lundi 17 mai 2021
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“Versailles est un chantier permanent”

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Jean-Jacques Aillagon
Jean-Jacques Aillagon © Photo DR.

Invité par la Fondation Prince Pierre le 7 mars dernier, l’actuel président de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, explique comment il fait vivre Versailles. Notamment grâce à la présence d’artistes contemporains.

par Romain Renner.

M.H.?: On parle beaucoup des expositions qui ont lieu à Versailles mais vous effectuez aussi un travail de restauration du château et de son domaine…

J.J.A.?: C’est même notre principale mission. Versailles est un chantier permanent. Ces dernières années de très nombreuses rénovations ont été effectuées. Elles concernent aussi bien le pavillon frais que les toiles royales ou le salon Mercure. Nous investissons pour cela entre 30 et 35 millions d’euros chaque année sur un budget total de 120 millions, financé à hauteur de 49 % par l’Etat et à 51 % par les recettes.

M.H.?: Comment est venue l’idée de l’exposition actuelle, “Trônes en majesté”??

J.J.A?: L’idée de l’exposition est venue du constat que, dans toutes les civilisations, les hommes ont toujours représenté l’autorité assise au contraire du pouvoir, toujours debout. C’est la représentation d’une force équilibrée, pondérée et juste que nous avons voulu montrer.

M.H.?: Après avoir accueilli Jeff Koons et Haruki Murakami, d’autres artistes contemporains vont-ils venir exposer??

J.J.A.?: Bien sûr. L’idée est d’en faire venir un par an et d’alterner chaque année entre un Français et un étranger. En juin, ce sera Bernard Venet qui viendra exposer dans les jardins et les cours du château. L’année prochaine, ce sera au tour de l’artiste portugaise Joana Vasconcelos.

M.H.?: Comment les choisissez-vous??

J.J.A.?: Nous choisissons les artistes en fonction de l’idée que nous nous faisons de leur affinité avec Versailles. Nous avons également une volonté de choisir des artistes qui bénéficient d’une certaine notoriété. Un autre facteur peut entrer en compte?: le fait qu’il n’y ait plus de mur disponible. Cela nous incite à choisir des sculpteurs plutôt que des peintres par exemple.

M.H.?: Comprenez-vous les polémiques qui entourent les venues de tels artistes à Versailles??

J.J.A?: Je l’entends mais je suis surpris. L’art contemporain n’a pas vocation à être seulement apprécié dans un décor contemporain. On peut faire cohabiter différentes œuvres de différentes époques. Néanmoins, ces réactions sont marginales?: en période d’exposition, la fréquentation augmente.

M.H.?: Vous qui avez été ministre de la Culture de 2002 à 2004, que pensez-vous de la politique actuelle dans ce domaine??

J.J.A?: La France, contrairement à d’autres pays, a une vraie tradition de politique culturelle. Elle doit gérer le patrimoine commun tout en soutenant les nouveaux élans de la création. De plus, aujourd’hui, l’Etat doit réfléchir aux nouvelles données de la Culture et travailler en ce sens. Il faut prendre en compte la place de plus en plus importante des collectivités locales, l’internationalisation de la Culture. Je crois que, de ce point de vue, le travail effectué est satisfaisant.

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