mardi 30 novembre 2021
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Oui au vaccin, non aux rumeurs

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Franco Borruto et Marc De Ridder
Franco Borruto, gynécologue à Monaco, et Marc De Ridder, immunologiste © Photo Monaco Hebdo.

Franco Borruto, gynécologue à Monaco, et Marc De Ridder, immunologiste, exhortent les jeunes filles à se faire vacciner contre le Papillomavirus humain (HPV). Et contestent les rumeurs sur la dangerosité de cette vaccination.

Destinée à prévenir le cancer du col de l’utérus, la campagne de vaccination contre le Papillomavirus humain, a débuté en mars 2011 en principauté. Depuis son lancement, 494 courriers ont été adressés aux foyers monégasques en 2011. 547 en 2012. Mais pour l’heure, impossible de savoir combien d’adolescentes ont franchi le pas. « Le suivi du taux de vaccination sera effectué par les médecins scolaires, au moment de la visite médicale annuelle. Mais pour des raisons juridiques et de confidentialité, ces informations ne seront accessibles que lorsque les jeunes filles concernées auront atteint l’âge de 18 ans », indique sur ce sujet les autorités sanitaires monégasques. Deux spécialistes, Franco Borruto, gynécologue en principauté et Marc De Ridder, immunologiste — tous deux auteurs d’un ouvrage scientifique HPV and cervical cancer (1) présenté en avant-première à Monaco le 29 mars dernier — insistent sur l’impérieuse nécessité de pratiquer cette vaccination. Et balaient d’un revers de main toutes les polémiques autour de sa dangerosité. « La polémique est née en Angleterre. Une adolescente qui a été vaccinée est ensuite décédée deux jours après l’injection. Les journaux se sont jetés sur l’affaire et ont mis en avant l’idée que c’était le vaccin qui l’avait tué. Or, après autopsie, on a découvert qu’elle avait en réalité une tumeur cardiaque. Le scandale, c’est que l’on en a fait les premières pages des grands journaux. Mais lorsqu’on a découvert que c’était une erreur, il y a eu simplement un petit encart dans la presse », explique Marc De Ridder qui rappelle également que les vaccins sont suivis par une « pharmacovigilance de façon très intense. »

Science ou croyance
L’immunologiste alerte également sur le reflex qu’ont de plus en plus d’individus à chercher des informations sur certains sites ou forums dans lesquels figurent souvent tout et n’importe quoi. « Il existe des sites Internet où les informations ont une valeur incontestée. Comme les sites de grandes institutions, de type Organisation mondiale de la santé (OMS) ou encore les autorités sanitaires des pays. Car elles ont une responsabilité directe vis-à-vis du grand public. A côté de ces sites, il y a des gens qui ont des croyances. Et là, ce n’est plus de la science. Car il y a des individus qui sont, par principe, contre la vaccination. Or, les individus qui ont une position dite anti-vaccinale sont des individus peu informés », poursuit l’immunologiste. C’est pourquoi ce spécialiste estime qu’une maman qui refuserait de vacciner sa fille contre le HPV à l’adolescence « prend une responsabilité énorme. » Car les chiffres sont là?: le cancer du col de l’utérus est le huitième cancer touchant les femmes en France. Environ 3?000 cas et 1?000 décès par an sont recensés. « La raison principale de ces décès, c’est l’absence de prévention. Il est donc impératif d’effectuer un frotti tous les deux à trois ans », rappelle l’immunologiste. Pour lutter plus efficacement contre le cancer du col de l’utérus, les autorités sanitaires monégasques ont décidé de coupler la vaccination avec une campagne de dépistage organisé, opérationnelle depuis janvier 2012.
(1) Ouvrage destiné aux praticiens qui recueille
et analyse les données de huit experts mondiaux.

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