?

L’épidémie de Covid-19 a bien sûr un impact. Mais les malades du cancer et les familles sont tellement aguerris, qu’ils savent qu’il faut faire attention. Contrairement au Covid-19, on ne comptabilise pas chaque jour les gens qui meurent du cancer, on ne les comptabilise qu’à certains moments dans l’année. Pour les cancers pédiatriques, il y a 2 500 cas chaque année et 500 décès. Or, pour certains cancers, ça fait 50 ans qu’on essaie de les enrayer, et on n’y arrive toujours pas.

Cette année, vous inscrivez votre action dans le cadre de la cinquième édition de l’opération #SeptembreEnOr : de quoi s’agit-il exactement ?

#SeptembreEnOr a été initié au niveau européen pour faire connaître la réalité des cancers de l’enfant. La couleur or a été choisie au niveau européen. Les gens s’engagent sous cette bannière pour sensibiliser autour de cette cause. Si on prend « or » et qu’on ajoute « ange », ça fait « orange », la couleur de la fondation Flavien. Mais il ne faut pas se limiter au mois de septembre. Chaque année, du 1er janvier au 31 décembre, il faut se mobiliser tous les jours, parce que le combat ne s’arrête pas.

Malgré ce contexte de crise sanitaire, vous allez remettre prochainement un chèque de 100 000 euros au centre scientifique de Monaco ?

Avant, nous remettions ce chèque de 100 000 euros au centre scientifique de Monaco, lors de notre assemblée générale. Depuis septembre 2019, nous offrons ce chèque à l’occasion de notre Trott’n’Roll. Comme cette année le Trott’n’Roll n’a pas lieu, nous remettrons ce chèque au plus tard le 30 septembre 2020, afin de soutenir la recherche, comme le prévoit notre convention depuis 2016.

Combien de temps vous faut-il pour réunir ces 100 000 euros ?

En 2015, on a eu la chance d’avoir trois ans d’avance. Nous avons donc essayé de conserver cette avance, « au cas où ». Aujourd’hui, nous n’avons plus trois ans d’avance, car nous avons beaucoup été sollicités. Il faut dire qu’il y a tellement de projets fabuleux pour permettre de lutter contre ces cancers… Au total, depuis 2014, nous avons remis cinq chèques au centre scientifique de Monaco, pour un total de 642 000 euros.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans le meilleur des cas, la pandémie de Covid-19 devrait durer encore deux ans : dans un tel contexte, comment faire pour vous adapter et continuer à financer la recherche ?

La population est vaste. Les gens qui peuvent aider le font quand même à un moment donné. A nous d’avoir une gestion en bon père de famille, pour nous adapter, mais sans changer notre fusil d’épaule. Notre discours reste le même, et nous serons uniquement jugés sur nos actes. Dans notre gestion, on a prévu, non pas de mettre de l’argent de côté, mais d’aller en chercher plus. Si on doit en donner deux, on essaie d’aller en chercher trois.

Quoi de prévu pour cette fin d’année 2020 et le début de 2021 ?

Nous avons lancé un appel aux dons depuis le 1er septembre 2020. Cet appel se poursuivra, sur Internet notamment, jusqu’à ce que l’on puisse à nouveau organiser des événements (1). Sachant que ces dons sont défiscalisables, pour ceux qui le souhaitent. Cette année, nous devrions également pouvoir compter sur un père Noël « important »… Nos actions au quotidien, relayées par la presse, font que nous avons acquis une vraie crédibilité. On est debout, et on continuera à rester debout.

1) Pour faire un don, il faut se rendre sur le site de la fondation Flavien : fondationflavien.com.

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