samedi 24 juillet 2021
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Le vaccin AstraZeneca confirmé, mais la défiance subsiste

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Après le principe de précaution invoqué vis-à-vis du vaccin d’AstraZeneca par plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, depuis le 11 mars 2021, l’Agence européenne des médicaments (AEM) a avalisé la poursuite de l’utilisation de ce vaccin dans les pays de l’Union européenne (UE). Des cas graves thromboemboliques et hémorragiques chez des personnes vaccinées avec ce vaccin AstraZeneca ont été relevés. Dans un communiqué publié le 19 mars 2021, la Haute autorité de santé (HAS) française a, pour sa part, estimé que ce vaccin devait être limité aux plus de 55 ans. Le ministre de la santé, Olivier Véran, a décidé de suivre cette recommandation, permettant ainsi aux personnes de plus de 75 ans, ou de plus de 55 ans souffrant de comorbidités, de bénéficier de doses d’AstraZeneca. Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 23 mars 2021, le gouvernement monégasque n’avait pas émis de nouvelle position par rapport à ce vaccin. Le 16 mars 2021, l’exécutif assurait que les autorités sanitaires monégasques allaient « faire preuve d’une pharmacovigilance accrue et évalueront la situation au moment où nous recevrons des approvisionnements en AstraZeneca ». Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro, seul le vaccin Pfizer-BioNTech était disponible en principauté. Même prudence du côté du Conseil national, son président, Stéphane Valeri, réclamant une suspension de l’utilisation de ce vaccin, « tant que les études en cours n’auront pas démontré qu’il ne représente pas de danger pour les personnes vaccinées ». Si la principauté a participé à une précommande européenne de vaccins AstraZeneca, elle n’a pas encore reçu ses doses. En tout cas, le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l’AEM a estimé qu’il n’y avait pas de hausse des risques généraux de thromboses, notamment de phlébites ou d’embolies pulmonaires. De son côté, la HAS a jugé que « le nombre global d’événements thromboemboliques rapportés après la vaccination est inférieur à celui attendu dans la population générale ». Le PRAC a toutefois pointé deux pathologies à suivre particulièrement : les coagulations intravasculaires disséminées (CIVD), et les thromboses veineuses cérébrales (TVC). Au total, 18 cas de TVC et sept cas de CIVD avaient été comptabilisés au 16 mars 2021 dans l’UE et au Royaume-Uni. En France, deux TVC concernant une femme de 24 ans et un homme de 51 ans, et une CIVD touchant une femme de 26 ans, ont été évoqués par le PRAC. Leur état s’améliore. Ces trois cas sont à mettre en perspective avec environ 20 millions d’injections faites, dont 1,4 million en France. Mais la HAS relève que c’est davantage qu’espéré, et souligne que ces cas concernent des personnes âgées de moins de 50 ans. En effet, le nombre de cas prévu était de moins de 1 pour les CIVD et de 1,35 pour les TVC. Mais ce sont finalement 5 CIVD et 12 TVC qui ont été dénombrés. Et 9 des 25 patients concernés sont décédés. « Ceci correspond à un risque cinq fois plus élevé pour la CIVD et huit fois plus pour la thrombophlébite cérébrale », indique la HAS dans ce communiqué, précisant qu’ « un tel déséquilibre n’a pas été observé dans la population plus âgée vaccinée par AstraZeneca ». L’avis de la HAS n’est donc pas définitif. Des études sont toujours en cours, et elles intéresseront en premier lieu les moins de 55 ans qui attendent leur deuxième injection, trois mois après la première. Mais la défiance est désormais installée, et la confiance dans ce vaccin sera sans doute difficile à rétablir.

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