samedi 22 janvier 2022

35 ans de piste

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Chapiteau du cirque
© Photo E.Wright.

Du 20 au 30 janvier, le festival international de cirque de Monte-Carlo fêtera ses 35 ans. En présence des meilleurs spécialistes mondiaux.

Par Noémie Montalbano.

Dans les vitrines des magasins, des boulangeries aux coiffeurs, les Père Noël et autres bonhommes de neige ont laissé la place aux clowns multicolores. Le signe que le Festival de Cirque de Monte-Carlo arrive à grands pas. Une tradition d’autant plus respectée que la grande parade monégasque fête aujourd’hui ses 35 ans. C’est en effet en 1974 que le prince Rainier III a créé ce Festival international. A l’époque, le but était de redonner ses lettres de noblesse aux arts de la piste. Mission accomplie. Surtout que ce rendez-vous est devenu avec le temps la plus prestigieuse manifestation mondiale du cirque.

200 artistes

Pour fêter cet événement comme il se doit, le directeur artistique Urs Pilz explique que « 9 troupes et pas moins de 200 artistes ont fait le déplacement, ce qui est inédit pour des programmes de cirque, qui durent entre 3h30 et 4h… » Durant les précédentes éditions, le nombre de participants oscillait plutôt entre 120 et 150. Les organisateurs du festival ont également opté pour la nouveauté. Avec, pour mettre l’eau à la bouche du public, un numéro de funambules inédit sur la place du Casino?: le 15 janvier, en fin de matinée, les touristes, amusés et sous le coup de l’étonnement, ont pu découvrir les prouesses de la famille Weisheit, spécialiste de numéros périlleux, sur un fil placé au dessus du Camembert. Mais ce n’est pas tout?: cette année encore, les artistes paraderont dans les rues de Monaco, le 22 janvier. Avant de s’installer, pour un show en plein air… place du palais.

« Un à deux ans pour tout organiser »

Pour rester dans la course des manifestations incontournables, le festival est avant tout une machine bien huilée. Préparée bien en amont. D’après Urs Pilz, qui exerce son métier de directeur artistique du cirque depuis maintenant 11 ans, « il faut une à deux années avant chaque festival pour pouvoir tout organiser. » Et régler le moindre détail avant le jour J du lever de rideau du chapiteau. Mettre en place des cages et box pour les animaux, autour du chapiteau, réinstaller les sièges rouges autour de la piste, régler l’éclairage… En clair répéter et encore répéter jusqu’à obtenir la perfection.

Afin d’offrir un spectacle hors du commun et combler un large public, l’organisation doit trouver les artistes et troupes à la pointe tout comme des numéros plus classiques. « Le cirque est l’unique plateforme de divertissement vivant “Life Entertainment” pour toute la famille. Le public veut voir toutes les disciplines, des acrobaties mais aussi de la comédie et des animaux de cirque », souligne le directeur artistique.

Clown, funambule, et chevaux

Cette année, il ne faudra pas louper Flavio Togni, « l’homme des animaux », comme le surnomme Urs Pilz. L’Italien présentera pas moins de 5 numéros d’animaux différents dont des éléphants, des chevaux, des chameaux et des tigres. Autant d’animaux qui méritent un soin tout particulier, et son lot de foin, carottes et muesli?! Ensuite, puisque le cirque ne serait rien sans un clown, le comité d’organisation a engagé le clown des clowns?: l’Américain Bello Nock. Cet « artiste unique », selon Urs Pilz, jonglera entre facéties et acrobaties avec notamment, la roue de la mort?! Au niveau des troupes, la famille Weisheit est incontournable. Trois générations de funambules seront sur un fil à très grande hauteur. Quant à la troupe Alma’s du cirque Globus de Roumanie, elle est composée de 20 artistes féminines qui n’ont peur de rien. La preuve??  « Elles présenteront deux numéros aériens?: un avec 7 globes suspendus et un avec des tissus aériens », assure le directeur artistique. Enfin, derniers artistes qui marqueront cette 35ème édition?: les enfants d’Izhesvk, qui assurent « l’avenir du cirque ». A 9 et 10 ans, ces petites filles font des exercices de haute qualité dans le style folklorique russe. De quoi donner envie de trainer du côté du chapiteau de Fontvieille…

Le succès de la ménagerie

Ce qu’ont d’ailleurs déjà fait de nombreux amateurs d’animaux exotiques pour admirer la ménagerie du cirque. Car les artistes, qu’ils appartiennent à la race humaine ou animale, ont élu domicile depuis quelques jours déjà à Fontvieille. A droite du chapiteau, la ménagerie, à laquelle on accède en passant devant l’infirmerie et le bar, attire bon nombre de curieux. Dans des box verts en fer sont placés les chevaux. Et juste en face, sous une tente blanche en plastique, des chameaux. « Le chameau a deux bosses, le dromadaire une seule, tu t’en souviendras?? », explique une mère à son fils.

Plus loin, des fauves sont allongés dans leurs grandes cages. Ce sont trois tigres dont deux ont une fourrure caramel et blanche. Mais ce que petits et grands recherchent le plus souvent, ce sont les éléphants. Et les deux éléphants d’Asie, reconnaissables à leurs petites oreilles, sont logés face à la mer, sur la digue, à quelques mètres des hélicoptères. L’endroit idéal pour que les joggeurs du dimanche s’arrêtent pour les admirer. En attendant qu’ils foulent le sable blanc de la piste aux étoiles…

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Monaco Hebdo